La centralisation en santé est vouée à l’échec

Pour mieux saisir les problèmes du système de santé, Germain Belzile suggère de se tourner vers les écrits de l’économiste Friedrich Hayek.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Pour mieux saisir les problèmes du système de santé, Germain Belzile suggère de se tourner vers les écrits de l’économiste Friedrich Hayek.

Le ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, pilote actuellement le projet de loi 130, qui constitue une énième tentative de réformer le système de santé québécois. La raison de cette hyperactivité gouvernementale est simple : notre système de...

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13 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 13 juillet 2017 06 h 32

    De Charybde en Scylla...

    C'est une chose de critiquer la centralisation du ministre Barrette, c'en est une autre de proposer de la remplacer par le marché comme aux États-Unis qui ont le système de santé le plus coûteux et qui couvre la plus petite portion de la population de tous les systèmes de santé des pays industrialisés.

  • Michel Lebel - Abonné 13 juillet 2017 07 h 33

    Le mystère


    Une chose me semble certaine: le système de santé du Québec est très difficilement réformable. Depuis des lunes, tout ministre de la Santé s'y casse les dents. Pourquoi? Le tout semble relever du mystère, aussi profond... que celui de la Trinité (Dieu en trois personnes)!
    Faut-il conclure comme un ingénieur me disait, habitué à régler des problèmes: '' la santé au Québec, ce n'est pas un ''problème ou des problèmes, mais un état, une situation de fait, donc incorrigible; il faut vivre avec.'' Comme la neige en hiver. Pluôt déprimant comme constat.

    M.L.

    • Marc Therrien - Abonné 13 juillet 2017 11 h 50

      J’ai le plaisir de côtoyer 2 ou 3 ingénieurs. Et ce que je retiens de nos discussions sur la différence majeure entre un système de services publics et privé, c’est le point de départ (intrant) de la logistique administrative et opérationnelle.

      Dans le service public, c’est le budget qui est le point de départ et dont il faut contrôler les dépenses en ressources humaines et matérielles pour pouvoir offrir des services à tous les citoyens qui en feront la demande. Le client, bénéficiaire du service, se situe donc au bout de la chaîne logistique. On s’efforce qu’il soit bien soigné compte tenu des moyens dont le système dispose. Le client est captif du système et a peu de pouvoir sur lui.

      Dans l’entreprise privée, c’est avec le client que commence la chaîne opérationnelle. Plus on attire de clients et plus on les retient parce qu’ils sont satisfaits, plus les revenus entrent et les possibilités de profits s’accentuent en fonction de l’efficacité de la gestion administrative et opérationnelle. Le client est libre et par son pouvoir d’achat, influence beaucoup le système.

      Reste à savoir maintenant s’il est possible de penser à des solutions intégratives qui réuniraient le meilleur de chacun de ses mondes.

      Marc Therrien

    • René Pigeon - Abonné 13 juillet 2017 12 h 30

      « la différence majeure entre un système de services public et privé, c’est » aussi le fait qu’un service public a l’obligation de servir tous les clients sans exception, quels que soient leur capacité de payer, leur éloignement et autres facteurs, alors que le système privé a toute liberté de choisir ses clients et d’en refuser d’autres. Les gens de markéting appellent ça « l’écrémage de la clientèle ». La rentabilité consiste à ne servir que ceux qui valent la peine d’être servis au prix qui convient aux deux parties. L’évolution majeure des entreprises privées depuis les années 80 est qu’elles se concentrent là où ça paye et ferment les établissements non rentables.

      « la différence majeure entre public et privé : servir tout le monde vs écrémer le marché.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 13 juillet 2017 07 h 43

    Privatisation quand tu nous guettes


    Friedrich Hayek 1899-1992, le maître a penser de Milton Friedman 1912-2006, directeur de la faculté d'Économie de l'Université de Chicago, développé et financé par le philanthrope Rockefeller l'une des plus grosses fortunes familiales du secteur pétrolier au monde qui favorisent la privatisation et le capitalisme mondial.

