Revoir le réseau de la santé du Québec

Depuis quelques années, l'auteur avoue ressentir une immense lassitude quand il voit les conditions d’exercice des multiples professions qui forment la trame des services publics à la population.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Depuis quelques années, l'auteur avoue ressentir une immense lassitude quand il voit les conditions d’exercice des multiples professions qui forment la trame des services publics à la population.

J’ai lu avec beaucoup d’attention les propositions de travail, publiées samedi 24 mars dans Le Devoir, pour redresser notre réseau de la santé. Toute ma vie professionnelle a tourné autour et dans le réseau de la santé et des services sociaux. J’y ai travaillé comme professionnel, comme militant syndical, comme responsable des négociations avec l’État et j’y ai passé du temps à titre de citoyen bénévole ou, bien sûr, comme utilisateur des services. J’y ai aussi accompagné ma conjointe jusqu’à son décès, après avoir pris soin d’elle à la maison.

J’avoue que, depuis quelques années, je ressens une immense lassitude quand je vois les conditions d’exercice des multiples professions qui forment la trame des services publics à la population. De la salubrité des établissements aux services ultraspécialisés, je vois, chez ceux et celles qui y oeuvrent, une détresse qui m’interpelle, une jonction ratée entre les personnes qui veulent soigner et celles qui en ont besoin…

Les propositions des Castonguay, Rochon et Clair, tous des gens avec qui j’ai tiré du poignet dans ma carrière, m’ont pourtant redonné espoir. Je crois que leur volonté de revoir le fonctionnement du réseau pour l’améliorer mérite d’être soutenue. Je crois même que les prochaines élections provinciales pourraient permettre une occasion rare de mettre en place un processus court et fonctionnel pour y arriver. Par exemple, tous les partis politiques pourraient et devraient s’entendre maintenant sur la mise en place d’un processus dont les conclusions ne seraient connues qu’après les prochaines élections.

L’expérience m’a appris que penser faire un consensus sur l’organisation d’une telle somme de services dans des régions aux besoins parfois différents, relève de l’utopie. Par ailleurs, je sais aussi que toutes les personnes intervenant dans cet immense réseau, médecins spécialistes compris, ont d’abord à coeur le bon fonctionnement des services à la population. Bien sûr, leurs conditions de vie au travail les préoccupent, mais leur volonté à bien faire les choses m’a toujours rassuré, malgré le peu de considérations dont elles font trop souvent l’objet…

Un processus court et fonctionnel… Pas évident! Pourquoi ne pas nommer quelques personnes (trois à cinq) dont la crédibilité publique serait reconnue pour leur contribution à ce réseau (santé, services sociaux, anglophones, premières nations, etc.)? Ces personnes pourraient diriger une assemblée des groupes qui y oeuvrent, ce qui s’apparente à des états généraux. J’y inclurais aussi les comités d’usagers et les partis politiques afin d’assurer la communication directe avec le pouvoir du peuple. Les leaders de ces états généraux auraient le mandat de déposer, à la population du Québec, des propositions concrètes de fonctionnement. Le futur gouvernement aurait donc en main, un an après son élection, des solutions qu’il pourrait commencer à mettre en place.

Je sais, en écrivant tout cela, qu’il y a une part de rêve dans cette idée. Mais si nous arrêtons de rêver ce réseau, nous resterons englués dans le cauchemar actuel…


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