Des médecins malades de l’argent

Le rapport des médecins spécialistes à l’argent devrait être remis en question, selon l’auteur.
Photo: iStock Le rapport des médecins spécialistes à l’argent devrait être remis en question, selon l’auteur.

L'annonce par le gouvernement du Québec d’une « entente » salariale avec les médecins spécialistes a fait couler beaucoup d’encre exprimant indignation, consternation et même révolte devant ce que le sociologue Philippe Steiner a appelé Les rémunérations obscènes (Zones, 2011). On ne peut cependant se satisfaire de l’idée simpliste (et fausse) d’une soi-disant demande légitime de « parité salariale canadienne » quand on sait la différence énorme du coût de la vie entre Montréal, Toronto et Vancouver. Le problème est donc plus profond.

Le temps est en effet venu de se demander quel remède on pourrait apporter à ce qu’il faut bien appeler la psychopathologie de l’argent. Parlant de « cette maudite race humaine », Mark Twain disait avoir « conscience que bien des hommes ayant amassé plus de millions qu’ils n’en pourraient jamais en dépenser montraient un appétit féroce pour plus d’argent encore et n’avaient aucun scrupule à tromper les ignorants et les démunis en piochant dans leurs maigres rations pour assouvir un peu cette faim ». Cela ressemble fort à nos spécialistes qui pigent dans les fonds publics alors même que le gouvernement peine à réparer des écoles qui tombent en ruine et à mieux traiter les infirmières épuisées…

À la même époque, le sociologue allemand Georg Simmel s’est lui aussi intéressé à la place occupée par l’argent dans la culture moderne et publia, en 1900, son grand ouvrage consacré à la Philosophie de l’argent. Il a observé que « l’argent, simple moyen n’ayant manifestement aucune utilité pour lui-même », devient de plus en plus une « fin ultime des aspirations humaines ». La possession d’argent est ainsi « pour un nombre incalculable de nos contemporains le but propre et ultime de leurs aspirations, le but au-delà duquel ils ne se posent aucune question ». La fixation sur l’argent comme ultime mesure de toute valeur affecte même la signification accordée aux choses et aux relations humaines au point, selon Simmel, que le désabusement des classes sociales prospères « n’est que l’effet psychologique de cet état de fait ». De par son caractère indifférencié et abstrait, l’argent facilite même le laxisme et la fraude. Comme l’écrit encore Simmel, des personnes par ailleurs honorables sont plus enclines à se comporter « de manière plus louche dans de pures affaires d’argent que lorsqu’il s’agit de faire quelque chose de douteux éthiquement dans d’autres relations ».

La quête démesurée de plus d’argent est donc bel et bien une pathologie moderne que les psychologues et psychiatres devraient traiter. Ces derniers ont d’ailleurs mis en évidence une relation significative entre les très hauts revenus et une certaine tendance paranoïaque, de même que le fait d’avoir des valeurs très matérialistes diminue les capacités relationnelles et engendre plus d’émotions négatives. Il est aussi connu qu’au-delà d’un certain seuil, plus d’argent ne rend pas plus heureux et diminue même la capacité de jouir de menus plaisirs.

Relire Galien…

Les futurs médecins et spécialistes obsédés par l’argent devraient lire (je n’ose dire « relire »…) leur ancêtre Galien, qui écrivait dans son traité de philosophie morale Ne pas se chagriner que celui qui ne possède qu’un champ de terre et le perd se retrouve complètement sans ressource et peu à bon droit se chagriner, « mais si quelqu’un en perd un sur les quatre qu’il avait, il se trouvera à égalité avec ceux qui en possédaient trois dès le début » et n’a donc aucune raison de se plaindre, car s’il examine « les champs qui suffisent à ses dépenses personnelles, il supportera sans souci la perte du superflu ». Autrement, il ne supportera pas de voir d’autres gens en posséder plus que lui et se sentira toujours pauvre, son « désir restant inassouvi ». Il devrait donc, selon le bon conseil stoïcien de Galien, « cesser d’examiner continuellement combien de champs possède » son voisin et se contenter de ce qui lui suffit déjà amplement.

Je propose donc l’annulation pure et simple de l’entente signée avec les médecins spécialistes, annulation pleinement justifiée socialement, nonobstant les propos de nos médecins premier ministre et ministre de la Santé, tous deux spécialistes… des sophismes.

