Et si l’UPAC avait raison?

«Rien ne justifie le discrédit que certains voudraient voir s’abattre sur l’UPAC», estime Réal Ménard. Sur la photo, on aperçoit Robert Lafrenière, commissaire de l’UPAC.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Rien ne justifie le discrédit que certains voudraient voir s’abattre sur l’UPAC», estime Réal Ménard. Sur la photo, on aperçoit Robert Lafrenière, commissaire de l’UPAC.

Depuis quelques semaines, des voix nombreuses se sont élevées pour critiquer le travail de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) dans ce qu’il est désormais convenu d’appeler « l’affaire Guy Ouellette ».

Ces critiques me semblent injustifiées à plusieurs égards. D’abord, je propose de distinguer le privilège parlementaire de Guy Ouellette et la façon dont l’UPAC s’acquitte de son mandat. Je conviens, à titre d’ex-parlementaire, qu’il aurait été souhaitable que le commissaire de l’UPAC informe le président de l’Assemblée nationale de l’arrestation d’un de ses membres, ne serait-ce que par respect pour l’étanchéité qui doit exister entre le judiciaire et le législatif dans une société démocratique.

Mon malaise réside dans le fait que plusieurs journalistes, chroniqueurs, élus et citoyens ont pris prétexte de l’arrestation du député Guy Ouellette pour faire le procès de l’UPAC, sans égard à son bilan et à sa pertinence pour l’avenir.

Il faut se rappeler qu’en 2011, lorsque l’UPAC est mise sur pied, la morosité est grande au sein de nos institutions démocratiques, tant les liens qui existent entre l’industrie de la construction, la collusion d’un groupe d’entrepreneurs et le dysfonctionnement des processus d’appels d’offres apparaissaient inextricables.

Qui plus est, le financement des partis politiques québécois était considérablement contaminé par les grandes firmes de génie-conseil, lesquelles mettaient à rude épreuve l’idéal de militantisme et l’héritage démocratique de Georges-Émile Lapalme, Jean Lesage et René Lévesque.

Pour mémoire, Radio-Canada avait diffusé une première compilation en septembre 2011 des contributions politiques des firmes de génie-conseil. On y apprenait que de 2001 à 2010, SNC, Dessau, Genivar, BPR et CIMA+ avaient versé 5 millions de dollars aux différentes formations politiques, dont 62 % de ce montant au PLQ, 34 % au PQ et 4,2 % à L’ADQ.

Bilan

Rien ne justifie le discrédit que certains voudraient voir s’abattre sur l’UPAC, qui est une institution résiliente qui a bien servi la société québécoise.

L’UPAC a un parcours sans fautes, contrairement au SPVM où le directeur Pichet a relevé de ses fonctions son bras droit, Imad Sawaya, ou encore la SQ, qui est en plein procès impliquant un ancien directeur général, Richard Deschênes.

Le bilan de l’UPAC est plus qu’honorable avec l’arrestation d’au moins 155 personnes dans le cadre d’enquêtes d’envergure, tels les projets Honorer, Fronde, Joung et Lierre qui ont permis de démanteler des réseaux importants de criminalité où sévissaient la fraude, la corruption, l’abus de confiance et l’usage de faux documents.

J’ai peine à penser que les Québécois n’ont pas été reconnaissants à l’endroit du travail de l’UPAC, lorsque les Michael Applebaum, Frank Zampino, Bernard Trépanier, Marc Yvan Côté, Nathalie Normandeau et plusieurs autres ont été arrêtés, et dans certains cas condamnés.

Le législateur, lorsqu’il a adopté le projet de loi 15 concernant la lutte contre la corruption en 2011, a balisé le mandat et l’autonomie de l’Unité permanente anticorruption. Le mandat du commissaire était d’assurer la coordination des actions de prévention de lutte contre la corruption en matière contractuelle dans le secteur public.

Il importe de garder à l’esprit que toute enquête déclenchée par l’UPAC doit démontrer des indices de corruption, la présence d’un contrat public et un individu ou une organisation qui y sont liés. Également, le commissaire doit informer le directeur des poursuites criminelles et pénales dès le commencement d’une enquête pénale ou criminelle et, le cas échéant, requérir les conseils de ce dernier.

Lenteur

Certaines personnes ont reproché à l’UPAC sa lenteur à porter des accusations contre le grand argentier du Parti libéral ou d’autres éminences grises de ce parti. Une partie de la réponse, me semble-t-il, se trouve dans la nature même du mandat de l’UPAC.

