Faut-il bannir le mot islamophobie?

Des personnes rassemblées pour l'anniversaire de l'attentat de Québec portent une bannière contre le racisme lundi soir à Québec.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Des personnes rassemblées pour l'anniversaire de l'attentat de Québec portent une bannière contre le racisme lundi soir à Québec.

Peut-on parler d’islamophobie ? Ou doit-on bannir le mot ? [...] Ce concept a-t-il du sens dans le Québec d’aujourd’hui ?

Les crachats, insultes, vandalismes et autres actions avérées à l’encontre d’individus ou d’institutions musulmanes québécoises en sont une manifestation. L’expression d’une haine à l’égard des musulmans, vus comme un groupe monolithique rétrograde, antidémocratique et surtout incapable de relations hommes-femmes saines et égalitaires. Ce racisme antimusulman correspond sans doute le plus au mépris décrit par les concepteurs du terme en Algérie française.

Le rejet de l’islam considéré comme une religion par essence prosélyte m’apparaît en être une seconde manifestation. L’expression ostentatoire pour qualifier les vêtements que portent plusieurs femmes musulmanes, en particulier le hidjab, est ici révélatrice en sous-entendant un acte politique. Il y a certainement des motivations variées derrière le choix de se voiler, dont une simple manière d’être. Mais dans cette conception, le port du voile représente à coup sûr un prosélytisme vestimentaire. Une conception que renforce la comparaison des enseignantes qui portent aujourd’hui le hidjab aux religieuses à cornette d’antan. Mais cela tient-il la route ?

Amalgame

Dans les années 1960, la sécularisation du clergé québécois a pris source dans le concile Vatican II, quand l’Église enjoignit au clergé de se rapprocher du peuple, et dans la Révolution tranquille, quand l’État québécois se réappropria le contrôle des écoles, des hôpitaux et des services sociaux. Les enseignantes musulmanes d’aujourd’hui ne sont pas membres d’un clergé qui administre l’instruction publique, mais l’amalgame crée chez plusieurs Québécois la peur de retourner à l’époque où la religion scandait la vie.

Ceci m’amène à une troisième manifestation d’islamophobie, qui correspond à son sens littéral, soit la peur de l’islam. Peur d’être peu à peu envahis, contraints de se convertir, d’être soumis à la charia. Angoisse justifiée chez plusieurs femmes et hommes immigrés de pays musulmans qui ont fui l’islamisme. Mais ici, quel est le risque d’avènement d’un gouvernement musulman intégriste ? Je crains bien plus les évangélistes et autres born again Christians ! Cette version de l’islamophobie qui renvoie à la peur quasi atavique éprouvée par l’Occident chrétien à l’égard des Sarrasins ne se traduit pas en actes violents ; elle entrave néanmoins la rencontre.

Cette semaine, nous commémorons la mémoire des personnes tuées ou blessées le 29 janvier 2017 à la mosquée de Québec. Pouvons-nous écouter les voix de nos concitoyens musulmans qui nous disent leur peur à la suite de cet attentat et leur crainte des vexations qui font trop partie de leur quotidien ? Une réflexion sérieuse sur les préjugés et les peurs dont nous ne sommes pas exempts, comme les autres sociétés, serait le moindre du respect envers elles et eux.

91 commentaires
  • Gilbert Troutet - Abonné 31 janvier 2018 03 h 37

    Pourquoi des problèmes avec l'islam

    Il y a tout de même un problème avec les tenants de la religion musulmane, comme d'ailleurs avec les Juifs hassidiques de Montréal, problème que nous n'avons pas avec d'autres populations d'immigrants. D'abord les accommodements que ces gens-là demandent à la société d'accueil, et qui peuvent aller jusqu'à modifier nos lois dans leur sens. On se souvient de la tentative, il y a quelques années, de légaliser la charia en Ontario. Ce qu'il faut craindre, c'est un islam politique là où il parvient à s'imposer, par la force ou par le nombre, et qui régit alors toutes les sphères de la société.

    Cela dit, on sait très bien qu'un grand nombre de Québécois musulmans s'éloignent discrètement de la religion dans laquelle ils ont grandi, comme beaucoup de catholiques qui ont déserté les églises. Voilà plutôt ce qui nous rapproche. Mais il faudrait aussi que nos gouvernements cessent de se compromettre avec des pays comme l'Arabie saoudite, qui vient propager jusqu'ici un islam rigoriste et radical, en échange de contrats de ventes d'armement.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 09 h 50

      Comme vous dites, c'était une tentative de faire modifier les lois pour les rendre conformes à leurs valeurs. Dans une société démocratique, c'est un droit qui appartient autant aux musulmans intégristes, aux juifs hassidiques qu'aux athées militants.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 10 h 34

      En 2005, Fatima Houda-Pepin députée libérale conjointement avec Jocelyne Caron, députée péquiste ont fait voter une motion afin de s'opposer à l'implantation de tribunaux islamiques dans la province et ailleurs au Canada. Envoyant ainsi un message clair au gouvernement de l'Ontario qui allait accepter cette loi islamique.

