Comparativement à la Catalogne, le Québec l’a échappé belle…

Des partisans de l’unité espagnole dans une manifestation à Barcelone — le «155» de la pancarte fait référence à un article de la Constitution qui donne au gouvernement central le droit de prendre la direction d’une communauté autonome.
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Des partisans de l’unité espagnole dans une manifestation à Barcelone — le «155» de la pancarte fait référence à un article de la Constitution qui donne au gouvernement central le droit de prendre la direction d’une communauté autonome.

En comparant la situation du Québec et celle de la Catalogne, les commentateurs ont fait remarquer combien il est heureux que le droit du Québec de choisir démocratiquement son statut constitutionnel soit reconnu à la fois par le Canada et le reste du monde. Cela permet que les choses puissent évoluer de façon pacifique selon les circonstances et la volonté des citoyens.

Par contre, les événements récents en Catalogne nous montrent dans quel cul-de-sac politique conduit la négation du droit à l’autodétermination des peuples. Tant le gouvernement espagnol que le gouvernement catalan se retrouvent présentement emmurés dans des positions inflexibles dont on voit difficilement comment ils pourront sortir sans risquer de faire chavirer le pays. La situation est devenue inextricable et ses conséquences seront, à tous les points de vue, extrêmement dommageables tant pour l’Espagne dans son ensemble que pour la Catalogne. Espérons qu’on puisse éviter le pire.

Dans ce conflit, le gouvernement de Madrid a volontairement choisi la voie légale et judiciaire. En mettant en avant le texte d’une Constitution particulièrement rigide et en se servant des tribunaux pour en exiger l’application stricte, il prenait une voie sans compromis qui menait fatalement à l’affrontement. Le recours à la voie judiciaire en matière constitutionnelle est spécialement dangereux en ce qu’il ne se prête pas aux arrangements politiques qui sont requis pour trouver les solutions qui s’imposent pour régler des situations aussi complexes. La loi est la loi, dit-on, et tous doivent s’y conformer. Il n’y a pas de compromis possible. C’est la soumission ou l’impasse.

Recours aux tribunaux

On a généralement oublié que le Québec aurait très bien pu se retrouver dans la même situation. À la suite du référendum de 1995, qui était venu tout près d’être gagnant, le gouvernement fédéral de M. Jean Chrétien, après avoir été pris de panique, résolut que jamais plus il n’aurait à vivre une expérience aussi traumatisante. Il a donc décidé de fermer la porte à tout nouveau référendum à l’avenir. Et pour cela, il a choisi la même voie que celui de Madrid : celle du recours aux tribunaux. À la suggestion du ministre Stéphane Dion, il s’adressa à la Cour suprême du Canada pour lui demander de déclarer que le Québec n’avait pas le droit, ni en vertu de la constitution canadienne ni en vertu du droit international, de choisir unilatéralement de devenir un pays souverain, séparé du Canada. Si la Cour suprême s’était rendue à l’argumentation d’Ottawa, le Québec se retrouverait aujourd’hui exactement dans la position où se trouve la Catalogne. Ce serait l’impasse, ici comme là-bas.

Heureusement, la Cour suprême, dans une décision unanime, rendue exceptionnellement au nom de la Cour sans qu’aucun des juges n’ajoute de remarques particulières, a décidé que la démocratie devait l’emporter sur le strict juridisme. Il vaut la peine d’examiner les grands principes qui se dégagent de cette décision.

Premier principe : « La Constitution, dit la Cour, n’est pas uniquement un texte écrit. Elle englobe tout le système des règles et principes qui régissent l’exercice du pouvoir constitutionnel. » Ces règles et principes sont « le fédéralisme, la démocratie, le constitutionnalisme et la primauté du droit, ainsi que le respect des minorités ».

