Des accommodements avec la liberté d’expression plutôt déraisonnables

Les thèses du métaphysicien maoïste français Alain Badiou (sur la photo) sont jugées loufoques par une bonne partie des philosophes professionnels, rappelle l'auteur. 
Photo: Patrick Hertzog Agence France-Presse Les thèses du métaphysicien maoïste français Alain Badiou (sur la photo) sont jugées loufoques par une bonne partie des philosophes professionnels, rappelle l'auteur. 

Dans un texte consacré au canular qu’Anouk Barberousse et moi avions publié à l’encontre d’Alain Badiou, célèbre métaphysicien maoïste français, nous appelions « accommodement déraisonnable » le fait, pour des philosophes ou des scientifiques, de céder sur des principes rationnels en faveur de conséquences politiques jugées prioritaires. Nous pensions à la propension, en particulier dans les milieux de gauche, à laisser publier des textes incompréhensibles mais porteurs des bons marqueurs idéologiques. Cela nous semblait être une des raisons du succès intellectuel de Badiou — dont les thèses sont jugées loufoques par une bonne partie des philosophes professionnels — et surtout des héritiers du mouvement postmoderne : nouveaux réalistes, accélérationnistes, etc. Tant qu’un auteur critique l’hétéro-cis-normativité blanche, il peut bien raconter de la bouillie intellectuelle, on le prendra au sérieux. Il lui suffit de présenter les marqueurs de sa pureté idéologique : utiliser par exemple les mots patriarcat, privilège, hétéronormativité, capitalisme (c’est mal), hiérarchie (c’est mal), différence (c’est bien), différance (c’est encore mieux), etc. Inversement, quiconque ne les présente pas devrait être suspecté de soutenir ladite hétéronormativité, et donc subir la censure qu’il ou elle n’a pas su s’imposer.

Il arrive ainsi aujourd’hui que les intellectuels de gauche s’accommodent un peu trop facilement de principes qui vont à l’encontre de la liberté d’expression, sinon de la vérité scientifique, et subordonnent leur rationalité de chercheurs à leurs préférences idéologiques.

À partir de là, on peut s’arranger aussi avec la vérité tenue pour scientifique. Par exemple, il n’est pas rare de trouver, dans les textes féministes sur les différences entre les genres, un scepticisme envers des faits relativement consensuels de la biologie qui, transposé au domaine de la climatologie, passerait pour climatosceptique. Il y aurait donc parmi tout ce qui fait l’objet d’un consensus scientifique large, ce qui nous arrange et est « vrai » (changement climatique, érosion de la biodiversité…) et ce qui est vraisemblablement faussé (différences biologiques entre hommes et femmes, innocuité des OGM pour la santé humaine, etc.) ? Certes, il est permis de penser que le premier ensemble de faits s’appuie sur une méthodologie scientifique rigoureuse alors que le second est de fait faussé par des idéologies ; reste qu’il faudrait déjà le montrer, en employant les mêmes critères pour évaluer les deux types de consensus.

S’il n’existe donc pas de règle générale pour trancher le différend entre les valeurs en jeu, et décider de la légitimité (ou pas) des accommodements en question, soit le discrédit immédiat jeté sur les affirmations jugées hétérodoxes, il y a néanmoins deux genres de raisons de les trouver déraisonnables.

Premièrement, la libéralité à l’égard des arguments idéologiquement « purs » finit par faire exister du côté progressiste de l’échiquier politique une prolifération de textes absurdes que les idéologues adverses auront plaisir à monter en épingle pour mieux moquer l’indigence intellectuelle de la gauche. C’est ainsi qu’un article sur la « glaciologie féministe » est devenu l’étendard de la lutte contre l’invasion des sciences humaines par « l’idéologie du genre ». Et, inversement, cette prolifération rend difficilement audibles les critiques sérieusement argumentées de la domination comme les vraies études empiriques portant sur la discrimination.

