Pourquoi pas des sacs en végéplastique?

Les plastiques actuels sont fabriqués avec du pétrole alors que les plastiques compostables sont fabriqués à partir de végétaux, souligne l'auteur. 
Photo: Spencer Platt Getty Images/Agence France-Presse Les plastiques actuels sont fabriqués avec du pétrole alors que les plastiques compostables sont fabriqués à partir de végétaux, souligne l'auteur. 

Qui ne s’est pas indigné devant ces plages recouvertes de débris de plastique ? Qui n’a pas été ému devant ces vidéos de mammifères marins qui se noient, empêtrés dans des filets ? Devant ces oiseaux morts de faim parce que leur estomac était rempli de morceaux de plastique ? Devant ces images de « continents » flottants sur l’océan ?

Alors, dès que quelqu’un a le courage de se lever pour interdire les sacs de plastique, il a droit à un bravo universel. Et pourtant, les sacs représentent la partie la plus visible des débris, mais ne constituent qu’une proportion infime de la pollution par le plastique. Or l’interdiction est une réaction inefficace qui masque la cause du problème et laisse croire que le devoir du citoyen soucieux de l’environnement est accompli. Cette action est proche de l’obscurantisme scientifique.

Il existe une solution, déjà mise en oeuvre par plusieurs pays, dont l’Italie et la France, qui interdisent tous les sacs non compostables, non seulement dans l’alimentation, mais dans tout genre de commerce et pour tout type de sac, quelle que soit son épaisseur. Entendons-nous : ce n’est pas parce qu’un sac est moins dommageable pour l’environnement qu’il faut en abuser. La meilleure façon d’en limiter l’utilisation demeure la consigne. Même l’utilisation de cabas est loin d’être une garantie d’économie de plastique, car il faut plus de cent utilisations pour qu’un de ces sacs soit rentable du point de vue de l’environnement.

Végéplastiques

Les plastiques actuels sont fabriqués avec du pétrole alors que les plastiques compostables sont fabriqués à partir de végétaux (végéplastiques). Ils offrent presque toutes les propriétés des plastiques actuels : on peut en fabriquer des contenants d’aliments, des bouteilles, des tissus, des couches pour bébés, des filets de pêche…

En interdisant les objets de plastique à la pièce plutôt que selon leur nature, on ne s’attaque pas à la source du problème et il faudra légiférer constamment : après les sacs, viendront les bouteilles, puis les contenants des produits d’épicerie, puis…

Les végéplastiques se compostent comme les déchets domestiques (matières organiques) dans les mêmes centres de compostage et dans le même temps. Une remarque importante s’impose ici. On voit souvent des sacs « dégradables », « biodégradables », « oxobiodégradables ». Ces appellations sont trompeuses et ne servent qu’à donner bonne conscience au client, et aucun des sacs distribués au Québec actuellement n’est compostable.

Carboneutres

Alors, pourquoi ne sommes-nous pas déjà à l’ère du végéplastique ? C’est que la quasi-totalité des gens qui oeuvrent en environnement s’y oppose, par manque de connaissance ou par préjugé, mais surtout parce que, même si les végéplastiques peuvent être recyclés, leur recyclage est incompatible avec les pétroplastiques.

Parce qu’ils ne sont pas recyclés, Éco Entreprise Québec (EEQ) impose une taxe exorbitante à la vente des produits vendus dans des contenants de végéplastique. En outre, les centres de compostage ne veulent pas les composter, car ils craignent les mélanges des deux genres de plastique. Cela se fait pourtant ailleurs. Serions-nous plus niais que d’autres ?

Les végéplastiques, contrairement aux pétroplastiques, sont carboneutres. Les plantes dont ils sont issus absorbent du carbone lors de leur croissance et le libèrent lors du compostage. Leur coût n’est pas beaucoup plus élevé que celui du plastique actuel.

Aujourd’hui, au Québec, les végéplastiques sont pratiquement inexistants, limités surtout aux imprimantes 3D et à des usages médicaux spécialisés. Peut-on enfin envisager un vrai débat sur l’avenir des plastiques dans notre société ?

10 commentaires
  • Benoît Landry - Abonné 4 janvier 2018 10 h 06

    L'idée est bonne mais.....

    J'aime bien l'idée qu'on fabrique des biens usuels avec des matériaux moins nocifs pour l'environnement , mais, et vous l'abordez succinctement, «ce n’est pas parce qu’un sac est moins dommageable pour l’environnement qu’il faut en abuser.» et je voudrais l'appuyer... l'hyperconsommation est une des principales, sinon la principlae menace sur l'environnement. C'est notre mode de vie qu'il faut changer, pas seulement nos contenants......