Deuxième principe : « Un vote, dit la Cour, qui aboutirait à une majorité claire au Québec en faveur de la sécession, en réponse à une question claire, conférerait au projet de sécession une légitimité démocratique que tous les autres participants à la Confédération auraient l’obligation de reconnaître. »

Troisième principe : « […] Il incomberait, dit la Cour, aux acteurs politiques de déterminer le contenu des négociations et le processus à suivre. La conciliation des divers intérêts constitutionnels légitimes relève nécessairement du domaine politique plutôt que du domaine judiciaire, précisément parce que cette conciliation ne peut être réalisée que par le jeu des concessions réciproques qui caractérise les négociations politiques. Dans la mesure où les questions abordées au cours des négociations seraient politiques, les tribunaux, conscients du rôle qui leur revient dans le régime constitutionnel, n’auraient aucun rôle de surveillance à jouer. »

On voit donc comment la Cour suprême du Canada a évité le piège dans lequel le gouvernement fédéral voulait la faire tomber. En démocratie, c’est au peuple et à ses dirigeants politiques qu’il convient de laisser la détermination du statut politique de chacun. Comme on aimerait que ce jugement de haut vol soit traduit en espagnol et en catalan ! D’autant plus que je sais de source certaine que ce sont les juges québécois qui ont le plus influé sur la teneur du jugement, et que c’est l’un d’entre eux qui en a été le principal rédacteur.

Le gouvernement fédéral a été pris de court par cette décision qu’il n’attendait pas. Il en est résulté la « loi sur la clarté » dont le but était de sauver la face, surtout aux yeux du reste du Canada, en donnant l’illusion qu’Ottawa continuait à avoir un droit de regard sur un éventuel référendum québécois qu’il ne pourrait pas empêcher.

Mais on ne peut terminer cette analyse sans souligner l’irresponsabilité inexcusable et inconséquente du gouvernement Chrétien et de son ministre Dion d’avoir voulu enfermer l’évolution du Québec dans un carcan légaliste et judiciaire qui aurait bloqué son avenir constitutionnel en le soumettant à la volonté de l’ensemble du Canada. Comme c’est le cas maintenant en Catalogne, et avec les mêmes conséquences. Cela est impardonnable, même si cela n’a pas réussi.

Le Québec, heureusement, l’a échappé belle. En revanche, il y a gagné de façon incontestable son droit à l’autodétermination. Grâce à René Lévesque qui, le premier, l’a exercé ; à Jacques Parizeau qui l’a réaffirmé ; et à la Cour suprême du Canada qui lui a donné ses lettres de noblesse définitives. L’avenir reste donc ouvert et, comme l’a déclaré Robert Bourassa, le Québec reste « aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement ».

30 commentaires
  • Jean Gadbois - Inscrit 7 octobre 2017 01 h 08

    Deux fois...

    Cas unique dans l'histoire moderne des peuples, il a dit non.
    Qu'on parle de procédures et d'instrumentalisation d'autodétermination tant qu'on voudra, la fibre de la fièreté ne concerne en rien cet article procédural et mécaniste...misère!

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 9 octobre 2017 13 h 58

      Chrétien et Dion ont tout fait pour que nous regardions passer le train!!!!

    • Jean Gadbois - Inscrit 9 octobre 2017 17 h 04

      Certes, ces deux personnages colonisés et inféodés à la couronne ont fait dans la traîtrise et leur manque de courage les ont rendu perfides.
      Mais ce ne sont que deux mandataires, le reste du Québec, lui, en majorité dans la région de la ville de Québec (qui, ne l'oublions pas, est la deuxième région la plus peuplée de la province, a voté à 75% pour le non) a bel et bien volontairement regardé le train passer.

  • Michel Lebel - Abonné 7 octobre 2017 06 h 31

    Rien de neuf!


    Une analyse classique et convenue de Louis Bernard. Nihil novi!

    M.L.

    • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 7 octobre 2017 09 h 48

      Merci M. Bernard pour votre analyse claire qui en bouche un coin à plusieurs.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 octobre 2017 13 h 40

      Un commentaire classique et convenu de Michel Lebel. Nihil novi!

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 7 octobre 2017 18 h 07

      Encore une fois, M. Lebel est à côté de la...

    • Colette Pagé - Inscrite 9 octobre 2017 10 h 05

      Ce matin le commentaire de M. Lebel en plus d'être décevant pour un constitutionnaliste est des plus méprisant pour l'auteur du texte.

      Tout ce qui penche en faveur du Québec ne reçoit guère l'aval du professeur.

    • Michel Lebel - Abonné 9 octobre 2017 11 h 28

      @Claude Gélinas,


      Vous savez bien que tout le ''mal'' ne peut provenir que de ces affreux jojos de fédéralistes qui ne comprennent toujours rien à rien!

