Comment mettre en valeur le parc du Mont-Royal

À l’exception des autobus, le transit automobile n’a pas sa place dans le parc du Mont-Royal et il est temps que la voie Camillien-Houde soit dépouillée de son aspect de bretelle d’autoroute, estime l'auteur. 
Photo: Catherine Legault Le Devoir À l’exception des autobus, le transit automobile n’a pas sa place dans le parc du Mont-Royal et il est temps que la voie Camillien-Houde soit dépouillée de son aspect de bretelle d’autoroute, estime l'auteur. 

Dans Le Devoir du 1er mars dernier est parue une lettre de citoyennes montréalaises adressée à la mairesse Valérie Plante et posant la question suivante : « Fait-il bon vieillir à Montréal ? » Il s’agit d’une missive qui traite d’un sujet-clé, à savoir : l’abolition du transit automobile dans le parc du Mont-Royal se fera-t-elle au détriment des personnes âgées ? Car pour ces personnes, traverser à pied la zone tampon reliant le pôle d’accueil de la maison Smith à celui du lac aux Castors ne sera pas toujours de tout repos.

Pour éviter cet inconvénient, ces citoyennes recommandent de ne pas interdire le transit automobile dans le parc, sauf aux heures de pointe, et d’y réduire la vitesse. Si ces solutions ne sont pas possibles, elles préconisent que « les limites des accès est et ouest se côtoient, de sorte que le lac aux Castors soit facilement accessible aux automobilistes qui viennent de part et d’autre du parc ». C’est cette dernière approche qui s’avère, à mon avis, la plus souhaitable, mais à la condition d’être réalisée d’une façon exemplaire.

En premier lieu, il n’y a pas avantage à réduire la circulation automobile dans le parc pour l’accroître en périphérie de la montagne en obligeant les citoyens venant de l’est à contourner celle-ci pour accéder au lac des Castors et ceux venant de l’ouest à faire de même pour parvenir à la maison Smith. En second lieu, réduire la vitesse automobile et interdire le transit aux heures de pointe ne constituent pas des mesures réalistes à moins qu’il y ait une surveillance policière en permanence, ce qui ne rendra pas le lieu très accueillant.

Mettre la nature en valeur

Pour résoudre adéquatement ces problèmes, il faut s’inspirer des valeurs patrimoniales fondamentales de ce parc. Comme le recommandait son concepteur, Frederick Law Olmsted, aux autorités municipales de l’époque, la meilleure façon de développer le potentiel de ce site consiste à mettre en valeur la nature et à l’embellir. Dans ce sens, à l’exception des autobus, le transit automobile n’a pas sa place dans ce parc et il est temps que la voie Camillien-Houde soit dépouillée de son aspect de bretelle d’autoroute pour prendre celui d’un chemin pittoresque. C’est à cette condition que les automobilistes respecteront les limites de vitesse. Ensuite, il faut que la « zone tampon » comprenant d’un côté la maison Smith et, de l’autre, le lac aux Castors soit réaménagée de façon à maintenir entre ces deux pôles un lien d’accessibilité pour les automobilistes tout en recourant à la nature pour en atténuer les impacts.

La mairesse Valérie Plante a une occasion propice de régler une situation qui, depuis des décennies, érode le caractère originel de ce parc, que ce soit à cause d’équipements tels des bancs ou des aménagements qui cadrent peu avec l’esprit du lieu comme c’est le cas notamment du belvédère Kondiaronk, inauguré en 1992. Et la meilleure façon d’y parvenir sera de confier ce projet de transformation de la voie Camillien-Houde et du chemin Remembrance ainsi que le réaménagement des pôles de la maison Smith et du lac aux Castors à une firme d’architectes paysagistes reconnue pour l’excellence de ses réalisations. Cette recommandation peut paraître exigeante, mais elle s’impose parce que ce parc est unique en son genre au Canada et il mérite de le rester.

1 commentaire
  • Serge Lamarche - Abonné 5 mars 2018 15 h 55

    Vélos

    Je ne vois de problème avec le traffic restreint aux vélos et piétons. Le vélo électric est de plus en plus populaire et pratique.