Le théâtre pour rédiger une Constitution du Québec

Qui sommes-nous? Quelles sont nos grandes valeurs? Comment voulons-nous nous gouverner?
Photo: René Mansi Getty Images Qui sommes-nous? Quelles sont nos grandes valeurs? Comment voulons-nous nous gouverner?

Fantastique nouvelle sur le front de la démocratie. Le Québec se met en marche vers sa propre constitution établie par une assemblée constituante citoyenne.

Le metteur en scène Christian Lapointe a réussi l’exploit extraordinaire de rallier l’Institut du Nouveau Monde (INM), le Théâtre d’Aujourd’hui et un réseau de théâtres sur tout le territoire du Québec pour mettre sur pied une assemblée constituante citoyenne. […]

Avant la fin de juin 2018, l’INM verra à la désignation d’une assemblée constituante composée de 42 citoyennes et citoyens (la désignation se fait par tirage au sort). Il fournira aux constituants une information de base sur les éléments fondamentaux d’une Constitution et sur la démarche d’une constituante.

Tout un réseau de théâtres, couvrant tout le territoire du Québec, servira à recueillir les opinions des citoyens sur les trois chapitres centraux d’une Constitution : Qui sommes-nous ? Quelles sont nos grandes valeurs ? Comment voulons-nous nous gouverner ?

La consultation se poursuivra sur une année, soit jusqu’en juin 2019.

L’assemblée constituante est dotée d’un mandat « ouvert » qui n’enferme pas les citoyens dans un cadre fédéraliste ou indépendantiste et qui demeure complètement tributaire de la volonté exprimée par les citoyennes et les citoyens. C’est ça, la souveraineté populaire !

La démarche de l’assemblée constituante est résolument « citoyenne » et ne sera d’aucune façon une démarche partisane. La démarche sert à asseoir, pour la première fois de notre histoire, le principe de la souveraineté populaire. Voilà qui est prodigieusement plus démocratique que la tentative de persuader nos partis politiques, déjà peu estimés des citoyens, de rapiécer un vieux mode de scrutin que René Lévesque appelait « infect ». L’occasion est donnée d’aller beaucoup plus loin et de doter le Québec d’un système politique global, notamment en établissant une véritable séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif au lieu de s’en tenir à la seule dimension du mode de scrutin.

À l’occasion du 50e anniversaire du Théâtre d’Aujourd’hui, donc en juin 2019, le texte final du projet de Constitution sera soumis et adopté par l’assemblée constituante pour être transmis à l’Assemblée nationale.

Le contexte politique de juin 2019, et tout le mouvement soulevé par la démarche citoyenne pendant un an devraient inciter le gouvernement du Québec, quelle qu’en soit la composition, à soumettre le projet de Constitution à un référendum.

Le produit de l’assemblée constituante nous amènera en tous les cas au bon endroit, car les meilleures réponses à toutes les questions que cette opération soulève seront toujours celles que les citoyennes et les citoyens d’ici apporteront. Il y a un mot pour décrire cette démarche… Ça s’appelle la démocratie.

13 commentaires
  • Micheline Duhaime - Abonnée 1 juin 2018 04 h 39

    Une idée de Papineau qui aboutit

    Quelle initiative enthousiasmante. Une convention citoyenne susceptible d'énoncer les principes qui nous guident. On verra comment se vit la démocratie dans une société qui pourrait être républicaine.

    Yvan Lamonde

    • Jacques de Guise - Abonné 1 juin 2018 19 h 18

      Moi aussi, je trouve que cette initiative offre de nombreuses possibilités emballantes. Surtout du fait que cette démarche favorisera - ce que l'on oublie trop souvent - la construction de nos identités personnelles (pourtant l'identité personnelle est l'assise de nos identités plurielles) et de nos identités citoyennes.

      Toute transformation d'ampleur ne peut provenir que d'une impulsion qui agit chaque personne. Or c'est dans l'expérience vécue que l'on se construit et que le citoyen se construit. Pour construire une confiance en soi, de telles expériences sont d'une grande richesse.

  • Michel Lebel - Abonné 1 juin 2018 06 h 19

    Un mauvais jeu!

    Des théâtres qui s'embarquent dans un tel projet, ça ne m'mpressionne pas! Un jeu qui n'en vaut pas la chandelle! Ce ne sera même pas du théâtre politique! Bref, pas du théâtre!

    M.L.

    • Colette Pagé - Abonnée 1 juin 2018 11 h 46

      Et si l'on attendait le résultat de l'exercice avant de juger !

    • Michel Lebel - Abonné 1 juin 2018 12 h 26

      @ Claude Gélinas.