      Je pourrais contredire point par point l'article de Louis Bernard, mais tout ce vieux débat me lasse. Tout a été dit et redit. Pour de multiples raisons, je crois au fédéralisme canadien, sachant fort bien qu'aucun régime politique n'est parfait. Et sachant aussi que la perfection n'est pas de ce monde et que pensez la trouver en politique a toujours mené à des lendemains qui déchantent.

      Michel Lebel

    • Claude Bariteau - Abonné 9 octobre 2017 13 h 03

      Alors, M. Lebel, faites l'effort de contredire point par point les avancées de M. Bernard.

      Personnellement, je l'ai déjà fait, car, en faveur de l'indépendance du Québec, je vois un piège à cons dans la loi de clarification et que la position de la Cour suprême, contrairement aux thèses de votre ex-collègue de droit qui fut conseiller du PQ, n'est qu'un avis et non une décision.

      En le faisant, vous allez clarifier le cadre du débat et mettre de l'avant ce qui fait que vous croyez au fédéralisme canadien.

      Je vous remercie d'avance de le faire.

    • Michel Lebel - Abonné 9 octobre 2017 15 h 21


      @ Claude Bariteau,

      N'étant pas au pays et n'ayant pas un ordi superformant, je me contenterai brièvement de référer au début du texte de M.Bernard où celui-ci traite sommairement de la négation du droit à l'autodétermination. L'auteur oublie ici de mentionner que le droit international et le droit interne espagnol ne s'appliquent pas au cas catalan. Pas un mince oubli! Telle est la vérité juridique. Et ainsi de suite quant aux ''opinions''!
      Quant à ma défense du fédéralisme canadien ou du Canada, sachez qu'elle dépasse très largement toute référence juridique ou politique. Ma référence en est une de philosphie et de civilisation. Elle essaye de voir loin et pour longtemps...


      Michel Lebel

    • Claude Bariteau - Abonné 9 octobre 2017 23 h 17

      Vous avez raison sur le fait que le peuple catalan ne peut recourir au droit reconnu seulement aux peuples des colonies par les Nations Unies.

      Cela n'exclut pas que le peuple catalan puisse faire valoir sa volonté d'accéder à ce statut et ne présume pas que le droit interne espagnol puisse aller à l'encontre d'un principe reconnu par les Nations Unies, qui s'applique au cas par cas, ce que vous savez, notamment lorsqu'il y a des procédés déployés qui vont à l'encontre de l'expression d'un peuple.

      Le point ici n'est pas l'application du droit espagnol, mais celle de l'expression du peuple catalan quant à son avenir. La légitimité de cette expression se fonde, selon les écrits de juristes que j'ai lus, sur le statut antérieur du peuple et son exercice ou non de ses choix.

      Sur votre penchant en faveur du fédéralisme canadien, j'ai de la difficulté à faire de celui du Canada un modèle d'avenir, car sa gestation n'en fut aucunement un, de même que ses suites.

      Cela dit, cela ne vaut pas pour tout fédéralisme. Les États-Unis en sont une expression plus honorable que celle du Canada. Quant à l'UE, il est difficile de parler de fédéralisme, son fondement étant confédératif pour des fins économique et son déploiement bureaucratique sous l'égide de deux pays qui en sont les pilotes.

      Étant promoteur de l'indépendance du Québec, je ne suis aucunement contre une association au sein de l'ALÉNA, voire des ententes avec l'UE, ni, dois-je ajouter, une intégration au sein d'une entité fédérale si la situation se présente un jour, ce qui ne veut pas dire une réintégration dans la fédération canadienne actuelle.

      Pour moi, ce n'est pas une question de philosophie, mais de choix politique fait par les membres d'un peuple reconnu, ce qui est le cas du peuple québécois composé d'acteurs de toutes origines confondus.

  • Jean-François Trottier - Abonné 7 octobre 2017 08 h 02

    Tout est relatif...

    Je tiens à rappeler que le Québec a connu sa part de violence de la part du fédéral. L'application de la Loi des Mesures de Guerre a, deux fois, été réservée au Québec.

    La première en 1918, dans la ville de Québec, où des mitraillettes onty été installées et utilisées(!) dans les rues. Ceci n'est pas sans rappeler les Bloody Sunday Irlandais, en 1920 et 1972.

    Celle de 1970 avait pour raison une "insurrection appréhendée". Ce sujet est encore présent à bien des mémoires.