De plus, par un effet intrinsèque au champ intellectuel, si « critiquer la domination » est l’étalon auquel une contribution de sciences humaines est jugée valable, une incitation à trouver partout des discriminations s’emparera de ce champ, induisant une logique de surenchère où chacun voudra en dénicher une de plus que son voisin : après la transphobie, l’âgisme, le capacitisme, viennent la grossophobie, la mochophobie, puis pourquoi pas la veganophobie, l’asexualophobie…. À la « concurrence victimaire » parfois dénoncée entre groupes victimes d’oppression s’ajoute en miroir une concurrence dans les critiques de la domination.

Autrement dit, le résultat de ces accommodements, c’est d’ouvrir un boulevard à une critique conservatrice des sciences humaines, qui rappellerait au bon sens quelques chercheurs égarés dans des lubies protestataires. Inversement, dans un monde universitaire largement dominé par la gauche, l’effort demandé pour être un intellectuel de droite est largement supérieur à celui requis pour être un intellectuel de gauche, puisque le premier sera soumis au feu d’une critique abusive tandis que le second sera accueilli à bras ouverts dès qu’il récitera le mantra de la discrimination. En langage darwinien, nos accommodements induisent donc une pression de sélection très forte sur les auteurs de droite, qui fait que, dans le champ universitaire, leur acuité risque d’être supérieure à celle des chercheurs de gauche moyens. Les accommodements avec la liberté d’expression sont donc déraisonnables aussi parce que l’intellectuel de gauche qui s’y compromet scie pour ainsi dire la branche sur laquelle il est assis.

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Des Idées en revues

Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d’un périodique. Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d’un texte paru dans la revue Argument, printemps-été 2018, volume 20, no 2.

27 commentaires
  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 22 mai 2018 06 h 05

    La rationalité et les "affects"

    En fait P Huneman décrit un comportement que le philosophe-économiste F. Lordon attibue aux "affects", c'est à dire à l'irruption, au cours d"un raisonnement, de la priorité donnée à la sauvegarde ou à la défense de valeurs qui nous semblent essentielles. Cela se traduit par des ruptures de rationalité qui affectent tous les champs de la pensée et ne concerne donc pas uniquement les sciences humaines. T.Piketty et A. Comte-Sponville en ont donné de bons exemple lors de la dernière campagne présidentielle française en appelant à voter Macron au second tour sur des "déraisons"totales. Pour ma part le plus bel exemple de "déraison totale"reste le cas de ce professeur de philosophie de l'université de Montrèal, qui, voulant sans doute plaider en faveur de la liberté du port du niquab partout, n'a pas hésité à comparer le port du niquab au port, par les montréalaises, d'une écharpe couvrant le visage en hiver. Pourant la différence entre un vétement qui à pour objectif unique de cacher le visage, est un autre qui vise à protéger le visage est assez évidente.
    Le fait de "de céder sur des principes rationnels en faveur de conséquences politiques jugées prioritaires." est donc, me semble-t-il, un comportement assez général directement lié au fait que l'adhésion à des valeurs ne se fait pas de manière rationnelle. Il est donc pas surprenent que, lorsqu'on a à défendre rationnellement les valeurs que nous avons choisies, il arrive que la sauvegarde de cette adhésion nous entraîne hors du champ de la rationalité et l'exemple des valeurs de gauche ou de droite est un exemple parmi tant d'autres.

    Pierre Leyraud

  • Pierre Desautels - Abonné 22 mai 2018 08 h 17

    Pauvre droite.


    "Inversement, dans un monde universitaire largement dominé par la gauche, l’effort demandé pour être un intellectuel de droite est largement supérieur à celui requis pour être un intellectuel de gauche, puisque le premier sera soumis au feu d’une critique abusive tandis que le second sera accueilli à bras ouverts dès qu’il récitera le mantra de la discrimination."

    Tiens tiens, alors qu'il n'y a jamais eu autant de publications d'intellectuels de droite en Occident, et en France en particulier, en voilà un autre qui, à l'instar de notre Bock-Côté national, se complaît dans la victimisation, lui qui dénonce justement ces mouvements victimaires. Et quand Huneman écrit que les intellectuels de gauche subordonnent leur rationalité de chercheurs à leurs préférences idéologiques, il nous fait bien rire. Il nous livre ses propres préférences idéologiques avec une certaine habileté.

    Dénoncer des thèses dites loufoques, c'est une chose. Mais, de grâce, si un intellectuel de droite ne peut supporter l'adversité, il ferait bonne oeuvre de se retirer.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 22 mai 2018 13 h 17

      "Mais, de grâce, si un intellectuel de droite ne peut supporter l'adversité, il ferait bonne oeuvre de se retirer."

      Ce que vous dites relève de l'absurdité. C'est justement parce qu'on ne peut supporter l'adversité qui nous est imposée chaque jour qu'on trouve le courage de s'exprimer pour dénoncer. Est-ce que les intellectuels de gauche qui ne peuvent supporter l'adversité des changements climatiques, de la discrimination raciale et sexuelle, de l'exploitation éhontée des ressources de la planète, devraient aussi "faire bonne oeuvre de se retirer" parce qu'ils se montrent trop sensibles face au discours de la droite néo-libérale et des multinationales? J'ai l'impression que c'est vous qui êtes hyper-allergique à toute critique du mantra de la gauche, ou du moins de ce qu'elle est devenue avec le temps après plusieurs mutations pas toutes très heureuses. Serait-ce que la gauche aime tant se complaire dans la victimisation qu'elle en réclame l'exclusivité?

      Pour ma part, je ne vois dans votre intervention qu'une banale attaque "ad hominem" qui, tout en cherchant à égratigner MBC par la bande (qu'est-ce qu'il vient faire ici celui-là?), ne contredit en rien le propos de l'auteur sur le fond. Vous dites qu'il vous fait rire: c'est là faire preuve de mépris d'une manière tout à fait gratuite.

    • Cyril Dionne - Abonné 22 mai 2018 18 h 03

      Pauvre gauche aux accents de gauche salon.

      Premièrement, les sciences humaines ne sont pas de la science. Ce sont des amalgames sociétaux qui évoluent depuis des années pour ne pas dire des décades et des siècles. Elles ne sont pas reproductibles puisqu’elles suivent une ligne de temps. Regardez la société d’hier avec les yeux d’aujourd’hui cause préjudice à tous ceux qui l’ont composée.

      « Il arrive ainsi aujourd’hui que les intellectuels de gauche s’accommodent un peu trop facilement de principes qui vont à l’encontre de la liberté d’expression, sinon de la vérité scientifique, et subordonnent leur rationalité de chercheurs à leurs préférences idéologiques. »

      Voilà qui est bien dit. Et c’est le mal du siècle. On imagine que certains ont de la misère à exister. Ils se culpabilisent et donc ils s’inventent des chimères afin de donner un sens à leur vie. En plus, si on n’est pas d’accord leurs opinions, tout de suite nous serons catégorisé comme infâmes et ils risquent d'être violents.

      Le débat gauche/droite n’existe plus. Ces deux pôles extrémistes ne regroupent qu’une petite minorité de gens si on les compare à ceux qui composent le centre, oui ceux qui ont l’esprit pragmatique de récupérer ce qui est bon à gauche ou à droite. Juste pour dire que plus de 90% des gens s’y trouvent dans cette gauche/droite en passant par le centre.

      De toute façon, le discours d’une Terre prospère qui comble tous les besoins matérialistes de plus de 7 milliards d’habitants est loufoque et on est poli. Nous consommons 1,5 terre présentement. C’est une cadence intenable. La population mondiale augmente à un rythme effréné dans les endroits les plus pauvres et populeux de la planète. En plus, la 4e révolution industrielle nous guette d’un air menaçant, automatisation, robotique et intelligence artificielle obligent, et celle-ci fera des ravages dans toutes les sociétés.

