L’écho à la politique d’affirmation du Québec

La relation Québec-Canada ne se résume pas qu’à celle de deux solitudes. De nombreuses solidarités nous unissent, montrant qu’un rapprochement est non seulement possible, mais avantageux pour tous, estime le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier.
Photo: iStock La relation Québec-Canada ne se résume pas qu’à celle de deux solitudes. De nombreuses solidarités nous unissent, montrant qu’un rapprochement est non seulement possible, mais avantageux pour tous, estime le ministre responsable des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier.

En réaction à l’article « Constitution : le ROC reste sourd aux appels de Couillard », publié dans Le Devoir, je crois d’abord utile de rappeler que notre politique d’affirmation et de relations canadiennes déborde largement le seul cadre constitutionnel. Ensuite, et surtout, j’estime essentiel de souligner certaines dimensions de la démarche amorcée par cette politique.

À l’occasion du 150e anniversaire de la fédération canadienne, nous avons affirmé ce que nous sommes comme Québécois et avons proposé la reprise d’un dialogue oublié, sur la place du Québec au sein du Canada. Nous avons partagé, avec tous les Canadiens, une proposition pour le Canada de demain. 
Notre mission est d’abord de redonner aux penseurs canadiens le désir de réfléchir à l’avenir de notre fédération, en y incluant la perspective québécoise. La réponse à nos approches en ce domaine est, à ce jour, positive et enthousiasmante.

Nous avons pris part à des activités à l’Université McGill, à l’Université Concordia et à l’Université de Montréal, aux universités Memorial, York et Queen’s ainsi qu’à celles de l’Alberta, de Calgary, de Regina. La Politique est une lecture obligatoire dans un cours de politique canadienne à l’Université Queen’s et dans un cours de droit constitutionnel à l’Université McGill.

Le réputé Institut de relations intergouvernementales de l’Université Queen’s a, en novembre, organisé toute une journée de discussions sur les moyens de mise en oeuvre de la Politique. La question de l’asymétrie comme façon de viser des objectifs communs dans le respect de nos différences, soulignée, en septembre, par la première ministre de l’Ontario devant l’Assemblée nationale du Québec, a été abordée à plusieurs reprises, indiquant un changement dans la pensée fédérale canadienne.
Tout récemment, le premier ministre du Québec et la première ministre de l’Ontario ont été réunis au Mowat Centre pour discuter de notre politique lors de la Confederation of Tomorrow Conference 2.0, une discussion chaudement applaudie par l’auditoire.

Un rapprochement avantageux

La relation Québec-Canada ne se résume pas qu’à celle de deux solitudes. De nombreuses solidarités nous unissent, montrant qu’un rapprochement est non seulement possible, mais avantageux pour tous. Nos relations commerciales à travers le Canada en témoignent chaque jour ; par exemple, je vous rappelle que nous échangeons plus de biens avec le Nouveau-Brunswick qu’avec toute la France.

La Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes est une démarche essentielle et de longue haleine. Elle nous rappelle qu’un dialogue respectueux, franc et empreint de confiance mutuelle, qui met en évidence les solidarités économiques, environnementales, sociales et culturelles que nous avons ensemble, a toutes les chances de nous permettre d’en créer d’autres.

Il n’y a pas d’appétit constitutionnel, mais il y en a un pour une meilleure compréhension mutuelle et pour un rapprochement au sein du Canada : plus de place pour les autochtones, une compréhension accrue du sentiment d’aliénation de l’Ouest, une meilleure reconnaissance de la nation québécoise. C’est avec une nouvelle compréhension que pourra s’ouvrir, sans crise, une fenêtre constitutionnelle.
Nous avons tous une histoire à raconter. Nous avons tous une histoire commune à écrire ensemble. Nous devons reprendre le dialogue sur nos relations. Une chose me paraît claire, c’est qu’il faut d’abord mieux se connaître pour mieux se reconnaître. Nous y travaillons patiemment.

18 commentaires
  • Paul-André Sansregret - Abonné 6 janvier 2018 07 h 19

    La voix dans le désert...

    Monsieur Fournier veut se convaincre que le ROC est en réflexion...Foutaise. DEpuis 1867 c'est la répétition constante que leur seul intére c estEUX.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 6 janvier 2018 08 h 06

    Fournier radotte

    Combien d’argent des contribuables a été englouti à promouvoir cet aveuglement et combien à documenter ce flop que le ministre s’entête à nier.