    Ceux qui croyaient une insurrection possible étaient quelques felquistes et des dirigeants d'Ottawa. Qui ? Des analystes de la GRC et le cabinet Trudeau, qui a voté unanimement pour faire intervenir l'armée sous cette raison.

    Pour croire en une insurrection, que je sache. il faut croire qu'il y a des raisons à cette insurrection. Quelles étaient-elles, selon nos fédérastes amis ?

    Pauvreté, manque de contrôle sur les leviers du pouvoir, il peut y en avoir plusieurs.
    Le plus important est très certainement une méconnaissance aberrante de la société québécoise, ce qui ne peut surprendre : on a peur de ce qu'on ne connaît pas.

    500 personnes ont été privées de leur liberté à cause de cette méconnaissance. Parmi celles-ci aucune condamnation, et pour cause!

    Le cabinet de PE Trudeau contenait un nombre important de québécois, dont plusieurs francophones de premier plan. Lalonde, Marchand, Pelletier n'étaient pas les premiers venus. Il leur aura fallu être terriblement bourrés de préjugés envers leurs concitoyens.

    Impossible d'oublier le "Just watch me" de Trudeau peu avant. En effet, on a watché cet idéologue suivre son bonhomme de chemin.

    L'intervention armée de 1970 a créé un réel électro-choc dans la société québécoise, qui explique en partie la facilité avec laquelle le PLQ fait de chaque élection une très sale campagne de peur. Il reste aujourd'hui des répercussions malsaines à ce coup d'État.

    Le Québec l'a vraiment échappée belle ? Voire.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2017 07 h 58

      Il n'y a pas eu d'inserruction. Vous avez raison.

      Par contre, la charge du gouvernement Trudeau ne s'explique pas par une méconnaissance de la société québécoise.

      Cette charge, disproportionnée, fut un geste politiquement préparé par l'entourage du PM Trudeau et son bras droit M. Lalonde. Son objectif ne fut pas de contrer une poignée de felquistes, pluttôt de neutraliser des démarches à la hausse pour renforcer le pouvoir de la province de Québec, démarches tant au sein du PLQ d'alors et en gestation au PQ.

      Pierre Elliott Trudeau est entré, ne l'oublions pas, en politique pour ramener le Québec à l'ordre après l'entente Pearson-Lesage qui a conduit à la révolution tranquille suivie de démarches pour augmenter les pouvoirs du Québec.

      M. Trudeau a manifesté son opposition à la décision du cabinet Pearson, puis s'est invité au PLC pour en stopper ces suites. Les moyens utilisés furent nombreux. La loi des mesures de guerre, le principal, n'attendait que la demande du PM Bourassa et du maire Drapeau, s'imposait pour inverser et arrimer le cours des choses au Québec selon les visées canadiennes.

      Après avoir façonné une image d'insurrection, son bras droit est devenu le pilote pour inserrer le Canada avec son pouvoir de dépenser dans les programmes novateurs du Québec pour les infléchir, voire s'en retirer lorsque l'inclinaison était réussie, obligeant le Québec à la supporter seul.

      Le PM Trudeau est revenu à la charge en 1980 en mettant sa tête sur le billot et son successeur Chrétien a pousuivi cet alignement avec le maire Pelletier, les deux s'estimant en guerre. Aujourd'hui, le PM Trudeau-fils surfe comme son père avec des « selfies » et marche main dans la main avec le PM Couillard et ses sbires pour faire monter les Québécois dans les trains du Canada.

      Tel était et fut l'objectif de ce coup de matraque en 1970.

      Dernier point : Trudeau-père connaissait très bien les axes canadiens de développement et les valeurs qu'ils véhiculaient.

    • Colette Pagé - Inscrite 9 octobre 2017 10 h 08

      Selon Carole Deveault qui a infiltré le FLQ moins de dix membres du FLQ ont conduit le Gouvernement fédéral aux Mesures de guerre.

      Bien évidemment sans égard aux droits de la personnes il s'imposait de mettre le Québec à sa place tout cela avec la complicité de ministres et de députés québécois.

  • Jean-François Trottier - Abonné 7 octobre 2017 08 h 27

    Encore un mot

    Quand on s'arrête à la Loi sur la Clarté, on se demande à quyoi elle pourrait bien servir.

