Prévisions électorales: tous se trompent!

Le PQ a encaissé une défaite claire et qui était surtout imprévisible au moment du déclenchement de la campagne en 2014. Aux côtés de Pauline Marois, Jean-François Lisée et Claude Blanchet.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le PQ a encaissé une défaite claire et qui était surtout imprévisible au moment du déclenchement de la campagne en 2014. Aux côtés de Pauline Marois, Jean-François Lisée et Claude Blanchet.

Le directeur du Devoir, Brian Myles, anime ce soir à 19 h 30 au Musée de l’Amérique francophone à Québec un « Devoir de débattre » consacré au rôle des sondages en politique. Les panélistes seront Christian Bourque, Louise Beaudoin, Thierry Giasson et Lucie Leclerc. Pour lancer la discussion, nous proposons cette réflexion de Nicole Stafford.

Lorsque j’ai commencé à m’impliquer dans l’organisation électorale à titre de militante au début des années 70, une règle d’or s’appliquait : une élection se gagnait avant son déclenchement. Une campagne électorale permettait de faire connaître les engagements et les candidats de chaque parti, à consolider le vote de ses partisans et surtout à le faire « sortir ».

Au cours des ans, ce paradigme a évolué. Signalons notamment la montée en importance du grand débat télévisé qui pouvait marquer un tournant dans la campagne, le vainqueur désigné par les médias avait alors le vent dans les voiles jusqu’au jour du vote. Mais depuis les cinq dernières années, une autre réalité s’impose aux stratèges politiques : il est devenu pratiquement impossible de prévoir des résultats en début de campagne.

Sept exemples

En mars 2014, tous les sondages publics mettent le PQ largement en avance, les grands quotidiens titrent même « Le PQ en terrain majoritaire ». La pression médiatique en faveur d’un déclenchement étant très forte et aussi pour revalider notre orientation, nous avions procédé à trois sondages internes successifs : les trois nous confirmaient une confortable avance. Par ailleurs, notre bilan, nos engagements, notre équipe renouvelée de candidats, jeunes, brillants et provenant de divers horizons, la popularité de notre chef qui dominait ses adversaires de plus de 20 % comme meilleur premier ministre… Bref, les indicateurs utilisés habituellement étaient tous alignés pour annoncer une campagne victorieuse. Pourtant, en quelques jours, tout s’est effondré. L’analyse des causes varie, mais le fait est que le PQ encaisse une défaite claire et qui était surtout imprévisible au moment du déclenchement de la campagne.

L’écart entre les prévisions de début de campagne et les résultats de l’élection de 2014 était-il un accident ou le début d’une démonstration que les modèles avec lesquels la politique conjugue ne tiennent plus ?

En septembre et octobre 2015  alors que la campagne électorale fédérale bat son plein, tous les sondeurs, analystes, chroniqueurs s’entendent : la victoire du NPD semble assurée. Thomas Mulcair, parlementaire d’expérience, affronte Justin Trudeau, qui ne fait clairement pas le poids, ainsi que Stephen Harper, dont le gouvernement est usé. Pourtant, en plein milieu de la campagne, le vent se met à tourner et Justin Trudeau, parti bon troisième et à qui on n’accordait aucune chance en début de campagne, remporte une victoire aussi convaincante qu’imprévisible.

Et de deux.

En juin 2016, le premier ministre britannique lance une campagne référendaire portant sur l’avenir de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne en annonçant pourtant qu’il fera campagne contre le Brexit. Au départ, l’ensemble des sondages montre une solide avance au maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Europe. Au final, les électeurs approuvent le Brexit. Aucun sondeur, aucun analyste n’avaient anticipé un tel résultat.

Et de trois.

L’élection de Donald Trump ? Hillary Clinton a eu beau avoir été déclarée grande gagnante de chacun des trois débats télévisés et créditée d’une bonne avance dans les sondages, on connaît tous le résultat, et l’ampleur de la surprise que ce résultat a suscitée.

Et de quatre.

Pendant ce temps, au Parti québécois, se déroulait une deuxième course à la chefferie. Jean-François Lisée me consulte (comme beaucoup d’autres) sur son éventuelle candidature. Je lui réponds, en toute honnêteté, que sa contribution sera sûrement un apport à la campagne, mais qu’il ne la gagnera pas. Comme beaucoup d’autres, y compris les sondeurs et analystes, je crois qu’Alexandre Cloutier va remporter la course.

Et de cinq.