De plus, il n’appartient pas aux parlementaires de déterminer la longueur des enquêtes. Les enquêtes concernant la criminalité de réseaux sont longues et exigeantes. Rappelons-nous que les enquêtes Colisée, SharQc et Printemps 2001 ont duré quatre ans, avec comme résultat l’arrestation du chef de la mafia montréalaise Nick Rizzuto et la quasi-disparition des Hells Angels.

Cependant, les choses pourraient changer puisque l’adoption éventuelle du projet de loi 107 permettrait d’élargir la mission de l’UPAC à tous les cas de corruption dans l’administration de la justice et dans l’octroi des droits et privilèges, telles une autorisation, une nomination ou une subvention.

Certains témoins, lors des audiences de la commission Charbonneau, ont prétendu à tort ou à raison que Marc Bibeau avait un rôle à jouer dans les nominations gouvernementales au sein des grandes sociétés d’État québécoises. Voilà un nouveau gisement d’enquêtes qui pourrait s’ouvrir pour l’UPAC dans les prochains mois.

J’ai beaucoup de respect pour Guy Ouellette. Lorsque j’étais jeune député à la Chambre des communes, celui-ci a été pour moi un véritable mentor et il m’a initié aux rudiments du crime organisé. Incontestablement, Guy Ouellette a joué un rôle déterminant dans la lutte contre le gangstérisme.

Je m’explique mal cependant en quoi le projet de loi 107, qui revisite les pouvoirs de l’UPAC en élargissant sa mission, va la rendre moins responsable et moins efficace. Le commissaire est toujours contraignable comme témoin devant l’Assemblée nationale et a toujours l’obligation, sur une base régulière et au moins deux fois par année, de communiquer au public l’état de ses activités selon l’article 22 de la loi.

En toute amitié, je crois que Guy Ouellette a failli, alors qu’il était sous l’immunité parlementaire de répondre à certaines questions essentielles pour une bonne compréhension de ce débat. M. Ouellette, que je tiens pour innocent jusqu’à preuve du contraire, n’a pu expliquer clairement la nature du coup monté dont il était l’objet, les éléments d’intimidation que l’UPAC lui faisait subir, et les preuves d’irrégularités alléguées entre l’UPAC, l’Autorité des marchés financiers et certaines firmes privées.

Soyons fiers comme Québécois du travail effectué par l’Unité permanente de l’anticorruption, non seulement par la singularité de cette institution, mais aussi par l’excellence du travail accompli.

22 commentaires
  • Jean-Pierre Martel - Inscrit 24 novembre 2017 01 h 40

    Ma réponse à cette question; je ne crois pas

    Le bilan de l’UPAC dans la lutte contre la corruption municipale est excellent. Ce bilan contraste avec son bilan _nul_ contre la corruption provinciale; tout au plus, l’arrestation-surprise de Nathalie Normandeau pour sauver sa peau, la veille du renouvellement de son mandat à la tête de l’UPAC.

    Robert Lafrenière a choisi de tout mettre les œufs de l’UPAC dans le panier de l’enquête Mâchurer, où elle se bute à l’omerta du milieu. Il refuse obstinément de briser cet omerta en déposant d’autres plaintes basées notamment sur le témoignage des témoins-vedettes de la Commission Charbonneau, témoins-vedettes prêts à témoigner dès maintenant contre les responsables de la corruption de l’État québécois sous Jean Charest.

    Et quand un parlementaire lui pousse dans le dos, il brise publiquement sa carrière politique par des abus de pouvoir, notamment le viol de ses droits constitutionnels. Savez-vous, M. Ménard, que la Canadian Constitution exige que le citoyen arrêté soit informé _dans les plus brefs délais_ des raisons de son arrestation ?

    Guy Ouellet n’était rien d’autre qu’un petit grain de sable dans le soulier de Robert Lafrenière. La liquidation politique du député est très inquiétante.

    Robert Lafrenière est au sommet d’un clan familial qui contrôle à la fois l’UPAC et la SQ. Il a le mandat de mettre en prison les bandits qui ont mis en place le pillage du Trésor public sous Jean Charest, ce qu’il tarde à faire après six ans à la tête de l’UPAC.

    Je crois qu’il est temps que la direction de l’UPAC soit confiée à quelqu’un d’autre.

