Le véritable écueil: la Constituante sur la seule indépendance

Les porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. Le programme officiel de QS prévoit la création d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel sans mandat préétabli quant à l’avenir national du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. Le programme officiel de QS prévoit la création d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel sans mandat préétabli quant à l’avenir national du Québec.

Comment convaincre les 15 % ou 20 % de Québécois qui manquent régulièrement à l’appel pour réaliser l’indépendance ? La crise actuelle du camp souverainiste cache deux réponses fondamentalement différentes à cette question. Avant de l’aborder, ma formation de journaliste astreint à l’acceptation des faits m’oblige à reconnaître que mon parti, Québec solidaire, a agi dans cette histoire de façon parfaitement bureaucratique et opaque. La prétention de QS de faire de la politique autrement vient de prendre un sacré coup de vieux avec le reniement de la signature de ses négociateurs au bas de la feuille de route des OUI Québec vers l’indépendance. Andrés Fontecilla et Monique Moisan étaient-ils mandatés pour parapher ce document ? Y avait-il d’autres personnes au sein du Comité de coordination national de QS au courant de ce qui se préparait ? Après des semaines d’omertà, les membres du parti et les congressistes comme moi n’ont pas eu l’honneur d’une explication limpide. Autant pour nos envolées antisystème.

Cela dit, au-delà des nécessaires éclaircissements sur qui a fait quoi, quand et pourquoi, il me semble que la raison fondamentale de la crise entre les OUI Québec et la direction de QS s’est perdue dans la tempête. Il s’agit du fait que l’élément central de la feuille de route endossée par tous les autres partis souverainistes est en contradiction flagrante avec le programme officiel de Québec solidaire. Ce programme prévoit la création d’une Assemblée constituante élue au suffrage universel sans mandat préétabli quant à l’avenir national du Québec. Une Constituante « ouverte » où fédéralistes et autonomistes sont les bienvenus. Les autres partis membres des OUI Québec se sont ralliés à une autre formule, celle d’Option nationale, une Constituante à mandat « fermé », soit la rédaction de la Constitution d’un Québec indépendant. Dans cette optique, les fédéralistes sont théoriquement les bienvenus, mais qu’iraient-ils faire dans une Assemblée constituante qui planche sur un projet qu’ils rejettent ?

Comment rallier les non convaincus

Comment rallier les non convaincus ? Là est le noeud du problème auquel font face tous les indépendantistes. Qui sont ces réfractaires ? La majorité des anglophones, mais aussi des francophones d’un peu partout, de Québec, de la Beauce, de l’Outaouais. Et surtout des citoyens issus de l’immigration, les communautés culturelles.

La stratégie classique du Parti québécois, d’Option nationale et du Bloc québécois demeure la même depuis l’éclosion du mouvement souverainiste. Les non convaincus n’ont pas compris, nous allons leur marteler la vérité et ils verront la lumière. Puis, après quelques semaines d’une campagne référendaire, nous leur demanderons de voter sur un projet rédigé par le clan souverainiste, gouvernement ou Assemblée constituante fermée. Ils n’auront qu’à voter oui ou non à notre merveilleux projet.

Malheureusement, ils ont voté non en 1980 et en 1995 et, si les sondages disent vrai, ils revoteraient non aujourd’hui. Pour une très simple raison : les adversaires de l’indépendance n’ont aucune obligation de s’impliquer dans le débat de fond. Ils n’ont qu’à dénigrer le projet souverainiste, voire mener une campagne de peur et appeler l’électorat à voter non. La pire des stratégies, de leur point de vue, serait de dire ce qu’eux proposent pour résoudre la question nationale du Québec.