      Mme Houda-Pepin disait: « Les victimes de la charia ont un visage humain, et ce sont les femmes musulmanes, a-t-elle ajouté. Souhaitons que leur voix trouvera une meilleure écoute auprès du Procureur général de l'Ontario, qui doit disposer de ce rapport. » rapportait un article de Radio-Canada.

      On y lisait aussi que : «Elle (Mme Houda-Pepin) fait valoir qu'il faut combattre les groupes minoritaires qui cherchent à se servir de la Charte canadienne des droits et libertés « pour s'attaquer aux fondements mêmes de nos institutions démocratiques ».»

      Les principes de la charia sont défavorables et désastreux pour les femmes musulmanes: ce n'est pas ma définition de la démocratie.

      Ici, Micheline Marier tente de nous faire croire que certains jugements sur le voile sont islamophobes tout en tentant, comme plusieurs, de nous faire croire que notre passé catholique nous incite à rejeter l'islam. Je pense qu'une grande majorité n'a pas peur d'être envahis par l'islam ou de l'avenue d'un gouvernement musulman intégriste, ils manifestent leur ras-le-bol de pratiques, d'accommodements qui n'ont rien de raisonnables. Regardons juste la visite d'un Justin Trudeau avec des ministres féminines dans une mosquée ou ces dernières n'ont pas pu entrer par la même porte que leur ministre, qu'elles ont dû s'asseoir séparément des hommes et qu'elles n'ont pas pu parler, en plus du fait qu'elles ont dû porter le voile durant la cérémonie!

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 11 h 47

      Merci du rappel, madame St-Amour. Je ne vois rien dans ce que vous dites qui suggère que la Charia aurait été instaurée en Ontario sans l'intervention de madame Houda-Pepin. La charte canadienne dont vous craignez tant qu'elle soit utilisée pour justifier des accommodements déraisonnables fixe justement des limites telles que l'instauration d'un droit par-dessus le droit compromettant l'égalité juridique entre les hommes et les femmes était impossible dans son principe même.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 12 h 48

      Il y a eu aussi plusieurs grandes manifestations au Québec, en Ontario et même en Europe contre l'adoption de tribunaux islamiques en Ontario!

      Je me rappelle cet article, en 2013, de Josée Boileau sur le voile et les accommodements. Elle disait:

      «Et pourtant, quand la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse avait rendu un avis sur le port du foulard à l’école en 1995, première fois qu’au Québec, on se penchait sur la question, l’affaire concernait 70 adolescentes. Que c’était là phénomène marginal, nous disait-on ! Qu’il suffisait d’être compréhensif, qu’à force le foulard tomberait de lui-même… Voire ! À Montréal, le foulard est maintenant partout, si banalisé qu’on ne s’indigne même pas de le voir sur la tête d’enfants prépubères. En fait à moins de niqab, tout est accepté — et le tour de celui-ci viendra bien puisqu’on en croise de plus en plus à Montréal. Résultat : ce sont ceux qui veulent encadrer, au sein de l’État, le port de symboles religieux qui marquent la stigmatisation des femmes qui se font taxer de discrimination. M. Couillard a encore été implacable à ce sujet vendredi.

      À ce rythme, une candidate avec un tchador relève-t-elle donc vraiment de l’impensable ? Non. D’ailleurs, si Mme Houda-Pepin ne s’était pas élevée contre les propos de son collègue, l’acceptation serait déjà intellectuellement faite. Plus concrètement, et le parallèle s’impose, qui aurait cru que des Montréalais éliraient un jour comme conseillère municipale une femme qui, en tant que juive hassidique, refuse de serrer la main des hommes ? Par un curieux revers, cette élection devient un symbole d’ouverture, et tant pis pour la quête, si avancée et si précieuse au Québec, d’un rapport égalitaire entre les hommes et les femmes…

      C’est de cette banalisation que nous cause la Charte, et il n’y a rien d’artificiel, ou de partisan, dans les questionnements qu’elle soulève. »
      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/392886/la

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 18 h 56

      Et voici ce que dit Djemila Benhabib de ce mot islamophobie:

      «Tous ou presque atteints d’une même maladie: l’islamophobie
      Ce mot fourre-tout à l’origine de bien des confusions a été brandi par les islamistes pour faire taire leurs opposants au tout début de la Révolution islamique en Iran en 1979. Recyclé par la gauche multiculturaliste, le concept refait surface avec l’affaire Rushdie, dix ans plus tard, avec pour objectif de limiter le débat public. Pour les mollahs du communautarisme, toute critique de l’islam, toute opposition à l’islam politique est considérée comme un acte malveillant à l’endroit des musulmans. Un grand malentendu naît: la critique des idées et la haine des personnes se confondent. Les islamistes jubilent alors que les racistes polluent le climat. Les amoureux de la liberté se retrouvent coincés entre les deux feux sacrés du suprématisme religieux et racial.»

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 08 h 19

      La seule critique de l'islam qui trouve grâce auprès de ces champions de la tolérance, c'est celle qui culmine en une détestation de celui-ci en raison de l'intégrisme conquérant qui en constituerait le fond. Cette haine des idées est tellement légitime, impérieuse, qu'elle justifie toutes les répressions qui auraient autrement l'air d'être dirigées contre les personnes. Que l'effet soit le même ne doit pas mollir notre détermination. Comme il n'y a pas si longtemps en pleine civilisation, c'est à nouveau nécessité qui fait loi...

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 11 h 05

      Donc, si je vous comprends bien M. Maltais Desjardins vous reprochez à Djemila Benhabib non seulement de critiquer l'islamisme, mais surtout parce qu'elle focalise sur l'islamisme, l'intégrisme? Djemila Benhabib, Nadia El-Mabrouk, Ferid Chekhi, Ali Kaidi, Leila Lesbett, Fatima Houda-Pepin et d'autres au Québec, mais aussi Soheib Bencheikh, Abdenour Bidar, Kamel Daoud, le regretté Abdelwahab Meddeb, l'écrivain Boualem Sansal et même Boris Cyrulnik, toutes ces personnes sous couvert de dénoncer l'islamisme, donneraient une image tronquée de l'islam et détesteraient l'islam, c'est ça?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 15 h 09

      Si vous tenez comme à l'habitude à voir tout noir ou tout blanc, je vous mettrai au premier rang. Désolé de ne pas y ajouter tous les noms que vous citez comme s'ils ne faisaient qu'un avec vous.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 15 h 33

      Mais on comprend que vous voyez en noir ces musulmans qui critiquent l'islam radical .

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 17 h 40

      Vous comprenez ce que vous voulez. Pas un mot de ce que je dis.

  • Pierre Grandchamp - Abonné 31 janvier 2018 04 h 58

    Islamophobie versus islamistophobie

    Islamophobie: peur de la religion musulmane.

    Islamistophobie: peur de l'islam radical.

    Quand j'écoute ce qui se passe dans le monde, je suis islamistophobe:sort des chrétiens en terres musulmanes, guerres entre chiites et sunnites, les Talibans, Al Qaeda, Boko Haram, l'EI.....et autres groupes radicaux. Quand je sais que plusieurs personnes d'ici sont allés combattre avec l'EI, je suis islamistophobe. Quand je sais que l'Arabie Saoudite finance des imams radicaux ici et ailleurs en Occident, je suis islamistophobe. Quand je connais le sort de certaines banlieues en France et en Angleterre, je suis islamistophobe.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 10 h 00

      vous distinguez donc l'islam comme doctrine religieuse et l'islamisme comme mouvance idéologique et politique. On vous dira qu'il n'y a pas de différence, ou encore que le premier est la cause principale du second... alors qu'on sait très bien que les supposés intégristes musulmans n'ont souvent qu'une compréhension très approximative de l'islam d'une part et que bien d'autres facteurs que religieux expliquent aussi leur terrorisme. En somme, il me semble qu'en effet la distinction ne tient pas dans la mesure où la crainte de l'islam et la crainte de l'islamisme renvoie à un islam fantasmé, chez les phobiques comme chez les «intégristes». Ce dont nous serions mieux avisés de nous inquiéter, c'est des iniquités pour lesquelles les religions ne servent le plus souvent que de véhicule...

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 31 janvier 2018 11 h 07

      L'argument de Richard Maltais qui assimile une inquiétude raisonnable à une phobie ne tient pas la route.