      C’est « ben » pour dire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 23 mai 2018 09 h 31

      "On imagine que certains ont de la misère à exister. Ils se culpabilisent et donc ils s’inventent des chimères afin de donner un sens à leur vie. En plus, si on n’est pas d’accord leurs opinions, tout de suite nous serons catégorisé comme infâmes et ils risquent d'être violents." - Cyril Dionne

      Que voilà un portrait très juste de tous ceux qui se réfugient dans la religion en général, et des musulmans en particulier.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 23 mai 2018 14 h 35

      « Que voilà un portrait très juste de tous ceux qui se réfugient dans la religion en général, et des musulmans en particulier. »

      Que voilà une belle manière de dire « amen » aux sermons des nouveaux prêtres laïcards qui ont seulement remplacé en chaire les curés de nos sombres années. Dans deux générations au plus, ce cirque sera enfin terminé.

  • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 22 mai 2018 08 h 36

    Comme quoi la droite fait pitié et la gauche s'illusionne ...

    "Il arrive ainsi aujourd’hui que les intellectuels de gauche s’accommodent un peu trop facilement de principes qui vont à l’encontre de la liberté d’expression, sinon de la vérité scientifique, et subordonnent leur rationalité de chercheurs à leurs préférences idéologiques."
    Et ...
    "Inversement, dans un monde universitaire largement dominé par la gauche, l’effort demandé pour être un intellectuel de droite est largement supérieur à celui requis pour être un intellectuel de gauche, puisque le premier sera soumis au feu d’une critique abusive tandis que le second sera accueilli à bras ouverts dès qu’il récitera le mantra de la discrimination."
    On ne sait pas trop ce que l'auteur entend par droite ou par gauche, si ce n'est que la droite trouve le capitalisme moral et que la gauche dérappe dans des considérations farfeflues (et qu'on présente habilement comme farfelues).
    Il faudrait sans doute rappeler à l'auteur que la droite domine partout même à l'université aussi sous la forme d'un odieux marketing de type "gestion de la clientèle étudiante" où l'on formate les travailleurs (et surtout pas des citoyens) de demain dans un chaos administratif. Ce qui reste de l'université est surtout pratico-pratique, ce qui fait l'affaire des gens d'affaire.
    La droite appuie les paradis fiscaux, elle crée l'obsolescence programmé, l'étalement urbain, les guerres pour le pétrole et les ressources naturelles. Quand on la critique, elle "marketise" (une autre de ses belles discipines universitaires bien rentables) son visage : la survie de la planète, la protection de la "démocratie" dans le monde (tant que c'est celle qui convient au commerce) ou je-ne-sais trop quel vague espoir de "progrès" qui ne profite en fait à pas grand monde. Monsanto serait fier quoi.
    Les intellectuels de "gauche" peuvent bien se perdre dans leur nuage idéologique. C'est l'homme de paille. Il y a rien à voir. Travaillez, consommez et produisez de la richesse comme tout le monde.

    • Raymond Labelle - Abonné 22 mai 2018 12 h 11

      Combattre l'étalement urbain et les paradis fiscaux, proposer l'usage de sources d'énergie autres que les hydrocarbures, c'est raisonnable, voire objectivement très fondé. Il n'est pas sûr que tous les intellectuels dits "de droite" soient contre ça. Je n'ai jamais vu, lu ou entendu Mathieu Bock-Côté tenir de propos climatosceptiques, défendre les paradis fiscaux ou proposer une dénationalisation, même partielle, d'Hydro-Québec, par exemple. Bien que je ne connaisse pas toute son œuvre, je dois dire. Quoiqu'il en soit, attention aux grandes catégories telles que "droite" ou "gauche" - tout le monde ne se classe peut-être pas dans nos petites cases.