Or, dès qu’on gratte un peu, on découvre que le camp fédéraliste est profondément divisé sur cette question. Il y a les trudeauistes classiques qui estiment qu’il n’y a qu’une seule nation qui compte, la canadienne, et que le Québec devrait signer la Constitution de 1982 telle quelle. Il y a aussi les nationalistes québécois fédéralistes, qui n’ont au contraire jamais digéré l’abandon de la théorie des deux nations et qui contestent l’ordre constitutionnel actuel. Il y a là certains libéraux nostalgiques du rapport Allaire, et bien sûr les autonomistes de la Coalition avenir Québec, qui a sa liste de magasinage de pouvoirs à Ottawa : autorité québécoise sur la langue, la culture et l’immigration, points d’impôt et limites à la capacité fiscale du fédéral, contrôle accru sur la nomination des juges à la Cour suprême, droit de veto des provinces, réforme du Sénat, etc. Et puis il y a les hypocrites et les discrets, les Couillard de ce monde, ceux qui disent perpétuellement que le fruit n’est pas mûr. Comme le ministre de la Santé Gaétan Barrette, ces discrets protestent de temps en temps contre les irruptions d’Ottawa dans les plates-bandes provinciales, mais pour l’essentiel ils se taisent.

Une seule stratégie

La Constituante « ouverte » version QS est, à mon avis, la seule stratégie actuellement disponible qui permette de briser l’unité de façade du camp fédéraliste. Supposons un instant qu’un gouvernement indépendantiste crée une Assemblée constituante dont le mandat, basé sur la souveraineté du peuple québécois, consiste à définir le futur statut national du Québec sans préjuger de la réponse. Les fédéralistes habitués à dire non auront le choix entre la participation au processus ou son boycottage. Quoi que décident les trudeauistes purs et durs, le débat, qui durera de longs mois, sera véritablement national et chacun sera obligé d’aller au fond de sa pensée. La population pourra enfin juger sur pièces. Le Canada anglais réagira et on verra, j’en suis sûr, que le chambardement du système canadien prôné par les autonomistes n’intéresse pratiquement personne de l’autre côté de la rivière. Bien mieux qu’avec l’approche référendaire classique, les indépendantistes pourront faire valoir qu’en dehors de la soumission à la Constitution canadienne et la négation de soi, il n’existe qu’une seule issue, l’indépendance.

Ce débat, on le voit, est étroitement mêlé à celui sur la fusion éventuelle entre QS et Option nationale. La feuille de route des OUI Québec tend à régler la question sans débat. C’est pour cela à mon avis que la direction nationale de QS a désavoué ses négociateurs. Par-delà l’amertume légitime des autres partenaires, il faut que les indépendantistes redescendent au ras des pâquerettes et oublient leurs querelles, quasi théologiques pour le commun des mortels. Comment convaincre les non convaincus ? That is the question.

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34 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 27 mai 2017 04 h 36

    … now ! ... ?

    « Comment convaincre les non convaincus ? That is the question. » (Daniel Raunet, Journaliste à la retraite, ex-président de syndicat et membre de QS)

    Comment ?

    Par un « yes » ou par un « oui » ?

    I don’t no …

    … now ! ... ? - 27 mai 2017 -

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 mai 2017 18 h 25

      En français, "That is the question", cela se dit "Voilà la question".

      Personnellement, je parle cinq langues, mais une seule à la fois.

      Ceci étant dit, vous amenez une analyse intéressante sur la Constituante à mettre en route.

  • André Chevalier - Abonné 27 mai 2017 05 h 01

    Référendum sur la question préalable

    Avant de discuter sur une éventuelle indépendance du Québec ou de nouveaux liens avec le Canada, il faudrait régler la question préalable de la constitution canadienne de 1982 sur laquelle les québécois n'ont jamais eu la possibilité de se prononcer par référendum.
    Ça éclairerait le débat.
    Une réponse positive règlerait la question, tandis qu'un «non» laisserait toutes les portes ouvertes sur l'avenir du Québec en dehors de la constitution actuelle par laquelle le Québec ne serait plus lié.

    • Réal Ouellet - Inscrit 27 mai 2017 12 h 51

      Cette réponse n'a-t-elle pas été donnée? Le gouvernement du Québec, tous partis confondus refuse d'y adhérer depuis 1982.

      Personnellement, la question que je me pose est celle de savoir comment il se fait que l'on continue de s'y soumettre? Il me semble qu'on ait assez clairement dit qu'on n'en voulait pas!