En échange, cependant, le gouvernement devra mettre de côté une partie des sommes ainsi épargnées pour payer le traitement psychologique des spécialistes qui, se croyant injustement traités, subiront des souffrances du fait de ce petit sevrage pécuniaire. Une autre partie devrait être investie dans un projet de recherche sociologique analysant la formation que les universités offrent à ces médecins. Car la question se pose : quel discours éthique et quel sens de responsabilité sociale les professeurs mettent-ils en avant dans les cours qu’ils dispensent aux futurs spécialistes ? Ces derniers croient-ils que tout leur est dû parce qu’ils ont brillé sur le plan scolaire ? Réalisent-ils la spécificité de la profession médicale au-delà du fait que c’est un monopole lucratif ? Croient-ils que le fait de « sauver des vies » — comme ils disent — justifie des salaires au-delà de la capacité de payer des citoyens ? C’est donc à l’idéologie sous-jacente aux demandes des médecins spécialistes qu’il est temps de s’attaquer, idéologie selon laquelle c’est l’argent et non pas la personne, comme le croyait Protagoras, qui est la mesure de toute chose.

72 commentaires
  • Monique Deschaintres - Abonnée 8 mars 2018 04 h 22

    Médecine et éthique

    Quel bel article! J’espere que beaucoup de médecins le liront et repenseront à l’éthique de leur profession.

    • Yves Mercure - Abonné 8 mars 2018 14 h 49

      Solutions un peu brutales, non?
      Cette affaire ressemble à un gros enclume avec des ailes. Pour réduire les risques de traumatisme colatéral, mieux vaut un aterrissage en douce. Couper les ailes, oui, mais à petits feux. On s'épargne l'usufruit de hargne alors que l'acceptabilité ainsi que le temps permettront de rediriger des moyens vers les lieux vraiment nécessiteux. Par exemple : la simplification des 11 milles actes! L'inconcevable : nous vivons une ploutocratie et les toubibs ne sont pas épargnés. La majorité des gens ne s'enferme pas dans cette recherche du fric. Comme les Md, on confie aux banquiers, aux syndicats... les tâches de défense des droits et moyens et on fait notre travail, généralement comme il faut. Or, ceux qui sont près de leur sous, ce sont justement ceux qui se démènent comme supers prédateurs et qui prennent contrôle des instances oû se brasse les affaires. Nos libéraux à la barre sont de ce type. Quant à la perception même des médecins, soyez asurée qu'ils ne sont pas de cette engence cupide ... pour la plupart.
      Sur l'argent, un des grands milliardaires, parmis les moins malhonnêtes au Québec, vient de vendre sa boutique de gestionnaire de fond et, savez-vous ce qu'il disait des francophones du Québec? Qu'ils souffrent d'une maladie, celle de ne pas apprécier l'argent. Lui, bien en santé, nonagénaire ou peu s'en faut, vit plutôt humblement et cumule des sous depuis bien au-delà du demi siècle. Allez savoir qui a raison! Quoiqu'il en soit, pendre Couillard et Barette, ou mettre leurs têtes sur les poteaux avec "Recherchés mort ou vif", ne donnera que peu de fruit comestibles. Tout le respect que j'ai pour M. Gingras ne m'empêche pas de croire qu'il fait fausse route en appelant à la vindicte. Les journalistes-chroniqueurs le font depuis des années avec le résultat connu : le vote libéral se maintient. On a voté pour ça depuis plus de 15 ans, hé!... et il reste à prouver que l'automne 2018 peut réserver mieux que ce genre de triste sieurs.

    • Serge Lamarche - Abonné 8 mars 2018 16 h 21

      Le cas des médecins me rappelle les policiers. Il y a un salaire optimal. Si on ne paye pas assez, on a des employés frustrés. Si on paye trop, on a des employés qui ont moins besoin de travailler. C'est un bon signe puisque ça veut dire qu'ils ne sont pas avides en général. Il suffit donc de réduire leur paye de base et de donner des bonis pour travail mieux fait pour que tout fonctionne mieux.

  • Jean Duchesneau - Abonné 8 mars 2018 04 h 56

    Théorie de la projection

    Philippe Couillard et Gaétan Barrette ont été de très mauvais négociateurs, car il me semble très plausible qu’ils ont projeté sur l’ensemble des médecins spécialistes, leur propre rapport trouble avec l’argent. Pourquoi M. Couillard a-t-il fondé ce département de chirurgie en Arabie-Saoudite? Surement pas pour aider de pauvres gens du tiers monde. Non, n’est-ce pas plutôt pour les pétro dollars? Gaétant Barrette s’est retiré de la FMSQ avec un « super deal » de plus d’un million très justifié selon lui pour « mission accomplie ». Ce sont des faits qui à tout le moins laissent songeurs.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 9 mars 2018 12 h 32

      " Surement pas pour aider de pauvres gens du tiers monde."