      Par ailleurs, il n'est pas si clair que les OGM soient inoffensifs - mais l'espace manque ici. De plus, sur cette question, il ne faut pas seulement considérer à la consommation, mais aussi les risques environnementaux. Ici, l'auteur nous en passe une petite vite.

      Gloser sur des concepts non-opérationnels comme le patriarcat et multiplier les "phobies" ne nous avance pas. Les trips d'identité, que ça soit de genres, de religions ou d'ethnies, peuvent friser le nombrilisme et nous éloigner de questions sociales et économiques plus générales. Ce qui ne veut pas dire de ne pas voir s'il n'y a pas discrimination quelque part et la combattre si nécessaire. L'équilibre est délicat.

      Célébrer les funérailles de Richard Martineau relève de l'intimidation et manque de classe, peu importe la perspective légaliste sur la question.

      Pour équilibrer, un exemple visant la "droite": l'Institut Fraser qui compare le poids fiscal entre les provinces en considérant seulement ce qui reste dans la poche des citoyens et qui ignore totalement les services dont les citoyens bénéficient grâce aux impôts qu'ils payent...

      Bref, chaque question doit être examinée à son mérite. Attention aux petites cases et aux concepts non-opérationnels.

      Pour ce qui est des outrances, aucune chapelle n'en a le monopole.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 22 mai 2018 16 h 50

      M. Labelle
      Ma propre définition de la gauche ou de la droite est assez simple :
      Le peuple sert l'économie (la droite), l'économie sert le peuple (la gauche).
      Qu'ils y ait des gens qui se placent différemment pour chaque question m'indiffère assez. Il s'agit simplement de savoir de quoi on parle (contrairement à l'article qui ne définit pas ses termes) et voir en quoi cela correspond à différents autres problèmes.
      Si on sert l'économie, il est normal de chercher le profit de toute sorte de façon possible, y compris dans l'urbanisme chaotique, l'utilisation du pétrole ou de paradis fiscaux. Tout ceci est "normal". Il suffit de lire le livre "De quoi Total est-il la somme?" d'Alain Deneault. Ces PDG (de droite) le disent constamment : "On n'a pas le choix, c'est les Lois du marché". Bref, il n'est pas nécessaire d'être climatosceptique. Il suffit de croire au vertus du marché et à notre soumission nécessaire devant ses "Lois". Être "vert" est un aspect marketing comme un autre.
      Vous faites intervenir MBC. D'accord, mais notons qu'il se définit comme "conservateur". N'empêche que sa tête de turc principale n'est pas les paradis fiscaux. Il trouvera moyen d'unir "la gauche" à l'internationalisme en critiquant toujours "une certaine gauche multiculturelle". Mais l'internationalisme de droite, c'est justement des trucs comme les paradis fiscaux ou des variantes servant le profit. Tous les moyens sont bon pour servir le marché, même si c'est moralement douteux. C'est une position de "droite" non? Encadrer le marché, c'est de "gauche" ? Qu'il y ait un risque pour la biodiversité avec les OGMs, il est possible de protéger le peuple?
      Je ne me sens pas concerné par votre paragraphe sur la discrimination. "L'économie sert le peuple", voilà ma position. Le reste, si l'on tient à appeler tout ceci de "gauche", c'est comme moyens de servir le peuple.
      Concernant RM, à mon avis ce n'est que justice de répondre l'insulte à l'insulte, c'est ce qu'on fait dans la vraie vie ...

    • Raymond Labelle - Abonné 22 mai 2018 22 h 11

      Si vous voulez M. Garceau. De façon générale, je tends vers les mesures identifiées à gauche mais de temps en temps, je suis mal à l'aise avec certaines positions dites de gauche. Il y a quelquefois interaction entre les diverses mesures, mais certaines méritent un examen particulier. Je projette peut-être.

