Penser la gauche autrement

Il est temps que cette «gauche citoyenne et démocratique populaire» sorte de l’ombre, qu’elle prenne la parole et trouve sa place sur la scène politique, écrit le cofondateur de l'Union paysanne, Roméo Bouchard.
Photo: Fabien Deglise Le Devoir Il est temps que cette «gauche citoyenne et démocratique populaire» sorte de l’ombre, qu’elle prenne la parole et trouve sa place sur la scène politique, écrit le cofondateur de l'Union paysanne, Roméo Bouchard.

(Extraits d’un manifeste publié ce week-end)

Être un citoyen progressiste, c’est vouloir changer la société dans laquelle nous vivons : une société organisée et contrôlée par les riches et pour l’enrichissement des riches, où la démocratie n’est plus qu’un mot, où la richesse est mal partagée, où notre environnement est compromis, où le peuple québécois est méconnu, où tout ce qu’on nous propose, c’est de consommer et de nous amuser à crédit ; c’est travailler à l’avènement d’un Québec démocratique, égalitaire, solidaire, écologique, souverain, libre et heureux.

Cependant, deux visions du changement politique se côtoient et s’affrontent présentement au Québec.

Qui sont ces citoyens démocrates et progressistes ?

C’est d’abord et avant tout le mouvement de fond de ces citoyens engagés dans le changement social qu’on retrouve partout au Québec, dans les syndicats, les groupes communautaires et coopératifs, les entreprises d’économie sociale, les comités de citoyens et de développement, les groupes écologiques engagés dans de multiples combats, les groupes qui travaillent pour l’égalité des femmes et la reconnaissance des peuples autochtones, ceux qui accueillent les réfugiés, qui développent des solidarités avec des mouvements communautaires dans les pays du Sud, qui parlent aux sans-abri, qui s’occupent des enfants handicapés et des personnes âgées, qui hébergent les femmes victimes de violence, et tous ces Québécois déçus de la politique qui se sentent impuissants devant le triomphe d’une minorité de riches.

Ce grand réseau citoyen et démocratique, enraciné dans l’action collective et proche du peuple, on l’entend peu, il a peu de moyens, les médias en parlent peu, il se mêle peu de politique partisane, il est sous-estimé et même orphelin politiquement, il n’a pas de voix politique.

Pourtant, il s’inscrit naturellement dans le projet collectif du Québec. Il tient à la solidarité sociale et il dénonce la déconstruction de l’État social et des régions par les politiques d’austérité et de centralisation néolibérales. Il tient à l’émancipation du Québec, à son identité et à son avenir comme peuple, à son territoire, à la langue et la culture françaises qui nous caractérisent, à la laïcité, à l’émancipation des femmes et à l’intégration des immigrants. Il conçoit le Québec comme une nation, une société de citoyens égaux et non comme une société d’identités particulières à la façon du Canada des Trudeau. Il est solidaire des autres peuples du monde qui luttent contre leur oppression.

Une certaine gauche multiculturelle

Entre-temps, une certaine vision de gauche a pris beaucoup de place ces dernières années dans le débat public. On l’entend un peu partout, à Montréal surtout, chez les jeunes intellectuels, dans les médias, dans les manifestations, à Québec solidaire, dans les organismes de défense des droits de la personne, chez certains groupes d’étudiants universitaires, à la Fédération des femmes du Québec…

Elle est multiculturelle et préoccupée par les minorités ethniques, culturelles, linguistiques, religieuses et sexuelles, au mépris parfois des majorités ; elle ne jure que par la Charte canadienne des droits de la personne, au point parfois d’ignorer les droits collectifs, et même de juger discriminatoires des dispositions de la loi 101 ou d’éventuelles lois sur la laïcité qui limiteraient le port des signes religieux et du voile islamique, ou même la liberté d’expression lorsqu’elle est jugée offensante pour les minorités culturelles ou religieuses ; elle défend même le voile intégral et, du même coup, l’intégrisme islamique.

Se voulant inclusive, elle pourchasse le racisme systémique, l’islamophobie, la xénophobie, le suprémacisme mâle blanc, la catho-laïcité qu’elle voit partout et qu’elle associe trop facilement et de manière démagogique à toute conviction nationaliste ou identitaire.

On peut dire aussi qu’elle est post-nationale, car elle est contre le nationalisme, facilement qualifié d’ethnique, d’identitaire, de revanchard, de passéiste, de régressif […] Surtout, elle n’arrive pas à inclure son projet politique dans le projet collectif et l’identité historique des Québécois : pour elle, le PQ nous a tout simplement trahis, nous maintient dans un nationalisme ethnique et néolibéral de survivance et doit être éliminé de la scène politique.

