Diversité, jeunesse et renouvellement: le PQ est au rendez-vous

«Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, les membres électifs du Parti québécois ont répondu positivement à l’appel de la population» lors du conseil national du 11 juin dernier, soutient Paul St-Pierre Plamondon.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne «Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, les membres électifs du Parti québécois ont répondu positivement à l’appel de la population» lors du conseil national du 11 juin dernier, soutient Paul St-Pierre Plamondon.

Lors du Conseil national du Parti québécois tenu le 11 juin dernier, j’ai eu l’occasion de soumettre aux membres électifs du parti 21 recommandations prioritaires (avec la possibilité d’en faire adopter 20 d’entre elles) en vue du Congrès du parti cet automne. Ces recommandations étaient toutes issues du rapport « Osez repenser le PQ » qui m’avait permis d’écouter plus de 3600 personnes à travers 162 consultations.

Contrairement à ce qu’ont rapporté certains médias, les membres électifs du Parti québécois ont répondu positivement à l’appel de la population lors de ce Conseil national, en adoptant 19 recommandations sur une possibilité de 20. Parmi ces recommandations retenues, on retrouve plusieurs propositions innovatrices qui étaient au coeur du rapport « Osez repenser le PQ », notamment:

• La tenue d’un congrès alternatif précédant le congrès du PQ, qui permettra d’entendre les souhaits et les réflexions de la jeunesse et de la diversité culturelle, membres et non-membres, en préparation des élections de 2018;
• L’adoption du principe de neutralité des exécutifs du Parti Québécois dans le cadre des courses à la chefferie et des investitures;
• L’adoption du principe de transfert intergénérationnel et de mentorat sur les exécutifs;
• La promotion de l'identité québécoise à travers des projets de co-création;
• Un soutien aux nations autochtones afin qu’elles puissent protéger les langues menacées et jouir d’une sécurité culturelle effective;
• L’atteinte en seulement quelques années une juste représentation de la diversité culturelle au sein de la fonction publique;
• La création d’un comité permanent de suivi sur l’intégration et la lutte contre la discrimination et le racisme, avec le mandat de faire le bilan du plan d’action, de proposer des critères de performance de même que de nouvelles mesures pour renouveler ce plan afin que l’intégration des membres de la diversité demeure une priorité et, surtout, devienne un succès.
• Un plan de relance de l’image de marque du Québec à l’étranger.
• La mise-en-œuvre des mesures concrètes visant à briser l’isolement et la pauvreté des femmes immigrantes.
• Faciliter l’accès à des ressources de francisation et d’intégration de type «COFI».
• Proposer dans la future constitution du Québec indépendant, un droit à la protection de l’environnement.

Ces propositions étaient toutes des « propositions phares ». Avec un taux de réussite de plus de 90 % et l’occasion de travailler à nouveau sur les propositions litigieuses de manière à créer des consensus d’ici au Congrès du parti en septembre, toute personne raisonnable devrait conclure que l’accueil du rapport « Osez repenser le PQ » au Conseil national a été un franc succès.

À cela s’ajoutent des faits indéniables que toute personne présente lors de ce Conseil national se devait de relever. Alors que le PQ est taxé d’être un parti générationnel et vieillissant, on a noté que le Conseil national est désormais composé de 48 % de membres de 40 ans et moins. Autre fait inusité, les membres qui se sont prononcés contre l’imposition de cibles pour assurer la présence de la diversité culturelle dans les exécutifs du parti sont eux-mêmes issus de la diversité culturelle québécoise. Leur message était très clair : nous avons toujours été bien accueillis au Parti québécois et nous n’avons pas besoin de cibles pour diversifier nos exécutifs, car le changement est déjà en cours et qu’il faut d’abord et avant tout compter sur la force de notre programme et de nos convictions pour attirer davantage de diversité. Contrairement à ce qui s’est vu récemment dans d’autres formations politiques, le débat s’est déroulé de manière posée et respectueuse, dans la compréhension que nous pouvons avoir des divergences d’opinions sur les moyens, tout en poursuivant les mêmes objectifs. Pas mal pour un parti qui a régulièrement fait l’objet de qualificatifs diffamatoires quant à son ouverture de la part de ses concurrents, particulièrement QS et le PLQ.

On reproche souvent à nos politiciens de manquer d’initiative, de leadership, ou d’exercer un contrôle à outrance sur ses membres. Jean-François Lisée montre qu’il ne craint pas les idées nouvelles et qu’il encourage l’initiative. Les membres pensent la même chose et lui emboîtent le pas. Et cette volonté nous a permis d’augmenter le nombre de membres âgés de 40 ans et moins de 31 % en seulement six mois.

Le Parti québécois vit donc une période de renouvellement rapide et très tangible, car nous avons décidé d’additionner en nos rangs tous ceux qui ont le Québec à coeur et qui jugent que nous méritons tous un gouvernement honnête et compétent dès 2018. Pour ce faire, nous comptons promouvoir activement l’identité québécoise — de notre langue, notre culture et notre histoire — tout en nous assurant que notre société est juste et méritocratique, en nous attaquant au problème de la discrimination. L’un n’empêche pas l’autre, contrairement à ce que suggèrent le PLQ, QS et la CAQ, et comptez sur nous pour le démontrer à l’électorat québécois avec une force et une audace qui rappelleront les années fondatrices de notre grand parti.

(Note: ce texte est une version plus longue que la version papier)

5 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 16 juin 2017 05 h 04

    Bousculez...