      Pourquoi ce jugement mesquin ?

      Ce que Wiki a à dire sur le passage de Philippe Couillard dans ce pays :

      " De 1992 à 1996, il participe à la fondation d'un service de neurochirurgie à Dhahran, en Arabie saoudite. Il agissait également à titre de conseiller du ministre saoudien de la Santé, le prince Abdullah bin Abdulaziz Al-Rabeeah "

      Couillard lui-même, interrogé sur ses activités en Arabie saoudite, expliquait avoir agit comme conseillé pour ce pays qui souhaitait mettre sur un système de santé public digne d'un pays développé.

      Le site " international-health-cover.com/fr ", qui est celui d'une compagnie d'assurance qui vend des couverture de soins de santé a l'international (et donc n'a pas intérêt a dire qu'un pays a un bon service public de santé) décrit le système de santé de l'Arabie comme ceci, extraits :

      " En Arabie saoudite, le système de soins de santé peut être considéré comme public. En 2005, le gouvernement a rendu l’assurance médicale obligatoire pour les résidents à la fois nationaux et étrangers, "

      " Dans l'ensemble le Royaume d’Arabie Saoudite dispose d'un service de soins de santé bien développé et facilement accessible. La plupart des gens en Arabie Saoudite, qu'ils soient indigènes ou expatriés sont en mesure de recevoir les soins dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. "

      On peut conclure que le service de neurologie au quel il a participé est au service de toute la population de ce pays.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 8 mars 2018 05 h 26

    «Rémunération des médecins : plus d'argent mais moins de soins ...»

    Quelle belle lettre ! Mais, il aurait fallu être l'un de vos élèves pour en saisir le sens et s'imprégner de ses principes.

    À l'heure du clientélisme asservi au pragmatisme, à défaut de discours éthique on dispense une morale étique qui reflète le goût du jour.

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mars 2018 06 h 06

    Une couche de vernis

    Monsieur Gingras a une vaste culture, qui lui permet surtout de juger de ce dont il parle sans en dire le premier mot.

    • Jean Lacoursière - Abonné 8 mars 2018 06 h 48

      Bonjour. Que voulez-vous dire plus exactement?

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mars 2018 07 h 10

      Et pourquoi défendez-vous l'entente?

    • Marc Davignon - Abonné 8 mars 2018 07 h 48

      Vos commentaires sont probablement le résultat d'une dysplasie intellectuelle. Vous savez écrire! Vous savez lire! Mais vous ne comprenez pas! Savoir sans comprendre ne sert à rien n'est pas de la connaissance.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 8 mars 2018 09 h 09

      M. Richard Maltais Desjardins est un spécialiste de la contrepèterie.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 mars 2018 10 h 11

      Dans une parade,celui ou celle qui n'a pas le pas,croit qu'il est le seul qui juge que la parade est dans l'erreur...

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mars 2018 10 h 32

      Monsieur Lacoursière, ce que je veux dire, c'est que l'auteur prend le relais de l'indignation suscitée par «l'entente» est justifiée en invoquant des considérations morales fort savantes et généreuses mais sans dire en quoi elles s'appliquent aux conditions de «l'entente».

      Monsieur Auclair, je ne défends pas du tout «l'entente». Ce que je dis depuis le début, c'est que nous devons en juger pour ce qu'elle est. L'opinion générale, c'est que les spécialistes ont obtenu deux milliards additionnels de la part du gouvernement. C'est faux.

      Monsieur Davignon, merci pour le diagnostique. Bien que je n'y arrive que très imparfaitement, je suis ceux qui estiment important de savoir de quoi je parle avant de prétendre comprendre.

    • Marc Davignon - Abonné 8 mars 2018 11 h 10

      En cela, vous êtes le seul à «savoir» de quoi vous parlez(!?). C'est là tout le problème, savoir et comprendre sont deux choses distinctes, mais complémentaires. L'un et l'autre doit aller de pair pour créer de la connaissance (une croyance vraie et justifiée). Le manquement de l'un ou de l'autre et vous demeurez avec une croyance, domaine de l'opinion.

      Les sophismes ou les phrases creuses ne peuvent pas passer le test de la vérité après avoir subi le filtre de la justification.

