Violence conjugale: ce qui se cache derrière la cravate...

Deux des ex-femmes de Rob Porter (à gauche) l’ont dénoncé, et il y a une troisième victime qui ne l’a pas encore fait.
Photo: Saul Loeb Agence France-Presse Deux des ex-femmes de Rob Porter (à gauche) l’ont dénoncé, et il y a une troisième victime qui ne l’a pas encore fait.

Rob Porter, bras droit de John Kelly, qui est le chef de cabinet de Trump, a démissionné de son poste après que des allégations — et des preuves — de violence conjugale sont devenues publiques. Deux de ses ex-femmes l’ont dénoncé, et il y a une troisième victime qui ne l’a pas encore fait. Le FBI enquêtait sur ces accusations depuis plusieurs mois, mais Porter occupait toujours son poste à la Maison-Blanche près du Bureau ovale.

En effet, tous les hauts gradés de la Maison-Blanche étaient au courant des accusations. Porter n’avait même pas obtenu une vérification de sécurité lui permettant de travailler près du président, et ce, à cause des accusations de violence conjugale. Et lorsque la Maison-Blanche a eu vent des accusations, son patron, John Kelly, n’a pas hésité une seconde à le défendre. Tout cela ne surprend pas venant de cette présidence, il va sans dire. Mais dire publiquement que l’agresseur est un homme d’intégrité et d’honneur, qu’il est un confident et un professionnel à valoriser, démontre ses préjugés, mais surtout son ignorance de ce qu’est la violence conjugale.

Car Kelly a défendu vigoureusement son adjoint, mais que connaît-il de Porter dans sa vie privée ? Absolument rien. Car personne de l’extérieur ne peut connaître le comportement de quelqu’un dans l’intimité et derrière des portes closes. Que la Maison-Blanche défende publiquement Rob Porter alors que les photos démontrent cette violence, non pas seulement à l’égard d’une femme, mais de deux et d’une possible troisième, est un bel exemple de l’ignorance et du manque de jugement de ces hommes politiques.

Des tentatives d’explications…

Mais Kelly n’est pas le seul à réagir ainsi. On ne peut pas le croire, dit-on. Impossible. Il est si fin, poli, gentil au travail. Jamais un écart. Un vrai gars d’équipe. Donc, message sous-entendu, la victime doit mentir. Il doit y avoir une explication. Peut-être que c’était de la défense légitime. Elle voulait se venger. Les femmes, elles, peuvent être vicieuses… Et que dire de la nouvelle blonde de Porter, Hope Hicks ? Elle ne veut pas croire que son amoureux puisse être violent, ce sont des mensonges, un coup monté, une attaque indirecte contre la Maison-Blanche, c’est du fake news. Elle va le défendre, c’est certain, jusqu’à ce qu’elle devienne la prochaine victime…

Il faut cesser de croire qu’un homme qui a réussi, qui est un diplômé de Harvard et un boursier de Rhodes ne peut pas battre sa femme. Cette violence s’exerce derrière des portes closes — l’homme violent sait comment frapper et terroriser sans laisser de marques. Rares sont les cas où la preuve de la violence existe. J’ai connu des femmes mariées à des hommes d’affaires, des hommes prospères, des hommes ayant une image de réussite, qui se faisaient battre après le cocktail de collecte de fonds ou le discours d’ouverture d’une nouvelle entreprise. Il faut cesser de croire que l’agresseur est un homme pauvre, sans éducation et qui boit. Ou que la femme battue est démunie, laide et stupide. Car j’ai également connu des femmes professionnelles et intelligentes qui ont été victimes de violence conjugale. Cette violence si pernicieuse, qui s’installe tranquillement mais sûrement et qui croît de jour en jour. Cette violence qui manipule, qui fait douter de son amour de soi, de sa personne, de ses capacités. Qui fait qu’on a honte d’en parler et encore plus honte de la dénoncer, et qu’on a si peur de partir…

Cessons de trouver des excuses pour cet homme qui bat des femmes, car nous ne voulons pas croire qu’un être qu’on fréquente et que l’on connaît peut être ainsi. Cessons de voir la cravate et l’habit comme étant des symboles d’intégrité et de droiture. Derrière la cravate, un monstre peut se profiler.

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 15 février 2018 07 h 29

    … le Regard-Dire de l’Enfant !

    « Derrière la cravate, un monstre peut se profiler. » (Sylvie Schirm, Avocate spécialisée, Droit de la famille, cabinet Schirm-Tremblay)

    Effectivement et, de plus, ce genre de personnage peut, aussi, se prendre pour cet « Empereur », nouvellement vêtu (A) !

    Qu’on porte, ou selon, cravate, chercher à l’habiller peut étonner tout autant le monde des « qualités-défauts » que …

    … le Regard-Dire de l’Enfant ! - 15 fév 2018 -

    A : https://www.youtube.com/watch?v=vB9auA0MXoQ .