    • Jacques Patenaude - Abonné 27 mai 2017 13 h 27

      "La population pourra enfin juger sur pièces. Le Canada anglais réagira et on verra, j’en suis sûr, que le chambardement du système canadien prôné par les autonomistes n’intéresse pratiquement personne de l’autre côté de la rivière."@ chevalier

      Pendant que les souverainistes se chicanent entre-eux sur le projet d'un pays, les fédéralistes ont compris que se faire discret les sert très bien. Réinterroger les fédéralistes sur leur projet de fédération serait encore la meilleure chose à faire pour les souverainistes. Quel est le projet de pays que souhaite Trudeau? Couillard?, Legeault? Pratte? Boulerice? etc. Est-ce le pays de "Story of us"? un pays avec deux ou trois peuples fondateurs? Un pays d'un seul peuple constitué de nombreuses minorités liées entre elles par une charte des droits? Pays de régions plus ou moins autonomes? Il serait temps qu'on les interrogent là-dessus.

      Effectivement ils sont divisés sur ce point. Créer les conditions pour qu'ils soient obligé de répondre de leur vision du Canada serait fort instructif présentement.

    • André Chevalier - Abonné 27 mai 2017 14 h 55

      Monsieur Ouellet,
      Un référendum québécois rejettant cette constitution aurait beaucoup plus de poids que le rejet exprimé par le gouvernement et légitimerait des démarches concrètes d'émancipation du gouvernement québécois à l'égard du gouvernement canadien tels que la récupération des taxes et des impôts, l'élimination des empiétements du gouvernement fédéral dans les compétences provinciales, le contrôle sur l'environnement, etc...

  • Benoît Landry - Inscrit 27 mai 2017 08 h 12

    Mon cher Daniel

    faire de la politique autrement ça veut peut-être dire, ne pas honorer une signature apposée par erreur afin de respecter l'ensemble des membres.


    Alors que face à nous, nous avons un dirigeant de parti qui a renié ses engagements faits à tous les membres qui l'ont élu chef l'automne dernier et qui défend bec et ongles son changement de cap qu'il a opéré sans consulter ses membres. D'ailleurs c'est grâce au congrès de Québec solidaire si les péquistes savent maintenant que leur chef s'est converti partiellement à une option qui n'était pas sur la table avant que Québec solidaire l'y mette il y a une dizaine d'années.

    Alors oui notre façon de faire de la politique autrement est peut-être à améliorer encore, mais nous on respecte les décisions de nos membres plus que les égos de nos dirigeants et nous n'avons rien à envier à nos adversaires.

    • Serge Picard - Abonné 27 mai 2017 08 h 16

      En 1968 les souverainistes de gauche (RIN) et les souverainistes de droite ont fait des concessions et se sont réunis pour créer le Parti Québécois avec comme objectif commun la souveraineté du Québec et redonner aux Québécois un nouveau projet de société pour changer les vieilles structures coloniales.
      Lorsque je regarde les résolutions de Québec Solidaire cela me rappelle les débats des années 60 et 70 au Parti Québécois.
      S’il y a une convergence des forces souverainistes le PQ devrait prendre sérieusement en considération certaines résolutions de QS pour former une alliance durable des souverainistes former une coalition politique après les élections et se redonner encore une fois un projet de société qui mettrait de l’avant notre fierté en tant que peuple.
      Nous devons absolument unir nos forces comme par le passé, sortir de la tutelle canadienne et de la corruption ambiante et retrouver cette énergie de partage de dialogue et du sens commun qui nous a donnez des institutions plus égalitaires.

    • Serge Morin - Inscrit 27 mai 2017 09 h 24

      Ah bon!
      On découvre le réalisme politique.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 27 mai 2017 10 h 52

      @Benoît Landry Pour un parti qui préconise la démocratie participative, la représentativité sélective d'une poignée de délégués (380) lors d'un congrès où les micros avaient été pris d'assaut par les opposants à toute entente, m'apparaît pour le moins contradictoire avec les valeurs portées. Un tel débat crucial aurait minimalement dû faire l'objet d'un vote de l'ensemble de 15000 membres de la formation politique. Avec l'internet, ça peut se faire désormais très facilement.