      Je n'aime pas le mélange des genres! J'ai assisté à plusieurs pièces poltiques, au Québec et ailleurs, mais le tout se passait dans un théâtre, et c'était du théâtre, avec une mise en scène, du texte et des acteurs: Brecht, Mnouchkine, Arrabal, Ionesco, Mouawad, etc.

      M.L.

    • Jean-François Trottier - Abonné 2 juin 2018 08 h 58

      M. Lebel,

      pourtant je suis persuadé que vous êtes en faveur d'exercices assez courants, qui créent des "parlements d'étudiants" où l'on débat de la chose publique actuelle et souvent de sujets extrêmement chauds, sinon de projets à long terme que seuls des étudiants peuvent aborder.

      Remettre en question la chose politique n'est pas un tort!

      Il faut bien voir que cette "assemblée" au titre pompeux (peut-être est-ce ce qui vous dérange?) est avant tout un exercice dialectique.

      Personne en avant n'interdira de parler d'un sujet ou d'un autre, sauf délire total. (En fait je le suppose sans le savoir)

      J'ai déjà dit mon désaccord complet devant la "constituante" de QS à l'intérieur du Canada, d'abord parce qu'elle était ouverte, ensuite parce qu'elle sera noyautée et manipulée longtemps avant sa fondation sans la moindre possibilité de protection.

      Le côté officiel d'une telle consti-tuante serait sans le moindre doute néfaste dans un Québec qui n'est pas un pays, quelle qu'en soit la démarche. Je sais, question de gros bon sens, que les dirigeants de QS le savent et font rêver leurs militants sur un délire faussement démocratique. C'est leur genre.

      Je sais aussi que vous êtes fédéraliste à tout crin.
      Si le fédéralisme n'est même pas capable de supporter une remise en question aussi innocente que celle-là, il vaut encore moins que ce que j'en pense.

      Le mouvement est intéressant parce qu'il n'a rien d'officiel. Et s'il revêt une forme spontanée, c'est encore mieux.

      Ceci dit et pour vous rassurer selon le cas, si jamais il s'avère que l'idée devient une réelle vague, faites confiance aux marketeux du PLQ pour y envoyer des agents provocateurs ou éteignoirs, au besoin.
      À chacun ses partis pris. Les vôtres vous empêchent de voir le détournement de démocratie journalier qu'ourdit sciemment le comité stratégique du PLQ.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 2 juin 2018 20 h 47

      Michel Lebel cède ici aux mauvais penchants qu'on lui connaît et dans lesquels il se complaît trop souvent: "garrocher" en l'air une opinion parfaitement gratuite sans prendre le moins du monde la peine de la justifier de quelque manière.

      Le fait que l'initiative qu'il dénonce émane de gens de théâtre n'en fait pas une mauvaise idée pour autant. S'il avait dit: "Je ne suis pas chaud à l'idée mais on verra à l'usage.", j'aurais pu comprendre...

  • Bernard Gilbert - Abonné 1 juin 2018 07 h 37

    CONSTITUONS !

    Un exercice qui s'annonce passionnant, même si on peut douter que le gouvernement y portera spontanémemt attention. Faudra que la qualité du processus et le poids du nombre de participant-e-s lui forcent la main...

  • Jean-Pierre Roy - Abonné 1 juin 2018 10 h 20

    Constituante

    En tout respect envers vous monsieur Larocque, cette histoire de constituane va être du théâtre !

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 juin 2018 11 h 08

    Les Patriotes d'hier et ceux d'aujourd'hui

    Les Patriotes: Les hommes meurent, mais leurs idées demeurent. On doit maintenant actualiser l’esprit des Patriotes de 1837, qui luttaient pour la maîtrise de leurs propres affaires sur leur territoire.

    Depuis longtemps, deux camps principaux s’opposent dans la politique québécoise, les fédéralistes d’un côté, les souverainistes de l’autre, en fait un duel entre mondialistes et patriotes.

    Mon avis est qu’il faut remettre à la mode les mots patrie et patriotes dans la politique québécoise. Le concept de patrie est en relation directe avec l’identité des peuples. Une identité nationale existe à divers degrés dans la psyché des personnes qui s’y rattachent, qu’elles soient sur le territoire propre de leur nation ou ailleurs dans le monde. La patrie a quant à elle une assise bien matérielle, étant le territoire où la majorité des membres de cette nation vivent.

    Cette notion de patrie en rapport avec la gouverne de l’État devrait logiquement conduire à un nouveau paradigme dans le domaine politique, au-delà des partis traditionnels dans un regroupement des forces patriotiques.

    Regroupement Patriotique, qui devra aller chercher tous les vrais patriotes, qu’ils soient des Québécois de longue date ou des néo-Québécois, qu’ils soient de gauche, de droite ou du centre. Et surtout aller chercher la cohorte des cyniques qui ont perdu toute confiance dans la politique.