Sources journalistiques: pour une adoption rapide du projet de loi 187 de Québec

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a présenté le projet de loi 187 sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques le 15 mai dernier, rappellent les auteurs. <br />
 
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, a présenté le projet de loi 187 sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques le 15 mai dernier, rappellent les auteurs. 
 

Le 15 mai dernier, la ministre de la Justice, Mme Stéphanie Vallée, a présenté le projet de loi 187 sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques. Mme Vallée indiquait que la présentation de ce projet de loi visait à donner suite à la première recommandation du rapport de la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques.

Au moment du dépôt de ce rapport en décembre 2017, les signataires de la présente lettre avaient salué ses recommandations, dont celle d’adopter une loi-parapluie visant à protéger les sources journalistiques. Nous ne pouvons donc que nous réjouir du premier pas franchi cette semaine par le gouvernement dans leur mise en oeuvre.

Nous encourageons fortement le gouvernement et les partis d’opposition à faire le nécessaire afin que ce projet de loi important pour notre société démocratique soit adopté avant la fin de la présente session parlementaire, le 15 juin prochain. À cet effet, les organisations que nous représentons se mettent à la disposition de l’Assemblée nationale pour collaborer de manière constructive à ses travaux afin que cet objectif soit atteint.

Nous exprimons aussi notre souhait de voir l’Assemblée nationale procéder avec célérité, après l’adoption du projet de loi 187, à la mise en place des autres recommandations formulées par le juge Jacques Chamberland, dont une protection accrue du matériel journalistique, la révision du processus de nomination des chefs de police, l’amélioration de la formation des enquêteurs, le resserrement de l’encadrement des enquêtes et l’adoption des mesures pour assurer l’indépendance entre les élus et les corps de police. Il serait pour le moins regrettable que le Québec laisse passer l’occasion de bénéficier complètement du fruit d’un travail rigoureux qui s’est déroulé lors de cette commission sur presque un an.

Nous réitérons que l’adoption d’une loi québécoise, combinée à la Loi sur la protection des sources journalistiques du fédéral, accordera aux journalistes et à leurs sources une plus grande protection, susceptible d’assurer à ces mêmes sources qu’elles pourront leur confier des informations d’intérêt public sans crainte de voir leur identité dévoilée. En cette ère de fausses nouvelles où le journalisme de qualité revêt une importance sans précédent, cette protection est plus essentielle que jamais à la santé de notre démocratie.

* La lettre est signée par :
Éric Trottier, vice-président à l’information et éditeur adjoint, La Presse;
Michel Cormier, directeur général de l’information, Radio-Canada;
Brian Myles, directeur, Le Devoir;
Lucinda Chodan, éditrice, The Gazette, et vice-présidente à l’information pour l’est du Canada, Postmedia;
Jed Kahane, directeur de l’information, Bell Media — Québec;
Wendy Freeman, présidente, CTV News;
Jennifer McGuire, directrice générale de l’information et rédactrice en chef, CBC;
Gilles Carignan, vice-président à l’information et éditeur adjoint, Le Soleil;
Jean-Philippe Pineault, directeur de l’information, La Presse canadienne;
Michel Lorrain, vice-président exécutif, Cogeco Média;
Stéphane Giroux, président, FPJQ

1 commentaire
  • Claude Bariteau - Inscrit 23 mai 2018 13 h 17

    Je saisis mal

    Pourquoi une loi qui se combinerait à une loi canadienne devient-elle urgente au point de procédr à la va-vite.

    Mon esprit analytique ne comprend pas. Il faudrait plus d'information pour montrer la nécessité de cette loi et en quoi elle renforce ou non la loi canadienne.

    La protection des sources n'est pas secondaire, car il en va de l'accès à des informations qui ne peuvent pas être a recueillies sans cette protection.

    Par ailleurs, jusqu'où va cette protection ?

    Permet-elle d'éviter l'ingérence des autorités politiques en période de crise comme cela s'est produit en 1970 par le gouvernement canadine qui empêcha la diffusion d,un documentaire réalisé à partir des informations colligées apr des journalistes chevronnés.

    Si ce n'est pas le cas, il y aurait un trou. J'aimerais qu'on m'explique.