      Ce qui a d'ailleurs été fait par des milliers de membres l'autre parti souverainiste lors de l'élection de leur chef, Jean-François Lisée, après des débats webdiffusés où les différentes options avaient été rendues publiques par les différents candidats.

      Qui donc a fait preuve de la plus grande transparence et d'une démocratie participative la plus vraie?

    • Pierre Fortin - Abonné 27 mai 2017 13 h 45

      J'ai beaucoup de mal à vous suivre, Monsieur Landry, lorsque vous dites « faire de la politique autrement ça veut peut-être dire, ne pas honorer une signature apposée par erreur afin de respecter l'ensemble des membres [...] mais nous on respecte les décisions de nos membres plus que les égos de nos dirigeants et nous n'avons rien à envier à nos adversaires. »

      Ainsi les membres auraient été respectés et ils auraient pu faire un choix éclairé alors qu'on leur a sciemment caché l'entente sur la feuille de route et qu'ils adhéraient vraisemblablement en grand nombre à la convergence des progressistes ? C'est un peu fort de café.

      De quelle autorité l'exécutif du parti se permet-il de soustraire un document aussi important à l'attention des membres qu'on prétend souverains lorsqu'ils se délibèrent en congrès ? Prétendre qu'il s'agit d'une "signature apposée par erreur" est un sophisme grossier qui ne bernera personne, sauf peut-être ceux qui ne demandent pas mieux.

      Et on se dit solidaire !

    • Benoît Landry - Inscrit 27 mai 2017 16 h 56

      @ M. Cotnoir, ben oui tous les membres du PQ ont voté pour JF Lisée et son programme, et pour conclure cette entente avec le OUI-Qc il a renié des éleéemtns de son programme et à ce que je sache les membres n'ont pas été consulté ni même informé de ce changement de programme.

      Et votre parti va-t-il en organiser un référendum sur ce débat crucial ou vous allez laisser votre chef se convertir et signé des ententes sans consulter ?

      Alors pour vos leçons de démocratie vous repasserez.

    • Benoît Landry - Inscrit 27 mai 2017 17 h 01

      @ Pierre Fortin, si le PQ, pardon Lisée, car il n'a consulté ses mebres concernant ce changement de votre programme on en peut donc pas dire du PQ, tenait tant que ça à ce que l'on sache qu'il avait changé d'opinion il n'avait qu'à le dire... premièrement à ses membres pour qu'ils puissent en discuter dans vos congrès régionaux et, deuxièmement nous, nous l'aurions su du principal intéressé .

      Votre parti est-il à ce point démuni qu'il doit faire faire ses messages par les autres ?

    • Pierre Raymond - Abonné 27 mai 2017 17 h 08

      « Alors que face à nous, nous avons un dirigeant de parti qui a renié ses engagements faits à tous les membres qui l'ont élu chef l'automne dernier et qui défend bec et ongles son changement de cap qu'il a opéré sans consulter ses membres. » B. Landry

      Y a-t-il quelqu'un au PQ qui s'en est plaint ?

    • Pierre Fortin - Abonné 27 mai 2017 17 h 18

      Monsieur Landry, qu'est-ce qui vous fait croire que je suis membre du PQ ?

      Vous sautez bien vite aux conclusions. Mais rassurez-vous, je ne suis porte-parole de personne d'autre que moi-même et je conserve mon droit de questionner un parti qui se comporte de la sorte.

      Si vous répondiez plutôt à la question que je vous posais : « De quelle autorité l'exécutif du parti se permet-il de soustraire un document aussi important à l'attention des membres qu'on prétend souverains ? »

    • Benoît Landry - Inscrit 28 mai 2017 11 h 48

      @ Pierre Raymond, si vous ne vous plaignez pas que votre chef change votre programme sans vous consultez, quelle crédibilité alors avez vous pour critiquer le processus démocratique d'une autre parti ?

      @ M. Fortin. Vous défendez tellement le PQ qu la confusion de vous en considérer membre est facile. Et pour répondre à votre question, autrement que cela a déjà été fait maintes fois depuis une semaine. Le CCN avait le mandat d'aller travailler une feuille de route au Oui-Qc avec nos résolutions adoptées en congrès et le résultat ne rencontrait pas les exigences de ces résolutions, mais le CCN a quand même fait un rapport des démarches au Oui-Qc lundi après midi pour la poursuite des discussions avec le Oui-Qc.


