Les leçons de la gauche vertueuse

«Ne disons rien non plus du syndicalisme étudiant et de la tournure du Printemps érable, voire des tentatives critiques de ce soulèvement printanier, qu’on aime imaginer tout d’un bloc, sans conflits internes, irréprochable à tous égards», écrit Gilles McMillan.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir «Ne disons rien non plus du syndicalisme étudiant et de la tournure du Printemps érable, voire des tentatives critiques de ce soulèvement printanier, qu’on aime imaginer tout d’un bloc, sans conflits internes, irréprochable à tous égards», écrit Gilles McMillan.

Trois camarades de la revue À bâbord ! se fendent d’un texte courageux et perspicace, « Gauche politique : rebondir » (Le Devoir, 27 février 2017), pour s’inquiéter de l’arrivée du grossier Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui ne serait que le prodrome d’une déferlante de la droite réactionnaire, particulièrement en Europe, disent-ils. Pourquoi le Québec échapperait-il à ce prévisible tsunami ? Et d’y aller d’un diagnostic qui dénonce avec raison les affairistes du PQ et du Parti libéral qui, pourrait-on préciser, travaillent depuis longtemps à privatiser le monde, à le déshumaniser, par sa vision gestionnaire de la nature comme des liens sociaux.

Le texte du trio se veut aussi mobilisateur en invoquant différents scénarios pour changer radicalement cette politique suicidaire, tous réalisables, si les hommes et femmes de la « gauche conséquente » rassemblés en réseaux chez les féministes et les écologistes, dans les syndicats et les groupes populaires, unissent leurs forces, inspirés par les propositions récentes de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) et du groupe Faut qu’on se parle (FQSP).

Hélas, et c’est extrêmement regrettable, pas l’ombre de la moindre autocritique dans leur texte : la gauche serait « conséquente » depuis toujours — et conséquente avec quoi au juste ? C’est sans doute ce qui explique que le consensus social au Québec soit si massif et qu’on a tellement l’impression, comme le remarquent avec justesse les auteurs, d’« une période morose et glauque », qu’ils comparent à la Grande Noirceur de Duplessis. Peut-être pire, dirais-je.

Il semble que la gauche de l’époque avait plus de mordant, une plus grande capacité d’unification et davantage d’affinités avec les classes populaires. C’est du moins la conclusion qu’on peut tirer des exemples mêmes avancés par le trio. Mais non : la gauche toujours et encore irréprochable.

Sortir du religieux

C’est sans doute cet esprit de conséquence sans faille qui explique pourquoi les syndicats, comme le déplorent d’innombrables « vieux » militants depuis plusieurs années, sont devenus de véritables partenaires de l’entreprise privée et des grandes sociétés d’État, à commencer par le système d’éducation ; que les secteurs du primaire et du secondaire ne semblent jamais préoccuper la gauche universitaire ; qu’aucune réflexion sur ce qu’est devenu le travail dans nos sociétés ne semble émaner des centrales syndicales, sinon pour revendiquer timidement un salaire minimum plutôt que décent.

Ne disons rien non plus du syndicalisme étudiant et de la tournure du Printemps érable, voire des tentatives critiques de ce soulèvement printanier, qu’on aime imaginer tout d’un bloc, sans conflits internes, irréprochable à tous égards. C’est encore grâce à cette gauche que de grands pans de la société québécoise, comme ailleurs dans le monde, sont tentés par d’effroyables populismes réactionnaires ; qu’on n’entend rien venant de la gauche officielle sur la destruction des liens sociaux quand il est question de racisme ou d’islamophobie. Quant à la question culturelle, au sens sociologique du terme, la vertueuse gauche a vraisemblablement décidé de tourner la page pour ne pas salir ses blanches mains sur l’identité nationale, forcément rétrograde et synonyme de frilosité mesquine : sujet de discussion et de discorde gênant à l’ère de la mondialisation, d’un engouement fébrile pour le multiculturalisme, la diversité et la culture numérique — ne pas confondre avec la pluralité sociale.