    Au lendemain d'un référendum gagné à 50% plus un, je ne peux imaginer un premier ministre du Québec qui ne déclarerait pas l'indépendance.
    C'est nettement impensable.

    à l'inverse, je ne puis imaginer que le gouvernement du Canada donne son aval au texte d'une question portant surle sujet, quel que soit la question, et je ne vois pas comment un gouvernement Québécois pourrait se plier à des demandes hypothétiques d'Ottawa pour rendre la question "plus claire".

    Tout ceci évoque un dialogue de sourds dans l'obscurité.

    Or, la Loi ne peut s'appliquer qu'après un référendum. Ce n'est pas rien.

    Elle n'a qu'une seule utilité : permettre sous couvert de légalité une intervention armée. Sinon elle est vide de sens.

    Je répète plus clairement : si le but de cette loi est de reconnaître, ou pas, l'existence d'un Québec en tant que pays, elle est inutile. Selon l'usage, le Canada n'aura qu'à attendre les réactions de la communauté internationale dont principalement les USA, et ne pourra qu'emboîter le pas. Sauf...

    Sauf si des plaintes, mêmes minimes, peuvent faire croire que des citoyens sont brimés dans leurs droits sur le territoire du Québec.
    N'importe quel avocat anglophone va vous trouver un motif de plainte en 3 minutes, bin quin!
    Et déjà le sieur Couillard a posé des jalons en ce sens auprès des Premières Nations. Plus petit que ça...

    Une plainte, les tanks sont aux frontières. Quatre plaintes, l'armée déboule. Un peu plus, un peu moins... Je ne déciderai pas des tectiques d'Ottawa.

    Je ne vois aucune autre alternative devant cette loi malodorante, pur exemple de Quebec Bashing et justification de barbarie typique de nos fédérastes bien en place.

    M. Bernard, plutôt que d'encenser ce pays qui a historiquement traité ses minorités avrec le dernier des racismes, veuillez d'abord plaider auprès de vos amis pour le retrait de la Loi sur la Clarté.

    • Claude Bariteau - Abonné 8 octobre 2017 08 h 26

      La loi sur la clarification est canadienne et s'appuie sur un avis, qui n'est pas un jugement de la cour suprême.

      Devant cette loi, trois options sont possibles pour le peuple québécois.

      La première est de s'y soumettre. C'est une option suicidaire, car la loi, comme vous le soulignez, s'applique en cours de route et rétroactivement, ce qui laisse une marge de manoeuvre qu'au Canada.

      La deuxième consiste à négocier une entente avant la tenue d'un référendum, si cette démarche est privilégiée, sur les règles concernant le processus, la question posée, les pourcentages requis, le financement permis, les suites dont les modalités de la succession des pouvoirs et la délimitation du territoire, et la présence d'observateurs des Nations Unies avant, pendant et après. Ça ressemble à ce qui s'est produit en Grande-Bretagne.

      La troisième, en cas de non entente, est une élection pébliscitaire avec une précision par le Québec de la portée de cette élection, de l'appui d'un majorité d'électeurs et de l'élection d'une majorité de parlementaires indépendantistes.

      M. Bernard ne présente que la première. Or, les deux autres m'apparaissent plus appropriées depuis la loi de clarification. Je ne comprends toutefois pas que les leaders indépendantistes n'y font pas allusion, d'autant qu'il existe un précédent en Grande-Bretagne et que l'élection plébiscitaire est exécutoire, ce qui crée, si elle donne les résultats escomptés, une autorité sur le territoire du Québec qui est celle d'un pays souverain.

      Pourquoi ce silence ? Je me pose souvent cette question et j'en suis venu à penser qu'il y a chez nombre d'indépendantistes un fond angélique qui les amènent à s'imaginer que la main de Dieu les protège. En politique cette main n'existe pas.

      Encore moins lorsqu'il s'agit de l'affirmation d'un peuple. L'important est sa mobilisation en faveur d'une démarche qui mène à l'objectif recherché et non à celle prescrite par le pouvoir qu'il entend renverser.

    • Jean-François Trottier - Abonné 9 octobre 2017 09 h 22

      M. Bariteau, oubliez tout de suite la seconde option que vous présentez.

      L'indépendance ne se négocie pas. Elle se prend, sur la base du peuple souverain et d'un choix clair, encore et troujours selon ce peuple et certainement pas selon des règles externes commela Loi sur la Clarté.