      Il suffit de s'intéresser, honnêtement, à des critiques intellectuelles arabes ou musulmanes pour savoir que l'Islam refuse d'être réformé. Pire, les réformateurs peuvent être menacés voire tués. Il ne s'agit pas d'un fantasme. Je parle par exemple de Ayaa Hirsi Ali ou Sami Aldeeb, traducteur du Coran. Les cas de Theo Van Gogh, Salman Rushdie sont éloquants à cet égard. Que l'on ne vienne pas nous faire croire qu'une fatwa est un fantasme.

      Des intellectuels musulmans nous disent, ici, que l'accusation d'islamophobie (fondée ou non) peut mettre en danger leur famille dans leur pays d'origine. Si l'on s'intéresse le moindrement à la manière dont la société civile fonctionne dans les pays où l'Islam est la religion dominante, on comprendra bien vite que c'est la séparation entre le intégristes et modérés qui est un fantasme.

      Ça ne veut pas dire que l'on pense que chaque musulman d'ici cache un intégriste, pas du tout. Ça veut dire par contre que les organisations les plus rigoristes sont organisées et financées de telles façons qu'elles peuvent ensuite puissamment occuper un espace politique en occident et tenter de régimenter la vie des musulmans d'ici. Or, le Coran, traduit par Sami Aldeed permet de comprendre d'où ces intégristes tirent leur légitimité. Comme ce Corant permet de bien comprendre, enfin dans l'odre, ce qui distingue le Coran mecquois du Coran médinois, on arrive enfin à saisir l'origine d'une interprétation plus violente et autoritaire.

      Cette interprétation et l'existence de ceux qui lui sont fidèles ne relève pas du fantasme. Je suis donc d'accord pour abolir la distinction entre politique et religion, dans la mesure où on fait un effort réel pour lire le Coran, on constatera que le Coran même les amalgame, ce qui aide justement à légitimer le point de vue intégriste.

    • Pierre Desautels - Abonné 31 janvier 2018 11 h 53


      @Pierre Grandchamp.

      Pourquoi vous compliquer la vie?

      Le Petit Robert introduit le mot, dans son édition 2006, en le définissant comme :

      « une forme particulière de haine dirigée contre l'islam et les musulmans qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins »

      Le Grand Robert, dans son édition 2015, écourte la définition qui s'accorde dorénavant avec celle du dictionnaire Larousse, pour lequel l'islamophobie renvoie à l'« hostilité envers l'islam, les musulmans ».

      Finalement, plutôt qu'être dans le déni, mieux vaut se fier au bon vieux dictionnaire plutôt qu'à des définitions farfelues et disons même, niaiseuses.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 13 h 50

      Monsieur Gill, j'ai lu vos commentaires avec d'autant plus d'intérêt qu'ils ne contredisent en rien les miens.

    • Jean Duchesneau - Abonné 1 février 2018 08 h 55

      @Charles-Étienne Gill

      Il n'y a pas deux corans, mais bien un seul composé de 6236 ou 6213 versets, divisé en 114 sourates, révélés pendant une vingtaine d'années au prophète. Les sourates de la Mecque (610 à 622) sont plus spirituelles alors que les sourates de Médine (622 à 632), postérieures au mecquoises, sont guerrières. Pour les croyants, ces versets sont la parole de Dieu. Par contre, les théologiens se sont rendu compte qu'il y avait contradiction entre bon nombre de versets. Ainsi, s'inspirant que quelques versets du coran ils en sont venu à déterminer la règle d'abogation qui stipule que si deux versets "semblent" en contradiction, ce sont les versets plus récents donc mecquois (les abogeants) qui priment sur les les plus anciens (les abrogés) donc les médinois plus violents et conquérants. C'est un sujet qui fait controverse et qui est au coeur d'une réforme "possible" du coran soit d'éliminer cette règle ou d'en réduire la portée. Ainsi, lorsqu'un imam se réfère à un verset du coran pour affirmer que l'islam est essentiellement une religion de paix, il cache sciemment le fait que le verset qu'il cite, selon le contexte, est fortement susceptible d'être abrogé; d'où une énorme ambiguité!

  • Nadia Alexan - Abonnée 31 janvier 2018 05 h 28

    Le respect doit être réciproque!