    Il est clair qu’il existe un verrou libéral quelque part à la direction de l’UPAC, un verrou que Robert Lafrenière tarde à trouver. Peut-être que sa destitution nous permettra de découvrir où il se trouvait.

    • Michel Blondin - Abonné 24 novembre 2017 10 h 48

      M Martel,
      À moins que vous ayez quelques informations que j’ignore, M, Ouellet n’a pas été, du point de vue légal, arrêté, mais détenu. Lui a-t-on lu ses droits, il en serait alors arrêté. Je n’ai pas cette information.

      Bien que le contexte d’exercice du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif est d’une pourriture excessive et d’une complicité liée à toute la corruption canadianiste pour contrer l’indépendantisme québécois -au plus haut des préoccupations stratégiques- les stratégies libérales sont devenues toxiques pour le Québec. La nomination partisane Lafrenière ou un autre, n’est pas accessoire à la bonne marche de l’État. C’est un garde-fou utile que parfois mais utile tout de même. Les pares-feux ont une fonction résiduelle essentielle.

      L’élites conspirent et conspirera toujours par la corruption de toute nature pour s’auto satisfaire et s’autocongratuler depuis le grand tronc, la commission Kable, Gomery et récemment la commission Charbonneau. Le réseau d’influence est incomplet tant et aussi longtemps aucune enquête ne sera faite parmi le pouvoir judiciaire. Il faut aussi enquêter sur les nominations et informations du judiciaire qui migrent vers les pouvoirs exécutifs.

      Cela fait 250 ans que les droits du peuple provincialisé sont vandalisés avec la complicité de la justice britannique puis canadianiste. Il faudrait bien une bonne enquête pour de bon de ce canadianisme qui achète et soudoie les âmes.
      Ces grattages de dos et ces nominations sous silence de juges qui relèvent d’Ottawa et ceux qui sont nommés par le Québec ne sont jamais mis à jour. Ce réseau souterrain de nominations est toxique. Les nominations doivent se faire au grand jour.
      De dire que l’UPAC fait sa « job » et que Monsieur X, Y ou Z a dit toute la vérité, rien que la vérité et que la vérité est pour la galerie des faiseurs d’image.
      Il est temps que ces scandales sortent par les journalistes qui n’ont pas froid aux oreilles et le courage plein l’âme.

    • Yves Mercure - Inscrit 24 novembre 2017 11 h 32

      Ni oui, ni non. La question est de savoir quel est le grade de Lafrenière. Il semble que UPAC = Lafrenière. Celui-là même qui ferma le bec à Duchesneau p.c.q. qu'il secouait le cocotier de son autorité. Celui-là encore qui manœuvra habilement pour un nouveau terme de 5 ans(?) supplémentaire en forçant la main du gouvernement pour passer à la caisse (Normandeau étant la dernière de l'esprit sacrificiel très facile chez les grands prêtres liberaux) : le PLQ devait sauvegarder la mince image de probité qui lui restait. Encore et toujours le même Lafrnière qui clos le bec à Ouellette qui faisait son travail (jusqu'à preuve du contraire) et scrutait les "œuvres" de messire le Cheuf. Quand ça ressemble à de la m..., que ça sent la m...et que ça goûte la m..., il arrive que ç'en soit! Je propose le grade de Colonel pour Ti-Bob, comme dans le film "Z..."
      Yves mercure trois-rivieres

    • Jean-Pierre Martel - Inscrit 24 novembre 2017 13 h 29

      Michel Blondin écrit : « À moins que vous ayez quelques informations que j’ignore, M, Ouellet n’a pas été, du point de vue légal, arrêté, mais détenu. »

      À la conférence de l’UPAC donnée le 31 octobre dernier, le directeur des opérations de cet organisme (André Boulanger) a déclaré textuellement : « J’ai autorisé l’arrestation _sans mandat_ du suspect » (en parlant de Guy Ouellette).

      L’article 10 de la Canadian Constitution exige qu’en cas d’arrestation, tout citoyen soit informé _dans les plus brefs délais_ des motifs de son arrestation.

      Quel crime a-t-il commis ? Selon Guy Lafrenière, il le saura quand l’UPAC aura soumis sa preuve au DPCP. Et si le DPCP juge cette preuve suffisante, elle portera des accusations contre Guy Ouellet. Dans le cas contraire, Guy Ouellet ne saura jamais pourquoi l’UPAC l’a arrêté.

