De ROC et de francophonie

Le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier
Photo: Clement Allard La Presse canadienne Le ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier

Monsieur David,

Votre texte du jeudi 13 avril concernant la série de la CBC Canada : The Story of Us m’a un peu surpris. Prétendre que cette série représente à elle seule l’interprétation du ROC dans son ensemble à propos du Québec, des Acadiens et de la francophonie canadienne a peut-être l’avantage d’être clair, mais c’est malheureusement un peu court.

Cette prétention omet en effet de tenir compte de l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie à l’automne 2016. Vous rappelez le règlement 17 de 1912, mais ce geste d’ouverture tout récent à l’égard du français ne peut cependant pas être ignoré.

De la même manière, on ne peut passer sous silence l’adoption de politiques, de règlements, voire de lois sur les services en français au cours des dernières années, et cela, par de nombreuses législatures provinciales et territoriales. Par exemple, l’adoption par le Manitoba, il y a moins d’un an, de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine et, par le Yukon, du Règlement sur l’instruction en français langue première du Yukon, qui ouvre les portes des écoles francophones du territoire aux immigrants et aux francophiles, comme le souhaitait la communauté francophone. Ou encore, les fonds prévus dans le dernier budget de l’Alberta pour élaborer la première politique de la province sur les services en français. Et les exemples sont encore nombreux.

On doit aussi mentionner la volonté de répondre au besoin le plus criant pour assurer la pérennité du français au Canada : l’immigration francophone. Jusqu’à récemment, il n’y avait que des cibles fuyantes et on ne disposait pas des outils nécessaires pour maintenir la proportion de francophones au pays. En juillet 2016, pour la première fois en 150 ans, les premiers ministres des provinces et territoires ont choisi d’assumer ensemble un leadership à cet égard en demandant au gouvernement fédéral de hausser à 5 % l’immigration francophone hors Québec. Pour donner suite à cette volonté unanime, les 30 et 31 mars derniers, la ville de Moncton a accueilli le premier Forum conjoint des ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux de l’Immigration et de la Francophonie. Ces manifestations d’appui à notre langue ont sans doute échappé à votre analyse.

Si les cent premières années de notre fédération ont fait reculer le français — ce que les statistiques démontrent et qu’il faut savoir reconnaître —, nier les avancées et les ouvertures récentes a de quoi surprendre.

Comme Québécois, nous insisterons toujours pour que soit assurée la promotion de la langue française au Québec, au Canada et dans le monde.

Nous invitons le plus grand nombre de nos concitoyens du Québec et du Canada à s’unir aux 2,6 millions de francophones et de francophiles de tout le pays et à choisir d’être « ensemble pour le français ».

Ayant porté ces éléments d’actualité à votre connaissance, j’ose espérer que vous vous joindrez au mouvement et que nous serons « ensemble pour le français ».

Réponse du chroniqueur

Bien entendu, toute initiative visant à améliorer la situation des francophones hors Québec est la bienvenue, y compris l’adhésion de l’Ontario à l’Organisation de la Francophonie. Sachant que des pays aussi peu francophones que l’Albanie, l’Égypte ou la Grèce en font également partie, il y a néanmoins lieu d’en relativiser la signification. Comptabiliser les « francophiles » pour gonfler les chiffres peut toujours faire illusion, mais cette « astuce » ne change rien à la réalité démographique, qui est celle d’une diminution aussi inexorable de la proportion de francophones au sein de la fédération au cours des cinquante dernières années que durant le siècle précédent.

23 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 15 avril 2017 02 h 49

    Etre Québécois...

    "Comme Québécois, nous insisterons toujours pour que soit assurée la promotion de la langue française au Québec, au Canada et dans le monde."...
    Monsieur Fournier, être Québécois ce n'est pas de promouvoir la langue française à droite ou à gauche, c'est d'affirmer que la langue française est et doit rester la langue commune et normale d'usage au Québec et que seul son peuple a parfaitement le droit de décider des moyens pour qu'il en soit ainsi.
    Etre Canadien, c'est de refuser de l'affirmer...
    Vous pouvez promouvoir ce que vous voulez, et encore plus dire que vous le faites..., cela n'empêchera jamais les puissants de faire ce qu'ils veulent et de lutter contre l'idée qu'un territoire politique français de langue en Amérique du Nord appartient légitimement en droit aux Québécois.
    Merci de votre lecture.
    Et salutations républicaines, Monsieur.

