Québec solidaire a renié ses principes de transparence

Françoise David et Amir Khadir en 2006, lors du congrès de fondation de Québec solidaire. Selon l’auteure, le parti vient de renier un des principes adoptés lors de ce congrès.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Françoise David et Amir Khadir en 2006, lors du congrès de fondation de Québec solidaire. Selon l’auteure, le parti vient de renier un des principes adoptés lors de ce congrès.

« La démocratie participative doit également faire l’objet d’un grand ménage pour faire davantage place à la transparence, à l’imputabilité et à l’intégrité. » Cette citation est tirée de la déclaration adoptée lors du congrès de fondation de Québec solidaire en février 2006. Dans les principes retenus par la formation politique se trouve la démocratie, dont l’une des composantes est la transparence. D’ailleurs, Québec solidaire a critiqué à de nombreuses reprises le manque de transparence du Parti libéral du Québec, notamment en ce qui concerne les enjeux énergétiques.

Mais qu’est-ce que la transparence ? Selon une définition du Larousse, la transparence est la « parfaite accessibilité de l’information dans les domaines qui regardent l’opinion publique ». Il est donc étonnant d’apprendre que les dirigeants de QS ont volontairement caché aux membres la conclusion d’une entente entre tous les partis souverainistes.

Que Manon Massé affirme que la diffusion d’une telle information n’aurait rien changé aux résultats du congrès, dont le principal sujet était la convergence avec le Parti québécois, semble un peu paternaliste. En effet, les délégués auraient dû avoir accès à toute l’information avant de parvenir à un quelconque choix. En vertu de l’article 10 du Code civil du Québec, le consentement ne peut être valide que s’il est libre et éclairé. Une personne doit obtenir toutes les informations nécessaires pour être en mesure de soupeser les avantages, inconvénients et conséquences de son choix.

En retenant volontairement cette information, les dirigeants de Québec solidaire ont empêché les délégués d’exprimer leur choix de façon valable. Pour un parti qui reproche à ses opposants de ne pas être transparents, Québec solidaire semble démontrer qu’il est sélectif, lui aussi, quant au moment où la transparence doit s’appliquer.

Enfin, QS est paradoxal sur un autre plan. Sur la page réservée au congrès sur son site Internet, on retrouve les indications suivantes : « Toutes les personnes membres de Québec solidaire peuvent s’inscrire pour assister aux instances nationales du parti. Cependant, pour participer activement aux prises de décisions et avoir un droit de vote, vous devez être élu ou nommé délégué par les membres de votre association locale ou régionale. » C’est donc dire que seuls quelques membres ont eu la possibilité de voter au sujet de l’avenir du parti. Or, QS milite ardemment pour changer le mode de scrutin actuel afin qu’il devienne proportionnel. Chaque vote compterait ainsi réellement. Posons-nous la question suivante : est-ce qu’un parti qui s’appuie sur le vote réservé aux seuls délégués est crédible quand il milite pour un mode de scrutin proportionnel ? Le congrès de QS a donné lieu à plusieurs décisions, mais il a engendré plusieurs réflexions sur la capacité du parti à faire de la politique autrement.

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22 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 24 mai 2017 02 h 32

    Le roi est nu!

    Je suis tout à fait d'accord avec vous. C'est non seulement le manque de transparence qu'on a vu au sein du Congrès de QS, mais pire encore, c'est la manipulation avec laquelle ils ont imposé le dogme ferme contre les membres qui voulaient appuyer la laïcité de l'État. Ce n'est pas autant la transparence et l'idéalisme qui mènent chez Québec solidaire.

    • Pierre Fortin - Abonné 24 mai 2017 10 h 07

      On ne devrait jamais oublier que le Directeur général des élections finance Québec solidaire, à même l'argent public, à hauteur du million de dollars. Tout citoyen est donc en droit de poser la question de la cohérence du parti, par exemple en ce qui concerne le statut de porte-parole de Québec solidaire.