      Et vous pouvez répondre à votre propre question que j'adapte à votre situation : « De quelle autorité l'exécutif du parti se permet-il de signer un document en contradiction avec le programme de votre parti sans consuter les membres qu'on prétend souverains ? »

    • Pierre Raymond - Abonné 28 mai 2017 12 h 15

      Pour votre information M. Landry, J.-F. Lisée n'est pas mon chef et je ne me plaignais pas mais je ne faisais que poser une question.

    • Pierre Fortin - Abonné 28 mai 2017 19 h 50

      @ Benoît Landry

      Ça va, j'ai compris.

  • Pierre Desautels - Abonné 27 mai 2017 08 h 38

    Tout ça pour ça.



    "Et oublient leurs querelles, quasi théologiques pour le commun des mortels."

    Voilà. Et si tout ceci n'était qu'une perte de temps? Votre analyse a ses mérites, mais il ne faut pas compter sur sur les anglophones et les communautés culturelles pour aller chercher ces 15-20% manquants.

    Depuis vingt ans, les militants du PQ sont divisés sur l'échéancier référendaire, et il n'est pas impossible qu'en 2022, Jean-François Lisée (s'il est élu en 2018) , reporte encore une fois l'échéance, et nous saurons tous pourquoi, nous somme habitués. Voilà maintenant que Québec solidaire est aussi divisé, cette fois sur la question d'une hypothétique constituante.

    Pendant ce temps, quoi que vous en pensiez, les fédéralistes restent très unis sur la question. Et pour les 15-20% manquants, comme vous dites, il est chez les francophones du Québec. Par ailleurs, le tout dernier sondage Léger et Léger nous indique que les grandes priorités des Québécois sont la santé et l'économie, entre autres, et que la langue, la culture et l'identité se retrouvent en bas de la liste.

    Quand on sait que le PQ cache son option depuis des années, parler de constituante au lieu de référendum n'est certainement pas la formule gagnante. Finalement, c'est peut-être un événement circonstantiel, que prédisait Jacques Parizeau, qui favorisera un soulèvement populaire spontané pour l'indépendance.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 27 mai 2017 18 h 17

      La part des anglophones et les communautés culturelles dans la division du vote? Il est grand temps que les Québécois se réveillent. Avec une immigration galopante de 55 000 immigrants par année, dont une trop grande proportion n’arrive pas à s’intégrer à la culture majoritaire du Québec, on assiste actuellement , en douce pour le moment, à une marche vers un ethnocide, vers un génocide culturel.

      L'immigration effrénée est en train (si ce n'est déjà fait) de nous faire perdre notre identité et notre pays.

      Plus de 50% des allophones vont au cégep et à l’université en anglais, et commencent ainsi leur vie sociale et adulte en anglais : la meilleure recette pour qu’ils restent anglophones le reste de leurs jours! Alors, avec 55 000 nouveaux immigrants par année, proportionnellement plus que tout autre pays qui n’est même pas menacé de survie, la tendance est très inquiétante pour le peuple québécois francophone. On se tire dans le pied.

    • Pierre Desautels - Abonné 28 mai 2017 17 h 33

      @Raymond Saint-Arnaud.
      Je ne partage pas votre inquiétude pour l'immigration. En 2014, dernière année où les chiffres sont disponibles, 4,900 des nouveaux arrivants ont quitté le Québec pour un autre pays et 13,700 ont quitté pour une autre province. Au total 31,600 sont restés cette année-là.

      En fait, sans cette immigration, qui est composée en forte majorité de personnes très scolarisées, le poids démographique du Québec dans le Canada serait encore plus faible et ça oui, c'est un sujet préoccupant.

      Ce n'est pas l'immigration qui pourrait nous faire perdre cette identité, mais nous-mêmes. À chaque élection, une minorité de Québécois de toutes origines votent pour le PLQ. Le reste des votes est éparpillé dans trois autres partis. Malgré tout, le PQ a gagné en 2012 et en février 2014, le PQ trônait en tête avec 40% dans tous les sondages. Cessons de blâmer l'immigration et prenons notre place, tout simplement.