    Le respect doit être réciproque, madame Micheline Marier. Le mot «islamophobie» est vide de sens et contreproductif, car au lieu d'apaiser une réaction négative, il produit le contraire de sentiments désirés. Le but de ce mot est de museler toutes critiques de l'islamisme.
    L'auteur demande «Mais ici, quel est le risque d’avènement d’un gouvernement musulman intégriste ? » J'aimerais vous rappeler que la Charia a été presque instaurée en Ontario, il y'a quelques années, par la néo-démocrate, Marion Boyd, l'ex-procureure générale de l'Ontario, qui a déclenché un véritable tollé lorsqu'elle a recommandé de modifier la loi provinciale sur l'arbitrage pour autoriser et encadrer l'arbitrage religieux en vertu de la charia.
    En Angleterre, les tribunaux islamiques appliquent la charia et le plus haut juge anglais accepte l'application de la loi islamique, un système judiciaire à deux vitesses, contraire au principe d'universalité du droit. Ça devient une nation entre une nation.
    La peur de l'islamisation est réelle et justifiée. Il faudrait que les intégristes respectent nos lois et se conforment à notre laïcité pour le bien vivre ensemble.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 31 janvier 2018 10 h 18

      Quand vous écrivez " Le mot «islamophobie» est vide de sens et contreproductif, car au lieu d'apaiser une réaction négative, il produit le contraire de sentiments désirés." vous faites complètement fausse route. Le mot islamophobie n'est pas vide de sens ( peur ou crainte de l'islam) mais on détourne son sens ( peur ou crainte des musulmans) et ce détournement n'est pas contre productif puisque qu'il stigmate et vise à interdire la critique de l'islam. Quand vous continuez " Le but de ce mot est de museler toutes critiques de l'islamisme." vous faites encore complètement fausse route. La lutte contre l'islamophobie vise à faire taire surtout les critiques contre l'islam, sinon on ne comprendrait pas pourquoi des groupes ou personnes critiques fortement l'islamisme ( Québec Solidaire, P , couillard..)et, en même temps, dénigrent l'islamophobie . Il faut aussi arrêter de jouer avec les mots islam et islamisme si on veut restaurer un bon usage du mot islamophobie.

      Pierre Leyraud

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 15 h 55

      Je ne veux en rien minimiser l'engagement des groupes qui ont fait pression en ce sens. Mais au Québec comme en Ontario ou ailleurs, c'est l'incompatibilité avec l'esprit et la lettre de la Charte canadienne qui l'eût empêché de toute façon. Ceci dit, je comprends que vous ayez du mal à le reconnaître.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 16 h 05

      Etes-vous capable de reconnaître M. Maltais Desjardins que c'est le gouvernement McGuinty qui a stoppé tous les tribunaux religieux en Ontario? Ce que vous dites concernant la Charte canadienne c'est de la spéculation pour le moment.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 21 h 59

      Si ce n'était que de la spéculation, les groupes religieux qui voulaient rendre les jugements prononcés par leurs tribunaux exécutoires l'auraient revendiqué avec succès. Le gouvernement ontarien ne les a pas stoppés : il a simplement clarifié la préséance du droit, dont quiconque aurait pu réclamer la protection, à l'encontre de toute prétention contraire. Vous avez raison dans les faits, mais ce qui compte, je crois, c'est la justification de principe. La charte canadienne garantit l'égalité des hommes et des femmes. Cela n'est pas de la spéculation.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 22 h 07

      Le gouvernement McGuinty a stoppé les demandes des tribunaux islamiques même si vous n'aimez pas la formulation et par le fait même tous tribunaux religieux: vérifier les informations à ce sujet. Cautionner les tribunaux islamiques aurait amené plusieurs femmes musulmanes à ne pas «faire appel» de la décision si elles la jugeaient irrecevables pour elles-mêmes, charte canadienne ou pas.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 08 h 21

      Vous avez à nouveau raison. J'aurai à nouveau eu tort, même à dire la même chose que vous. Voilà. Je vous laisse le dernier mot, qui est aussi le premier, comme dans tout dialogue qui vous respecte.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 15 h 40

      Vous comprenez très mal mes propos parce que justement je ne dis pas du tout la même chose que vous. Plusieurs femmes pourraient se sentir traitées inéquitablement par des tribunaux religieux et ce n'est pas la charte canadienne qui pourrait y changer quelque chose. Plusieurs groupes de femmes considèrent que la pression familiale, communautaire ou autres brimeraient ces femmes, trop timides pour revendiquer leurs droits.
      Et malheureusement, l'égalité entre les femmes et les hommes a beau être écrite dans la charte que vous encensez inconditionnellelment, les inégalités perdurent.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 17 h 43

      Je dis qu'elles peuvent s'en prévaloir et que si nous avons un service à leur rendre, plutôt que de crier au loup, c'est de leur apprendre qu'elles ont part comme nous aux lois de ce pays... mais pas à condition d'en user selon votre diktat, ajouterai-je.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 17 h 59

      Oui, j'ai compris que pour vous, si une femme se sent lésée par des tribunaux religieux, il y aura la charte canadienne. Et vous ferez connaître cette fameuse charte au cas où! Pourquoi se référer à la charte canadienne si le droit de la famille existe, des lois qui offrent le même traitement pour tous les Québécois.es et Canadien.n.e.s?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 1 février 2018 22 h 32

      Manifestement, l'existence de la charte canadienne vous indispose au point que vous seriez même prête à feindre qu'elle n'a aucune portée et que ce sont d'autres lois, qui tirent pourtant d'elle leur pérennité, qui devraient protéger les femmes musulmanes... alors qu'elles n'auraient pas réellement la capacité de le faire. Assez tordu merci.

