L’hypocrisie environnementale du gouvernement Trudeau

Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements climatiques en cours, selon Louise Morand, du Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements climatiques en cours, selon Louise Morand, du Comité vigilance hydrocarbures de L’Assomption.

Bien que Justin Trudeau se soit fait élire en promettant d’éliminer les subventions aux énergies fossiles, de tenir compte de la science et de la volonté des populations dans l’analyse des projets de développement liés aux hydrocarbures et de lutter contre les changements climatiques, ses actions vont dans un sens diamétralement opposé à ses engagements.

Le gouvernement de Justin Trudeau continue de donner chaque année autour de 3,3 milliards de dollars en cadeaux aux pétrolières et gazières. Malgré l’opposition massive des populations, il a autorisé la construction de trois importants pipelines (Trans Mountain, Enbridge et Keystone XL) et un immense projet d’exportation de gaz naturel, même si ces projets sont incompatibles avec l’engagement du Canada fait lors de la conférence de Paris sur le climat (COP21). Justin Trudeau n’a pas non plus changé la cible déjà insuffisante de réduction des gaz à effet de serre (GES) fixée par Harper et il continue de passer outre au droit des premières nations à un environnement sain. Tout récemment, le premier ministre du Canada vient encore de renier sa promesse de réglementer les émissions de méthane, un gaz au moins 34 fois plus à effet de serre que le CO2, pour aligner sa politique sur celle de Donald Trump.

Le leader de la lutte contre les changements climatiques Bill McKibben a qualifié Justin Trudeau d’hypocrite et de « désastre pour la planète ». Le froid, la pluie, les vents violents et les inondations que nous connaissons ce printemps sont assez éloquents sur l’urgence d’agir pour stopper les dérèglements en cours. Le débat scientifique n’est plus à faire. Nous savons qu’il faut désormais laisser le charbon, le gaz et le pétrole dans le sol. Il nous reste à peine une décennie pour nous débarrasser de notre dépendance aux hydrocarbures.

Lors du méga-incendie qui a dévasté la forêt boréale dans la région de Fort McMurray en 2016, le mot El Niño était sur toutes les lèvres, mais à peu près aucune allusion n’a été faite à la crise climatique. Et le silence a été à peu près total sur le fait qu’en raison de la sécheresse, l’Alberta a perdu presque l’entièreté de ses récoltes. Lorsque la route 132 en Gaspésie est emportée par les vagues et que l’autoroute 25, au nord de Montréal, s’effondre à cause des pluies torrentielles, du gel et du dégel, on ne parle pas encore de ce qui se profile à l’horizon de 2025. Rendre compte des prévisions des scientifiques risquerait de priver les consommateurs de l’envie de consommer. Et nous savons tous que, dans notre système économique mondialisé, cela serait comparable à l’enfer du Moyen-Âge. C’est-à-dire un enfer fabriqué de toutes pièces pour conserver l’ordre établi et l’obéissance des fidèles.

Le silence est tout aussi grand en ce qui concerne les scénarios de sortie de crise qui existent pourtant pour le Canada. En 2015, un groupe de 60 scientifiques canadiens ont produit un rapport intitulé Agir contre les changements climatiques : solutions d’universitaires canadiens et canadiennes, qui présente dix orientations stratégiques pour sortir de l’impasse. Les premières mesures préconisées dans ce rapport, facilement applicables dès maintenant, sont d’arrêter de subventionner les énergies fossiles, de taxer suffisamment le carbone et d’utiliser l’entièreté du produit de cette taxe à l’établissement des infrastructures nécessaires pour nous débarrasser de notre dépendance au pétrole et autres hydrocarbures. Selon ces chercheurs, le Canada pourrait être alimenté à 100 % en énergies renouvelables d’ici dix ans.

D’autres initiatives ont été imaginées telles que des quotas nationaux d’énergie distribués à tous les citoyens sous la forme d’une carte à débiter chaque fois qu’on va faire un plein d’essence. Ceux qui consomment davantage pourraient acheter un supplément auprès de ceux qui n’auraient pas épuisé leur réserve, de sorte qu’il deviendrait payant de diminuer sa consommation d’hydrocarbures. Ces initiatives brillantes sont malheureusement négligées par nos gouvernements.

Selon le climatologue de réputation internationale Kevin Anderson, la probabilité que l’humanité parvienne à éviter une hausse incontrôlable de la température globale terrestre est de 5 %. La probabilité que l’humanité ne parvienne pas à conserver des conditions propices à la vie sur la Terre pour les générations qui viennent est de 95 %.

