Pour un Office francophone de la jeunesse

«Faciliter la circulation des savoirs, l’innovation et la mobilité des jeunes étudiants, chercheurs, créateurs et entrepreneurs constitue déjà l’un des objectifs stratégiques de l’OIF», expliquent les auteurs.
Photo: Sia-Kambou Agence France-Presse «Faciliter la circulation des savoirs, l’innovation et la mobilité des jeunes étudiants, chercheurs, créateurs et entrepreneurs constitue déjà l’un des objectifs stratégiques de l’OIF», expliquent les auteurs.

Alors que 60 % de la population des pays francophones a moins de 30 ans, nous appelons de nos voeux la création d’un Office francophone de la jeunesse, afin d’élargir les horizons d’une jeunesse francophone qui aspire à la mobilité et à la réalisation de son potentiel.

Depuis sa création il y a près de quarante ans, l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) a permis à quelque 170 000 participants de traverser l’Atlantique. Capable de soutenir des projets qui enrichissent la formation, l’expérience et la pratique citoyenne des jeunes, l’OFQJ propose sur son site Internet une banque d’offres de stages, d’emplois, de projets et de missions à l’international.

L’Office a développé au fil du temps une expertise dans le domaine du soutien à la mobilité et au développement professionnel des jeunes Français et Québécois — expertise qu’il conviendrait de partager avec d’autres États et gouvernements membres de la Francophonie.

Pour envisager les modalités pratiques de la création d’un Office francophone de la jeunesse (OFJ), un groupe de travail devrait être mis en place, incluant l’OFQJ, les Offices jeunesse internationaux du Québec, de Wallonie-Bruxelles et du Nouveau-Brunswick, ainsi que les représentants des États et gouvernements francophones désireux de consacrer davantage de moyens à leur jeunesse.

L’OFJ, opérateur de la Francophonie

L’OFJ pourrait chapeauter les programmes existants de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), comme les Jeux de la Francophonie, mais également en lancer de nouveaux : volontariat en entreprise, emplois et stages dans la Francophonie ; simulations parlementaires et missions d’observation électorales ; envoi de délégations à des écoles d’été, à des ateliers thématiques ainsi qu’à des forums internationaux et soutien à des projets entrepreneuriaux, sociaux et citoyens.

Grâce au numérique, des mobilités immatérielles sont envisageables dans le domaine de la culture, de la connaissance, de l’information et de la collaboration. Une offre d’enseignement en renforcement des compétences professionnelles pourrait ainsi être proposée en ligne, en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie. La demande récurrente d’un Erasmus francophone pourrait également faire l’objet d’un projet-pilote de l’OFJ.

Faciliter la circulation des savoirs, l’innovation et la mobilité des jeunes étudiants, chercheurs, créateurs et entrepreneurs constitue déjà l’un des objectifs stratégiques de l’OIF. L’Office francophone de la jeunesse aurait vocation à devenir un opérateur spécialisé de celle-ci, au même titre que l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Association internationale des maires francophones, l’Université Senghor d’Alexandrie et TV5 Monde.

Car si l’OIF dispose d’une politique destinée à la jeunesse (portail Internet, volontariat, campagne de consultation préalable à la COP21, etc.), on regrettera le caractère restreint de cette politique — faute de moyens — et le suivi aléatoire d’initiatives porteuses, telles que celles qui ont émergé lors du Forum mondial de la langue française de Liège en 2015.

Une structure pérenne assumerait avec une meilleure efficacité cette politique amorcée il y a dix-huit ans au Sommet de la Francophonie à Moncton (Nouveau-Brunswick, Canada). Les chefs d’État et de gouvernement s’étaient alors engagés à répondre aux attentes de la jeunesse et à l’associer plus étroitement à son action. Cet engagement a été réitéré à Ouagadougou (Burkina Faso) en 2004 et à Dakar (Sénégal) en 2012, où une Stratégie jeunesse pour la Francophonie a été adoptée.

Une vision et des moyens

Pour le financement de ces nouveaux programmes, des fondations et des plateformes participatives (à l’image de Finance ensemble, créée par l’OIF et Ulule) pourraient être sollicitées. Mais soyons francs ! Les financements publics indispensables à la mise en place d’un Office francophone de la jeunesse ne sauraient être accessibles sans l’engagement clair des chefs d’État et de gouvernement, lors du prochain Sommet de la Francophonie. Ces derniers doivent prendre conscience que la Francophonie d’aujourd’hui est majoritairement jeune et qu’il convient par conséquent de réviser à la hausse les moyens consacrés à la jeunesse francophone.

Ces jeunes, issus d’horizons géographiques différents, sont plus que jamais désireux de s’ouvrir au monde, de le parcourir, de l’investir, de le changer. Dans un contexte de compétition linguistique mondiale, une langue n’a d’avenir que si elle est porteuse d’avantages personnels et collectifs. La langue française est un lien extraordinaire d’intercompréhension entre plus de 274 millions d’êtres humains sur la planète. Pour que cette voix, qui est celle de la diversité culturelle, continue à se faire entendre demain, écoutons dès à présent celle d’une jeunesse qui aspire à se réaliser.

5 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 17 mars 2017 07 h 49

    Oh, mais...

    Oh, mais qu'est ce qu'on a comme belles grandes idées pour nous calmer !
    Pour nous calmer même quand on est indépendantistes, comme dans "Restons tranquilles, le Canada s'occupe de tout pendant qu'on se trouve beau..."
    Et pendant ce temps où au Québec les choses nous sont présentées comme angéliques, Madame le Secrétaire Général de l'OIF travaille avec énergie en France et ailleurs, surtout en Afrique là-même où se trouvent les pays francophones dans leur plus grande majorité, pour vendre l'idée canadienne que le français est une très belle et valable langue, mais à condition que l'anglais passe d'abord...
    Je résume ses propos très bien préparés, sauf sans doute pour cette petite improvisation de la dame qui séduit toujours quand même les journalistes partout où elle se présente, par une citation de celle-ci : "Le combat que nous menons (à l'OIF) n'est pas strictement pour le français; c'est pour le multilinguisme..."
    Enfin la vérité toute nue sur le mandat canadien qu'elle a accepté de porter au sujet de la défense du français à l'international !
    Mes détracteurs diront que la citation est hors de contexte, bien entendu.
    Alors, puisque le numéro de funambulisme politique de Madame Jean est encore une fois à l'égal exact des exigences de la propagande politique (habile mais propagande mensongère quand même...) du Canada pour continuer de réduire ce qui reste de pouvoir politique significatif des Québécois au Canada, je vous invite à vous rendre sur le site internet de France-Inter, à l'émission d'aujourd'hui La Matinale, animée par Patrick Cohen et qui est l'émission du matin la plus écoutée de France, pour juger vous-mêmes de la haute voltige doctrinale en question.
    Haute voltige des mots et des phrases bien préparés qui ont pour objectif clair de faire de celles et ceux qui croient encore à la légitimité historique et politique que le Québec soit français de langue commune sont des ignares satisfaits de leur état.
    Dort mon Québec dort...
    Tourlou !

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 17 mars 2017 21 h 25

      Vous avez raison,Mme Jean avec la Elisabeth ll preche pour sa paroisse.
      L'argent et les honneurs et l'anglais d'abord :un choix imposé...

  • Yves Côté - Abonné 17 mars 2017 07 h 51

    Oups...

    Oups... "Dors mon Québec dors" serait plus juste, me suis rendu compte en "envoyant" mon commentaire.
    Merci.

  • Denis Paquette - Abonné 17 mars 2017 10 h 24

    hé-oui le monde comme culture est ce possible, ou aurons nous a vivre une nouvelle Babylone

    la difficulté c'est que le monde d'aujourd'hui n'a plus rien a voir d'avec celui d'hier, nous sommes en train de passer dans un monde ou chaque individu est isolé, ou les ensembles a lesquels les gens se référaient vont exister de moins en moins,selon moi ce n'est pas un hasard si les sociétés sont de plus en plus instables, et cherche a se définir, peut etre sommes nous en train de revenir au commencement du monde,ou tout sera a redéfinir, les jeunes le savent, vous imaginez le défi qu'ils ont a surmonter, un vaste espace que l'on appellera de plus en plus le monde, et habité par des gens de partout, cherchant a survivre, ce matin, je me suis attarder a ce que Trump veut changer pour les américains, est ce quevous pensez qu'il fait ca par plaisir, il sait bien que son temps est compté, il faut juste essayer d'imaginer le monde dans cinq ans le gasp est simple, il n'y a pas de place pour tout le monde, ce n'est pas une affaire d'outils , mais de culture ,voila ce a quoi les jeunes sont confrontés

  • Gilles Théberge - Abonné 17 mars 2017 17 h 23

    Tant que Couillard sera là, n'y pensez pas.