  • Michel Blondin - Abonné 27 mai 2017 08 h 52

    Vous oubliez l'essentiel: la révolution démocratique

    On ne fait pas une révolution démocratiquement avec une élection ordinaire. J’ajouterais ni avec un parti sans idée maîtresse et sans conviction. C’est tellement évident que l’idée est niée pour ne rien changer.
    Un parti a des convictions, un mouvement a des désirs. QS ne peut pas être un parti de tout et de rien. QS ne veut ni être fédéraliste ni être indépendantiste, même pas nationaliste. Son programme dit être indépendantiste, mais plus loin il donne le choix entre fédéraliste et indépendantiste. Hum !
    Faire une sécession n’est pas gérer une gouverne, mais de faire la révolution de la gouverne. Le camp doit être choisi avant la bataille.

    Dans une révolution démocratique, le projet doit être clair, emballant et attirant. Et c’est le cas. Normalement, les Québécoises et Québécois devraient voir facilement l’évidence de se prendre en main et de s’autodéterminer. Alors, pourquoi, l’idée n’arrive pas à percer ? Très simple mon cher Watson. Les fédéralistes depuis 1867, les bureaucrates d’avant et les colons britanniques du début n’ont jamais voulu autre chose que l’assimilation des francophones pour être polis. Ottawa joue dure dans les coulisses.
    On ne mord pas la main qui nous nourrit. Facile de ne pas voir!

    Et comme toujours, les chouayens ont préféré s’allier à ceux qui avaient la loi de leur bord. Ce n’est pas pour rien qu’Ottawa ne veut pas en démordre de nommer les juges. Et, s'il triche, sa loi domine (référendum)
    Curieusement, pour faire l’indépendance, il faut de la solidarité. Or, ce que fait QS est un regroupement de multiculturalistes qui n’ont rien en commun.

    Une force de convergence part d’un point d’appui pour converger vers l’étape ultime. Si l’étape ultime n’est même pas définie, vous allez où?
    Ces deux faiblesses feront de QS un parti fédéraliste par défaut. QS tourne en rond comme dans le deuxième sens de révolution : on part de nulle part pour n’arriver à nulle part. Mouvement à gauche seulement. Circulez, rien à cirer !

    • Michel Thériault - Inscrit 27 mai 2017 12 h 31

      Tout à fait d'accord avec vous M. Blondin. Vous avez tout résumé, de façon concise, en 4 paragraphes.

      Quant à monsieur Raunet, ce n'est pas simple son “affaire”. Tout un texte et même pas capable de dire de façon claire s'il est indépendantiste. J'imagine que ça dépend des jours et de son humeur. Faut le faire !
      Avec des théories à l’emporte-pièce comme les siennes, on se demande pourquoi nous n’avons pas encore notre pays !!

      Incroyable. Le découragement me gagne peu à peu...

    • Claude Bariteau - Abonné 28 mai 2017 09 h 49

      Monsieur Blondin, je suis d'accord avec la nécessité d'un objectif clair. Sans lui, on tourne en rond. On met deux drapeaux sur le toit de sa maison. On parle à John en anglais et en français à son cousin s'il parle encore cette langue. On cherche où se trouve le pont qui établit des liens alors que ce qui importe est d'avoir collectivement et démocratiquement un cap bien en vue.

      Un tel cap, le Parti patriote en avait un. Il fut tassé de l'Assemblée législative, forcé de chercher un autre moyen et pris au piège par une charge politico-militaire orchestrée à Londres et développée au Bas-Canada pour imposer les règles coloniales britanniques prisées par les ditigeants coloniaux, les bureaucrates et les immigrants britanniques désireux de contrôler à leur avantage le territoire conquis en y subjugant la population pour l'enclaver dans l'ordre colonial de la Grande-Bretagne.

      La situation actuelle est du même ordre. C'est la raison principale qui fait que tout écho au passé est banalisé comme si le présent ne reproduisait pas les assises anti-démocratiques derrière l'écrasement des Patriotes et de toute résistence.