  • Claude Bariteau - Abonné 15 avril 2017 07 h 31

    Les bretelles de Fournier.

    Ses bretelles, comme elles lui tiennent les culottes, il aime les claquer même si elles rapetissent et apparaissent de plus en plus une corde qui pourrait l'étouffer.

    • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 15 avril 2017 14 h 22

      Fournier a peut-être des bretelles mais devant Ottawa, il ne met jamais ses culottes.

  • Jean-François Trottier - Abonné 15 avril 2017 08 h 13

    Fournier, arrête. On n'en peut plus.

    - L'adhésion de l'Ontario à l’Organisation internationale de la Francophonie ne garantit rien, au contraire, et tu le sais. Il est plus facile de manoeuvrer des communautés en s'en prétendant le meneur.
    - Jamais ton parti ne reconnaît le moindrement que le peuple québécois a été, est et restera une minorité qui mérite la protection, pas au nom du français mais au nom des gens qui le parlent et le parleront. Votre façon d'en faire un "cas local" en parlant anglais dès que vous sortez du Québec le folklorise et ton parti le fait à dessein.
    - Ce qui est le plus clair dans le si beau multiculturalisme canadien, c'est que les francophones du ROC sonteux-mêmes désormais totalement folklorisés, et que toute mesure visant à les aider est presque équivalente à l'aide apportée aux réserves autochtones, y compris l'affront de porter des plumes pour faire joli.
    - L'immigration française se fait elle aussi dans le cadre du multiculturalisme. En clair c'est, par sa tolérance uniquement basée sur l'individu, une invitation permanente à rentrer dans le rang. Jamais de telles mesures n'auraient le moindrement passé si les francophones pouvaient représenter une masse importante, ou si une volonté claire de conserver leur langue se faisait jour parmi eux. Ça AUSSI, tu le sais.
    - Tes avancées sur la francophonie ressemblent de plus en plus à une tête d'orignal sur un hood du char : une pavane pitoyable.

    Ta malhonnêteté intellectuelle ne connaît pas de borne on dirait. Je te le demande, arrête de jouer au pépère débonnaire quand il s'agit de la francophonie, ça te va comme un crucifix à un diablotin. Je te préfère encore dans les attaques farfelues auxquelles tu nous as habitués au fil de toute ta carrière.

    Tu es de mauvaise foi de part en part, ou bien tu as dépassé depuis longtemps ton niveau d'incompétence.

    • Pierre Raymond - Abonné 15 avril 2017 12 h 47

      M. Trottier, vous savez aussi bien que moi que quoiqu'on dise, « on est pogné » avec Jean-Marc Fournier pour la bonne raison qu'il se croit être un être supérieur et qu'il est convaincu que le Québec ne peut se passer de lui.

      Pourquoi n'est-il pas resté à Ottawa où la couleur de l'eau de son aquarium s'agençait tellement mieux avec son teint de vendu ?

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 avril 2017 15 h 29

      J'aime énormément,J-F. Trottier,ce commentaire et la description du
      presnnage.
      Aussi me plaisent les deux commentaires précédents.
      Puissent-ils en sortir quelques uns de leur anasthésie,pas facile quand on
      preche a des convertis laissant d'autres médias faire le contraire....

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 15 avril 2017 15 h 38

      J'ai oublié de mentionner la jolie réplique de Michel David ,en plein dans le mil des bretelles.

    • Jean-François Trottier - Abonné 16 avril 2017 05 h 25

      M. Raymond, je ne crois pas que Fournier se croit supérieur.

      Pour reprendre les images de Couillard avec ses trios, Fournier se verrait plutôt comme un gars qui "va dans les coins". Ça veut dire, un joueur sans grand talent mais batailleur, hargneux, pas regardant sur le coups bas quand l'arbitre (l'opinion publique) est occupé ailleurs.

      Ça, c'est comment il se voit.
      Le point de vue du boss est probablement qu'il est bon pion loyal au point de n'avoir aucun sens critique, ni envers lui-même ni envers son parti. Il est parfait quoi.