Le discours de cette gauche multiculturelle tente d’imposer une nouvelle rectitude politique et crée un immense malaise parmi les forces progressistes. L’intransigeance et le dogmatisme moral de plusieurs inclusifs blessent beaucoup de Québécois et de Québécoises attachés à leur peuple, en plus de détourner l’attention de problèmes importants pour l’ensemble de la population. En réalité, cette gauche divise et exclut plus qu’elle ne rassemble et inclut.

Il existe une autre gauche, une gauche sociale, citoyenne et démocratique, composée de milliers de citoyens progressistes, allumés, engagés dans leur milieu partout au Québec. Il est temps que cette « gauche citoyenne et démocratique populaire » sorte de l’ombre, qu’elle prenne la parole et trouve sa place sur la scène politique. […]

Une plateforme politique commune

La plateforme politique que nous proposons au mouvement citoyen et démocratique s’articule autour de quatre axes de changement inséparables l’un de l’autre : la réforme démocratique, le partage de la richesse, la transition écologique, la souveraineté politique.

Premièrement, une réforme démocratique en profondeur, qui restaure la souveraineté du peuple et l’autonomie des communautés locales et régionales, de façon à permettre à tous sans distinction de participer et de décider en permanence à tous les niveaux de la vie collective.

La citoyenneté québécoise doit être le lien commun qui nous définit et nous unit, anciens comme nouveaux venus, et les principes de la laïcité, du caractère français et de l’égalité hommes-femmes doivent pouvoir nous protéger des particularismes religieux et culturels et assurer une intégration de tous. L’objectif doit être une société de citoyens québécois solidaires et non une société d’identités particulières.

[…]

Deuxièmement, une meilleure répartition de la richesse, grâce à une démocratisation de l’économie et à un filet social élargi, afin de tenir compte des réalités nouvelles du monde du travail et des inégalités révoltantes engendrées par l’économie mondiale actuelle. […]

Troisièmement, la transition écologique de notre économie pour préserver la qualité et la pérennité de notre milieu de vie. Des mesures concrètes doivent être prises pour assurer une transition accélérée dans notre consommation d’énergie (particulièrement le pétrole), la rationalisation des transports, la gestion de nos ressources naturelles et de nos écosystèmes, la production agricole. Il faut viser une relocalisation de notre économie, une économie circulaire, une économie de proximité et de partage, en un mot, une croissance ajustée à nos besoins réels et aux capacités de notre planète.

Quatrièmement, la souveraineté politique pour permettre au peuple québécois d’exprimer son identité propre, de redéfinir ses institutions démocratiques, sociales, culturelles et économiques dans une constitution bien à lui, d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire, de son fleuve, de ses ressources, de son immigration et de ses politiques, de conclure avec les Premières Nations présentes sur le territoire la négociation d’un statut de nations autonomes et des ententes de cohabitation et de partage des usages du territoire sur le modèle de la Paix des Braves, enfin, d’exprimer nos choix de solidarité avec d’autres peuples du monde d’une manière pleine et entière.

67 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 20 janvier 2018 04 h 38

    Merci !

    Merci au Devoir et bien entendu à Messieurs Bouchard et Favreau de nous avoir donné ce texte à lecture.
    Au Québec, il y a la gauche doctrinale qui se refuse à intégrer les réflexions humanistes qui sont au fondement de la doctrine marxiste et qui croit dans le "tout ou rien" des recettes écrites.
    Et il y a celle qui construit son existence sur un cheminement pluridimensionel de solidarité et d'égalité en acceptant qu'il soit toujours à poursuivre, puisque jamais en accomplissement total.
    Donc, il y a la gauche qui perçoit les choses à la manière occidentale, soit dans un continuum linéaire en matière de passage du temps, allant en droite ligne de "X" à "X plus" et il y a la gauche qui perçoit les choses à la manière amérindienne, manière que des milliers de mères québécoises ont transmise au quotidien à leurs enfants depuis bientôt cinq siècles et le plus souvent sans même le faire en conscience, qui repose sur des fondements asiatiques mais appliqués dans des environnements d'Amérique. Ceux où le temps n'est pas d'existence linéaire mais plutôt circulaire.
    Pour m'en rendre compte il m'a fallut lire, vieux souvenirs de démythification de l'originalité d'une petite société entêtée jusqu'au renfrognement, quelques livres comme ceux de Delage, Trigger et compagnie, de même que ceux pour moi déterminants et des plus émouvants "Je suis une maudite Sauvagesse" d'Anne André et "Pour une autohistoire amérindienne" de Georges Sioui qui si je Me Souviens bien, est tiré de sa thèse doctorale.
    Ouvrages qu'en toute humilité mais vraie amitié, j'invite tout le monde à lire et à méditer puisqu'ils donnent tant à voir de nous-mêmes, nous Québécois, en explorant leurs entre-lignes.
    J'aurais bien d'autres choses à dire de tout cela mais bon, comme j'ai le rideau métalique de la cuisine qui s'est décroché hier soir et qu'au travers du double-vitrage je voudrais qu'au plus vite les oiseaux puissent encore observer les surprenantes habitudes de vie des humains...