    Allez, montrez nous que vous êtes sérieux dans vos prétentions à l'indépendance !
    Etablissez et proposez à tous un projet de société moderne, respectueux de l'humain comme de la nature et ainsi, selon sa valeur réelle, nous Québécois pourrons tous nous regrouper autour de celui-ci.
    Québécois de gauche comme de droite, d'installation familiale ancienne ou récente, de toutes confessions religieuses (ou d'aucune...), de langues maternelles ou d'origines diverses, de toutes "couleurs", de toutes identités sexuelles, etc. nous n'attendons que cela de vous. Et tant, que c'est ce dont le Canada a le plus crainte qu'il advienne au Québec...
    Tous nous reconnaissant d'une société francophile, moderne et plurielle, ouverte et humaniste, qui n'a pas comme obcession la course à une consommation suicidaire, nous nous unirons pour faire naître la République du Québec.
    Donnons-nous un objectif commun à partager qui dépasse nos différences d'opinion. Différences normales chez nous comme partout. Partout où les humains refusent la facilité de toute dictature...
    Faisons le pays ensemble et acceptons, de l'ouverture inscrite constitutionnellement pour ses habitants, qu'il soit dirigé par ses contemporains successifs et comme bon leur semble.
    Nos Anciens et nous-mêmes, méritons ensemble bien amplement que nous faisions confiance aux jeunes générations qui nous suivent et nous suivront.
    Misons dès maintenant sur l'éducation, celle-ci ayant au premier plan la connaissance véritable de notre histoire et de notre géographie si particulières.
    Et bientôt, apprêtons-nous tous à mettre au chômage le clan qui occupe les fonctions aujourd'hui de gouvernement à Québec. Ce clan qui tient tant à réduire la connaissance de nos plus jeunes, les soins aux malades, aux personnes en besoin d'accompagnement et notre attachement à notre langue et notre culture, toutes deux si originales en Amérique du Nord.
    Allez les jeunes, bousculez-nous.
    Mais bien entendu, faites-le avec respect SVP...

  • Benoit Toupin - Abonné 16 juin 2017 10 h 28

    Une mise au point nécessaire

    Faire la promotion de notre société, notre langue, notre culture et notre histoire tout en assurant que notre société est juste et méritocratique, en nous attaquant au problème de la discrimination. L’un n’empêche pas l’autre…

    Non seulement l’un n’empêche pas l’autre mais l’un supporte l’autre…

    • Parce que les québécois souhaitent une société juste et méritocratique.
    • Parce que notre histoire, trop souvent instrumentalisée ou cachée, explique notre différence de culture, de langue et d’organisation sociale.
    • Parce que notre identité, notre langue, notre culture et notre histoire illustre notre difficulté à se reconnaître dans le Canada actuel et que le Canada refuse de l’admettre.
    • Parce qu’expliquer ce que nous sommes devrait favoriser le souhaitable attachement au Québec.
    • Parce que notre société ouverte à la différence et à la discussion est la plus égalitaire en Amérique du Nord où la qualité et la facilité d’une vie décente pour tous est la plus grande.
    • Parce qu’il faut poursuivre le chemin sur la base d’une reconnaissance de ce qui a bâti cette société.
    • Parce que la fierté de ce que nous sommes est nécessaire à l’intégration harmonieuse de tous ceux qui se sont ajoutés et s’additionneront à notre société. (Le mépris et le cynisme à l’égard de notre société rend l’intégration peu probable)

    La patience, la discussion respectueuse et l’humanisme de nos attitudes respectives devront porter l’avenir d’une société somme toute fort belle.

  • Jean Breton - Abonné 16 juin 2017 11 h 12

    Journalisme et pensée fragmentée

    Étrange : dans la couverture du Conseil national du PQ, les médias n'ont à peu près traité que de la recommandation battue sur la diversité...

    Motus sur les 19 recommandations retenues... Est-ce là une autre manoeuvre de salissage d'un parti social démocrate de la part de médias qui sont la propriété d'empires financiers néolibéraux ?

    Ou encore, est-ce plutôt la manifestation de l'incapacité de plusieurs journalistes à considérer la globalité d'une situation, n'en percevant qu'un fragment ?

    À ce compte-là, il faudrait que dans les départements de journalisme, on offre des cours sur la démarche historique pour élargir la vision des journalistes... et apprendre que tout n'est pas totalement noir ni blanc...

    • Benoît Landry - Inscrit 16 juin 2017 13 h 39

      Bahhhhh,
      Québec solidaire a tenu un congrès de 4 jours, il y a quelques semaines, ce journal dans les jours qui ont suivi la fin du congrès n'a à peu près que rapporté que le Comité de Coordination Nationale de QS n'avait pas rapporté que le chef du PQ avait changé d'idée sur une stratégie électorale pour 2022. Tout ça sans mentionner que le chef du PQ n'en avait pas informé ses propres membres de ce changement de cap, qu'il considérait comme un événement historique.

      Même ici M. Plamondon et le Devoir ont-ils relevé que cette feuille de route du Oui-QC n'a pas fait l'objet de débat dans ce Conseil National du PQ. Cet événement devait être suffisament historique pour être considéré par QS, mais pas suffisamment historique pour que les propres membres du PQ en débattre ?

  • Nadia Alexan - Abonnée 16 juin 2017 11 h 47

    Pour la cohésion sociale la citoyenneté avant tout.

    Malheureusement, vos propositions ne disent rien sur la promotion de la citoyenneté qui devrait être au centre de vos préoccupations. Sans la citoyenneté, la cohésion sociale sera toujours fracturée.