Les villes et la science au coeur de la lutte contre les changements climatiques

L'île Bizard, en mai 2017. De plus en plus de collectivités sont touchées par la crue, des sécheresses, des tempêtes extrêmes ou des vagues de chaleur, soulignent les auteurs.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L'île Bizard, en mai 2017. De plus en plus de collectivités sont touchées par la crue, des sécheresses, des tempêtes extrêmes ou des vagues de chaleur, soulignent les auteurs.

Depuis la signature de l’Accord de Paris, tous les regards sont tournés vers le Canada et d’autres pays du monde qui se sont engagés à limiter le réchauffement climatique en deçà de deux degrés Celsius.

Alors que l’attention est tournée vers les acteurs nationaux, ce sont les acteurs locaux qui sont aux premières loges et qui luttent sur le terrain pour contrer les conséquences des changements sur les populations locales.

Les effets des changements climatiques se font sentir localement, de St. John’s à Victoria, en passant par Montréal et Edmonton. Puisque de plus en plus de collectivités sont touchées par la crue, des sécheresses, des tempêtes extrêmes ou des vagues de chaleur, il est nécessaire que les villes joignent leurs efforts à ceux entrepris par les gouvernements supérieurs, pour que la lutte contre les changements climatiques soit plus efficace et mieux coordonnée.

Alors que les nations en sont à planifier les moyens à prendre pour atteindre leurs objectifs en matière de changements climatiques, les villes créent des projets innovateurs et mettent en place des actions concrètes.

Après tout, les villes accueillent plus de la moitié de la population de la planète et utilisent plus des deux tiers de l’énergie produite. Il est donc essentiel qu’elles jouent un rôle clé dans la réduction des gaz à effet de serre.

Mais comment répondre aux questions que soulèvent les villes ? Font-elles ce qu’il faut pour s’adapter à l’impact des changements climatiques et pour assurer leur résilience ? Quelles mesures peuvent-elles prendre pour atteindre leurs objectifs ? Comment peuvent-elles saisir les occasions d’innover dans le but d’accélérer la réduction des gaz à effet de serre ?

Besoin de données probantes

Pour obtenir des réponses à ces questions, il est impératif d’offrir aux décideurs municipaux davantage de données probantes et de meilleurs outils. Ce n’est qu’à l’aide de données probantes que les villes pourront mettre en place des plans d’action réalisables et ambitieux qui s’attaqueront aux défis actuels.

Cette semaine, nous présenterons au Congrès mondial ICLEI, à Montréal, la Déclaration d’Edmonton, rédigée conjointement par la Ville d’Edmonton et par la Convention des maires pour le climat et l’énergie. Nous inviterons les maires du monde entier à la signer. Cette déclaration a pour but d’encourager la collaboration entre les gouvernements locaux et la communauté scientifique afin de constituer un plan de recherche et d’innovation qui influencera nos politiques et nos investissements et permettra de répondre plus adéquatement aux risques climatiques.

La Déclaration est complémentaire au Climate Action Accelerator – Innovate4cities de la Convention des maires pour le climat et l’énergie. Cette initiative garantit aux gouvernements locaux l’accès aux données et à la recherche en vue de l’implantation de projets d’infrastructures à faibles émissions de carbone. La Déclaration d’Edmonton permettra d’explorer des moyens d’inclure ces priorités dans les programmes de recherche nationaux.

Chaque fois qu’une ville pose des gestes concrets en matière de climat, que ce soit les récentes initiatives de protection du territoire et de verdissement menées par la Ville de Montréal ou l’accélération de l’électrification du parc d’autobus de la Ville d’Edmonton, ces actions contribuent à atteindre les objectifs que se sont fixés le Canada et les provinces en matière de lutte contre les changements climatiques.

En matière de développement, les actions des villes et des municipalités partout au pays doivent s’inscrire au sein du Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, élaboré par le gouvernement fédéral, en collaboration avec les gouvernements provinciaux et territoriaux. Cela a pour but d’atteindre les objectifs nationaux en matière de réduction d’émissions de GES, mais aussi de soutenir la croissance de l’économie et de transformer nos villes afin de les rendre plus résilientes face aux changements climatiques.

Il n’y a pas de ville, ni de nation, qui puisse affronter, à elle seule, les complexités des changements climatiques. En fondant nos décisions sur les données probantes et en travaillant collectivement, nous élaborerons des solutions qui nous mèneront vers un avenir durable pour les générations futures.

2 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 20 juin 2018 08 h 12

    Une réalité immédiate

    Les « acteurs locaux » feraient peut-être mieux de se concentrer sur des problèmes locaux, surtout quand ces problèmes sont immédiats et non dans un futur hypothétique.

    Dans quelques heures, on aura droit au solstice d'été, ce moment de l'année où le soleil est à son plus haut au-dessus de l'horizon. Qui dit été dit chaleur et la chaleur en milieu urbain, ce n'a pas grand chose à voir avec les changements climatiques. Les îlots de chaleur urbains sont dûs à une artificialisation sauvage de l'environnement et à une occupation souvent douteuse du territoire.

    À quoi sont dûs les îlots de chaleur urbains (la température dépasse de plusieurs degrés celle des zones périphériques) ? À une absorption excessive de rayonnement solaire sur des surfaces de faible albédo – les surfaces de couleur foncée.

    Montréal, puisqu'il faut la nommer, a-t-elle le pouvoir d'influencer le développement de son territoire ? Si oui, elle ne l'a pas fait souvent. Sinon, qu'elle le réclame.

    Montréal a-t-elle le pouvoir de mettre en place des politiques audacieuses pour minimiser ce qui reste un problème de santé ? Le jour où cette ville entreprendra un vaste programme de désasphaltisation (les surfaces asphaltées de la voie publique sont inutilement vastes et dans certains cas, les ruelles surtout, inutiles. Montréal a-t-elle le pouvoir de légiférer en matière de bâtiment ? Les murs en brique rouge-brun-foncé sont de véritables capteurs de rayonnement solaire, et il y a pire, les immenses surfaces vitrées et les besoins de climatisation qu'elles amènent.

    Un autre problème qu'il faut voir venir, c'est la multiplication sur les toits de panneaux solaires, une fausse bonne idée en ville. Le rendement de ces cellules photovoltaïques est d'environ 15 %. Le reste se dissipe en chaleur. Il vaudrait mieux continuer à miser sur les toits végétalisés, même si leur contribution est limitée.

  • André Bastien - Abonné 21 juin 2018 23 h 28

    Autobus électriques à Edmonton, pourquoi pas à Montréal

    Le maire d'Edmonton donne l'exemple par "l’accélération de l’électrification du parc d’autobus de la Ville d’Edmonton". Montréal devrait elle aussi sauter sur l'occasion et acheter des autobus tout électriques plutôt que 300 autobus hybrides ...

    Les commissions scolaires devraient aussi se procurer des autobus scolaires tout électriques comme ceux fabriqués au Québec, à St-Jérôme, par La compagnie électrique Lion. Les premiers autobus scolaires électriques en Amérique sont québécois depuis 2015; pourquoi ne pas acheter québécois et sans émissions?