    Tourlou !

  • Nadia Alexan - Abonnée 20 janvier 2018 05 h 57

    Une gauche régressive qui appuie le communautarisme et la ghettoïsation.

    Félicitations, messieurs Roméo Bouchard et Louis Favreau. Je suis tout à fait d'accord avec vous. La gauche régressive, multiculturelle qui appuie le communautarisme des identités et la ghettoïsation des immigrants ne peut pas créer une solidarité citoyenne. Il faut se débarrasser d'une idéologie qui divise au lieu d'être rassembleuse.
    Il ne faut pas non plus appuyer l'intégrisme islamiste, totalitaire qui encourage la misogynie et l'inégalité homme/femme et qui veut restreindre la critique de la religion et la liberté d'expression.

  • Christian Montmarquette - Abonné 20 janvier 2018 06 h 04

    Réinveter la roue à trois boutons

    Roméo Bouchard, pour qui j'ai toujours éprouvé passablement de respect, propose une plateforme commune pour les progressistes qui va comme suit:

    "La plateforme politique que nous proposons au mouvement citoyen et démocratique s’articule autour de quatre axes de changement inséparables l’un de l’autre : la réforme démocratique, le partage de la richesse, la transition écologique, la souveraineté politique."- Roméo Bouchard

    Vous me voyez donc fort surpris de la nécessité de la création d'un tel mouvement, puisque, mis à part une critique à mon avis justifiée et justifiable d'un nationalisme identitaire fort nocif pour la société, Québec solidaire est parfaitement aligné sur les positions fondamentales d'un tel mouvement.

    Je pose la question:

    Québec solidaire étant si près de la majorité de ces positions.

    - Pourquoi réinveter la roue à trois boutons.. ?

    Et qui plus est, quand on sait que les la campagne de sept mois sur la Charte des valeurs du PQ qui a divisé le Québec?

    Christian Montmarquette

    • Jacques Patenaude - Abonné 20 janvier 2018 12 h 18

      Pourquoi réinventer la roue à boutons?
      N'est-ce pas ce que QS a tenté de faire en y ajoutant comme le disent les auteurs une adhésion au post-nationalisme qui est en droite ligne avec le discours de Justin Trudeau.
      Pour moi le problème c'est qu'on ne se reconnait plus dans le discours du PQ qui se veut une "coalition arc-en-ciel" à la fois de gauche, de droite et de centre mais pas davantage dans celui d'un QS post-nationaliste et partisan d'une gauche doctrinaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 20 janvier 2018 12 h 24

      En complément de commentaire au Devoir :

      Quand je faisais référence à un nationalisme identitaire nocif pour la société.. Voici des statistiques que "Le Devoir" vient de publier aujourd'hui même à ce sujet..

      "Attentat de Québec: de la haine est née la fraternité "- Le Devoir

      Crimes haineux en 2016 :

      Ville de Québec : Plus de 40 crimes haineux

      Ville de Montréal : 250 crimes haineux

      116 reliés à la religion (dont 59 l’Islam)

      75 reliés à l’origine ethnique (dont 35 visaient des Arabes ou d’Asie occidentale)

      Selon Statistique Canada, l’augmentation la plus importante du nombre absolu de crimes haineux déclarés par la police au pays est au Québec:

      270 en 2015

      327 en 2016 (augmentation de 20 %)

      Les chiffres pour 2017 ne sont pas encore disponibles.

      Sources : Statistique Canada, SPVM, SPVQ

      http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-soci

      .