      Les différents porte-parole réfèrent souvent à leurs pouvoirs statutaires limités pour ne pas avoir à se prononcer sur des questions litigieuses, prétextant qu'ils ne disposent d'aucun des pouvoirs décisionnels qui relèvent uniquement des membres et leur assemblée.

      Comment se fait-il alors que ces mêmes porte-parole se soient permis d'exiger qu'une entente survenue dans le cadre des négociations avec OUI Québec demeure secrète de mnière à ce que les membres de leur propre parti n'en soient pas informés ? Andrés Fontecilla, qui a participé à la manœuvre, doit fournir des explications, à ses membres d'abord et à tous ceux qui participent au financement du parti.

      Il ne suffit pas d'affirmer dans le programme que la démocratie participative doit faire place à la transparence, à l’imputabilité et à l’intégrité, il faut encore pouvoir faire la démonstration au grand jour que le parti et son exécutif agissent en conformité avec leurs déclarations lorsque le doute s'installe.

    • Benoît Landry - Inscrit 24 mai 2017 19 h 08

      Quel manque de transparence ?

      Selon ce que dit l'auteure de cette lettre. Il y avait une entente entre plusieurs partis pour garder une entente discrète jusqu'à un moment déterminé par tous les membres.

      Alors, il aaurait fallu que QS ne respecte pas cette entente pour dévoiler quoi ? En fait selon même les dires de l'auteure Qs aurait annoncé à ses propres membres que la direction d'un parti adversaire avait choisi de changer son programme sans consuter ses membres.

      Est-ce aux solidaires d'annoncer aux péquistes ce que trame leur dirigeants ?

      Je ne sais toujours pas ce que cache au juste cette entente, mais cela n'aurait pas jouer en faveur du PQ. Déjà que la majorité des solidaires ont de la misère à croire qu'on puisse faire confiance à Lisée, imaginez si nous leur avions annoncé qu'il était capable de changer le programme sans consulter les membres sur une question comme le référendum

    • Pierre Fortin - Abonné 24 mai 2017 19 h 24

      Monsieur Landry,

      Mon doute ne porte pas sur le contenu de l'entente, mais sur la décision de la tenir secrète. De quelle autorité peut-on juger que les membres du parti n'en doivent rien savoir ?

    • Michèle Cossette - Abonnée 24 mai 2017 22 h 21

      Monsieur Landry, vous êtes mal informé. C'est Québec solidaire qui a demandé que l'entente passée entre les participants de OUI-Québec reste secrète jusqu'à la fin de son congrès. Les autres parties étaient prêtes à dévoiler l'entente dès qu'elle a été conclue.

      Voilà où est le manque de transparence.

      Quant au contenu de l'entente, c'est dans les journaux. On peut y lire, entre autres, que toutes les parties, y compris le PQ, ont accepté la proposition de QS de mettre sur pied un assemblée constituante qui définirait les détails d'un Québec indépendant.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 24 mai 2017 06 h 39

    Bof ?!?

    « Pour un parti qui reproche à ses opposants de ne pas être transparents, Québec solidaire semble démontrer qu’il est sélectif, lui aussi, quant au moment où la transparence doit s’appliquer. » (Laurie Costa, étudiante, Maîtrise, Hautes études internationales, U Laval)

    De cette citation, cette douceur + une :

    A Qu’on soit d’accord ou selon, toutes les formations politiques sont « sélectives », même la population et le monde des idées, et ;

    B De cette quête-mode, et des principes lui étant associés, la transparence est aussi « sélective » !

    Cependant, lorsqu’une formation politique décrie des problèmes de transparence chez les autres, son regard, de nature sélective, risque de se retourner sur-contre elle si elle ne parvient pas à bien se faire comprendre ou si ses motivations demeurent « douteuses » !

    Sélectif ou transparent ?

    Bof ?!? - 24 mai 2017 -

  • Jean-Christophe Leblond - Abonné 24 mai 2017 07 h 39

    Ce que vous proposez est moins démocratique.