La gauche officielle

Se pourrait-il que le malaise dans la démocratie qu’on déplore dans nos institutions politiques concerne tout autant les organisations de la gauche officielle ? « Bien sûr que non. Pas nous ! »

Depuis plusieurs années, en Europe et aux États-Unis, des auteurs provenant de divers horizons de la pensée s’interrogent sur ce que la gauche est devenue, notamment sur la rupture politique qu’elle a effectuée avec les classes populaires, sur ses alliances avec le libéralisme culturel, le droit libéral et la religion du progrès. Ici, en ce pays, silence critique : la gauche toujours démocratique, moderniste et progressiste pour le mieux, tournée vers la défense du plus grand nombre, ouverte sur l’autre, la nature, la technique, la nouveauté.

Comme le disent les Saints Évangiles, il est toujours plus facile de voir le fétu de paille dans l’oeil du voisin que la poutre dans le sien. C’est forcément le Livre qui vient à l’esprit pour définir cet angélisme. On ne sort pas facilement du religieux au Québec, surtout quand il se drape de la Raison politique, de gauche comme de droite. On pense aussi au dernier recueil de textes de Bernard Émond, dont le titre peut d’abord sembler anachronique par sa référence à la gauche doctrinaire des années 1960-1970, mais qui trouve toute son actualité avec le texte des gens d’À bâbord ! : Camarade, ferme ton poste !

N’est-ce pas ce qu’on appelle prendre la gauche au bond ?

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35 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 1 mars 2017 01 h 26

    Un examen de conscience s'impose!

    En délaissant la philosophie des Lumières en matière sociale, pour défendre les intérêts politiques et prosélytes des religions obscurantistes, la gauche a trahi ses propres principes progressistes. Traditionnellement, la gauche a toujours défendu les idées progressistes comme l'égalité homme/femme, la liberté d'expression, et la neutralité de l'état. Et maintenant, la gauche est devenue le plus grand défenseur de la noirceur, du fanatisme et de la misogynie! Un examen de conscience s'impose!

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 08 h 48

      À Nadia Alexan,

      "En délaissant la philosophie des Lumières en matière sociale, pour défendre les intérêts politiques et prosélytes des religions obscurantistes"- Nadia Alexan

      C'est négliger de dire que QS appuyait 90% des dispositions de la Charte et allait même beaucoup plus loin que le PQ en matière de laicité de l'État, notamment sur la question de la fin du financement public des écoles confessionnelles et des exemption de taxes pour les organismes religieux; et que sa réserve reposait essentiellement sur le fait de faire perdre des emplois (premier et plus fort moyen d'intégration) aux femmes portant le hijab ; ce qui est tout à fait défendable d'un point de vue féministe.

      D'ailleurs la gauche (celle de QS en tous cas) ne défend pas l'obscurantisme religieux, si toutefois c'est de QS dont vous parlez.

      Et ce n'est de toute manière pas en enlevant de force le voile que des femmes portent sur leur tête, qu'on enlèvera certaines idées qui sont dans la tête.

      Tout cela passe par l'inclusion (par l'emploi), l'immersion, l'information et l'éducation et non par la coercition.

      Christian Montmarquette

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 11 h 59

      @ C Montmarquette
      Vous écrivez "sa réserve( à QS) reposait essentiellement sur le fait de faire perdre des emplois (premier et plus fort moyen d'intégration) aux femmes portant le hijab ; ce qui est tout à fait défendable d'un point de vue féministe."
      Pourquoi les adversaires de la Charte, dont vous êtes sans doute," oublient" toujours de préciser que cet éventuelle perte d'emploi concernait uniquement les emplois dans la fonction publique et que ce vous appelez abusivement une perte d'emploi était en fait une demande de faire un choix( pas uniquement pour les femmes même si elles étaient très majoritaire ) choix entre leur attachement à vouloir afficher un signe religieux et leur emploi dans la fonction publique. Ai-je besoin de préciser que choisir l'emploi pluôt que le port du signe religieux est tout à fait défendable du point de vue féministe !

      Pierre Leyraud

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 13 h 55

      À Pierre Leyraud,

      "Pourquoi les adversaires de la Charte, dont vous êtes sans doute," oublient" toujours de préciser que cet éventuelle perte d'emploi concernait uniquement les emplois dans la fonction publique.." - Pierre Leyraud,

      Ce n'est pas un oubli.

      Après 7 mois de débats et une élection fortement polarisée sur la Charte, je croyais que cela tombait sous le sens.

      Vous dites.. "Ai-je besoin de préciser que choisir l'emploi pluôt que le port du signe religieux est tout à fait défendable du point de vue féministe.."

      Il est justement là le problème, que d'exiger que ces femmes soient contraintes de renier leurs convictions personnelle et leurs pratiques religieuses pour pouvoir se qualifier pour un emploi dans la Fonction publique. Alors que c'est l'État, les lois et les institutions qui sont laïques dans la laîcité et non les individus.

      Il existe d'ailleurs des musulmanes féministes..

      - Allez-vous leur refuser un emploi dans la fonction publique, alors que non seulement elles portent vos propres valeurs, mais qu'elles sont compétentes pour le poste?

      Comme dit le proverbe..

      L'habit ne fait pas le moine..

      Christian Montmarquette

    • Benoît Landry - Inscrit 1 mars 2017 15 h 09

      @M Leyraud. Je répondrais personnellement n'est-ce pas incohérent, inconséquent de demander à des femmes d'enlever leur voile pour travailler dans la fonction public d'un État alors que cet État finance l'éducation religieuse.

      Que l'État commence par se comporter de façon cohérente dans ses institutions avant et au lieu d'exiger que ce soit les individus ( ici les femmes ) qui soient la garantie de la laïcité de l'État.

      Moi aussi j'étais à 90 % d'accord avec cette charte, mais cette attitude paternaliste , incohérente sur cette question du voile, me faisait demander qu'on amende la charte en véritable laïcité plutôt qu'en une catholaïcité. Mais Dranivile et cie ont préféré faire preuve d'intransigeance pour une question électorliste et faire du millage sur le dos des femmes musulmanes.

    • Raynald Richer - Abonné 1 mars 2017 16 h 24

      @Nadia Alexan

      Je suis d’accord avec vous, mais pas pour la misogynie. Si elle vous parait comme ça, c’est parce qu’elle doit satisfaire plusieurs maîtres.

      Je crois que la gauche officielle dont parle l’auteur est plus une gauche du type “Radio-canadienne”.

      Si elle est résolument féministe, LGBT, multiculturelle, pro immigration sans limites, antinationalisme, elle est aussi pro gouvernemental, et de centre droit au niveau économique. Bref, ce n’est pas parce qu’on est pro LGBT ou autre que l’on s’identifie nécessairement à la gauche économique ou encore que l’on se préoccupe des travailleurs, ouvriers, du développement des régions, des emplois ou de la pauvreté.

      Il y a confusion du rôle de la gauche. Il semble que “notre gauche médiatique” s’est négocié un espace qui lui permet d’aborder certains sujets, tant et aussi longtemps, quelle ne dérange pas ceux qui s’occupe “des vraies affaires”. De cette façon, on peut discuter de ce que l’on écrit sur la porte des toilettes, mais l’on s’assure que la répartition de la richesse ne change pas.

      Bref c’est une gauche assez superficielle, condescendante, agressive et pleine de contradiction, et je crois que la phrase du texte qui la résume le mieux est:

      "...la rupture politique qu’elle a effectuée avec les classes populaires, sur ses alliances avec le libéralisme culturel, le droit libéral et la religion du progrès." (on pourrait enlever “du progrès”).

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 16 h 49

      @B Landry
      Je ne savais pas que l'incohérence,l'inconséquence pouvait servir d'argument pour disqualifier une bonne décision( enlever le voile) parce qu'on a pris par ailleurs une mauvaise décision (financement de l'Éducation religieuse) ! Dois je comprendre que vous préférez un gouvernement qui prend toujours des décisions dans le même sens, cohérentes mais éventuellement mauvaises à un gouvernement qui prend des décisions de cohérence douteuse mais qui sont parfois de bonnes décisions ? Surprenant ?
      Pierre Leyraud

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 18 h 01

      À Pierre Leyraud,

      "Pourquoi les adversaires de la Charte, dont vous êtes sans doute," oublient" toujours de préciser que cet éventuelle perte d'emploi concernait uniquement les emplois dans la fonction publique.." - Pierre Leyraud,

      Ce n'est pas un oubli.

      Après 7 mois de débats et une élection fortement polarisée sur la Charte, je croyais que cela tombait sous le sens.

      Vous dites.. "Ai-je besoin de préciser que choisir l'emploi pluôt que le port du signe religieux est tout à fait défendable du point de vue féministe.."

      Il est justement là le problème, que d'exiger que ces femmes soient contraintes de renier leurs convictions personnelles et leurs pratiques religieuses pour pouvoir se qualifier pour un emploi dans la Fonction publique. Alors que c'est l'État, les lois et les institutions qui sont laïques dans la laïcité et non les individus.

      Il existe d'ailleurs des musulmanes féministes..

      - Allons-nous leur refuser un emploi dans la fonction publique, alors que non seulement elles sont compétentes pour le poste mais qu'elles appuient la lutte féministe..?

      Comme dit le proverbe.. L'habit ne fait pas le moine..

      Christian Montmarquette

    • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 1 mars 2017 20 h 41

      « En délaissant la philosophie des Lumières en matière sociale, pour défendre les intérêts politiques et prosélytes des religions obscurantistes, la gauche a trahi ses propres principes progressistes. » (Nadia Alexan)

      De plus, ce qui fascine, c’est que la « gauche » est comme non outillée pour proposer une vision politique du monde progressiste cohérente … pendant que la « droite », elle, réussit son néolibéralisme !

      Entre les deux, droite et gauche, les notions de « leçon vertueuse » demeurent comme …

      … sans objet ni sujet d’intérêt ! - 1 mars 2017 -

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 20 h 52

      "Mais Dranivile et cie ont préféré faire preuve d'intransigeance pour une question électorliste et faire du millage sur le dos des femmes musulmanes." - Benoît Landry

      Je ne saurais dire mieux, M. Landry.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 23 h 10

      @ C Montmarquette Nouvel Oubli ?

      Outre le fait qu'on voit assez mal que ce peut bien être une loi "laïque" cette fois ci vous "oubliez" de mentionnez le devoir de reserve que devraient avoir des agents de la fonction publique qui ne sont pas n'importe quels individus? Décidément, mémoire, mémoire ...

      D'autre part, j'ose espérer qu'à toutes les femmes qui dans le monde et entre autre dans les pays musulmans luttent pour ne pas avoir àporter le voile vous ne leur dites pas, comme vous nous le rappeler ,"Comme dit le proverbe.. L'habit ne fait pas le moine.. "
      D'ailleurs pourquoi n'utilisez-vous le même proverbe pour dire aux femmes voilées que, finalement, face à l'éventuel choix -voile ou emploi- le voile n'est pas si important puisque,en paraphrasant le proverbe, '" le voile ne fait pas la musulmane " !

      Pierre Leyraud

  • Yves Côté - Abonné 1 mars 2017 03 h 13

    Du Printemps Erable à la saison des Lys ?

    "Je cultive la conviction que le Québec n'est pas d'abord un territoire, mais une suite originale de saisons. L'hiver y étant un pays depuis toujours et l'Eté des Indiens un espace de mélancolie depuis quelques années, le printemps y deviendrait-il maintenant un territoire de combat contre les injustices sociales ? Comme un genre nouveau de mai 68, mais en version québécoise contemporaine ?
    Pour ne rien vous cacher, le réchauffement climatique qui devient habituel au Québec m'a semblé être passablement imité en 2012, par un échauffement politique remarquable. Et ensuite, par des tumultes d'actualité concis d'érables. Si vous m'accordez de le dire ?"

    Premières phrases de l'ouvrage : Du Printemps Erable à la saison des Lys ?, automne 2012 (qui reste sans éditeur).

    Tourlou !

  • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 07 h 27

    UNE CRITIQUE AUTO-RÉFLEXIVE !

    Monsieur G McMillan vous êtes-vous rendu-compte que votre rexte illustre parfaitement ce que vous prétendez dénoncer en écrivant "il est toujours plus facile de voir le fétu de paille dans l’oeil du voisin que la poutre dans le sien"
    Même si on peut partager plusieurs de vos constats, vous n'allez pa plus loin que ces constats et avec comme titre "Les lecons de la gauche vertueuse" on pouvait s'attendre à ce que vous en tiriez quelques leçons ! Néant ! Rien ! Décidément la gauche que vous défendez nous a fait faux bond !
    Pierre Leyraud

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 08 h 50

      Heureux d'être encore une fois d'accord avec vous M. Leyraud.

      Ce texte ne tient pas la route, et ce, de manière générale.

      Christian Montmarquette

    • Jean Jacques Roy - Abonné 1 mars 2017 09 h 44

      Monsieur Leyraud, je partage votre opinion devant un texte qui tient plus à du ressentiment personnel qu'à une analyse politique du contexte social et politique.

      En ce sens, l'écrit de Monsieur McMillan nous ramène à une époque heureusement dépassée, époque où une certaine frange infantile, auto-proclamée de gauche, se livrait à des batailles de chapelles.

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 mars 2017 11 h 32

      Ce texte ne m'est pas apparu comme une dénonciation mais un simple constat que vous même partagez en partie, monsieur Leyraud. Qu'est-ce qui vous choque. La gauche qu'il défend vous a fait faux bond dites-vous... Si c'est à la gauche "d'hier" que vous faites allusion, sachez que loin d'avoir échoué, elle est responsable de biens des avancées sociales que les générations suivantes ont laissé s'étioler, faute de s'en occuper en prenant tout pour acquis et se laissant berner par le miroir aux alouettes de la modernité et de la course à la réussite.

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 13 h 46

      @H Paulette
      Rien me choque dans ce texte, mais je suis toujours dubitatif quand je lis un texte qui adopte une attitude qui reproduit ce qu'il dénonce !
      J'ai écrit " Décidément la gauche que vous défendez nous a fait faux bond !" . pour signifier qu'on attend en vain les positions de gauche qu'il défend et, en passant , rien indique qu'il s'agit de la gauche "d"hier". Ce n"est donc pas à la gauche "d'hier" que je faisais allusion.
      Pierre Leyraud

  • Cyril Dionne - Abonné 1 mars 2017 07 h 49

    La gauche a échoué, lamentablement échoué

    "...que les secteurs du primaire et du secondaire ne semblent jamais préoccuper la gauche universitaire..."

    Oh! Que c'est vrai. La gauche universitaire des tours d'ivoire ne se préoccupent des apprenants qui œuvrent au primaire et secondaire. Ce que la plupart de ces révolutionnaires des tours d'ivoire oublient, c’est que ce sont les écoles primaires et secondaires qui conduisent les étudiants aux études postsecondaires. Et là, les facteurs socio-économiques de ces futurs étudiants entrent en ligne de compte puisque ceux-ci déterminent de façon darwinienne, l’éligibilité aux hautes études. Tout en étant conscientisé que le succès scolaire dépend non seulement du quotient intellectuel de l’individu, mais plus important encore, de sa volonté de réussir, les facteurs socio-économiques dont celui-ci a hérité, déterminera la viabilité de son cheminement pédagogique dans les écoles primaires et secondaire, et malheureusement, définira souvent son accès aux études postsecondaires.

    "...la rupture politique qu’elle a effectuée avec les classes populaires, sur ses alliances avec le libéralisme culturel, le droit libéral et la religion du progrès."

    Ridicule vous ne pensez pas. Dire qu'on se préoccupe des gens ordinaires et pourtant nos érudits de la gauche salon énoncent des politiques qui vont à l'encontre de leurs intérêts. Le libéralisme culturel est toujours plus beau et noble pour nos Don Quichotte de la gauche caviar.

    Personne n'est contre la vertu mais il y a toujours ses limites. C'est pour cela que la gauche a échoué, échoue, et échouera dans le futur. En fait, la gauche ne répond plus aux besoins des gens qu'elle dit représenter.

    • Christian Montmarquette - Abonné 1 mars 2017 14 h 15

      À Cyril Dionne,

      La véritable gauche politique n'a pas échoué au Québec.

      Elle est au contraire en constante progression depuis 2006, et encore de 60,000 vote de plus en 2012 qu'en 2014; soit l'équivalent de deux circonscriptions gagnantes en termes de votes absolus.

      D'ailleurs, toute votre histoire de "gauche caviar", n'est que du galvaudage de préjugés.

      Et la preuve, c'est que Manon Massée n'est pas déconnectée dans une tour d'ivoire comme vous dites, mais a reçu tant d'appuis populaires qu'elles est députée à l'Assemblée nationale.

      D'ailleurs, s'il est une fausse gauche-caviar au Québec, c'est bien celle du PQ avec la multi-millionaire Pauline Marois et le milliardaire à PKP qui se prennent pour de la gauche en gavant les banques et les multinationales à coups de milliards pendant qu'ils coupent dans l'aide sociale à chaque foutues de fois qu'ils prennent le pouvoir.

      Christian Montmarquette

  • Gilbert Turp - Abonné 1 mars 2017 07 h 51

    Texte éclairant

    Je suis d'accord avec cette description du divorce entre une certaine gauche et le peuple (un vieux mot que cette gauche ne dit plus que du bout des lèvres). Du moins, il me semble que c'est ce que nous vivons.

    Historiquement, au Québec, chaque fois que les élites se sont ainsi éloignées du peuple, elles sont devenues sermonneuses et ont fini par quitter le terrain et les luttes de fond pour se mettre au service du pouvoir (au sens statu quo et establishment du terme).

    • Irène Doiron Et M. Pierre Leyraud - Abonnée 1 mars 2017 17 h 56

      @ G Turp
      Quand vous écrivez,à propos du mot "peuple" "un vieux mot que cette gauche ne dit plus que du bout des lèvres", vous conviendrez, je l'espère, que, sans autres précisions, son emploi, ad nauseum, par la droite et l'extrême-droite rend l'utilisation de ce mot problématique !
      Pierre Leyraud

    • Christian Montmarquette - Abonné 2 mars 2017 03 h 54

      Corrigé.

      À Pierre Leyraud,

      @ G Turp Quand vous écrivez, à propos du mot "peuple" "un vieux mot que cette gauche ne dit plus que du bout des lèvres", vous conviendrez, je l'espère, que, sans autres précisions, son emploi, ad nauseam, par la droite et l'extrême-droite rend l'utilisation de ce mot problématique!" - Pierre Leyraud

      Je vous donne aussi raison là-dessus M. Leyraud.

      La gauche républicaine, dont je suis, préfère, et de loin, le vocable "citoyen", où les gens sont à la base du pouvoir politique et des acteurs de leur démocratie et non le peuple ou des sujets d'un monarque.

      Il y a quelque chose de consternant chez certains péquistes qui, d'un côté veulent l'indépendance et leur autonomie, mais continuent de manifester leur attachement à la culture de la monarchie.

      Je pense entre autres choses..

      Au remplacement du terme "indépendance" par "souveraineté"; au bipartisme et au mode de scrutin britannique uninominal à un tour qui a tendance à créer des gouvernements quasi-monacharchique; au parti de chef comme au PQ et au fleurdelisé à l'image même de la monarchie française et de la croix catholique.

      Il me semble que pour des gens qui recherchent leur libération nationale, qu'il y a là un paradoxe plutôt frappant, et qui vient, je crois, de la confusion entre une simple indépendance territoriale et culturelle et une véritable "libération du peuple" de ses oppresseurs si j'ose dire.

      Une libération citoyenne dont un parti de droite et assoiffé de pouvoir comme le Parti québécois ne veut de toute évidence pas.

      Christian Montmarquette

    • Gilbert Turp - Abonné 2 mars 2017 08 h 24

      Oui, monsieur Leyraud, j'en conviens tout à fait. Et c'est une véritable tragédie que ce mot, indubitablement social-démocrate dans mon esprit et fortement relié à l'histoire collective, ait été récupéré par le néo-libéralisme et son pendant moral individualiste et a-historique, comme les mots révolution, liberté, etc...
      Si au nom de cette récupération je me prive d'user de ces vieux mots, il me semble que je cède à la droite quelque chose que je n'ai aucune raison de céder et qui appartient de plein droit à mon héritage social-démocrate.