Allons maintenant chez nos amis français, qui ont vécu des primaires en vue des élections présidentielles de mai 2017. À droite, Alain Juppé mène le bal de la primaire depuis des mois devant Nicolas Sarkozy. C’est pourtant le lointain troisième au début de la campagne, François Fillon, qui est élu. À gauche, après le désistement de François Hollande, tous les sondeurs et analystes prévoient l’élection du premier ministre Manuel Valls au deuxième tour contre Arnaud Montebourg. Pourtant c’est Benoît Hamon, lui aussi lointain troisième en début de campagne, qui sera le candidat du Parti socialiste.

Et de six. Et de sept.

À côté de la plaque…

J’ai volontairement choisi des cas assez nombreux et variés pour éviter de tomber dans le cliché de l’ouvrier de Manchester aliéné par les bureaucrates de l’Union européenne, ou celui du mineur de charbon de la Virginie occidentale victime des turpitudes de Washington, ce qui ne veut pas dire que ces clichés ne sont pas au moins partiellement fondés. J’ai aussi choisi de ne pas mentionner, pour chacun des cas, les diverses explications apportées pour justifier (après coup, bien sûr) les véritables résultats.

Le principal fil conducteur de ces sept cas est l’erreur de prévision quant aux résultats des élections ou du référendum. Difficile de savoir si ces erreurs généralisées affectent les citoyens. Pour le savoir, il faudrait commander… un sondage. Chose certaine, les sondeurs, les médias et les partis, eux, sont affectés. Et dans cet ordre.

Les sondeurs, d’abord. Dans leur cas, la politique est un grand moment de visibilité, mais l’essentiel de leurs revenus provient des études de marketing effectuées pour le compte d’autres entreprises. Or, si les outils de sondage en politique ne sont plus aussi probants, est-ce le cas aussi pour les sondages en marketing ? Avec notamment l’omniprésence des médias sociaux et le déclin de l’influence des médias traditionnels, les entreprises de sondage devront aller au-delà du « questionnaire posé à un échantillon d’internautes » si elles veulent éviter d’entrer dans un cycle de désuétude.

Ensuite, les médias. Leur stratégie, trop souvent, consiste à laisser leurs journalistes s’en prendre, en meute, au meneur du sondage de la veille, en posant inlassablement la même question. Pour plusieurs, les médias concourent à la diffusion d’une pensée dominante alimentée par des sondages et contre qui la désormais célèbre « majorité silencieuse » entend se mobiliser pour dire aux dirigeants qu’ils n’ont rien compris.

On peut également souligner le rôle de plus en plus important des chroniqueurs et analystes, plus préoccupés à distiller inlassablement leurs propres opinions qu’à s’en tenir aux faits. Et si les médias, dont le rôle demeure essentiel en démocratie, décidaient de revenir un peu plus à leur fonction première d’information et délaissaient un tant soit peu le champ de l’opinion ?

Enfin, les partis. D’importants efforts doivent être investis pour éviter de « s’autodéconnecter » des militants et de l’électorat. Après tout, les partis ne sont-ils pas eux-mêmes le résultat d’une expression populaire ? Aller sonner aux portes et rencontrer des électeurs demeure une manière simple et économique de prendre le pouls de la population et de déjouer les algorithmes…

Quoi qu’il en soit, il est grand temps de plancher sur ces questions. Sinon, je vous le prédis, les prochaines prévisions électorales seront encore à côté de la plaque !

28 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 22 février 2017 01 h 39

    Nous avons besoin d'une telle rencontre à Montréal.

    Le Devoir de débattre me semble très intéressant. Pourquoi ne pas organiser une telle rencontre ici à Montréal? Pourquoi la Ville de Québec est-elle toujours choyée?

    • Pierre Fortin - Abonné 22 février 2017 11 h 00

      Je crois, Madame Alexan, que l'événement «Le Devoir de débattre», qui s'avère une heureuse initiative, devrait plutôt être mieux diffusée à travers tout le Québec. Les sujets qui y sont abordés nous interpellent tous et pourraient faire l'objet d'un blogue (ou de tout autre plateforme médiatique) qui favorise la participation citoyenne et la libre expression.

      Votre commentaire montre bien l'intérêt que cette initiative suscite et qui appelle à une plus grande diffusion. Joyeux problème pour Le Devoir qui se retrouve victime de son succès!

    • Jeannine Laporte - Abonnée 22 février 2017 13 h 11

      Tout à fait d'accord et/ou que ce soit télévisé. De beaucoup plus pertinent, utile, intéressant que toutes ces émissions de vedettes qui s'écoutent parler et qui transforment une émission d'information en spectacle narcissique.