    Faut-il se surprendre de constater que les libéraux tentent de privatiser le système de santé ?
    Selon Hayek l'information n'est pas disponible et impossible d'obtenir. Il faut décentraliser et privatiser.
    Pourtant en Suède l'information est aussi complexe qu'en Amérique et le tout fonctionne et ce n'est pas le capitalisme à outrance, c'est tout d'abord le bien être de la population.

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 juillet 2017 09 h 21

      En effet, madame Ste-Marie. Plus je lisais cette lettre, plus la nausée me montait aux lèvres.

    • Pierre Brosseau - Abonné 13 juillet 2017 14 h 57

      Concurrence. Prix. Marché. De jolis mots dans le texte de ce monsieur de l'Insitut économique de Montréal laissant entrevoir son souhait de privatiser les services de santé au Québec.

      Si le système de la Suède fonctionne bien c'est en raison de sa fisaclité équilibrée et exigeante. Les médecins ne gagnent pas 10 fois le salaire des professeurs et ne sont pas les grands prêtres incontestés de la santé. Ils sont des partenaires.

  • Françoise Labelle - Abonnée 13 juillet 2017 07 h 44

    Contre la centralisation sauf celle des conglomérats privés

    Il suffisait de connaître l'expérience suédoise en santé fondée sur une décentralisation très poussée pour comprendre que le ministre allait dans la mauvaise direction. Soulignons que les suédois ont mis un terme à la «révolution libérale» en santé et en éducation en 2014 après des scandales impliquant le privé dans ces deux domaines.

    L'IEDM défend les conglomérats pétroliers qui pratiquent la gestion de l'offre la plus coûteuse pour le citoyen moyen (contrôle concerté de la production) tout en s'en prenant à la gestion de l'offre dans un secteur crucial pour la vie. Pour la décentralisation quand ça fait notre affaire, surtout si ça mène à la privatisation.

  • Jean-François Trottier - Abonné 13 juillet 2017 09 h 27

    L'art de la malhonnêteté intellectuelle crasse

    Cette vision est , disons-le, extrémiste et idéologique.
    Elle se donne des airs scientifiques mais est en fait profondément stupide. Ce discours fait très "prosélyte borné de la sainte Église de Chicago", pire encore que les communistes des années 30. À ce compte, MacDo serait en faillite depuis longtemps!

    Plus sérieusement, il est en effet inefficace et dangereux de centraliser comme le fait Barrette, mais ceci n'exclut pas la gestion centralisée sur ce qui peut l'être, au contraire!
    C'est justement ce à quoi servaient les CLSC, et la grande erreur a été de cesser de développer cette approche, encore pire de l'avoir réduite, une autre bêtise très Barrettienne.
    Il s'agit de gérer globalement tout en écoutant attentivement les gens sur la ligne de feu pour répondre à leurs besoins un à un, ce qui n'est vraiment pas difficile. Il faut faciliter le passage depuis la base jusqu'au centre, et faire de celui-ci plus un lieu de services que de décisions. La courroie de transmission est essentielle pour clarifier le message, et elle existe.

    Tant que des médecins dirigeront ce système, leur approche réductive et leurs réponses sommaires, surtout leur croyance en l'irrévocabilité de leur jugement, mène systématiquement à la "petite catastrophe journalière" que nous connaisssons si bien.

    Les futurs médecins sont choisis en fonction de ces traits de caractère : la plupart d'entre eux, excellents petits étudiants, croient réellement en un structure de décision par le haut, pyramidale et absolue. Une fois qu'ils ont "monté" dans cette échelle, ils restent les mêmes : ceux "en-haut" (eux-mêmes) ont raison, les autres...
    Un non-sens pour tout gestionnaire un peu sérieux.

    Passer de l'attaque contre Barrete à la promotion de l'approche prétendûment organique mais en fait anarchique de Friedman, au plus fort la poche, faut le faire!!