Des actions concrètes et structurantes pour lutter contre la discrimination

Le ministre de l'Immigration, David Heurtel
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Le ministre de l'Immigration, David Heurtel

Parfois dans une carrière, parfois dans la société, il y a des moments charnières qui nous ramènent à nous-mêmes. Je crois que la société québécoise est en train de vivre un de ces moments où, collectivement, nous devons nous regarder et nous rappeler qui nous sommes. Je vais peut-être surprendre quelques personnes en disant cela, mais depuis que je suis ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, je vis l’un de ces moments.

Je suis moi-même fils d’immigrant. Mes grands-parents ont immigré au Québec en 1951 avec leurs deux enfants, mon père et ma tante, dans le quartier montréalais Saint-Michel, que je représente fièrement à l’Assemblée nationale depuis quatre ans.

Qu’on se le dise, l’immigration n’est pas un phénomène nouveau au Québec. Plusieurs vagues d’immigration ont participé à bâtir le Québec que nous connaissons aujourd’hui. Et, pour continuer à prospérer, le Québec doit continuer à miser sur la diversité et à valoriser la richesse qu’elle nous apporte.

Malheureusement, certains ont récemment laissé entendre que le gouvernement prétend que les Québécoises et Québécois sont des racistes. C’est complètement faux. Le Québec est considéré comme un des endroits les plus inclusifs au monde. Les Québécoises et les Québécois sont fondamentalement justes et équitables.

Au cours des derniers mois et plus particulièrement au cours de la dernière semaine, j’ai pu échanger avec des dizaines de femmes et d’hommes de la diversité. Le constat que j’ai entendu est clair et sans équivoque : la clef de voûte de la valorisation de la diversité et de la lutte contre la discrimination est l’accès à l’emploi.

Même si les taux de chômage sont parmi les plus bas depuis près d’un demi-siècle, force est de constater qu’ils sont beaucoup plus élevés chez les nouveaux arrivants et les personnes issues de la diversité.

Je suis convaincu que nous pouvons discuter ensemble de ces questions, sans nous accuser ni nous culpabiliser. Sobrement et dignement. Nous avons pu discuter d’égalité femmes-hommes, nous avons pu discuter d’intimidation, notamment dans les cas des aînés et de la communauté LGBT. Nous pouvons discuter sainement d’enjeux reliés à l’immigration et à la diversité.

La démarche que je propose n’a pas comme objectif d’accuser ni de victimiser qui que ce soit. Nous allons plutôt nous concentrer à améliorer nos façons de faire. Au coeur de cet exercice se trouve un Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination que nous allons tenir en décembre pour proposer des solutions concrètes aux enjeux liés à l’emploi, à la formation, à la francisation et à la lutte contre la discrimination. Au cours du mois de novembre, je mènerai aussi une tournée des régions avec le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale afin d’entendre, notamment, les entreprises et les organismes à vocation économique et communautaire locaux sur la pénurie de main-d’oeuvre qui est vécue partout au Québec.

D’ici à la tenue du Forum, 31 organismes à but non lucratif mandatés par le MIDI mèneront partout au Québec des projets ciblés et des activités de recherche, comme des groupes de discussion, des entrevues individuelles et des journées d’échange pour réfléchir sur le thème de la discrimination. Les rapports des organismes seront rendus publics et pourront alimenter les thèmes du Forum. Très prochainement, un site Web sera mis en ligne afin que toutes les Québécoises et tous les Québécois puissent donner leur opinion et transmettre des mémoires sur les questions de la valorisation de la diversité et de la lutte contre la discrimination.

Je ferai prochainement plusieurs annonces, afin de mettre en place, et ce, très rapidement, des moyens concrets permettant d’améliorer l’accès de tous à l’emploi et de valoriser la diversité.

Notre histoire en est une de conquêtes de défis, empreinte de courage et de progrès. Nous relèverons ensemble celui-ci et assurerons de donner une chance à tous nos enfants d’avoir un meilleur avenir.

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6 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 19 octobre 2017 01 h 09

    L'intégration ne passe pas par le communautarisme!

    Monsieur Heurtel, ne pensez-vous pas que les immigrants doivent faire leur part pour s'intégrer aussi? Vouloir vivre avec les pratiques et les habits du 7e siècle n'aide pas à l'intégration. S'habiller avec le voile intégral n'aide pas à trouver un emploi. Répudier les valeurs universelles, progressistes n'aide pas à la cohésion sociale. Rejeter l'égalité hommes/femmes en traitant les femmes comme des personnes de seconde classe n'aident pas à l'intégration.

  • Pierre Deschênes - Abonné 19 octobre 2017 06 h 45

    Brumes matinales

    "Je crois que la société québécoise est en train de vivre un de ces moments où, collectivement, nous devons nous regarder et nous rappeler qui nous sommes." J'ai beau lire et relire cette phrase, je n'en saisis ni le comment ni le pourquoi. Quant à la surprenante - venant d'un membre de ce gouvernement - "Le Québec est considéré comme un des endroits les plus inclusifs au monde", le ministre a-t-il eu l'aval de son chef avant de la publier?

    • Jean Duchesneau - Abonné 19 octobre 2017 09 h 49

      En sommes selon le célèbre dicton : "Plus on pédale moins vite, moins on avance plus vite"

  • Jacques Tremblay - Inscrit 19 octobre 2017 08 h 56

    Après son passage désastreux au ministère de l'environnement M. Heurtel m’inspire absolument aucune confiance.

    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

  • Gilles Théberge - Abonné 19 octobre 2017 08 h 56

    Il est aussi incompétent que dans son poste antérieur. Sa seule vertu est de tenir le fort.

    Il est l’équivalent de Mélanie Joly. C’est le ministre du gouvernement Québécois qui est capable de dire une chose son contraire et de défendre l’indéfendable.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 19 octobre 2017 09 h 03

    À quoi pouvons-nous nous attendre de l’ancien ministre de la désinformation environnementale?

    Vivement octobre 2018 qu’on en finisse avec ce genre d’hurluberlu politique.

    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc