La colère d’un immigrant

Les immigrants ont toujours été en position de faiblesse par rapport aux pays recruteurs, soutient Marco Micone.
Illustration: Tiffet Les immigrants ont toujours été en position de faiblesse par rapport aux pays recruteurs, soutient Marco Micone.

L’insécurité culturelle, réelle ou imaginaire, est inscrite depuis toujours dans la psyché des francophones d’héritage canadien-français. Elle est nourrie par la condition minoritaire au sein du Canada et dans l’ensemble nord-américain, mais aussi par l’attrait que l’anglais exerce sur un certain nombre d’immigrants. Depuis deux décennies, elle est accentuée par la mondialisation. Cette vulnérabilité collective aurait dû, avec le temps, s’estomper par le simple constat des progrès accomplis, depuis un demi-siècle, dans de nombreux domaines de la vie collective. Elle a plutôt été entretenue et instrumentalisée à des fins politiques et par tous ceux qui ont intérêt à changer des problèmes sociaux en problèmes culturels. Nous sommes ainsi entraînés, périodiquement, dans des drames où le mauvais rôle échoit inévitablement aux immigrants.

Les immigrants ont toujours été en position de faiblesse par rapport aux pays recruteurs. Historiquement, ces derniers ne se sont jamais gênés pour les sélectionner selon leurs besoins, d’en choisir la provenance, de les attirer par des promesses sans lendemain et de les abandonner à leur sort une fois installés. On les a aussi toujours préférés le plus vulnérables possible pour qu’ils acceptent les pires conditions de travail et de vie. Les États-Unis ont à leur disposition pas moins de 11 millions d’immigrants illégaux taillables et corvéables à merci, tandis que le Québec, plus modeste, profite d’à peine quelques dizaines de milliers de travailleurs agricoles saisonniers et de gardiennes d’enfants et de vieillards venant de pays pauvres, sans compter tous les immigrants dont on tarde à reconnaître les compétences. Malgré leur mauvais sort, ils font quand même des jaloux parmi les 18 % d’immigrants sans travail. À Montréal, il n’est pas rare de pouvoir prendre un taxi conduit par un diplômé universitaire et être servi, dans un français impeccable, par un architecte chez le quincaillier. L’humiliation qu’ils subissent n’est adoucie que par l’espoir d’un avenir meilleur pour leurs enfants. Il faudrait un organisme international, à l’instar de celui qui s’occupe des réfugiés politiques, ayant le pouvoir d’imposer des sanctions aux pays qui ne respectent pas les promesses faites aux immigrants.

Stigmatisation

Lors des terribles événements qui ont frappé la communauté musulmane de Québec, on a tout dit sur la stigmatisation dont elle est victime, sur le racisme systémique qu’elle subit en emploi et sur l’instrumentalisation politique dont elle est l’objet. Ce qu’on a omis de dire, c’est que les musulmans, en tant qu’immigrants, s’inscrivent dans une longue histoire de relations empreintes de méfiance, et parfois d’hostilité, entre la majorité francophone et les minorités immigrantes, contredisant ainsi le mythe d’un Québec modèle en matière d’accueil et d’intégration. La communauté italienne n’a pas oublié le long conflit, parfois violent, qui l’a opposée, il y a plus de 40 ans, aux tenants de l’école française pour tous. On lui reprochait le choix, fait en toute légalité, de l’école anglaise, mais on oubliait, en même temps, que l’école qu’ils défendaient avait refusé, quelques années auparavant, beaucoup d’immigrants catholiques d’âge scolaire, dont l’auteur de ces lignes. Depuis cette époque, les immigrants, toutes origines confondues, sont perçus comme un facteur de recul du français, un frein au projet souverainiste et, dans le cas de la récente immigration musulmane, une menace au mode de vie québécois. Au fil du temps, les voleurs de jobs d’après-guerre se sont mués en voleurs de langue, avant d’être supplantés par les voleurs de laïcité.

Partout en Occident, les immigrants ont mauvaise presse. Dans un monde globalisé devenu de plus en plus opaque et anxiogène, certains médias, intellectuels et personnages politiques ont beau jeu de présenter l’immigration comme la source du mal-être et des angoisses de l’homme ubérisé et postindustriel. Les scénarios apocalyptiques ne manquent pas. En France, on craint le grand remplacement, en Italie, l’invasion, au Québec, le renoncement à soi (tel que théorisé par l’idéologue de la dérive identitaire du gouvernement Marois) et, partout en Occident, on confond la fin de notre civilisation avec sa métamorphose. […]

Les croisés de la langue

Décadence, choc des civilisations et islamisation de la société font partie des mythes sur lesquels reposent l’insécurité culturelle française et le discours populiste aussi triomphant que délétère. La contamination a heureusement été en grande partie endiguée. Malgré tous les efforts déployés par les émules québécoises de l’intelligentsia conservatrice hexagonale dans le but de transposer ses obsessions en sol québécois, force est de constater que nous tenons jalousement à notre singularité. Chez nous, le discours anti-immigrant emprunte d’autres voies, moins spectaculaires, mais non dépourvues d’efficacité. À côté de la vulgarité des radios-poubelles et du populisme de certains chroniqueurs, il y a la xénophobie sournoise des croisés de la langue. On en demande trop au français. La surconscience linguistique (Lise Gauvin) est une pathologie québécoise qui est loin d’être l’apanage des écrivains. Nous avons fait du français le symbole de notre destinée, le substitut du combat pour une souveraineté évanescente, le synonyme de notre culture et de notre identité, alors qu’il n’en est qu’un aspect. Nous croyons qu’il est porteur d’une vision du monde, alors que personne n’oserait soutenir qu’un assisté social a la même vision du monde qu’un privilégié ayant la même langue maternelle. Ce qui définit la vision du monde, c’est le discours : cette manière d’appréhender et de dire le réel liée à notre histoire de vie, à ce que chacun fait de ce qu’on a fait de lui, comme dirait Sartre. La même vision du monde peut être exprimée en plusieurs langues et par des individus de diverses origines.

La hiérarchie entre français langue maternelle et français langue seconde n’est pas défendable. L’objectif de la loi 101 était de faire du français langue maternelle une langue fraternelle. Dans une société pluriethnique comme la nôtre, l’utilisation du critère de la langue maternelle, dans les enquêtes sur l’état du français, fait le jeu des alarmistes et perpétue l’image de l’immigrant comme menace. C’est éthiquement inacceptable. Cette recherche obsessionnelle du nombre de francophones ayant le français comme langue maternelle relève de l’eugénisme linguistique. Selon les comptables de la langue, actuellement, à Montréal, seulement 48 % de la population sont de vrais francophones, ce qui m’exclut avec beaucoup d’autres. Si, par contre, on utilise la PLOP (première langue officielle parlée), on se rendra compte, selon Jean-Claude Corbeil, que les deux tiers des Montréalais sont plus à l’aise en français qu’en anglais, et que ce niveau se maintiendra pendant encore des décennies. Le français ne s’est jamais si bien porté au Québec si on tient compte de son évolution depuis 40 ans. Il n’y a jamais eu une telle proportion d’immigrants francophones. Au-delà de 90 % des Québécois connaissent le français. Et la très grande majorité des jeunes allophones fréquente les écoles françaises, souvent sans côtoyer un seul francophone de vieil établissement. Et quand ils se côtoient, ils le font entre pauvres, car la classe moyenne francophone envoie ses héritiers à l’école privée. Voilà des problèmes sociaux qu’il ne faudrait pas dénaturer en problèmes culturels.

Des pays et des villes sans immigrants ?

Le discours anti-immigrant n’est pas prêt de se tarir. Il suffirait qu’à l’insécurité culturelle s’ajoute l’insécurité économique pour qu’il bombe le torse. Des économistes préparent déjà le terrain. Selon eux, l’immigration relèverait de la philanthropie. Il n’y a pas longtemps, L’actualité coiffait un long article avec cette présomption : l’immigration entraîne des avantages économiques certains pour les immigrants eux-mêmes, citant les travaux d’un économiste réputé. Un de ses collègues de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, soutient pourtant le contraire : la contribution des immigrés à l’économie est supérieure à ce qu’ils reçoivent en matière de prestations sociales ou de dépenses publiques. Qui croire ? Une brève incursion dans l’histoire de l’immigration internationale révèle que les immigrants italiens et espagnols ont empêché la désertification de plusieurs zones rurales en France, que l’industrie automobile allemande et française n’aurait pas eu le même essor sans les immigrants turcs et maghrébins, et que l’industrialisation des États-Unis n’aurait pas été possible sans la marée d’immigrants d’il y a plus d’un siècle. 80 % des Torontois et 40 % des Montréalais sont des immigrants de première ou deuxième génération. Peut-être faudrait-il commencer par imaginer ce que seraient tous ces pays et ces villes s’il n’y avait pas eu d’immigrants. Mais cela n’est pas du ressort des économistes, c’est le privilège des romanciers et des poètes.

37 commentaires
  • Richard Génois Chalifoux - Inscrit 3 mars 2017 00 h 33

    À la guerre comme à la guerre

    On a quelquefois l’impression que certains immigrants que l’on a accueillis chez-nous parce qu’il y avait la guerre dans leur pays se croient mandatés par dieu sait qui pour venir nous enseigner comment la faire ici.

  • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2017 01 h 36

    Excusez moi mais je ne parviens pas à saisir le propos de votre lettre.

    Je n'arrive pas non plus à me sentir coupable.

    Si telle était votre intention...

    • Jean-Christophe Leblond - Abonné 3 mars 2017 09 h 03

      Si votre compréhension des choses se limite à ressentir ou non la culpabilité, je comprends maintenant beaucoup mieux ces débats de sourds où toute dénonciation d'une injustice est systématiquement assimilée à de la culpabilisation.

    • Gilles Théberge - Abonné 3 mars 2017 10 h 00

      Non ce n'est pas ça monsieur Leblond. C'est que je trouve que les chose ou les reproches ne sont pas clairs.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 3 mars 2017 10 h 23

      Jean-Christophe Leblond

      a-t-on déjà forcé un individu à immigrer au Canada avec un fusil sur la tempe?

    • André Joyal - Abonné 3 mars 2017 10 h 34

      À vrai dire, M. Thébèrge, je crois qu'effectivement notre ami écrivain a écrit ce trop long texte sous le coup de la colère. Dans le passé, il nous a habitué à des textes beaucoup plus pertinents et dépourvus d'ambiguïtés comme c'est le cas avec cet article.
      À quoi bon nous rappeler le chauffeur de taxi détenteur d'un doctorat en philo ou en histoire? Oui, le taux de chômage des immigrants, surtout des Maghrébens, est à déplorer fortement. Mais, il se peut que le fait d'être immigrant n'y soit pour rien. J'ai pris très souvent des taxis à Rio ou à Sao Paulo dont le chauffeur était détenteur de tels doctorats, et ils étaient ... brésiliens pure sucre de canne.

      Exemple d'ambiguïté: après avoir lu 3 fois son extrait d'un texte de «L'actualité» et un autre de l'OCDE, je ne vois pas la contradiction.

      Vraiment, espérons que M. Micone nous reviendra lorsqu'il sera de meilleur poil. Et, j'invite la rédaction du Devoir à être plus circonspecte la prochaine fois, en le conseillant, s'il y a lieu, comme doit le faire tout bon responsable de la rédaction d'un journal.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 mars 2017 17 h 16

      Vous avez raison M. Théberge, les diatribes de notre écrivain sont très difficiles à saisir.

      Ceci étant dit, l'intégration fonctionne quand les immigrés sentent qu'ils ont non seulement des droits, mais aussi des devoirs. Malheureusement, certains immigrés resteront toujours des étrangers de façon volontaire par l'odieux concept du communautarisme. C'est à se demander si leur place serait plutôt mieux dans leur pays d'origine, pour notre bien et pour le leur.

      Je serai toujours consterné de voir les gens faire du Québec "bashing" pensant que la situation est plus rose ailleurs "in the marvelous country of Canada". Je suis Franco-Ontarien et je peux vous affirmer ceci sans l'ombre d'un doute. Les sentiments anti-immigration n'ont rien à voir avec l'insécurité linguistique ou culturelle des Québécois dans le ROC et pourtant la même méfiance existe envers les immigrants et c'est bien plus pire. Pensez-vous pour une minute que les Orangistes du Sud-Ouest de l'Ontario voient d'un bon œil cette immigration non voulue? Pardieu, allumez SVP. Le Canada n'est pas multiculturaliste à part d'une certaine élite qui vit dans les tours d'ivoire.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 mars 2017 17 h 16

      Vous avez raison M. Théberge, les diatribes de notre écrivain sont très difficiles à saisir.

      Ceci étant dit, l'intégration fonctionne quand les immigrés sentent qu'ils ont non seulement des droits, mais aussi des devoirs. Malheureusement, certains immigrés resteront toujours des étrangers de façon volontaire par l'odieux concept du communautarisme. C'est à se demander si leur place serait plutôt mieux dans leur pays d'origine, pour notre bien et pour le leur.

      Je serai toujours consterné de voir les gens faire du Québec "bashing" pensant que la situation est plus rose ailleurs "in the marvelous country of Canada". Je suis Franco-Ontarien et je peux vous affirmer ceci sans l'ombre d'un doute. Les sentiments anti-immigration n'ont rien à voir avec l'insécurité linguistique ou culturelle des Québécois dans le ROC et pourtant la même méfiance existe envers les immigrants et c'est bien plus pire. Pensez-vous pour une minute que les Orangistes du Sud-Ouest de l'Ontario voient d'un bon œil cette immigration non voulue? Pardieu, allumez SVP. Le Canada n'est pas multiculturaliste à part d'une certaine élite qui vit dans les tours d'ivoire.

  • Nadia Alexan - Abonnée 3 mars 2017 02 h 15

    When in Rome, do as the Romans do!

    Vous n'avez pas raison, monsieur Marco Micone, de mettre tous les immigrants dans le même panier. Vous avez raison que les immigrants parfois sont relégués aux pires emplois comme vous dites et le Québec se sert de «quelques dizaines de milliers de travailleurs agricoles saisonniers et de gardiennes d’enfants et de vieillards venant de pays pauvres...»
    Le sort des travailleurs saisonniers au Canada et au Québec est lamentable et inhumain. Le fait que les diplômes des immigrants ne sont pas reconnus doit être redressé. Mais vous n'avez pas raison de dire que les pauvres immigrants sont maltraités et mal vus par la société québécoise. La plupart des immigrants sont très bien intégrés à la société québécoise et ils sont très épanouis.
    Malheureusement, il y'a quelques immigrants qui veulent nous imposer leurs accommodements et leur religion dans l'espace public et ils ne veulent pas adhérer à nos valeurs (pas identitaires, mais universelles) et à notre culture. Ils veulent nous ramener la religion dans nos instances publiques après qu'on l'a évacuée de nos institutions. Ils ne veulent pas comprendre qu'ici il y'a une séparation entre l'Église et l'État et il y'a l'égalité homme/femme.
    Je vous conseille de lire la lettre de Madame Monique Khouzam-Gendron: «Islamophobie : être équitable ou politiquement correct » ? Dans le même journal d'aujourd'hui. Vous pouvez aussi consulter le «Manifeste pour un islam de liberté et de citoyenneté» par la majorité musulmane, silencieuse, dans le Devoir du 21 février 2017.

    • Jean-Henry Noël - Abonné 3 mars 2017 08 h 46

      À condition que vous nous traitez en Romains. Ce qui est loin d'être le cas. Au Québec, il y a les Québécois de souche et les autres habitants du Québec.Voilà un excellent article qui expose clairement cette dichotomie. Il expose le rejet des Italiens des années soixante, immigrants blancs et catholiques. Maintenant, il y a le rejet des musulmans arabes. Le lien entre ces deux rejets, c'est la xénophobie proverbiale des Québécois.N'oubliez pas qu'au bout de troians au Canada, un immigrant peut acquérir la nationalité canadienne. Dans une démocratie qui se respecte, il ne peut y avoir différents types de citoyens. Si la majorité prétend imposer à des minorités leurs «valeurs», à mon avis, cela devrait se régler devant les tribunaux. J'invite mes amis québécois à lire cet article avec un esprit ouvert et surtout, surtout à ne pas le rejeter du revers de la main.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 3 mars 2017 10 h 29

      Jean-Henry Noël

      il y a les immigrants qui sont dans des emplois qu'ils ne désirent pas et il y a les immigrants qui, par exemple, profitent largement de travail à la Commission scolaire de Montréal en étant payés pour les congés fériés de leurs cultures et étant payés aussi pour les congés payés pour les fêtes historiques et religieuses du pays qui les accueille.

      Cela aussi il faut en parler.

    • Sylvain Deschênes - Abonné 3 mars 2017 14 h 48

      M. Noël. Quand on utilise une expression comme "la xénophobie proverbiale des Québécois", on est dans une rhétorique raciste. De plus, vous ne semblez pas au fait d'une réalité pourtant bien connue du Canada: les Canadiens français y sont une minorité et c'est cette minorité qui se fait imposer les règles de la majorité.

  • Yves Côté - Abonné 3 mars 2017 05 h 40

    Non Monsieur...

    Monsieur Micone, j'habite en France maintenant depuis plus de vingt ans et il ne se passe pas beaucoup de semaines sans que je ne vous donne en référence à des Français auxquels je m'adresse. Vous jouez un grand rôle dans ce que je crois être ma compréhension des choses au sujet des personnes qui émigrent et des autochtones de tout pays qui les accueillent. "Autochtones" au sens premier et non au sens canadien, refaçonné par une échelle de valeurs britaniques qui reste à domination sociale orangiste.
    Mais passons puisque si cela est selon moi souvent le véritable "sujet du jour", ce que j'écris là-dessus n'a pas pour commune mesure d'intéresser grand monde...
    Merci donc au Devoir qui persiste à ouvrir à ses lecteurs et lectrices les mots de tous et toutes !
    Monsieur, vous vous trompez grandement lorsque vous écrivez que "Nous avons fait du français le symbole de notre destinée..." et que vous appuyez sur cette idée votre argumentaire.
    Cette idée Monsieur, sans même que vous vous en rendiez compte je crois et ce ne peut être que normal, est la justification ultime que le Canada impose à la légitimité de la minorisation des francophones.
    En réalité, c'est la contrainte historique, donc politique, sociale, économique, morale, religieuse, etc. dans laquelle la puissance des armes, celle qui devient à postiori inconstestable par les jeux internationaux, hier comme aujourd'hui, dans laquelle nous avons été plongée comme peuple qui a fait du français le symbole partagé de notre destiné.
    Et ce, alors qu'encore naissant, notre collectivité était déjà bien enracinée.
    Le français est le seul témoignage incontestable qui reste du refus persistant de notre société, métissée en tout, à abdiquer de nos droits humains sur notre territoire national.
    Monsieur, c'est l'obsession des uns à vouloir désarmer les cultures qui sont antérieures à la leur qui donne aux Québécois de se reconnaître dans le minimum vital restant qu'est la langue française.
    Et pas l'inverse.

    • Louise Melançon - Abonnée 3 mars 2017 09 h 08

      merci, monsieur Côté, pour cette réponse... Bravo!

  • Pierre Desautels - Abonné 3 mars 2017 07 h 31

    Très bon texte.


    Merci de nous faire voir l'autre côté de la médaille. Il y a beaucoup de gens frustrés dans notre belle société et c'est trop facile, en cette période d'insécurité culturelle et économique de casser du sucre sur le dos des immigrants. Mais ce phénomène est mondial. Il faut bien trouver des boucs émissaires.

    Le Québec a été forgé de peine et de misère et cela, avec l'aide des immigrants, ne l'oublions pas. En tant que peuple minoritaire, nous devrions être les derniers à s'en prendre à des minorités. Et le comble, c'est de voir des francophones de souche s'en prendre à des francophones d'ailleurs parce qu'ils sont musulmans. Cohérence, où te caches-tu?

    Il y a des gens d'ici qui devraient changer de discours et peut-être, voyager un peu. Ces gens sont minoritaires, mais polluent le débat.