      Par exemple, je suis pour qu'on laisse beaucoup de liberté quant au port du voile ou du turban, mais je ne suis pas à l'aise avec le concept d'islamophobie - je ne crois pas que l'Islam devrait être plus à l'abri de la critique que n'importe quelle autre pensée ou religion. Mais il a le droit, comme les autres, de s'exprimer dans la sphère publique.

      Les questions LGTBQ2. À partir du moment où on est prêt à ne pas faire de discrimination, ne me forcez pas à faire des distinctions basées sur vos choix totalement individuels, lesquels d'ailleurs sont assez insensibles aux questions socio-économiques générales. De façon presque métaphysique, je crois que l'identité est une illusion et qu'il peut y avoir quelque chose de trop narcissique à trop s'en préoccuper.

      Bien entendu, il faut prendre des mesures vigoureuses en matière de climat: développement du transport collectif et réaménagement urbain, par exemple. Développer l'agriculture biologique.

      On ne doit pas non plus oublier la rationalité économique - comme le cas des éoliennes au Québec, pas d'allure - clientélisme coûteux, comme la cimenterie de Gaspésie - alors qu'on a une super-technologie québécoise de transformation du verre en ciment qui serait rentable.

      Le cours ECG devrait être remplacé par une initiation à la pensée philosophique - on devrait apprendre à bien penser avant d'être exposé aux dogmes des religions organisées. Et nous n'enseignons pas assez notre histoire. Et le français.

      Pour illustrer qu'on devrait être "libre de penser" et ne pas accepter de se faire forcer à choisir entre des packages deals à tout prendre ou à tout laisser.

    • Raymond Labelle - Abonné 23 mai 2018 16 h 08

      Se pourrait-il que RM fasse de le provoque pour susciter la réflexion? Se fasse une sorte d'avocat du diable?

      Je dois avouer que je le lis très peu - pas par boycott - ça adonne comme ça.

  • Paul Gagnon - Inscrit 22 mai 2018 09 h 56

    @ Pierre Desautels

    Vous dites : « en voilà un autre qui, à l'instar de notre Bock-Côté national, se complaît dans la victimisation ».
    À ce que je sache, il n'y a pas un intellectuel de gauche à qui on ait refusé le droit de parole dans un débat universitaire.

    Il faudrait ajouter que l'adversité de gauche se porte bien en dessous de la ceinture. On le voit tous les jours avec les féministes qui accomodent les islamistes, les solidaires qui font la guerre aux islamophobes i.e. ceux qui dénoncent le damger islamistes, etc. Sans parles évidemment de toutes les modes qui tendent à nier la sexualité humaine non "atypique"...

  • Paul Gagnon - Inscrit 22 mai 2018 10 h 02

    @ Jean-Sébastien Garceau

    Peut-être qu'on pourrait mettre en parallèle les "paradis fiscaux", dit de droite (l'argent n'ayant pas d'odeur, on peut soupçonner qu'il n'y a pas que des gens de droite en ces lieux, des Maduro peut-être...), avec les "paradis soviétiques" de la gauche.
    « Travaillez, ne consommez pas et produisez» aurait-dit Lénine et Staline...