    • Cyril Dionne - Abonné 20 janvier 2018 18 h 43

      M. Patenaude, n’essayez pas de convaincre un convaincu comme M. Montmarquette puisqu’il a un besoin inné de croire dans les sornettes multiculturalistes de la gauche multiculturelle. Ce multiculturalisme est anglo-saxon et est un rouleau compresseur pour toutes les autres cultures, incluant celle autochtone. Quand le multiculturalisme loyaliste va à l’encontre de la liberté et de l’égalité de tous en communion sociétale, on n’est pas sorti du bois. Quand le multiculturalisme rime avec le néolibéralisme et le néocolonialisme, nous sommes sur une pente dangereuse. Même si l’extrême droite est plus vociférante que la gauche, il faudrait se rappeler que la gauche a fait plus de victimes durant les deux derniers siècles que tous les Hitler combinés, Mao Zedong et Staline obligent.

      Je l’aime cette « autre gauche, une gauche sociale, citoyenne et démocratique, composée de milliers de citoyens progressistes, allumés, engagés ». Celle-ci a mon vote tout comme pour MM. Roméo Bouchard et Louis Favreau.

      Je n’aime pas, en tout cas, un petit moins que les autres, cette gauche multiculturelle dogmatique de deux siècles passés qui prie à l’autel de la Sainte rectitude politique. Il ne nous manque plus que la Sainte inquisition.

      En passant, je suis de centre gauche/droite.

    • Louise Grégoire - Abonnée 20 janvier 2018 22 h 13

      Je suis d'accord que lorsqu'on parle de division le P.Q. avec le débat sur la Charte des valeurs a battu des records de non acceptation des différences et n'a que lui à blâmer.

    • Louise Grégoire - Abonnée 20 janvier 2018 22 h 18

      Moi, être dans cette position, je me sentirais plus étourdi qu'autre chose, mais libreà chacun de s'exprimer en autant qu'on accepte aussi que l'autre s'exprime et qu'on essaie de voir autant ce qui nous rassemble, que ce qui nous divise. Si on veut un jour avancer il faut voir quel pas nous feront ensemble.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 08 h 09

      À Cyril Dionne,

      "Il faudrait se rappeler que la gauche a fait plus de victimes durant les deux derniers siècles que tous les Hitler combiné.."-Cyril Dionne

      Il est assez particulier d'entendre ça, quand on sait que ce sont les communistes qui ont payé le plus cher en termes de pertes de vies de soldats le coût de la victoire de la guerre contre Hitler et que c'est JUSTEMENT Hitler qui endossait le nationalisme ethnique et non les communistes.

      Ceci dit, le projet de QS ne se compare en rien au régime totalitaire à parti unique de Staline ou de Mao, alors qu'entièrement avec les sociétés sociales-démocrates des pays nordiques qui sont considérées comme les États les plus avancés socialement et les économies les plus performantes du monde.

      Il est consternant de voir M. Dionne jouer sans cesse les épouvantails à moineaux et sur la politique de la peur en agitant le communisme à qui mieux mieux et sans discernement comme on le faisait à l'époque de Maurice Duplessis ou du Maccartisme, et qui plus est, en désinformant le public au lieu d'essayer élever le débat et faire de la véritable politique.

      Il faut aussi dire que l'utilisation de peur est monnaie courante chez les nationalistes ethniques qui brandissent la crainte de l'étranger pour vendre leurs politiques et se faire élire sur la haine des immigrants comme on l'avait fait en Allemagne durant les années trente et qui avaient entrainé le monde dans la seconde guerre mondiale.

      Christian Montmarquette

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 janvier 2018 09 h 02

      QS est l'une des forces les plus toxiques et divisives du Québec.

      Par son incapacité à prendre cause pour la plus importante minorité, francophone.

      Par sa vision économique qui ne reconnaît pas le moindre espace aux gens asociaux et sociopathes, pourtant nombreux, qui représentent un moteur essential à l'économie. Hé oui, il faut compter avec tout le monde, pas seulement les "bons".

      Par son multiculturalisme, la partie la plus toxique de son programme et une maladie grave qui folklorise toutes les cultures pour en faire des panaches d'orignal qu'on sort une fois par année. Irresponsable!

      Par son incapacité, et beaucoup la vôtre, à sortir de son petit catéchisme. Ce n'est pas répondre que de brandir des citations du programme toutes faites de slogans que n'importe quel Lapon applaudirait tellement elles sont bourrées de "si beaux sentiments". La politique c'est du réel, pas seulement avoir raison pour avoir raison.

