Les sociétés d’histoire ont un rôle essentiel à jouer

Roger Baulu et Albert Cadotte, propriétaires du comptoir de service Ty-Coq Volant Bar-B-Q, photographiés en 1959
Photo: Société d'histoire du Plateau-Mont-Royal, Fonds Albert Cadotte Roger Baulu et Albert Cadotte, propriétaires du comptoir de service Ty-Coq Volant Bar-B-Q, photographiés en 1959

Lettre adressée à la ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit

La Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal appuie le manifeste Ensemble, assurons le futur de notre passé lancé par la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord, dont il était question dans l’article de Jean-François Nadeau publié dans Le Devoir du 5 avril.

Les archives locales sont des témoins clés de l’histoire de nos régions, de nos municipalités et de nos quartiers. À travers elles, c’est la vie de ses résidents que l’on raconte. Les sociétés d’histoire ont un rôle essentiel à jouer dans la sauvegarde de notre mémoire populaire en s’impliquant activement dans la préservation des archives.

Depuis plusieurs années, la Société d’histoire du Plateau-Mont-Royal travaille à mettre sur pied un service d’archives pour le quartier. Une petite subvention de BAnQ en 2015 a permis de mettre en place une première structure, de faire l’état général des fonds et collections d’archives privées offertes au cours des années par les citoyens et organismes du milieu. Depuis, nous travaillons à mettre nos archives aux normes pour devenir un jour un centre agréé. Nos fonds et collections peuvent être consultés à notre centre de documentation et d’archives, qui est ouvert au public.

Ayant à coeur la diffusion de nos archives à un plus large public, nous avons inauguré, il y a quelques semaines, une exposition virtuelle ainsi qu’un portail de recherche. Cette mise en valeur des archives a demandé des mois de travail de la part de toute une équipe de bénévoles encadrés par une archiviste, et l’exposition a été chaudement applaudie. Tout ce travail ne peut se faire sans la présence d’une ressource professionnelle qui doit être rémunérée à sa juste valeur.

Mais comment réussir à traiter, protéger et mettre en valeur toute cette richesse patrimoniale quand un temps si précieux est consacré à la recherche de financement ? Pour survivre, les centres doivent recevoir du financement prévisible et constant. Le soutien de BAnQ, dont l’une des missions est de promouvoir la conservation et l’accessibilité des archives privées, est limité en raison de nouvelles règles et de disponibilités financières restreintes. La situation des centres d’archives privées agréés en témoigne.

Dans le plan économique du dernier budget du ministre des Finances du Québec, il est question d’un engagement soutenu pour la culture québécoise et d’un appui à la culture et au patrimoine dans toutes les régions du Québec. Cependant, aucune mention n’est faite des sociétés d’histoire et des archives régionales.

Si le gouvernement a à coeur la préservation du patrimoine, le moment est bien choisi pour manifester, de façon tangible, son soutien à tous ces centres d’archives privées agréés et non agréés qui travaillent corps et âme pour préserver notre mémoire collective.

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1 commentaire
  • Jacques de Guise - Abonné 11 avril 2018 16 h 22

    D'une tristesse consommée!!!

    Ce désintérêt à l'égard de nos sociétés d'histoire est la preuve qu'individuellement nous n'avons pas encore compris que l'appropriation de son identité personnelle et de sa propre histoire est le prérequis fondamental pour toute construction de connaissances. Dans cette perspective, il est évident, à la lecture des programmes de l'école québécoise en sciences humaines que l'on continue à trébucher à la première marche!!!