      Les tribunaux n’hésitent pas à casser des poursuites lorsque les enquêtes policières sont entachées d’abus de pouvoir, notamment le viol de droits constitutionnels.

      Si le mode opérationnel de l’UPAC dans ce cas-ci est typique des méthodes employées dans l’enquête Mâchuer (prétendument validées par un juge anonyme), il a y lieu de craindre que des dizaines de policiers aient travaillé pour rien depuis six ans, manipulés par des dirigeants qui ont sciemment choisi un mode opérationnel anticonstitutionnel dans le but de faire avorter Mâchurer.

    • Michel Blondin - Abonné 24 novembre 2017 17 h 20



      Merci de l’information Monsieur Martel. La charte canadienne des droits et libertés enchâssée dans la « Constitution Act 1982 » est : (version non officielle)
      « 10. Chacun a le droit, en cas d’arrestation ou de détention :
      • a) d’être informé dans les plus brefs délais des motifs de son arrestation ou de sa détention ;
      • b) d’avoir recours sans délai à l’assistance d’un avocat et d’être informé de ce droit ;
      • c) de faire contrôler, par habeas corpus, la légalité de sa détention et d’obtenir, le cas échéant, sa libération.»

      Je comprends que l’arrestation a été autorisée sans mandat. Alors, la preuve doit être assez forte pour agir comme telle.
      Croire le contraire n’est pas la perspective première que l’on doit retenir avec une institution judiciaire. Que de croire le contraire, prima facie, est tout simplement téméraire. Dans ce cas seulement, une information de première main et validée permettrait de soutenir ce point de vue.
      Attendons un peu avant de considérer l'opération anticonstitutionnelle. Il est criminel que de transmettre certaines informations et l'UPAC cherche ces informateurs du coulage dernier.

      Cependant, Monsieur Ouellet a joué la carte de la politique au lieu de jouer la carte professionnelle et informationnelle. Il n’a rien dit sur le fond qui puisse dissiper toute possibilité de culpabilité. Et sur cela, je suis pleinement d’accord avec Réal Ménard. Il a failli à s’expliquer en commissions. Nous en sommes encore dans le vague.

    • Yves Mercure - Inscrit 25 novembre 2017 08 h 46

      M Blondin, serait-ce que vous le croyez intellectuellement pauvre, ce Ouellette?
      Je crois plutôt à "squelette en placard". Lafrenière sait des choses, que ce soit lanceur d'alerte ou bêtise passee, ça permet de suggérer une discrétion prudente. Comme Duchesneau jadis qui se retrouva empêtré apres persistance dans les coups de gueule. Une hypothèse en valant bien d'autres. Spéculons pour amusement, la suite finale tardera probablement.

  • Serge Pelletier - Abonné 24 novembre 2017 03 h 43

    M. Ménard, alors que vous étiez candidat au PQ pour devenir député le maire Vaillancourt vous a, selon vos prores propos, offert une enveloppe de "cash". Vous l'avez refusé, mais ne l'avez pas immédiatement dénoncé aux forces policières, car encore selon vos propres propos, vous aviez peur, car semble-il les forces policières n'auraient pas assuré votre protection ultérieure adéquatement. Vous avez été élu, puis ministre dans le GV-Q-PQ... Vous étiez aussi, comme ministre, le grand boss de la SQ... Encore là, silence radio de votre part. Pourtant, un simple appel au DG de la SQ aurait suffit pour que le maire Vaillancourt (et sa gang) se retrouve sous enquête. Et croyez-moi quand le ministre, qui est son boss, demande une enquête au directeur général de la SQ - surtout en la matière de corruption, ou tentative... La cavalerie arrive. Par la suite vous vous êtes présenté au GV-fédéral, et avez été élu... Encore là, se fut silence radio. Pourtant un simple appel au sujet de Vaillancourt et clique au commissaire de la GRC aurait immédiatement enclenché une très sérieuse enquête et infiltration (la cavalerie en refort de la cavalerie)... Que non, la crainte de quoi au juste. Vous avez attendu d'être à la retraite avec deux pensions de députés/ministre pour faire une petite sortie à RC-RDI en vous appitoyant sur votre "pauvre sort" et des "peurs que vous aviez... Conséquemment, Vaillancourt, et clique, a continuer son petit manège d'escroqueries pendant pratiquement deux décennies... PAR VOTRE FAUTE.

    On vous avait oublié... et voila que vous refaite surface en tenant des propos obséquieux envers vos anciens subordonnés de la SQ, et irrévérentieux envers les journalistes...