      Par le fait que vous avez admis vous-même que QS divise le vote indépendantiste, Vous l'avez fait quand Valérie Plante a pris le pouvoir, fort probablement avec l'appui de QS, et gagné dans Hochlag. Vous avez alors dit que "désormais c'est le PQ qui divise le vote". C'est tout juste si vous n'avez pas ajouté "tralalèreu". Quelle malhonnêteté crasse!

      Par l'appui logistique à peine dissimulé des Libéraux à vos candidats dans certains comtés, touijours dans le but de diviser le vote. Et hop! Le Libéral passe!

      Par la politique du pire de QS, qui préfère garder les Libéraux au pouvoir pour que les Québécois désespérés finissent par voter pour le Messie QS.

      Par son esprit unanimiste où jamais la moindre dissidence ne point.

      Enfin, par les accusations de racisme lancées par les gens de QS, c'est une chose, et le fait que personne n'ait corrigé le tir le moindrement par la suite, ni Massé, ni GND, ni vous ni personne. Ça, c'est autre chose : de la bassesse.

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 10 h 12

      Les nationalistes identitaires se tirent dans le pied.

      Permettez-moi d'ajouter cet élément à mon avis essentiel au débat.

      Il faudrait que les indépendantistes identitaires qui ont malencontreusement dérivés vers cette position délétère pour leur cause propagé par le débat sur la Charte des valeurs, reviennent au plus tôt au nationalisme civique initial du PQ première mouture ou de Québec solidaire aujourd'hui.

      Car ce n'est certainement pas en braquant les nouveaux arrivants qu'ils les rallieront à leur cause.

      Au contraire, plus le PQ antagonisera les de souches aux nouveaux arrivants, et plus ils galvaniseront ces deniers au maintien du Québec dans le fédéralisme canadien.

      Ainsi donc avec une telle approche, on voit bien que les nationalistes identitaires se tirent dans le pied et que ça ne prend pas le Pogo le plus dégelé de boite pour s'apercevoir de la baisse des appuis à la nationale.

      Christian Montmarquette

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 11 h 36

      À Jean-François Trottier,

      "QS est l'une des forces les plus toxiques et divisives* (sic) du Québec."-Jean-François Trottier

      Je vois mal comment on peut être plus diviseur qu'un PQ, qui, en abandonnant à la fois la question sociale ET la question nationale a fractionné, non seulement les progressistes, mais aussi les souveranistes.

      Et que dire de sa campagne de "Wedge Politic" (politique de division) de sept mois de sa Charte des valeurs?

      D'ailleurs, c'est le PQ a aussi fortement contribué à la division du mouvement souverainiste et qui plus est, au pourrissement de la démocratie au Québec, en évacuant le scrutin proportionnel de son programme en 2011.

      Pour ce qui est question d'un prétendu unanimiste à Québec solidaire.. Pour ne prendre que cet exemple, rappelons qu'autant Amir que GND appuyaient la Convergence proposée par le PQ, alors que le Congrès l'a battue.


      Christian Montmarquette

      * "Divisif" est un anglicisme:

      Office de la Langue française du Québec:

      http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 13 h 35

      Corrigé.

      À Jean-François Trottier,

      "QS est l'une des forces les plus toxiques et divisives* (sic) du Québec."-Jean-François Trottier

      Je vois mal comment on peut être plus diviseur qu'un PQ, qui, en abandonnant à la fois la question sociale ET la question nationale a fractionné, non seulement les progressistes, mais aussi les souveranistes.

      Et que dire de sa campagne de "Wedge Politic" (politique de division) de sept mois de sa Charte des valeurs?

      D'ailleurs, le PQ a aussi fortement contribué à la division du mouvement souverainiste et qui plus est, au pourrissement de la démocratie au Québec, en évacuant le scrutin proportionnel de son programme en 2011.

      Pour ce qui est question d'un prétendu unanimisme à Québec solidaire.. Pour ne prendre que cet exemple, rappelons qu'autant Amir que GND appuyaient la Convergence proposée par le PQ, alors que le Congrès l'a battue.

      Christian Montmarquette

      * "Divisif" est un anglicisme:

      Office de la Langue française du Québec:

      http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?id=

      .

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 14 h 12

      Correction:

      Pour s'apercevoir de la baisse des appuis à la "question" nationale.

    • Jean-François Trottier - Abonné 21 janvier 2018 18 h 58

      Je crois en avoir assez dit à ce sujet mais je vais insister.

      La politique du pire.
      Les accusations de racisme et le silence qui a suivi, dont le vôtre, M. Montmarquette. Absolument impardonnable et qui vous enlève toute crédibilité. Y a des fautes dont on ne se relève pas.