    Des assemblées générales ont été tenues dans l'ensemble des circonscriptions du Québec, où les membres de ces circonscriptions se sont entendus sur un certain nombre de positions à propos de différents enjeux. Les délégués de chaque circonscriptions sont ensuite venus relayer ces positions au congrès.

    Vous écrivez qu'il aurait été plus démocratique que quelqu'un puisse s'inscrire le jour même du congrès et venir voter? Si c'est votre système qui avait été en place, le noyautage eut en effet été une possibilité. D'autre part, l'opinion des Montréalais eut été sur-représentée par rapport à celle des membres des régions. Enfin, tous les débats et délibérations effectués dans les différentes circonscriptions eurent été court-circuités et l'opinion des membres y ayant participé ignorée.

    Au contraire de vous, il me semble que cela eut été à la fois moins démocratique et moins transparent.

    • Hugues St-Pierre - Abonné 24 mai 2017 12 h 17

      En tout cas, dans mon comté, aucune réunion ne s'est tenue pour préparer le congrès. Seules 5 ou 6 personnes se sont réunies pour en parler sans y avoir invité l'ensemble des membres!

    • Benoît Landry - Inscrit 24 mai 2017 19 h 10

      @ M. St-Pierre. Impliquez-vous et cesser d'attendre

  • Jean-Luc Malo - Abonné 24 mai 2017 08 h 24

    Pôvre, pôvre, pôvre M. Gabriel Nadeau-Dubois

    Toute ma sympathie, M. Gabriel Nadeau-Dubois. Nous avions tous beaucoup d'estime pour vous mais vous êtes malheureusement victime d'une harnaque montée par des partisans sectaires qui avaient sans doute paqueté la salle du congrès, partisans qui ne représentent pas l'ensemble de celles et ceux favorables à QS. Des extrémistes PQphobes que ces gens-là.
    Comment allez-vous vous en sortir? En tout cas, je souhaiterais pour vous tout simplement que vous ne soyez pas élu dans Gouin, histoire de vous orienter rapidement vers un autre projet à la hauteur de votre valeur. Dans ce contexte, pardonnez-moi à l'avance de ne pas voter pour vous. Je ne vous veux que du bien, sachez-le.

    Jean-Luc Malo, abonné

    • Colette Pagé - Inscrite 24 mai 2017 10 h 24

      Se pourrait-il qu'un grand nombre de fédéralistes devenus membres de QS se soient entendus pour rejeter cette alliance qui profitera au PLQ et à la CAQ.

    • Benoît Landry - Inscrit 24 mai 2017 19 h 17

      @ M Gélinas, j'ai plutôt vu l'inverse, des péquistes prendre leur carte de membres pour s'assurer que l'entente passe.

      Ceci dit, c'est plutôt une alliance QS/PQ qui aurait donner le pouvoir à la CAQ. Les péquistes de droite ayant horreur de Qs auraient préféré voter pour la CAQ, les libéraux déçus auraient voté pour la CAQ et les abstentionistes, qui sont convaincus que tous les partis se ressemblent, auraient considérés que si le seul parti potentiellement différent réussit à faire des alliances, alors c'est que tous les partis se ressemblent.
      Maintenant le parti le plus important au Québec, les abstentionnistes, ont un parti différent des autres à qui donner leur vote

  • Chantale Desjardins - Abonnée 24 mai 2017 08 h 25

    Je quitte ce parti

    Après les événements de la fin de semaine, je quitte ce parti qui m'a déçue énormément. Ces deux chefs ne sont à la hauteur pour diriger ce parti et je m'ennuie déjà de Françoise David. D'ailleurs, la dissolution de ce parti est commencée et il faut s'en réjouir.

    • Colette Pagé - Inscrite 24 mai 2017 10 h 24

      En plus de quitter QS il faut en guise de protestation se désabonner de son site internet et de la page Facebook de son étoile montante.