      Vivement qu'on ait accès à cette émission. Pourquoi a-t-elle été retirée de l'horaire?

    • Raymond Labelle - Abonné 22 février 2017 15 h 13

      En différé au canal savoir si je ne m'abuse (je n'en suis pas sûr et même si c'était le cas, je ne sais quand - quelqu'un qui aurait la bonté de faire cette recherche pourrait partager ici).

  • Yves Côté - Abonné 22 février 2017 03 h 14

    Pis après ?!!!

    "Sinon, je vous le prédis, les prochaines prévisions électorales seront encore à côté de la plaque !"...
    Eh pis après ?!!!
    Madame, pardon mais c'est au peuple de décider qui le gouverne. Et au peuple, seul souverain.
    Les prévisions et ceux qui les font ne doivent jamais devenir, ni se percevoir, comme déterminants de l'expression du peuple. Une prévision n'est jamais une certitude que dans l'esprit d'une personne un peu trop suffisante, selon moi. Et ce, malgré ou à cause des compétences réelles de la dite personne...
    A l'exemple de tout humain singulier, le peuple a aussi le droit de se tromper.
    C'est la raison principale pour laquelle il est normal ensuite qu'il vive, heureux pour un temps ou malheureux pour toujours, avec son erreur; pour peu bien entendu que le futur montre que c'en fut une. La chose s'appelle de manière courante, la responsabilité du peuple aux yeux de l'Histoire.
    On peut manipuler le peuple pour qu'il se trompe ?
    C'est vrai.
    Mais la solution à moyen et long termes est dans la conscience populaire de la nécessité toujours croissante d'instruire en tout les jeunes comme les adultes.
    Celle à court terme est dans la morale individuelle et éventuellement la loi républicaine : morale des individus qui se déterminent à ne jamais participer ni cautionner la manipulation des faits, qu'ils soient politiques ou autres, et loi républicaine qui seule peut décréter la laïcité absolue de l'Etat et de ses agents (dans les faits d'abord mais dans les apparences aussi) et la tolérance des moeurs (tant qu'ils respectent la liberté des autres et qu'ils ne représentent pas un danger quelconque pour les individus).
    Et puisque vous avez été directrice de cabinet de Madame Marois, je me permets la critique suivante : qu'est-ce qui a fait perdre les élections à Madame Marois sinon la certitude absolue qu'elle présentait avec son équipe d'avoir raison sur tout et, en premier, sur tous ?
    En commençant par qui, pourtant, étaient des alliés naturels...

    • Brian Monast - Abonné 22 février 2017 11 h 10

      Tout à fait d’accord, Monsieur Côté : « Pis après?!!! »

      Les électeurs n’ont tout de même pas l’obligation de se plier aux prédictions des sondages!

      Cela dit, il est intéressant que les exemples de Mme Stafford nous placent devant un phénomène qui déborde l’espace canadien. Il m’a depuis longtemps semblé que, depuis des années, les résultats souvent surprenants, imprévisibles des élections au Canada reflétaient entre autre une expérience collective dont je ne saurais dire si les politicologues ont dit ou non un mot.

      1) Je peux m’illusionner facilement, mais il me semble qu’il y a à l’oeuvre, au moment des élections, une sorte «d’instinct» démocratique qui fait que, collectivement, au moment d’aller voter, on pressent instinctivement le geste qu’il nous faut faire pour favoriser notre intérêt collectif. Depuis le renversement du parti conservateur, en 1993, qui ne lui laissa que 2 députés dans tout le Canada, à la vague orange de 2011 au Québec, on est surpris que l’électorat semble avoir sa propre idée bien à lui! N’est-il par curieux qu’aux 52 sièges que l’électorat québécois accordait au Bloc en 1993, l’Ouest *réponde* avec l’élection de 54 députés réformistes, *ni l’un ni l’autre de ces partis n’ayant jamais auparavant vu un de leurs candidats élu en Chambre*?

      2) L’imprévisibilité. On sent presque un électorat qui joue au chat et à la souris avec les sondeurs et, par leur entremise, avec leurs représentants. Le message : « N’oublie jamais qui a le dernier mot et, si vraiment tu comptes ou tu continues de me prendre pour une valise, je réserve toujours le droit de te réserver une surprise et, surprise!, je prends maintenant la liberté d’exercer ce droit plus souvent que moins. Tiens-toi. »

      Ma réflexion : pour qu’un électorat soit capable d’effectuer et d’appliquer de tels calculs collectifs « instinctifs », il faut un électorat *expérimenté*, c’est-à-dire un électorat qu’on ne peut retrouver que dans démocraties qui ont déjà des siècles d’exp

    • Michel Blondin - Abonné 22 février 2017 11 h 48

      Monsieur Coté,

      La réponse tient dans cette équation : Xt+1 = K Xt (1-X t)


      Ce qui confirme presque votre mot : "les prochaines prévisions électorales seront encore à côté de la plaque !"..."

      Plus sérieusement, la réponse à la problématique que soulève Nicole Stafford est dans cette équation.

      C'est la théorie du chaos sur l’évolution du temps. Elle a été démontrée en 1975 par Robert May.

      Aussi vrai que les lois de la thermodynamique ou l’équation de Pythagore, elle démontre que:

      "On ne pouvait prédire avec déterminisme ce qui allait devenir".

      Or, les sondages fondés sur la mathématique Baysienne demeurent une science sociale qui peine à se donner des repères.

      Ils sont limités par la qualité des questions et d’interprétation dans le temps. Le temps, les conditions initiales non-linéaire, l'effet papillon et les attrateurs de Lorenz conditionnent le tout.

      La vitesse de l’information influe aussi sur la validité des modèles de sondages. Aussi, la plupart des sondages par internet et la base des données deviennent un problème puisqu’ils nécessitent des corrections en rapport avec la population sondée.

      C’est ainsi qu’un sondage donnait gagnant Alexandre Cloutier en prenant un échantillon représentant fidèlement la population du Québec alors que la population du parti québécois n’en a pas les mêmes caractéristiques. Un biais inacceptable ( les sondeurs voulaient sonder d'autres phénomènes en même temps) qui ne pouvait que tromper tout le monde.

      Dans le cas du Brexit, c’est la correction sur les intentions de vote des indécis, formulée par Pierre Drouilly qui n’a pas été appliqué par les experts anglais.
      Ils auraient dû connaître notre québécois. D’ailleurs, la sociologue Claire Durand l’a remarqué et s’est dite malheureuse de ne pas y avoir eu l’idée avant.

      "La plus grande faiblesse de la pensée contemporaine me paraît résider dans la surestimation extraordinaire du connu par rapport à ce qui reste à connaître. André Breto

    • Yves Côté - Abonné 22 février 2017 14 h 44

      Merci Messieurs de vos appréciations et commentaires.
      Pour aller dans votre sens, Monsieur Monast, et bien que je ne crois en rien à ce qu'on appelle "instinct", à peu de choses près, je fais le même constat que vous en terme d'action élective mais en applicant cette observation sur une donnée factuelle qui dans notre cas précis, ne s'explique toutefois pas je crois.
      Ce constat est qu'une action collective n'est pas l'équivalent à une addition simple des actions séparées qui la compose. Exactement comme dans les sports collectifs, mais alors que pour ceux-ci les explications sont nombreuses...
      Autrement, Monsieur Blondin, j'ai pour habitude d'apprécier tant vos commentaires que lorsque je vois que vous en avez laissés, je les lis systématiquement. Celui d'aujourd'hui ne faisant exception en rien à mon intérêt vif à persister dans mon habitude...
      Je le fais aussi pour quelques autres plumes, bien que je ne sois pas toujours d'accord avec leurs exposés, mais comme je suis aussi un amoureux d'André Breton et de sa pensée si stimulante et "bousculante", il ne vous étonnera pas que j'ai trouvé satisfaction aujourd'hui aussi à vous lire...
      Enfin bref, avec plusieurs autres hommes et femmes que je lis presque quotidiennement en ayant de grandes attentes de réflexion constructives et de connaissances mûrement fondées, vous participez beaucoup à mon sentiment profond que tous ensemble, Québécois, nous avançons malgré les masses de brouillard qui sont dirigées vers nous pour nous perdre.
      Ce pour quoi je vous remercie doublement aujourd'hui, Messieurs.

      PS : mon intention n'est pas de flatter ici qui que ce soit. S'il vous arrive de me lire parfois, je pense que vous conviendrez tous deux que ce n'est pas le "genre de la maison" de le faire et que la sincérité est un des sentiments majeyurs qui domine ma vie. Et cela, au risque assumé de faire fausse route parfois...