    M. Ménard, s'il-vous-plaît, retourner dans votre garde-robe et n'en sortez plus.

    • Pierre Desautels - Abonné 24 novembre 2017 09 h 14


      Vous confondez Réal Ménard avec Serge Ménard. Mais votre propos sur ce dernier sont une bonne matière à réflexion.

    • Jean-Pierre Martel - Inscrit 24 novembre 2017 09 h 22

      Serge Ménard et Réal Ménard sont deux personnes différentes.

      Puisque vos attaquent portent, non pas sur l’auteur de ce texte, mais sur l’ex-ministre péquiste, je dois dire que Serge Ménard est un des politiciens les plus intègres que je connaisse.

      N’oubliez pas que lorsque Serge Ménard a révélé avoir refusé l’enveloppe brune de l’ex-maire de Laval, il brisait une omerta. Vaillancourt menaçait de poursuite tous ceux qui osaient mettre en doute son honnêteté.

      Il faillait beaucoup de courage pour le faire. Personne n’avait osé accuser publiquement Vaillancourt avant l’ex-député.

      Et dès qu’il l’a fait, il a suffit à Vaillancourt de faire deux appels à Ottawa pour que Serge Ménard soit sommé de comparaître devant le comité d’éthique de la Chambre des Communes où on a cherché à miner sa crédibilité.

      Le petit soldat mandaté par le PLC était Denis Coderre:
      http://www.tvanouvelles.ca/2010/12/02/le-temoignag

    • Colette Richard-Hardy - Abonné 24 novembre 2017 10 h 33

      M. Pelletier

      vous vous trompez car le texte est de Réal Ménard et non il n'a jamais été au PQ mais au Bloc Québécois... calmez-vous!

    • Pierre R. Gascon - Inscrit 24 novembre 2017 13 h 22

      Monsieur Martel oui Serge Ménard est un rare membre de l'A.N. avec un niveau d'intégrité élevé parce qu'il démontré un courage et une intensité personnelle et l'amour de la vérité; il a aussi trouvé le courage de die ce qui est vrai.

      ET, la vertu de la force lui a permis de tenir bon, de ne pas lâcher prise face à tous les obstacles.

    • Marc Therrien - Abonné 24 novembre 2017 17 h 49

      La justice des hommes démontre toute sa fragilité quand il y a erreur sur la personne. C'est encore plus épeurant que le "Procès" de Kafka.

      Marc Therrien

  • Claude Bariteau - Abonné 24 novembre 2017 05 h 30

    Le bilan de l'UPAC et les failles du député Ouellette

    Vous opposez un bilan élogieux de l'UPAC à des failles que vous croyez présentes dans les réponses du député Oeullette parce qu'il n'a pas été en mesure d'expliquer clairement le coup monté de l'UPAC à son égard ni les irrégularités alléguées entre l'UPAC, l'autorité des marchés financiers et des firmes privées.

    Et vous le faites en signalant que le directeur de l'UPAC doit rendre des comptes aux élus alors que, précisément, l'enjeu réel est lié au fait que l'UPAC peut le faire sans le faire en faisant écho à la confidentialité des dossiers qu'il traite.

    Or le problème est là. Il découle du fait que le directeur de l'UPAC est nommé par le gouvernement et non par une majorité des deux-tiers ou plus des élus de l'Assemblée nationale et que la commission parlementaire où le directeur rend des comptes devrait être chapeautée par un organisme créé par l'Assemblée nationale devant être avisé des activités de l'UPAC, y compris des éléments confidentiels des dossiers dont ils seraient renseignés avec obligation de confidentialité.

    Si ces deux éléments existaient, le travail de l'UPAC aurait été moins entaché de soupçons et des mises en accusation auraient été plus nombreuses, notamment concernant les activités de certains ministères et le rôle joué par des partis politiques.

    S’agissant le coup monté dénoncé par le président de la Commission qui étudiait l’élargissement du mandat de l’UPAC, il n’aurait pas eu lieu et les irrégularités dénoncées par le député Ouellette probablement rendues improbables à cause de la présence de l’organisme de suivi agissant au nom e l’Assemblée nationale.

    Chose certaine, en fin de semaine, l’ex-PM Charest ne serait probablement pas au congrès du parti qui fit de Monsieur Canada le PM du Québec dont son argentier, M. Bibeau, fut un rouage important de ses activités.