Devant l’impasse politique, il ne faut plus rester seul. Il faut s’unir afin de bloquer la route aux foreuses et aux pipelines et exiger le respect du droit de nos enfants à un avenir viable. Joignez-vous à un groupe qui milite contre les projets d’hydrocarbures, pour la transition énergétique, pour la protection de nos ressources vitales.

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12 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 23 mai 2017 02 h 25

    Monsieur Trudeau a trahi les Canadiens!

    Justin Trudeau parle des deux côtés de la bouche. D'un côté, il veut réduire les effets de serre et il a signé l'Accord de Paris, et de l'autre il continue à donner son approbation aux pipelines. Une contradiction en termes!
    Donc, vous pouvez imaginer la déception des Canadiens envers la trahison des élus. On a l'impression que Monsieur Trudeau est à l'écoute des pétrolières et de ses amis milliardaires, que des Canadiens ordinaires, qui ne peuvent pas, normalement, contribuer au financement de son parti à titre de 1500.00$ par personne! D'habitude, les Libéraux font la campagne avec les promesses de gauche, et quand ils acquirent le pouvoir, ils gouvernent par la droite!

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mai 2017 14 h 29

      La différence entre la gauche et la droite est surtout affaire de la répartition du poids de l'État versus celui de l'entreprise privée dans l'ensemble des activités d'une société.

      Hors, selon l'EIA, les compagnies pétrolières nationales (CPN) «représentent 52 % de la production pétrolière mondiale et contrôlent 88 % des réserves pétrolières prouvées»

      Les 10 principales entreprises de propriété nationales sont,
      www.goo.gl/dWPLNS

      Et par ordre de l'importance des réserves,
      www.goo.gl/9VvnY8

      Autrement dits les pouvoirs publics contrôles 88% des réserves prouvées, et même la production mondiale est fonctionnarisée a 52% !

      En claire, les énergies fossiles sont surtout propriété et affaire d'État.

      Et même quand la propriété de l'activité est privée comme ici au Canada, les retombés de l'activité sont un marqueur très important sur la richesse des populations des régions concernées, et donc de leur État, ce qui se constate dans les deux principales provinces productrices du Canada.



      Sources, www.goo.gl/4R90mb et www.goo.gl/yviShJ

  • Yves Côté - Abonné 23 mai 2017 03 h 34

    Couleuvres et bélugas...

    Seuls les aveugles et les sourds peuvent ne pas percevoir que le Pit est une couleuvre.
    Et encore, le plus petit nombre d'entre eux qui en se forçant, serait en tout insensible aux besoins de l'humain et de tout être vivant...
    Signé : un béluga parmi d'autres.

    Tourlou !

  • Gilles Delisle - Abonné 23 mai 2017 08 h 00

    Au service du grand capital!

    Vous ne verrez jamais un libéral ou conservateur, être au service du peuple! Trudeau pas plus que les autres avant lui. Plus mesquin que les autres, sa jeunesse nous a fait croire qu'il serait différent, eh bien non, au Canada, le grand capital demeure maître du jeu, et pour longtemps.

  • Richard Olivier - Inscrit 23 mai 2017 08 h 45

    Hé bien

    Êtes vous surpris de ce qu`est Justin, fils de P E T ?

    LA FINANCE, LES PROFITS, LES ÉLITES AVANT TOI DU PETIT PEUPLE,,,

    La prospérité, le bonheur, le bien être et la richesse pour les canadiens et les québécois depuis déjà 150 ans.

  • Guy Coderre - Abonné 23 mai 2017 09 h 20

    Tous unis contre Énergie Est

    Mme Morand vous avez tout à fait raison.
    La réalisation du projet d'oléoduc Énergie Est sur notre territoire rendrait aussi le gouvernement Trudeau et le Québec complice d'un crime contre le climat. Énergie Est serait le plus gros ( 1,1 millions de barils par jour) le plus long (4600km) le plus toxique (bitume dilué) sur le pire des parcours imaginable tout le long des rives de la rivière des Outaouais et du fleuve St-Laurent. Une menace permanente à notre environnement et à nos prises d'eau potable. Nous devons agir dans l'intérêt de la population et des générations futures.

    • Richard Olivier - Inscrit 23 mai 2017 17 h 14

      Desmarais le veut lui qui a des actions dans la pétrolière française TOTAl qui opère en Alberta.

      Exporter vers la France,,,,,un must pour Power Corp...$$$

      Au diable l`environnement comme les pétrolières font en Amérique du Sud,,,,en Afrique et ailleurs.

      Un Québec colonisé va y passer aussi......à la caisse..