Discours haineux et intolérance grandissante, un danger clair et futur

Un membre de La Meute lors de la manifestation de Québec dimanche dernier
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Un membre de La Meute lors de la manifestation de Québec dimanche dernier

Les trop nombreux événements d’intolérance préoccupent et le silence et l’observation doivent céder le pas aux condamnations. Assistons-nous au réveil de groupes qui n’attendaient que l’arrivée de dirigeants et de chefs politiques tolérants envers l’intolérance ? La candidature improbable de Trump, son élection, ses propos et tweets refusant de condamner des propos et gestes haineux, mais surtout son amalgame récent entre les manifestations de suprémacistes et néonazis et celles de contremanifestants en Virginie constituent, aux yeux des groupes extrémistes, des cautions tant espérées. Si le président des États-Unis lui-même peut minimiser un meurtre sordide, les groupuscules extrémistes peuvent certes se sentir à l’aise de sortir de leur tanière !

Les événements semblent s’accélérer. Anecdotique certes dans le contexte des derniers jours, le Brexit est pourtant le résultat d’un mouvement isolationniste. Plus préoccupant, les élections en Europe, dont aux Pays-Bas et en France, ont vu des chefs de parti ouvertement isolationnistes et intolérants envers des groupes historiquement pris pour cibles. Et la recrudescence récente d’actes antisémites témoigne d’une remontée de courants intolérants.

Mais jusqu’à tout récemment, ces événements donnaient l’impression de se dérouler ailleurs. Or, plusieurs ingrédients sont présents pour que le climat social dégénère. On doit immédiatement les dénoncer et agir pour que cela cesse. On ne peut tolérer la progression lente mais visible, un pas après l’autre, des mouvements racistes et extrémistes au motif qu’il ne s’agirait que de gestes isolés. Ils ne le sont pas ! Ils commencent à former un ensemble et un contexte favorable à des dérapages plus graves.

Mobilisation collective

En effet, la liste d’événements contemporains au contour intolérant s’allonge : un débat stérile sur un cimetière d’une autre confession ; l’arrivée à la frontière canadienne d’êtres humains réclamant de l’aide et auxquels on ne fait référence qu’en des termes juridiques d’« immigrants », de « migrants », de « réfugiés » ou d’« illégaux », pour permettre une certaine distanciation ; des chefs politiques qui réclament la suspension d’ententes migratoires et de respect de frontières ; des Québécois qui participent à des regroupements néonazis ; des groupuscules extrémistes québécois qui sortent de l’ombre et désirent devenir un mouvement politique. Et tout cela alors que s’amorce un énième débat législatif sur une forme de laïcité souhaitée dans les institutions et que les débats précédents n’ont pas su démontrer notre habilité collective à nous élever au-dessus des stéréotypes. Est-il nécessaire de mentionner que la perspective d’une campagne électorale avec ces sujets en toile de fond soit préoccupante ?

Les déclarations et gestes haineux ne relèvent pas de l’opinion, mais du crime raciste. La liberté d’expression constitue certes un des fondements essentiels d’une société démocratique, mais en matière de propos incitant à la haine comme ceux de prédicateurs suprémacistes, nous sommes sur le terrain de la discrimination raciale. Si ces comportements ne constituent pas toujours un danger clair et présent (« clear and present danger ») pour passer le test de la limitation à la liberté d’expression aux États-Unis, ils constituent pourtant un danger clair et futur. La conscientisation et la mobilisation collective pour limiter l’influence des mouvements extrémistes sont nécessaires.

Nous devons faire preuve de proactivité quant aux signes récents et inquiétants d’une agitation extrémiste tolérée. Nous assistons à des manifestations aux États-Unis et au Québec prônant cette intolérance et désirant manifestement profiter de cette atmosphère nauséabonde. Nos actions sont et demeureront garantes de notre avenir !

15 commentaires
  • François Beaulé - Abonné 23 août 2017 07 h 40

    Soyons « proactifs »

    En interdisant les manifestations à visage couvert !

    En diminuant le quota d'immigration !

    En interdisant l'expression d'idées racistes ou sexistes, suite à un débat !

    En combattant les inégalités sociales !

    En modifiant individuellement et collectivement notre mode de vie destructeur de la nature !

    En faisant la promotion d'une religion inclusive et égalitaire !

    • Réal Nadeau - Abonné 23 août 2017 23 h 30

      Bravo !

      J'ajouterais seulement :

      En continuant d'affirmer sereinement mais avec fierté notre identité historique comme nation de culture française, sociale-démocrate et ouverte aux nouveaux arrivants.

      P.S.- Pourquoi faudrait-il nous excuser d'être ce que nous sommes? S'inscrire en faux contre ceux qui laissent entendre que s'affirmer comme majorité ,c'est rejeter les minorités,suivant le discours multiculturaliste actuel (venant aussi bien de Québec que d'Ottawa).