      Ceci dit, au nombre d'âneries qu'il a proférées depuis son entrée sur la scène politique povinciale, je ne vois pas comment il pourrait avoir la moindre once d'orgueil.

    • Jean-Pierre Marcoux - Inscrit 16 avril 2017 08 h 31

      M. Raymond,

      «On» est pogné avec M. Fournier, parce que les citoyens de son comté ont voté, votent et voteront pour lui, jusqu'à ce qu'il accroche ses patins et accepte un poste de sénateur au fédéral.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 15 avril 2017 08 h 47

    Pourquoi Le Devoir publie-t-il ce texte ?

    Est-ce un droit de réplique de M. Fournier au sujet d’une accusation personnelle qu’aurait tenu injustement le chroniqueur du Devoir à son égard ?

    Pas du tout.

    ‘The Story of US’ n’est pas un documentaire présentant les efforts du ROC en faveur de la promotion du Français. De toute évidence, le ministre n’a pas regardé cette série puisqu’il est hors sujet.

    Je doute que les textes soumis par les lecteurs soient à ce point médiocres que le texte de M. Fournir s’imposait comme le ‘moins pire’. Je suggère au Devoir que dorénavant, le critère de sélection pour être publié, c’est l’intelligence du propos.

    Même si je suis d’accord avec le ministre pour dire que les provinces anglophones défendent un peu mieux le français que son propre gouvernement (puisqu’il ne donne aucun exemple de ce qu’il fait), ce texte est une insulte à l’intelligence des lecteurs du Devoir.

    J’aimerais que le ministre responsable des Relations canadiennes travaille à améliorer l’image méprisante qu’on se du Québec dans le ROC plutôt que de tenter de nous faire avaler des couleuvres au sujet de la santé du français dans les parties du Canada où l’extinction de la langue française est presque achevée.

    • Hélène Paulette - Abonnée 17 avril 2017 10 h 35

      Vous comprendrez, monsieur Martel, que LeDevoir, sous la houlette de monsieur Myles et de sa recherche de financement public, doit se plier à la volonté gouvernementale et éviter les irritants, surtout s'ils sont nationalistes. Je vous rappelle les départs des Boileau, Payette et Robitaille.

  • Jean Lapointe - Abonné 15 avril 2017 09 h 28

    Vous ne réglez pas le problème monsieur Fournier.

    «Comme Québécois, nous insisterons toujours pour que soit assurée la promotion de la langue française au Québec, au Canada et dans le monde.» (Jean-Marc Fournier)

    Il n'y a pas de problèmes avec cela. Tant mieux si au Canada les Canadiens sont de plus en plus favorables à l'usage du français. Le français est encore une langue importante dans le monde et il est heureux qu'elle soit apprise par de plus en plus de gens.

    Mais ça ne règle pas le problème auquel est confronté le Québec.

    On voit très bien que pour Jean-Marc Fournier être Québécois, comme il se dit, cela veut dire être un Canadien vivant au Québec alors que pour un grand nombre d'entre nous être Québécois ce n'est pas seulement être des Canadiens, par la force des choses, vivant au Québec mais c'est être des Québécois c'est-à-dire des Canadiens ayant une identité différente de ceux et celles qui se considèrent comme des Canadiens seulement.

    Et c'est cette identité québécoise que nous voulons non seulement conserver mais aussi affirmer de plus en plus en tant que culture unique, comme le sont toutes les cultures.

    Bref, nous voulons vivre en restant des Québécois complets et non pas devenir des Canadiens comme les autres qui n' auraient que le français comme signe distinctif, tout comme certains autres Canadiens vivant dans les autres provinces et territoires du Canada.

    Nous ne considérons pas que nous sommes une province comme les autres et nous ne voulons pas l'être comme les fédéralistes voudraient que nous le devenions, nous voulons être un pays libre et indépendant du reste du Canada.

    Ce que vous proposez monsieur Fournier ce n'est pas suffisant pour bon nombre d'entre nous vivant ici au Québec et vous verrez sûrement lors des prochaines élections que votre vision des choses sera rejetée .Du moins je l'espère profondément.

    Nous avons autrement plus d'ambitions que vous en avez.