Le patrimoine de La Malbaie toujours martyrisé

La maison du cordonnier, située à La Malbaie, a été démolie en juillet 2017.
Photo: Société d’histoire de Charlevoix La maison du cordonnier, située à La Malbaie, a été démolie en juillet 2017.

Rien n’y fait. Le maire Michel Couturier et son conseil continuent de malmener l’histoire et le patrimoine de La Malbaie. Après avoir démoli l’ancien hôtel de ville pour le remplacer par un stationnement, l’Hôtel Lapointe et la maison du cordonnier encore pour du stationnement, voilà maintenant qu’on charcute la pittoresque rue Vincent, toujours pour du stationnement. Il faut voir le dommage : arbres abattus, destruction de l’environnement, disparition d’un secteur visuellement attrayant. Et encore faut-il trouver un débouché pour ce futur stationnement dont les sorties risquent d’être dangereuses.

D’ailleurs, du stationnement pour qui ? Pour les responsables du G7 qui auront leur bureau à proximité ? La démolition de l’Hôtel Lapointe n’a, à ce jour, créé aucune place de stationnement supplémentaire. Comment comprendre ce gâchis ? Seulement par le manque de réflexion, d’analyse, par la bêtise aussi.

Quelle ville au Québec a subi trois démolitions d’édifices importants de son centre-ville en moins de deux ans ? Tout cela pour ajouter des espaces de stationnement finalement peu nombreux, réalisés à grands coûts et totalement inappropriés.

Le maire se plaît à flatter l’ego des villégiateurs lors d’une célébration du 150e de la chapelle protestante de Pointe-au-Pic. Il montre ainsi une étonnante gentillesse face à une clientèle touristique peu favorisée, car il suffit de voir l’état du boulevard des Falaises où résident ces estivants, dévasté notamment par la présence d’un édifice commercial d’une laideur épouvantable qui ne cesse de croître.

Que sont devenus les 200 ans de villégiature à La Malbaie ? Les villégiateurs auront une belle fête, mais en ont-ils pour leur argent ? Il ne faut pas oublier que durant les années 1970, la chapelle protestante a failli être détruite par le conseil municipal du temps. Il ne faut jurer de rien à La Malbaie.

Notre Société d’histoire de Charlevoix ne se compose pas d’estivants. Elle ne reçoit ni fête, ni subvention, ni aide substantielle de la part de la Ville de La Malbaie, alors qu’elle tente de sauver la forge Riverin datant de plus de 175 ans. Nous avons plutôt écopé de quelques comptes de taxes et de permis à payer à la Ville. Nous avons surtout dû faire face aux dommages causés à l’édifice par l’inertie et l’abandon de la Ville. Pourrons-nous encore payer tout cela sans appui de la municipalité ? Et voilà peut-être un autre bâtiment que le maire pourrait démolir ! Il doit en rêver déjà…

J’en appelle au premier ministre Justin Trudeau. Sait-il qu’il s’apprête à tenir un G7 dans une municipalité dont le centre-ville est crevassé et soumis à des démolitions sauvages ? Avec cette lettre, plus question de fermer les yeux ! Il faut agir sans tarder en faveur du patrimoine de La Malbaie ou alors il vaut mieux en cacher de grands secteurs au regard des dignitaires du G7 et ne regarder que le beau fleuve Saint-Laurent face au manoir Richelieu.

2 commentaires
  • Philippe Dubé - Abonné 1 août 2017 07 h 49

    inconscience ou inconséquence?

    Il me semble vain de s'attaquer ainsi à la question du patrimoine en pièces détachées. D'une municipalité, on doit s'attendre à ce qu'elle énonce une politique claire en la matière. C'est sur la base d'un document de référence dûment endossé par les instances gouvernantes que l'on peut mener une bataille avec l'issue d'une victoire possible. Sans quoi, ce combat peut ressembler à bien des égards à un défoulement de petits gamins qui tirent des roches sur les chars d'un long convoi alors que la parade des 'grands' continue sa course aux pas d'éléphant.

  • Robert Beauchamp - Abonné 1 août 2017 09 h 34

    La mauvaise adresse

    Il faudrait adresser une copie de cet article aux Desmarais de Sagard