      «Les décisions difficiles que nous devrons prendre seront basées sur le fait que nous n'avons pas les moyens de payer pour tout. [...] (M. Barrette, Journal de Montréal, 4 nov. 2015)

      Alors, la moyenne nationale pouvait amplement (à elle seule) justifier(!?) une augmentation de la rémunération? Il y a des trous dans le résonnement! Il manque un quelque chose qui choque notre esprit sensible aux écarts de logique, aux manquements étiques. La même sensation que lorsque l'on oublis quelque chose, mais on n’arrive pas à se rappeler quoi! C'est fâchant!

      Il faut faire comme M. Gingras et poser des questions et ne pas penser mou!

    • Jean Lacoursière - Abonné 8 mars 2018 11 h 15

      Re-bonjour,

      Selon vous monsieur MD, les médecins pratiquant au Québec dans le régime public sont-ils en 2018 (et de manière générale):

      a) payés de façon raisonnable, juste;
      b) trop payés;
      c) pas assez payés.

      C'est plus facile de parler des vraies affaires... .

    • Raymond Labelle - Abonné 8 mars 2018 13 h 13

      J'ajouterais un petit mot à l'excellente question de M. Lacoursière: motivez.

      Accordons à RMD que l'article de M. Gingras présuppose que les médecins spécialistes sont trop payés - le but de cet article n'est pas d'en faire la démonstration. M. Gingras mentionne quand même que le but d'atteindre la moyenne nationale ne tient pas compte du coût de la vie beaucoup plus bas au Québec ni des moyens proportionnels moins grands de l'État québécois.

      RMD, même si on acceptait que, pour cette entente-ci, il n'y avait pas le choix à cause d'une entente antérieure, on veut commencer par voir la situation globable. On veut commencer par savoir si:

      les médecins pratiquant au Québec dans le régime public sont-ils en 2018 (et de manière générale):

      a) payés de façon raisonnable, juste;
      b) trop payés;
      c) pas assez payés.

      Et motivez votre réponse.

      S'ils sont trop payés et qu'à chaque entente le sur-paiement était justifié par une entente antérieure, on ne réglera jamais la problème, s'il y a un problème.

      Premère étape, donc, avant toute autre considération: y a-t-il un problème. Je répète:

      les médecins pratiquant au Québec dans le régime public sont-ils en 2018 (et de manière générale):

      a) payés de façon raisonnable, juste;
      b) trop payés;
      c) pas assez payés.

      Et motivez votre réponse.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mars 2018 13 h 20

      Ne croyez pas nécessaire de vous dépenser en leçons de logique ou d'éthique à mon endroit, monsieur Davignon.

      Monsieur Lacoursière, si je m'en rapporte à mon sentiment, je dirais que les médecins sont probablement trop payés au Québec et que cela découle des contraintes excessives auxquelles l'État s'est soumis en 2007 et 2011 à l'égard du rattrappage. Plutôt qu'avec des chiffres absolus contredits dès la crise de 2008, il aurait fallu y mettre des paramètres comme l'évolution de l'IPC ou du PIB. Les augmentations ont donc été anormales. Sont elles injustes? Pas forcément. Pour en décider, il faudrait comparer avec d'autres professions, salariées ou pas, publiques ou privées, en prenant en compte les exigences de la formation en temps et en argent, l'utilité, le niveau de responsabilité... ou d'autres choses encore, mais pas le fait qu'un radiologiste gagne en un an ce que d'autres gagnent en dix ou le fait que vous et moi, qui sommes de bonnes personnes et de bons citoyens, gagnions moins que ces gens malades de l'appât égoïste du gain.

      Mais avant tout cela - je me répète -, il faudrait prendre la juste mesure du réel.

    • Marc Davignon - Abonné 8 mars 2018 13 h 30

      Quand il s'agit d'avoir «la juste mesure du réel», il le faut (se dépenser)! Sinon, nous sommes devant la problématique du «mauvais génie». Qu'est-ce que le réel?

    • Raymond Labelle - Abonné 8 mars 2018 13 h 53

      "il faudrait comparer avec d'autres professions" ou, pour avoir une mesure plus directe, avec la même profession exercée ailleurs au Canada - et tenir compte du coût de la vie ailleurs au Canada. Il est clair que le coût de la vie est plus élevé à Vancouver et à Toronto par exemple. De plus, le niveau de rémunération doit tenir compte des nouvelles mesures fiscales accordées aux médecins, leur permettant de s'incorporer et donc, de payer un taux d'impôt moindre ce qui a un double effet: augmenter le revenu net des médecins, et priver l'État de moyens pour leur octroyer cette rémunération.