      Mais je voulais surtout répondre au commentaire initial de Madame Alexan concernant le statut des tribunaux islamiques en Angleterre. Ce qu'elle dit est faux. Ils ne constituent pas, de jure, un droit parallèle.

      «Il n'y a qu'un seul État de droit dans notre pays, qui donne des droits et des garanties à chacun des citoyens», a rappelé la ministre de l'Intérieur Theresa May.

      Il ne s'agit pas de se mettre la tête dans le sable mais, tout au contraire, de (se) rappeler que ces instances religieuses ne sont là comme ici que tolérées, en droit, dans la mesure où elles sont compatibles avec le droit. Évidemment, il y a un bénéfice à le taire, à se raconter que les femmes musulmanes sont sous la coupe de leurs maris et que l'État ne fait rien pour garantir leur libertés. Ce ne sont pas ces femmes qui en tirent profit, mais ceux qui alimentent le sentiment de scandale et lapeur à l'encontre des ces communautés.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 23 h 02

      Je n'ai jamais dit que la charte canadienne n'avait pas d'importance, vraiment vous inventez.

      Et je dis et redis que la loi ne doit pas être différente pour les musulman.e.s, les juif.ve.s, les catholiques, les athées et les agnostiques.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 février 2018 07 h 36

      Vous disiez plus haut :

      «Cautionner les tribunaux islamiques aurait amené plusieurs femmes musulmanes à ne pas «faire appel» de la décision si elles la jugeaient irrecevables pour elles-mêmes, charte canadienne ou pas.»

      Si vous entendez par «cautionner» qu'on leur donnerait une autorité juridique égale ou supérieure au droit, cela n'aurait pas pu se produire et ne s'est pas produit.

      Je ne nie pas que dans les faits des femmes musulmanes puissent s'empêcher de faire valoir leurs droits à l'encontre des prescriptions des assemblées religieuses et que pour elles, l'existence des protections prévues par la charte n'y change rien. Cela peut tenir au fait qu'elles les ignorent : il faut alors les en instruire. Cela peut tenir au fait que nos institutions ne font pas ce qu'il faut pour les rendre effectives : il faut alors exercer une pression efficace pour prévenir les dérapages. Comme je l'ai dit plus haut, je ne nie pas du tout le mérite des actions des groupes de pression. J'en ai contre la prétention qu'elles auraient été conduites à l'encontre de nos lois alors qu'elles ont permis au législateur de s'y tenir encore plus fermement.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 2 février 2018 10 h 25

      Dans un article édité sur le site du Barreau du Québec concernant la polémique des tribunaux islamiques Me Pascale Fournier soulève ce point: «Une autre mesure envisageable pour la juriste serait la mise sur pied de mécanismes juridiques, tels que le dépôt d'un registre des sentences arbitrales et le retrait de la clause interdisant d'interjeter appel dans les conventions d'arbitrage en matière familiale.»

      «Le retrait de la clause interdisant d'interjeter appel.......»: donc instruite ou pas il y aurait eu inerdiction d'interjeter appel.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 2 février 2018 10 h 25

      Me Fournier dit aussi:
      «Autre sujet d'inquiétude : la privatisation du droit. « On ne sait pas combien de sentences arbitrales ont été rendues. On n'a pas de dossiers de la cour. On ne sait pas ce qui se passe, mais on sait qu'il n'y a eu, depuis 1991, qu'un seul appel en Ontario relativement aux sentences arbitrales incorporant le droit islamique. »

      Aussi, que peut valoir le consentement d'une femme musulmane tenue par la peur de l'exclusion de sa communauté en cas de refus d'adhésion à ce consentement ? « Est-ce que l'existence même de ce tribunal d'arbitrage en matière islamique va enfermer encore davantage les femmes musulmanes dans un ghetto, les rendre encore plus silencieuses, encore plus cantonnées à la sphère privée ? » demande Pascale Fournier. La question a une portée sociale. « La véritable question est : quelles conséquences subira une femme qui ne signe pas la convention d'arbitrage ? »

      À son avis, il faudrait avoir une approche plus nuancée de la notion de consentement, à l'image de la notion légale de consentement en matière de droit de la protection du consommateur. Dans ce domaine, « on peut en venir à considérer le consentement vicié en tenant compte du fait que le consommateur est une personne plus faible que l'entreprise. Malheureusement, dans ce débat sur les tribunaux islamiques, nous avons une notion sacro-sainte du consentement ».