    Doit-on rappeler au ministre que son gouvernement a été élu sur la promesse de s’occuper des ‘vrais affaires’ ?

    Quant le fédéral décide, par exemple, de délocaliser la construction navale du Québec vers deux autres provinces, que fait le gouvernement Couillard au moment où les contrats sont accordés ? Rien.

    Quand le fédéral dépense 13,7 milliards$ pour le sauvetage de l’industrie automobile en Ontario en contrepartie d’une vague promesse d’aider de manière similaire l’industrie aéronautique québécoise mais qui se révèle n’être qu’un prêt _remboursable_ (donc au final, rien du tout) à Bombardier, que fait le gouvernement Couillard ? Et quant le fédéral accorde une subvention (un don) de 102 millions$ à Ford à peine un mois après avoir refusé d’aider Bombardier que fait le gouvernement Couillard ? Il évite de faire des vagues et rampe comme un lumbricina.

    Lors de la Grande récession, l’aide accordée aux banques canadiennes a atteint 114 milliards$. De cette somme, rien ne fut accordé aux Caisses populaires Desjardins sous le prétexte que celles-ci avaient une charte québécoise, et non fédérale. Que disait le gouvernement du PLQ face à cette discrimination ?

    Non M. le ministre, il nous faudra plus qu’un écran de fumée pour nous faire oublier que le revenu disponible par personne est passé du 4e rang canadien sous les gouvernements péquistes de Parizeau-Bouchard-Landry au 10e rang canadien sous les gouvernements Charest-Couillard.

    Depuis 14 ans, les gouvernements du PLQ ont transformé le Québec en paradis du cheap labour.

    Et si le taux de chômage est faible, c’est que les babyboumeurs prennent leur retraite et que votre gouvernement s’entête à promouvoir une bilinguisation du marché du travail qui nuit à la rétention des immigrants au Québec.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 7 janvier 2018 18 h 20

      M Martel, pour ajouter à votre liste des raisons pourquoi le ROC veut tellement garder le Québec dans ses griffes. Ce n’est pas par amour envers le Québec, comme ils l’ont dit lors du vol de 1995, mais par amour de leurs $$$$.

      Tableau 1.
      Dans le dernier demi-siècle, le fédéral a dépensé des dizaines milliards de dollars pour la filière énergétique nucléaire concentrée en Ontario.

      Puis les riches compagnies pétrolières de l'Alberta ont reçu, et continuent de recevoir, des centaines de millions de dollars d'Ottawa chaque année pour tirer du pétrole des sables bitumineux.

      De plus, le Fédéral s’apprête à subventionner le câble sous-marin du Bas-Churchill, qui vient concurrencer directement le marché d’Hydro-Québec.

      Tableau 2.
      Mais le Québec n'a jamais reçu un sou du fédéral pour développer l'énergie hydro-électrique au Québec,

      Conclusion.
      Quand est-ce que le fédéral va subventionner le Québec pour les éoliennes? L'Ontario l'a été pour l'énergie atomique, l'Ouest et Terre-Neuve pour le pétrole, mais rien pour l'Hydro-Québec ? Une partie de nos impôts doit nous revenir!

      Quand est-ce que les Patriotes Québécois de toutes tendances vont-ils tirer conséquence du décompte de ce que les autres provinces ont reçu comparativement au Québec ?

  • Michel Thériault - Abonné 6 janvier 2018 08 h 44

    Vide...

    Monsieur Fournier, c’est ce que je pense de votre texte, MÊME sans l’avoir lu ! Car, voyez-vous, ce n’est pas la première fois que vous vous exprimez sur cette plateforme et à chaque fois, c'est toujours le même constat : texte vide et lunettes roses.

    Non, je ne vous ai pas lu aujourd’hui (seulement le titre) car je ne voulais pas hypothéquer ma bonne humeur du samedi.

    Et si jamais je me trompe quant à la pertinence de votre texte, j’accepterai volontiers que les lecteurs du Devoir me rappellent à l’ordre. Alors là, peut être voudrais-je bien lire votre texte.

    D’ici là…

    • Gilles Théberge - Abonné 6 janvier 2018 14 h 02

      Vous avez bien fait de ne pas hypotéquer votre fin de semaine monsieur Thériault, je l'ai lu et je n'y ai vu que les sempiternelles patenôtres «Fournieresque» sans suites ni conséquences...

      Vous savez à quoi il me fait penser ce Fournier? À quelqu'un qui se rend à un salon funéraire, et qui tente d'engager la conversation ...avec le mort!

      Ce document est vide. Il n'intéresse que l'Université McGill, l’Université Concordia, L'Université Queen l'Universités Memorial, York et Queen’s de l’Alberta, de Calgary, de Regina.

      Et pour faire bonne figure l'Université de Montréal. Wow, pensez y,

      On sait pourquoi.

      Parce que ça reste de la spéculation. Des discussion sans lendemain. Vide, Ce ministre Fournier gère le vide.

      Vide... À son image.

  • Jean Lapointe - Abonné 6 janvier 2018 08 h 47

    On ne peut ignorer les relations de pouvoirs.

    «Elle nous rappelle qu’un dialogue respectueux, franc et empreint de confiance mutuelle, qui met en évidence les solidarités économiques, environnementales, sociales et culturelles que nous avons ensemble, a toutes les chances de nous permettre d’en créer d’autres.» (Jean-Marc Fournier)

    C'est à mon avis être aveugle, inconscient ou ignorant pour réduire les rapports entre deux nations à des relations interpersonnelles alors qu'il s'agit de relations de pouvoirs.

    C'est ne pas tenir compte de l'histoire du Canada et de celle du Québec pour faire croire que les solidarités économiques, environnementales, sociales et culturelles suffiraient pour remédier à une situation qui existe depuis 1760. C'est en fait laisser entendre que le procesus d'assimilation des francophones aux anglophones a été et est toujours une bonne chose. C'est considérer la colonisation comme tout-à-fait légitime et donc acceptable et défendable.

    Des solidarités économiques, environnementales et culturelles pourraient tout aussi bien sinon mieux exister si le Québec et le Canada devenaient deux pays différents parce qu'alors le problème de domination ou de sujétion d'une nation sur l'autre cesserait d'exister pour donner place à des relations beaucoup plus saines entre les deux et conséquemment entre les individus qui en font partie.

    C'est à mon avis s'illusionner complètement que de penser que des relations plus étroites dans tous les domaines entre les Québécois et le ROC permettraient de régler un problème qui est un problème qui implique deux nations différentes et non pas uniquement des individus.

    Le PLQ semble ignorer complètement que c'est son importance à une nation qui donne un sens à la vie des personnes qui les constituent. Une société ne peut être considérée comme un simple ramassis d'individus sans liens entre eux parce qu'alors ce serait ignorer un besoin essentiel de l'être humain d'après moi.

    Défendre le Canada de 1982 est donc d' après moi à rejeter.

  • Jean-François Trottier - Abonné 6 janvier 2018 09 h 53

    Est-ce que ça mérite une réponse ?

    Non, en effet.

    M. Fournier, cessez vos sparages électoralistes. Y a des limites au ridicule.

    • Jean Lapointe - Abonné 7 janvier 2018 07 h 47

      Au contraire. Il faut une réponse. Il faut expliquer pourquoi cette politique n'est pas acceptable pour bon nombre d'entre nous parce qu' elle ne cherche absolument pas à résoudre le problème auquel nous sommes d'après nous confrontés.

      Et nous devons expliquer pourquoi il faudrait procéder autrement. Nous devons montrer qu' il y a d'autres partis politiques qui mettent de l'avant d'autres politiques et expliquer pourquoi certaines de ces politiques sont plus acceptables que d'autres.

      En ce qui me concerne c'est évidemment l'indépendance qu' il faut viser à tout prix d'où mon appui au Parti québécois mais ceux qui font d'autres choix devraient le faire savoir pour qu'il y ait un véritable débat.

      On peut considérer comme des sparages électoralistes ce que fait Jean-Marc Fournier mais lui il a un but et il espère l'atteindre. C'est à ce but qu'il faut s'attaquer si nous ne sommes pas d'accord avec lui pas à sa façon de se comporter.

      C'est le fond qui compte pas la forme ou moins la forme.