      Il est vrai que beaucoup de mauvaises raisons sont invoquées pour dire que les médecins sont trop payés - vous pouvez construire l'homme de paille des mauvaises raisons et le détuire si ça vous amuse RMD.

      Mais ce qui ne veut pas dire que les bonnes raisons ne sont pas bonnes.

    • Jean Lacoursière - Abonné 8 mars 2018 14 h 07

      Merci monsieur MD. Je me demandais à quel endroit, précisément, Yves Gingras avait échoué à prendre la juste mesure du réel, comme vous l'insinuez à la fin de votre commentaire. (À moins que je vous interprète mal.)

    • Raymond Labelle - Abonné 8 mars 2018 14 h 27

      Selon vous monsieur RMD, les médecins pratiquant au Québec dans le régime public sont-ils en 2018 (et de manière générale):

      a) payés de façon raisonnable, juste;
      b) trop payés;
      c) pas assez payés.

      "Sont-elles injustes? Pas forcément. Pour en décider, il faudrait comparer avec d'autres professions, salariées ou pas, publiques ou privées, en prenant en compte les exigences de la formation en temps et en argent, l'utilité, le niveau de responsabilité" RMD

      Tâche herculéenne! C'est facile d'imposer un fardeau de preuve insurmontable aux autres sans n’en assumer aucun.

      On pourrait se contenter de comparer avec les mêmes professions au Canada - comparer les pommes avec des pommes - le coût de la vie ailleurs au Canada - la fiscalité (depuis que les médecins peuvent s'incorporer, cette mesure seule constitue une augmentation de revenu net - tout en privant l'État de moyens pour l'assumer) - les moyens des États de payer, et d'autre encore.

      "... ou d'autres choses encore, mais pas le fait qu'un radiologiste gagne en un an ce que d'autres gagnent en dix ou le fait que vous et moi, qui sommes de bonnes personnes et de bons citoyens, gagnions moins que ces gens malades de l'appât égoïste du gain."

      C'est vrai - mais que les radiologistes soient davantage payés parce qu'il y a des traces de l'époque où on tenait compte du temps pour développer des films alors que ça ne se fait plus depuis le numérique...

      Bien sûr, RMD, vous pouvez vous amuser à jouer à l'homme de paille. Trouver les mauvais arguments utilisés ici ou là par des personnes qui affirment que les spécialistes sont trop payés, en faire un homme de paille et le détruire. Facile facile. À vaincre sans péril...

      Et la question fondamentale: "Sont-elles injustes?" Je vois votre réponse: c'est un choix de valeurs. Eh oui. On aimerait des médecins motivés par la volonté d'aider leurs semblables plus que par le fric. On veut bien qu'ils soient rémunérés décemment, mais... Surtout que c'est no

    • Raymond Labelle - Abonné 8 mars 2018 16 h 50

      "On veut bien qu'ils soient rémunérés décemment, mais... Surtout que c'est no...us qui payons."

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 mars 2018 16 h 57

      J'espère que vous y trouvez un peu votre compte, messieurs. Sinon à la valeur des réponses, au moins à celle des questions que je soulève et auxquelles vous avez vous-même ajouté d'autres. Néanmoins, je ne vois pas très bien en quoi ce faisant je commettrais un homme de paille. Monsieur Gingras peut bien estimer suffisant de construire tout son texte sur une conclusion que vous ne semblez pas lui faire grief de ne pas justifer par une analyse autorisant quelques questions ou nuances : « tout le monde » est d'accord, de toute façon. Mais on ne me fera pas dire qu'il rend compte du réel en s'égarant dans ce « savant » diagnostic de psychopathologie de l'argent après quelques généralités convenues et approximatives.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 mars 2018 10 h 34

      RMD - le but de l'article de M. Gingras n'est pas de démontrer que les spécialistes sont surpayés. Il est vrai qu'il présuppose dans son essai littéraire que c'est le cas. On peut avoir été satisfait de ce fait de d'autres sources. L'article de M. Gingras est tout d'abord un essai littéraire quelque peu facétieux. Si vous le critiquiez comme s'il s'agissait d'une thèse économique, vous allez y trouver des failles, bien entendu.