      Mme Fournier déplore le peu d'information disponible sur les conditions socioéconomiques des femmes musulmanes du Canada, notamment sur leur présence sur le marché du travail, pour évaluer leur vulnérabilité et cerner les causes du consentement et ses effets. À tous égards, « la non-intervention dans le choix éclairé des parties est une forme d'intervention dans le sens où l'on intervient pour renforcer le statu quo que l'on sait inéquitable. C'est inacceptable. »»

      Par ailleurs, cet article a été écrit durant la fameuse polémique en Ontario.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 2 février 2018 14 h 52

      Je vous remercie, madame, pour cette intéressante référence.

  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 31 janvier 2018 06 h 05

    En Ontario...

    Faut-il rappeler qu'en Ontario il y a quelques années, il s'en est fallu de peu pour que la charia s'installe là-bas. Elle a évité le pire grâce à la vigilence de Fatima Houda-Pépin qui n'est pourtant pas ce qu'on appelle une raciste. C'est plutôt le premier ministre Couillard qui l'a rejetée de façon odieuse du parti libéral.

    C'est bon de rappeler aussi la déclaration du premier ministre de "détestation des péquistes" lors d'une campagne électorale. Il n'y a pas que les musulmans qui peuvent se déclarer des victimes.

    • Pierre Desautels - Abonné 31 janvier 2018 09 h 13


      C'est totalement faux. C'est à l'intérieur même du système juridique et politique ontarien que çela c'est réglé en 2005. Fatima Houda-Pépin n'a rien à voir là-dedans.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 10 h 01

      C'est à l'économie de la Charte canadienne que nous devons cela, pas à l'héroïsme supposé de madame Houda-Pepin

    • André Joyal - Abonné 31 janvier 2018 13 h 26

      MM Desautels et M. Desjardins: C'est vrai que Mme Houda-Pépin n'a rien a voir avec la décision prise en Ontario.

      C'est au Québec que son action a porté suite à une demande similaire effectuée par des salafistes québécois. Mme Houda-Pépin, oubliant alors la la partisanerie, s'est adjointe la contribution d'une députée du PQ dont le nom m'échappe. Bien sûr, si votre égérie - qui a évoqué le pogo dégelé -, avait été à l'AN à l'époque, ellle serait jointe hors de tout doute à ses deux consoeurs. Vous en convenez?

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 14 h 56

      C'est le gouvernement de M. McGuinty qui a décidé d'interdire les tribunaux religieux, sous la pression de nombreux groupes dont des groupes de femmes, préférant disait-il une loi commune pour tous les Ontariens! Et sous la pression de plusieurs manifestations.
      http://www.ledevoir.com/non-classe/90207/l-ontario

    • Claude Bernard - Abonné 31 janvier 2018 16 h 21

      Les catholiques et les juifs avaient leurs tribunaux religieux en Ontario jusqu'à ce que les musulmans en fassent une demande pour eux et sur base volontaire.
      Suite au tollé des bien pensants tous les tribunaux religieux furent abolis.
      Ce que l'on tolérait depuis des décennies pour les juifs et les catholiques était devenu subitement inacceptable.
      Deux poids deux mesures.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 31 janvier 2018 16 h 39

      Bravo si cela a permis de concentrer la justice dans les mains de ceux qui sont en mesure de l'appliquer équitablement pour tous!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 31 janvier 2018 16 h 50

      @M.M. Desautels et Joyal

      Oui, Mme Houda Pépin était intervenue publiquement à l'époque. Elle et d'autres ont allumé des lumières qui ont fait en sorte que le gouvernement ontarienh a dû faire marche arrière.

    • Cyril Dionne - Abonné 31 janvier 2018 18 h 30

      Mme St-Amour,

      Vous avez raison. C'est le gouvernement libéral de M. McGuinty qui parlait d’introduire la charia comme loi en Ontario (voir Marion Boyd). C'est grâce surtout aux femmes de confession musulmane que ce système archaïque, barbare et misogyne n'a pas vu le jour en Ontario. Elles ne voulaient recréer chez eux le même système légal qui les emprisonnent dans les pays musulmans.