      Votre troisième option n'est pas mauvaise mais reste faible pour plusieurs raisons dont le fait qu'une élection ne se fait jamais sur un seul sujet clair et même pas sur un faisceau d'arguments mais bien sur des sujets divergents.
      Une élection sur un seul sujet n'arrive qu'en temps de crise extrêmement grave, ce que justement les indépendantistes québécois évitent depuis... 60 ans!
      Ensuite, parce que pour des raisons de plus en plus évidentes au vu de l'opacité du gouvernement actuel, il est nécessaire de faire un bilan des finance avant de se lancer.
      Enfin il faut établir des appuis auprès d'autre pays pour, au moins, éviter des oppositions trop féroces et, au mieux, être reconnus dès le jour de la proclamation. Ceci est nécessaire dans tous les cas mais encore plus devant cette "invasion appréhendée" et signée à l'avance par l'ancien partenaire.
      Autrment dit, il faut démontrer au Canada que dorénavant il forme un pays étranger et qu'il n'a plus aucun droit de regard sut le Québec, comme position de principe sinon plus.
      La négociation avant serait vue comme une demande de permission. L'élection pébliscitaire, comme un coup d'État (outre le fait qu'elle pose encore plus de difficultés qu'un référendum comme dit ci-haut).

      À ce sujet, je ne comprends pas pourquoi vous ne parlez pas d'élection référendaire, terme utilisé lors des débats précédents. En effet il y a eu de nombreux débats sur le sujet.

      Reste la dénonciation de cette déclaration ouverte d'intervention armée légalisée par la Loi sur la Clarté même si gravement illégitime.

    • Claude Bariteau - Abonné 9 octobre 2017 13 h 33

      M. Trottier, négocier le cadre d'un référendum comme celui que j'expose en deuxième position ne consiste pas à négocier l'indépendance, mais à sortir du cadre de la loi de clarification.

      Par ailleurs, négocier les termes (règles et suites) n'implique pas de reculer sur des principes partagés par les Québécois et les Québécoises. Ça consiste à les mettre de l'avant et rompre les négociatins si ceux-ci ne s'y retrouvent pas. C'est une position d'affirmation.

      Du coup, rejeter cette position du revers de la main, ce que vous faites, c'est enlever un levier au peuple québécois et refuser de voir la position du gouvernement canadien.

      Quant à la troisième position, une élection pébliscitaire portant sur l'indépendance selon les élements que j'ai précisés diffère d'une élection référendaire qui s'inscrirait dans les règles du monarchisme constitutionnelle.

      Si, à vos yeux, une élection référendaire implique une double majorité (appui à l'indépendance et élection d'une majorité d'indépendantistes), je ne vois pas la différence entre ma position et celle que vous signalez. Par contre, il y en a une, majeure, si cette élection consiste à élire une simple majorité d'indépendantistes.

      Vous ajoutez qu'il importe au préalable de faire un bilan des finances. Il est en cours de réalisation au sein de l'institut fondé par M. Péladeau. Cela précisé, il faut savoir qu'une élection pébliscitaire importe que les indépendantistes prennent le pouvoir.

      Le prenant, ils seront en mesure de faire le bilan des finances et d'établir, comme le fit Jacques Parizeau, des liens avec d'autres pays, des organismes internationaux et des gouvernements supranationaux.

      Dernier point, l'élection pébliscitaire que je propose, si elle donne les résultats escomptés, crée de facto une autorité politique différente de celle du Canada sur le territoire du Québec, révélant que le Canada y est un gouvernement étranger. C'est une démonstration faite par le peuple, la seule qui importe.

  • Geneviève Laplante - Abonnée 7 octobre 2017 11 h 22

    Mauvaise foi?

    Rien de neuf, dites-vous? Autrement dit, il faudrait s’en tenir à l’adage : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » Et ne parlons plus jamais de nous battre pour notre langue et notre culture. Admirez de quelle manière les Canadiens de l’Ouest se réjouissent des malheurs de Bombardier. Voilà qui est révélateur !

    Non mais...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 7 octobre 2017 17 h 26

      L'ineptie des fédéralistes québécois me tue.Des moutons qui acceptent
      le "Quebec bashing"et en redemandent comme s'ils en jouissaient,l'
      évidence creve les yeux et sans lumiere on trébuche partout et sur tout.
      La noirceur et la misere....