      Voilà un exemple de comment vous utilisez la technique de l'homme de paille. Plusieurs personnes se trompent et oublient qu'une grande partie de l'augmentation de salaire des médecins spécialistes est le repaiement de sommes reportées antérieurement. Ces mêmes personnes se scandalisent de la surrémunération des spécialistes. Vos attaques sur la réelle erreur enlèvent de la crédibilité à l'affirmation comme quoi les spécialistes sont surpayés.

      Il faut qu'on vous précise qu'il est possible que, malgré cette erreur, les spécialistes pourraient être quand même surpayés pour que vous envisagiez la possibilité (mais pas avant!).

      Et quand il s'agit de voir si les spécialistes sont surrémunérés, vous imposer un fardeau de preuve ridiculement lourd pour que l'on puisse oser l'affirmer. "Pour en décider, il faudrait comparer avec d'autres professions, salariées ou pas, publiques ou privées, en prenant en compte les exigences de la formation en temps et en argent, l'utilité, le niveau de responsabilité".

      Bien sûr, vous ne prenez aucune position sur cette question, puisque vous ne relevez aucun fardeau de preuve. Vous ne faites que discréditer les personnes qui l'affirment et rien d’autre.

      Pour en décider, on compare des pommes avec des pommes : les spécialistes des autres provinces, le coût la vie, leurs conditions fiscales et leur nombre d’heures de travail. Par exemple.

    • Raymond Labelle - Abonné 9 mars 2018 13 h 47

      RMD - voici un article qui fait état d'une étude qui démontrerait que l'augmentation du salaire des spécialistes (oui, je sais, une grande partie est un rattrapage d'ententes antérieures - on parle de la rémunération réelle tenant compte de ce facteur) - n'apporte aucun gain d'efficacité :

      http://www.ledevoir.com/societe/sante/522000/mieux

      Veuillez retracer l'étude et assumer le fardeau de preuve comme quoi ses conclusions sont erronées.,

    • Raymond Labelle - Abonné 9 mars 2018 13 h 49

      RMD. Voici un article qui fait état d'une déclaration de M. Couillard comme quoi il y aurait un problème de productivité chez les médecins au Québec. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/522063/et

      Veuillez assumer le fardeau de preuve de démontrer si cette affirmation est vraie ou fausse.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 mars 2018 14 h 14

      Vous n'êtes pas de bon compte, monsieur Labelle. C'est vous-même qui, à la suite de monsieur Lacoursière, me demandiez de répondre à ses questions en me justifiant et qui m'accusez d'en faire autant ce matin. À croire que ce n'était que par défi, pour le plaisir de pouvoir railler un argumentaire ridicule au point que vous n'auriez pas eu besoin de le caricaturer. Que je m'autohommedepaillise moi-même. Désolé si je vous ai déçu en avouant que je n'ai pas de réponse où vous n'avez manifestement même pas de question, sauf par défi.

      Mais peu importe au fond. Il semble bien que vous faites partie de ces bonnes gences qui estiment avoir payé assez cher leur droit de traiter les médecins avec le mépris hautain que leur sert monsieur Gingras. Je ne vois pas l'intérêt de contredire cette expression de votre sentiment intime. De toute façon, il est évident que quelque justification que j'avancerais - et avec lesquelles j'ai déjà amplement ennuyé tout le monde - vous en concluriez que je ne cherche qu'à discréditer ceux qui, en effet, ne jugent pas nécessaire d'avoir des arguments solides pour mettre en cause la dignité de leurs semblables. Et qui se plaignent même, ailleurs dans ce fil, qu'on ose semer le doute dans leurs certitudes, d'une manière bassement partisane!

      Heureusement, il y a ce témoignage de monsieur Chicoine, à la fin. Qui est comme une bouffée d'air frais. J'y retourne.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 mars 2018 16 h 21

      J'avais mis le lien vers l'éude dès ce matin. Je la lis en fin de semaine. Quant à l'autre article, vous y trouverez quelques remarques de ma part...

  • Sylvain Lévesque - Abonné 8 mars 2018 07 h 22

    Merci

    Bravo pour cette synthèse philosophique. Il est temps de sortir des mécanismes de pensée étroite qui ont mené à cette incurie salariale, au détriment de la majorité.
    Ça suffit d'appliquer les mécanismes qui régissent le salaire des sportifs des ligues professionnelles milliardaires, ou des patrons des grandes compagnies, au profit des médecins. Ils ont utilisé l'exception comme modèle de négociation salariale. Il faut dire que ça fait longtemps qu'on nous bassine à l'effet que ce sont des individus exceptionnels.