  • Gilles Teasdale - Abonné 4 janvier 2018 10 h 52

    solution

    Sacs de papier.

    • Normand Bélair-Plessis - Abonné 4 janvier 2018 12 h 37

      Oui, sacs en papier, mais pas seulement!
      C'est là le sens du message. Pourquoi acceptons-nous si facilement tous ces objets et ces empaquetages fais de plasituqes?
      Hmmm? Pourquoi?
      Pourquoi pas revenir au verre pour les boutielles?
      En plus, on ne recycle même pas la totalité de nos déchets recyclés!
      On nous cac he insidieusement ces données.
      Nous somme dû à un changement au niveau du capitalisme.
      C'est le capitalisme qui est polluant.

      C'est beaucoup plus que le petit sac en plastique, mais ça, on ne s'attaque jamais à ça. Comme la fumée nocive de la cigarette, c'est facile s'attaquer à ça, mais mettre le même avertissement que sur un paquet de cigarettes sur les autos? Hmmm? Non? Une auto c'est drôlement plus polluant qu'une cigarette, non? Et pourtant, on ne fait pas tout un chichi autour de l'automobile. Et pourquoi pas empêcher une auto de circuler à moins de 9 mètres d'un humain? Hmmm?
      Il est grand temps de mettre de l'ordre dans nos priorités.

    • Marc Therrien - Abonné 4 janvier 2018 20 h 58

      @ M. Teasdale,

      Comme dans le bon vieux temps du Steinberg et du Dominion. Parfois, pour progresser, il faut savoir revenir en arrière.

      Marc Therrien

  • Pierre Robineault - Abonné 4 janvier 2018 11 h 07

    D'abord continuer le débat

    Tout en étant d'accord avec l'insistance du commentaire de monsieur Landry, j'aimerais bien que l'on nous en dise un peu plus sur les techniques de fabrication des sacs végéplastiques et sur les végétaux utilisés. Nos cochons tiennent beaucoup à leurs champs de maïs!

    • Pascal Barrette - Abonné 4 janvier 2018 12 h 09

      Le sac en chardon de Sardaigne utilisé par la municipalité de Milan est un sac végétal qui aboutit non pas dans les bacs de recyclage, mais dans ceux de compostage. Il est résistant et entièrement produit avec l’huile des graines de chardon, ce mal-aimé pépic, une plante qui pousse dans des champs sans besoin d’entretien. Plus-value, il est fabriqué sans aucun produit toxique dans une ancienne raffinerie de pétrole. Faut le faire ! Et qui sait, avec nos vastes espaces, le chardon pourrait devenir une occasion d’affaire tout aussi rentable que la marijuana.

      Pour plus de détails: industrie.com/chimie/quand-le-chardon-sarde-devient-plastique,60057

      Pascal Barrette, Ottawa

  • Normand Bélair-Plessis - Abonné 4 janvier 2018 12 h 29

    Bravo! Bravo! Bravo!

    Enfin, quelqu'un qui ose parler haut et fort sur la «ridiculité»de la nouvelle loi sur les sacs à Montréal!
    Enfin un peu de discernement! Enfin une critique constructive! Enfin quelqu'un qui enleve les lunettes roses !
    Oui monsieur, il est grand temps, et non seulement dans ce domaine mais dans tous les secteurs d'oser questionner sur des décisions ridicules de nos élus.
    Ma foi, révoltez-vous! Analyser! Dénoncez ces stupidités!

    Merci

  • René Pigeon - Abonné 4 janvier 2018 19 h 29

    Faut-il créer un numéro supplémentaire pour les distinguer des pétroplastiques actuels ?

    Pourquoi aucun des sacs « dégradables », « biodégradables », « oxobiodégradables » distribués au Québec n’est compostable ?
    « les centres de compostage … craignent les mélanges des deux genres de plastique.
    Faut-il créer un numéro supplémentaire pour les distinguer des pétroplastiques actuels ?
    « Cela se fait pourtant ailleurs. Serions-nous plus niais que d’autres ? »
    Est-ce que trop peu de Québécois veulent porter attention à placer les recyclables aux bons endroits ?

    • Solange Bolduc - Inscrite 4 janvier 2018 22 h 29

      Les sacs biodégradables sont déjà vendus dans ma fruiterie préférée: Amherst et Ontario, et les sacs en papier offert chez Rachel-Berri rue Ste-Catherine !