      Cyril Dionne
      Franco-Ontarien

    • Pierre Desautels - Abonné 31 janvier 2018 22 h 08


      @Pierre Grandchamp

      Voyons donc, Fatima Houda-Pépin, personne ne la connaissait en Ontario. Fatima who?

    • Johanne St-Amour - Abonnée 1 février 2018 08 h 50

      Fatima Houda-Pepin a alerté les Québécois.es et l'Assemblée nationale du désir de musulmans intégristes de vouloir la charia. Je ne pense pas que la motion qu'elle a fait voter à l'AN soit passée inaperçue même en Ontario.

      En Ontario, plusieurs groupes se sont opposés et ont manifesté. Entre autres, Homa Arjomand, militante féministe a organisé une série de manifestations au Canada ainsi qu'en Europe.

    • Pierre Desautels - Abonné 1 février 2018 17 h 51


      @Johanne St-Amour

      "En Ontario, plusieurs groupes se sont opposés et ont manifesté. Entre autres, Homa Arjomand, militante féministe a organisé une série de manifestations au Canada ainsi qu'en Europe."

      Ce qui prouve que nous n'avons pas besoin d'autres lois et chartes. Nous avons un système juridique fort et les chartes québécoise et canadienne auraient invalidé ces demandes de toute façon.

  • Raynald Rouette - Inscrit 31 janvier 2018 06 h 31

    Oui, Oui,Oui!


    N’eût été de la crise des accommodements religieux, Alexandre Bissonnette serait inconnu aujourd’hui.

    L’islam fondamentaliste militant et prosélyte en insistant pour vivre en marge de la société d’accueil a provoqué l’escalade des mots jusqu’au geste malheureux du 29 janvier 2017.

    Cela a provoqué aussi la sortie de l’ombre des personnes ou groupes qui seraient encore dans l’ombre n’eût été de l’attitude des islamistes militants et militantes, aussi des gouvernements à tous les paliers. Sans oublier les médias complices ou à la recherche de sensationnalisme.

    Le Québec est tacitement laïque depuis les années 1970, il faut que cela demeure!

    La paix est plus importante que la religion! Et nous voulons vivre en paix!

    Et de grâce ne faite pas valoir la charte de 1982... Celle-ci est le résultat d’une des plus grande tromperie politique que le Québec ait subie depuis 1759.

    • Pierre Desautels - Abonné 31 janvier 2018 09 h 26


      "Le Québec est tacitement laïque depuis les années 1970, il faut que cela demeure!"

      Faux. Au Québec, les ordres religieux ont perdu leur pouvoir dans les écoles au début des années 1970, mais l'enseignement des religions catholique et protestante continuait comme si rien n'était. Société laïque?

      Et cet enseignement religieux des commissions scolaires a perduré jusqu'en 2005 et ensuite remplacé par le cours Éthique et culture religieuse.

      Le Québec subventionne les écoles religieuses et il y a des dizaines de signes et cérémonies catholiques au Québec. La laïcité de l'État, oui, mais dans le respect des croyances des citoyens de toutes tendances.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 10 h 03

      Faudra-t-il attribuer la tuerie de Polytechnique au prosélytisme féministe ?

    • André Joyal - Abonné 31 janvier 2018 10 h 33

      Monsieur M. Desjardins, certains, dont je ne fais pas partie, r’epondent oui à votre question.

    • Lucien Cimon - Abonné 31 janvier 2018 10 h 40

      À Richard Maltais Desjardins
      Vous rappelez-vous du vrai nom de Marc Lépine?
      Vous souvenez-vous des déclarations de sa mère que les médias ont tout fait pour étouffer avec succès, d'ailleurs?
      Je sais que mes propos seront jugés inacceptables, mais il faut se demander pourquoi on les juge ainsi et surtout, qui les juge ainsi.

    • Lucien Cimon - Abonné 31 janvier 2018 10 h 42

      Les féministes n'ont rien à voir avec ce crime odieux.

    • Léonce Naud - Abonné 31 janvier 2018 10 h 49

      Richard Maltais-Desjardins : avant de vous avancer plus avant
      sur Polytechnique, faites une recherche sur Google. Les noms : Marc Lépine et Gamil Gharbi.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 14 h 04

      Monsieur Naud, je comprends à votre commentaire que dans les deux cas, c'est l'islam qui est responsable. Je ne suis pas d'accord. Bissonnette et Lépine (Gharbi si vous y tenez) sont chacun responsables de leurs actes, qui n'engagent qu'eux.