    • Serge Pelletier - Abonné 24 novembre 2017 22 h 08

      Être nommé par les 2/3 ne signifie rien, absolument rien... Et ce n'est certainement pas un gage de probité du "nommé"...

      En preuve, entre autres, le directeur général des élections (nommé au 2/3)... Ce cher dormait au gaz... Un autre "entre autres": la Présidente de la Commission des Droits de la personne... est nommée aussi au 2/3... La bisbille y a court de plus belle... etc.

      Ces personnes sont là par le principe de la nomination du 2/3... Inamovibles... et généralement indélogeables sauf pour acte criminel et même là encore... il y a plusieurs décisions de CS qui ont renversé des congédiements pour acte criminel...

      Quand, c'est une nomination ordinaire... Le ministre responsable peut congédier, rétrograder, licencier, etc. Si le ti-cul nommé ne fait pas sa job comme du monde, c'est le ministre qui porte le chapeau... et risque son poste...

      Quand à la chanson des politiciens "on veut des nominations aux 2/3"... Cela est uniquement du pleurnichage pour faire des semblants de faire quelque chose...

      Il n'y a qu'une chose à faire: "un comité surveillant": élus composé de divers partis politiques et disons d'un membre du Barreau, un de la magistrature, et un ou deux des citoyens, un ou deux de d'autes corps de police (SPVM et GRC)... Et surtout, que toutes ces belles personnes soient mobiles (disons mandat de 2 ans max) pour ne pas créer une plutocratie...

      La GRC à ses comités contrôleurs, le SCRS à ses comités contrôleurs, le FBI à ses comités contrôleurs, la CIA à ses comités contrôleurs, etc. Pourquoi pas la gang de l'UPAC, sans omettre la SQ et le SPVM - ces derniers actuellement empêtrés dans les scandales entre autres de malversations, abus de pouvoirs, etc.

  • Raynald Rouette - Abonné 24 novembre 2017 06 h 45

    Et si l'UPAC avait tort?


    Vous semblez vouloir élever l'upac, au niveau d'intouchable ou d'infaillibilité...

    Depuis l'interpellation maladroite de Guy Ouellete, il y a un doute.

    Ce doute subsiste et subsistera toujours, à qui faut-il en accorder le bénéfice?

    Dans notre monde tout est politique, sans exception!

    • Marc Therrien - Abonné 24 novembre 2017 17 h 57

      Habituellement on accorde le bénéfice du doute à la personne à qui on a le plus confiance.

      Est-ce qu'on aurait davantage confiance en la personne qui avouerait: "C'est moi qui ai menti, je ne vous ai pas tout dit, et je vous prie de m'en excuser, je ne le ferai plus, je vous le jure, vous pouvez me croire"?

      Marc Therrien

  • Jean-François Trottier - Abonné 24 novembre 2017 08 h 00

    Jusqu'à preuve du contraire ?

    M. Ménard, ce que vous écrivez est difficile à avaler.

    Vous dites que vous tenez M. Ouellette innocent jusqu'à preuve du contraire mais...

    Innocent de quoi ?
    Ou coupable de quoi ?

    C'est ce flou qui est profondément malsain, et puisque désormais c'est devenu une question politique et publique, il y a de quoi remettre en question la structure de l'UPAC ainsi que les gens qui la dirigent. C'est ainsi en démocratie, c'est ainsi dans un état de droit.

    Une question au passage : si le Parti Libéral n'était pas au pouvoir, ne croyez-vous pas que des accusations sur les grands collecteurs de fonds, et peut-être Jean Charest, seraient tombées depuis longtemps ?

    Impossible de tarder tant. Donc mille petits moyens pour ralentir les enquêtes sont utilisés depuis le haut jusqu'au bas, dans le gouvernement et dans l'UPAC.

    Pas que ça n'avance pas, mais tellement au ralenti que les résultats arriveront dans deux ou trois générations.

    Et Couillard reste le génial architecte de la Grande Opacité.

    La seule position défendable est celle qui exige des résultats le plus vite possible, et dans la foulée que ce gouvernement qui ose se prétendre honnête donne des moyens extraordinaires aux enquêteurs pour que toute la vérité sorte maintenant, pas pour les historiens des temps futurs.

    Pour le moment on ménage plus les suspects que les gens, et le PLQ se cache derrière des procédures interminables.

    Que ces procédures soient justifiées ou pas, il reste que toute la population est flouée dans ce théatre ridicule et flonflonnesque.