      Je critique souvent le PQ, Vous, de QS ? Qui, de QS ? Personne, jamais.

      Votre façon de dire que la moyenne d'âge des membres du PQ est supérieure à 60 ans est une attaque non masquée envers le baby-boom.
      Savez-vous que le baby-boom va voter encore pendant 20 ans ?
      Savez-vous que vous vous condamnez vous-même à l'opposition pour une génération complète, et qu'alors la prochaine génération vous aura poussés dehors ?
      C'est ÇA, votre "si belle inclusion". Aussi belle qu'une tarte à la crème.

      Le PQ a pris les moyens qu'il pouvait pour survivre, principalement pour ne pas laisser le champ libre au PLQ.
      Vous faites précisément et journalièrement le contraire!
      Politique du pire, politique du crétinisme! Et c'est votre faute!

      Le PA q fait son possible et vous ne pourrez jamais qu'exiger l'impossible. Stupide et anti-politique.

      OUi, QS est unanimiste et c'est encore vous qui le dites : suite au vote, tant Amir que GND se la sont fermée ben raide. S'ils étaient le moindrement intègres envers leur propre pensée politique, il se seraient inscrits en faux et auraient continué à tenter de persuader les gens.
      Ben non! La vision du vote chez QS est dangereuse. On y croit vraiment au pouvoir du peuple, slogan que QS a oublié de compléter par le mot absolu. C'est ça, la dictature du peuple dont j'ai déjà parlé. Démocratique, QS ? Absolument, dans son vrai sens.

      Le PQ a de graves défauts, certainement, je serais le dernier à dire le contraire.

      QS est une patente démagogue à la pensée absolutiste sinon nihiliste, et crée la division partout par ses jugements moraux, exactement comme vous le faites ici avec une rigidité ridicule.
      Et comme vous l'avez avoué il y a peu, QS divise le vote

    • Christian Montmarquette - Abonné 21 janvier 2018 21 h 10

      À Jean-François Trottier,

      Je constate qu'il est peine perdu d'essayer de discuter avec une personne qui vous interprète de manière totalement distortionnée, aun esprit aussi obtues, qui plus est, a le culot de traiter les autres d'absolutistes.

      Inutile de critiquer vos propos.

      Les gens intelligents feront bien le constats eux-mêmes de vos fraudes intellectuelles et de vos inepties.

      En attentant, malgré vos attaques vicieuses, QS continue de progresser et a récemment atteint plus de 18% des intentions de votes au Québec, dont plus de 21% dans la grande région de Montréal, soit plus de un million quatre-vingt-mille appuis au total au Québec, et a franchie un financement record de plus de un million de dollars.

      Pour paraphraser Pierre Le Moyne d'Iberville, quand il n'est plus possible de discuter.. Nous vous répondrons par la bouche de nos canons.

      Bonnes élections, M. Trottier.

      Christian Montmarquette

      .

  • François Beaulé - Abonné 20 janvier 2018 06 h 10

    Une gauche paysanne et campagnarde

    Roméo Bouchard n'aime pas Québec Solidaire. Il se sent étranger aux préoccupations urbaines et multiethniques de ses membres. Il veut assimiler les communautés ethniques mais, en revanche, est extrêmement sensible aux communautés locales. Il voudrait augmenter l'autonomie de celles-ci et réduire la liberté de celles-là.

    Ses propositions auront probablement peu d'écho. Autrement, elles ne feront que contribuer à la division de la gauche, déjà mal en point.

    • Pierre Desautels - Abonné 22 janvier 2018 06 h 57


      Très juste. Il faudrait rappeler à Roméo Bouchard qu'historiquement, les sociaux-démocrates au PQ (dont René Lévesque et Gérald Godin) prônaient un nationalisme civique et inclusif, tout en dénonçant le multiculturalisme à la Trudeau.

      Pour un homme de gauche, appuyer un nationalisme ethnique et identitaire n'a rien de progressiste, mais fait plutôt le jeu de la droite.

  • Gaston Bourdages - Abonné 20 janvier 2018 06 h 29

    Quel superbe projet de société que le vôtre !

    Merci pour votre lecture de l'actuelle société québécoise.
    Au néolibéralisme, nous laissons de plus en plus d'espace. Uber, Airbnb, Amazon, Netflix, Google, Facebook.
    Lorsque je lis « solidarité sociale » dubitatif, sceptique je deviens.
    Gaston Bourdages