  • Pierre Desautels - Abonné 23 août 2017 07 h 59

    Vous avez dit racisme?


    Mais voyons, il n'est pas "politically correct" de prononcer ce mot désormais, cela s'applique ailleurs, mais pas au Québec, voyons. Très bon texte tout de même qui résume bien la situation.

    Mais, bien sûr, certains seront dans le déni quant au racisme et à la discrimination, d'autres préféreront hausser les épaules en regardant ailleurs et certains politiciens en rajouteront une couche, sans se garder une petite gêne, question de ne pas se laisser dépasser à droite et d'essayer de faire le plein de votes potentiels d'une partie de la population.

  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 23 août 2017 08 h 30

    Les majuscules servent à nuancer et non exprimer une colère.

    M. Martin Imbleau, je reprends votre phrase: "Les déclarations et gestes haineux ne relèvent pas de l’opinion, mais du crime raciste. La liberté d’expression constitue certes un des fondements essentiels d’une société démocratique, mais en matière de propos incitant à la haine comme ceux de prédicateurs suprémacistes, nous sommes sur le terrain de la discrimination raciale."

    et ici je la rédige avec une petite modification:

    "Les déclarations et gestes haineux ne relèvent pas de l’opinion, mais du crime raciste. La liberté d’expression constitue certes un des fondements essentiels d’une société démocratique, mais en matière de propos incitant à la haine comme ceux de NOTRE 1er MINISTRE Couillard, nous sommes sur le terrain de la discrimination ENVERS UNE PARTIE DE CEUX QU'IL GOUVERNE."

  • Bernard Terreault - Abonné 23 août 2017 09 h 04

    Pas de lien

    Monsieur Imbleau s'exprime-t-il comme VPP de Gaz Métro ou comme citoyen? Il me semble que mentionner son employeur ici n'est pas pertinent. Est-ce que Gaz Métro oblige ses dirigeants à tous voter du même bord?

    • Robert Beauchamp - Abonné 23 août 2017 14 h 36

      Pas besoin, c'est implicite.

  • Michel Blondin - Abonné 23 août 2017 11 h 47

    À toute action correspond une réaction

    "À toute action correspond une réaction". Le principe des actions-réactions, troisième lois de Newton, devrait vous faire voir que s'il y a un mouvement de contestation c'est qu'il y a aussi une action contraire qui l'a fait naître. Quelle est cette action passée sous silence? Elle n'est pas un mouvement des astres mais elle annonce un désastre. Cette loi est universelle et encore d'actualité.

    L'idéologie islamique change et veut changer les lois qui règlent et régissent la vie en la cité. Cette idéologie veut changer nos fondements de droit pour y mettre les lois coraniques de façons tellement subtiles que des avocats n'y voient que du feu.

    Ne pas le voir que d'autres pays ont fait les frais de telles modifications est dans ma perception, un manque de sagesse et de prévoyance obnubilées par l'individualisme et la vision contradictoire de vérité historique et factuelle.

    À voir le texte dans un seul sens de réation, on voit tout le reste qui dépasse du jupon.

    • Réal Nadeau - Abonné 24 août 2017 00 h 02

      "L'idéologie islamique change et veut changer les lois qui règlent et régissent la vie en la cité. Cette idéologie veut changer nos fondements de droit pour y mettre les lois coraniques de façons tellement subtiles que des avocats n'y voient que du feu". (M.Michel Blondin).

      Voici qui confirme votre opinion.
      L'Arabie Saoudite continue à grands frais sa propagande islamique internationale.Elle a affecté, il y a quelques mois, la rondelette somme de 50 millions de $ pour la mise sur pied d'une chaire d'enseignement sur le Coran à McGill, avec cette directive, fort révélatrice et contraignante, que " toutes les femmes suivant ces cours coraniques,devront porter le voile, qu'elles musulmanes ou non-musulmanes".Incroyable ! Incroyable aussi que le Gouvernement du Québec,responsable de réguler les institutions d'enseignement, ait accepté pareille condition qui frise l'illégalité et qui manifeste, une fois de plus , les aberrations du multiculturalisme que prône le gouvernement Couillard, d'une façon insidieuse.

    • Carole Harvey - Inscrit 24 août 2017 00 h 32

      Parfaitement d'accord avec vous. Les changements peuvent être minime au début. Un petit exemple allez faire votre épicerie nous payons tous un peut plus cher car les produits doivent être halal. Pourtant la population du Québec est contre la méthode employé pour mettre a mort ces bêtes plus que barbare. Pourquoi acceptons nous que ce soit partout plutôt que des boucheries spécialisées. Ce sont des détails comme cela qui nous sont imposé qui nous font sortir de nos gongs.