L’utilisation des néonicotinoïdes ne tue pas les abeilles

Les néonicotinoïdes ne sont pas les principaux facteurs de la mortalité des abeilles, estime l'auteur. 
Photo: Susan H. Smith Getty Images Les néonicotinoïdes ne sont pas les principaux facteurs de la mortalité des abeilles, estime l'auteur. 

À la suite de la publication d’articles déterminant l’utilisation de pesticides néonicotinoïdes comme facteur principal de la mortalité des abeilles, les Producteurs de grains du Québec rappellent que cette problématique est avant tout multifactorielle. Les néonicotinoïdes, qui protègent par ailleurs les cultures contre plusieurs nuisances, ne sont pas les principaux facteurs de la mortalité des abeilles. Le projet de réglementation du gouvernement du Québec sur les pesticides devrait donc être réécrit afin d’en tenir compte.

Selon le Rapport sur la mortalité hivernale de colonies d’abeilles au Canada (2017) de l’Association canadienne des professionnels de l’apiculture (ACPA), les quatre principales causes possibles des pertes de colonies à travers le pays sont les suivantes : « mauvaise qualité des reines, mauvaises conditions météorologiques en hiver et au printemps, mesures inefficaces de lutte contre le varroa et faiblesse des colonies à l’automne ». Ni les néonicotinoïdes ni même les pesticides en général ne font partie de cette liste. Les rapports des années précédentes vont dans le même sens. Même son de cloche en France, où le Réseau biodiversité pour les abeilles, citant le ministère de l’Agriculture, présente le varroa, un acarien parasite, comme étant l’ennemi numéro 1 des abeilles.

Les néonicotinoïdes actuellement en usage ici sont approuvés par l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, qui homologue les pesticides à la suite d’une évaluation rigoureuse et fondée sur des données scientifiques afin de s’assurer que les risques qu’ils posent sont acceptables. Plus de 350 scientifiques y travaillent quotidiennement.

Évidemment, une utilisation impropre de toute substance, incluant un pesticide, peut amener des conséquences non désirées. Cependant, force est de constater que, à elle seule, l’utilisation adéquate et ciblée des néonicotinoïdes ne détruit pas les colonies d’abeilles. En effet, la mortalité hivernale des abeilles est une problématique multifactorielle qui mérite une réponse équilibrée. En ce sens, nous espérons que le gouvernement prendra nos recommandations en considération et qu’il révisera son projet de réglementation sur les pesticides. C’est par la poursuite d’une utilisation planifiée, réfléchie et appuyée par un soutien adéquat et de la recherche rigoureuse que nous maintiendrons l’équilibre que nécessite l’idée d’un développement durable.

10 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 20 septembre 2017 01 h 38

    La santé avant les profits!

    Les PDG des entreprises de cigarettes ont menti de la même façon que les producteurs de pesticides en jurant que les cigarettes ne sont pas nocives pour la santé. Les producteurs et les utilisateurs de pesticides répètent les mêmes mensonges en proclamant que leurs produits ne tuent pas.
    Arrêtons de détruire l'agriculture et la santé avec les pesticides. Le gouvernement doit prendre sa responsabilité sérieusement et doit interdire ces produits nocifs pour la santé.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 20 septembre 2017 08 h 39

    La désinformation...

    À lire le texte de M. Christian Overbeek, on a l'impression de lire le même type de prose que celle des négationnistes du climat ou des persiffleurs des méfaits du tabac ou des sceptiques de la malignité du sucre pour le coeur . Ce sont "d'autres facteurs" qui seraient responsables de l'hécatombe clame-t-il comme pour semer le doute.

    C'est un procédé bien connu et cela depuis des lustres que de chercher à confondre le public par des arguments fallacieux. Ici notre "néonic-négationniste" fait appel à l'ARLA elle-même dont la sollicitude envers les géants de l'industrie chimique est bien soulignée par l'article de Jean-Pierre Rogel dans la même édition de ce journal.

    Merci donc au Devoir de publier simultanément ces deux points de vue nous permettant de voir le jupon dépassant des propos de M. Overbeek.

    • André Jacques - Abonné 20 septembre 2017 13 h 59

      Également extrêmement surpris que le Devoir pêche en eau trouble ainsi en donnant tribune à d'aussi falacieux arguments issus directement de l'industrie chimique.

      J'invite le Devoir à deneurer un journal sérieux si on tient à me garder comme abonné.

      Merci.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 20 septembre 2017 17 h 48

      Il faut toujours chercher la main qui nourrit le semeur de doutes.

  • Gilles Théberge - Abonné 20 septembre 2017 10 h 05

    Agronome et président des producteurs de grain du Québec...

    C'est pas sérieux...

  • Jean-Yves Arès - Abonné 20 septembre 2017 10 h 25

    Vous n'aidez pas votre cause m. Overbeek.


    Le rapport de l'ACPA que vous citez est un sondage auprès des apiculteurs du Canada.

    Déterminer si un pesticide a une incidence sur la vitalité des colonies d'abeilles n'est surement pas a la porter des apiculteurs. Même pour des scientifiques la question représente un défi peu ordinaire.

    D'ailleurs dans le questionnaire que doivent remplir les apiculteurs les réponses sont préformatées et les pesticides n'en font pas partis. Il y a toujours le choix ''autre'', avec demande de précision, mais je ne vois pas comment un apiculteur pourrait lui-même déterminer que des pesticides sont en cause.
    Capture d'écran ici du choix de réponses qui s'offrent aux apiculteurs.
    www.goo.gl/xU3ctY

    Le rapport ici,
    www.goo.gl/Hp1ZbW