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 22 mai 2018 12 h 44

      Je faisais justement référence dans mon commentaire à l'homme de paille.
      C'est une stratégie rhétorique utilisé pour faire passer un concept en caricaturant ceux qui les critiquent.
      Est-ce que la gauche a "par principe" comme modèle Lénine, Staline ou Maduro ? Non.
      Le cas de Maduro est d'ailleurs merveilleusement décrit comme un terrible dicateur. Mais qu'est-ce qu'il a de spécial si ce n'est qu'il n'est pas l'allié des ploutocrates américains? Le reste des dictateurs dans le monde, on les laisse tranquille. Il n'y a pas d'élection en Arabie Saoudite, ça ne fait donc jamais les manchettes pour dire que c'est truqué. C'est un fait brut : c'est truqué.
      Qu'est que la gauche donc ? La gauche a "par principe" l'idée que l'État doit s'assurer que l'économie puisse servir la population et non l'inverse. Dès lors, une gauche qui s'enrichisserait dans les paradis fiscaux n'est pas une vrai gauche. Ni de même une gauche qui asservit la population au travail forcé. "L'économie au service de la population." On n'est pas "servi" si notre seul position possible est d'être serviteur forcé.
      Cela peut vouloir dire par exemple de moins travailler (on a les moyens pour, avec toutes ces machines et moyens de production) pour vivre une vie citoyenne riche et décente. Démocratie participative, projets citoyens, art, science, philosophie, culture. Les vocations dignes et épanouissantes ne manquent pas en dehors de l'aliénant travail rémunéré.
      Autrement, la droite, on connait : fait ta vie pour travailler et (au mieux, dans certains pays, pas tous) pour supporter la pression, compense en bebelles et en insignifiances.

    • Sylvain Lavoie - Abonné 22 mai 2018 22 h 18

      @Jean-Sébastien Garceau

      Ce que vous décrivez, c'est le «Bien» dans toute sa splendeur, rien de moins...Le problème réside non pas dans l'idée d'atteindre cet état de «Bien» mais surtout par les moyens pris par la gauche pour y parvenir ce qui historiquement s’est traduit par la rééducation des masses, les goulags, l'extermination de couches entières de la population, l'internement psychiatriques pour les scientifiques n'adhérant pas à la science marxiste, sans parler de l'élimination des kulaks, grands «propriétaires terriens» qui ont eu le malheur de posséder un cheval. Relisez les discours de Maduro et dites-moi sincèrement que son discours diffère de la rhétorique débile des Lénine, Mao et Pol Pot qui a entrainé la Révolution culturelle ( plus de gens éliminés que lors de l'holocauste) le génocide Khmer rouge et l'élimination des «réactionnaires» ukrainiens (par la faim). Mêmes niaiseries répétées à tous vents, l'ennemi intérieur, les saboteurs, la bourgeoisie, le américains (ils achètent encore le pétrole vénézuélien...) bref tous sont imputable de tous les maux sauf l'ineptie propre à ce type de régimes. On ne juge pas une idéologie à ses principes mais bien à son application...Même Adam Smith se réclamait du «Bien». De grâce, limiter vous à faire l'apologie des Évangiles, mais pas celle de Maduro.

    • Jean-Sébastien Garceau - Abonné 23 mai 2018 08 h 26

      @ Sylvain Lavoie
      "On ne juge pas une idéologie à ses principes mais bien à son application".
      Cherchez dans mon commentaire l'idée qu'il faille être autoritaire/sanguinaire pour être de gauche.
      "L'État au service du peuple". Voilà ma définition. On n'a donc pas appliqué la gauche.
      On a appliqué la "Realpolitiks" (et ses potentiels dérapes). Mettez vous à leur place et descendez au niveau des faits : les États-Unis ont souvent appuyé des coups d'État en Amérique latine. Colombie. Chilie. Même si c'est une rhétorique "débile", c'est une rhétorique qui a du vrai. L'impérialisme, c'est du sérieux. C'était très clair du temps de la guerre froide, où tout pays moindrement protecteur de son peuple était un ennemi des USA (parce que complice avec l'USSR). Bref, Maduro ne me semble pas noir, voilà tout. Après je n'ai pas à prêcher pour Maduro, je trouve surtout drôle qu'on prêche contre. C'est le diable et c'est évident disent-ils en invoquant le "mal".
      Vous savez les nazi se décrivaient comme socialistes. "National Socialisme des travailleurs allemands."
      Il faudrait que je défende les nazi si je défend la gauche ?
      Je n'ai pas à défendre des "fausses gauches".
      Les plus proches réelles gauches que j'ai à défendre, c'est différents modèles de l'Europe Scandinave.