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 22 février 2017 05 h 17

    Le temps d’antenne et la pelure de banane

    En temps normal, les médias accordent beaucoup plus d’importance à l’avis du chef de l’État — en raison de son pouvoir décisionnel — qu’à celui des porte-paroles de l’opposition.

    De plus, les centaines de personnes placées aux postes-clés de l’appareil de l’État par le parti au pouvoir servent de relai à une idéologie qu’ils partagent.

    Dès le déclenchement de la campagne électorale, la coutume veut qu’on accorde un temps d’antenne à peu près équivalent aux trois principaux partis politiques, tant au fédéral qu’au Québec.

    Ce qui signifie que les partis d’opposition ont une audience beaucoup plus grande qu’à l’ordinaire.

    Voilà une des raisons qui atténuent la prédictibilité des sondages préélectoraux.

    D’autre part, il est fréquent qu’un thème imprévu surgisse au cours de la campagne électorale.

    Ce peut être le scandale des Gens de l’Air à la première élection remportée par le PQ. L’intervention mal comprise de Jacques Parizeau en Mauricie lors de la campagne de Bernard Landry. La controverse du niqab qui a plombé la campagne du NPD. L’annonce d’une nouvelle enquête criminelle au sujet des courriels d’Hillary Clinton. Les révélations du Canard Enchainé qui ont fait piquer du nez la popularité de Fillon en France. Etc.

    Parfois, les moments-clés relèvent du fait divers.

    Par exemple, dans le cas précis d’Alexandre Cloutier, à l’occasion d’une assemblée dans Outremont, celui-ci avait déjà déclaré publiquement (à ma question) son opposition à invoquer la clause dérogatoire pour protéger les lois linguistiques du Québec.

    Mais répété devant les centaines de personnes réunies au National et relayée par l’internet à des milliers d’autres militants, ce refus lui a valu les seules huées de la soirée alors que la caméra zoomait sur son air déconfit. Bref, c’est le moment charnière où il a perdu à la chefferie.

    En conclusion, les limites de la prédictibilité des sondages ont toujours une explication.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 22 février 2017 09 h 10

      Le cas spécifique de Mme Marois

      La garde rapprochée de Mme Marois — dont faisait partie l’auteure du texte — porte une très lourde responsabilité dans les résultats catastrophiques de la dernière élection, en dépit des sondages préélectoraux favorables.

      Une règle d’or en politique, c’est qu’on ne doit jamais faire campagne sur un thème qui sème la division au sein même de sa base électorale.

      Or la Charte des valeurs — populaire dans la Vieille Capitale où règne la CAQ — suscitait, au contraire, la controverse parmi les jeunes militants de la métropole.

      De plus, le thème de l’anglicisation de Montréal n’est apparu qu’à la toute fin de la campagne de Mme Marois. Pendant des semaines, les militants de la métropole ont eu l’impression que le PQ était indifférent à leur sort.

      Or les militants ne sont pas de simples pions qui obéissent au fouet de la direction du parti; ils sont les relais du message du parti auprès de leurs parents et de leurs collègues de travail. Privé de ce relai, le parti perd ses moyens ‘intimes’ de convaincre l’électorat.

      Grâce au ciel, l’époque où le PQ s’entêtait à baser son avenir sur les oracles de prévisionnistes incompétents semble être chose du passé.

      Je m’en réjouis.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Inscrit 22 février 2017 07 h 02

    … des électrices-électeurs citoyens !

    « Chose certaine, les sondeurs, les médias et les partis, eux, sont affectés. » ; « Quoi qu’il en soit, il est grand temps de plancher sur ces questions. Sinon, je vous le prédis, les prochaines prévisions électorales seront encore à côté de la plaque ! » (Nicole Stafford, sociologue)

    De ces citations, douceur double + une :

    A Erreur de prévision ou selon, les « élections », autrefois, se réalisaient sur les perrons d’églises, là où le monde se sondait et sondait l’éventuel vainqueur ;

    B Erreur de prévision ou souhaitée, depuis les années proches de la Révolution Tranquille et, avec l’avancement des technologies liées au monde de la communication, les « élections » se déroulent en vase-clos, de telle façon que l’on tait, publiquement, ses préférences, son choix, et ;

    C Erreur de prévision ou peu importe, depuis les années 2000, des années d’éternité ?, les « élections », au Québec en particulier, font l’envie de personne ou de tout le monde en même temps !

    De ce qui précède, ce sourire :

    L’erreur principale des sondeurs-médias-partis, en matière de période électorale, n’est pas tant de prévoir que d’oublier ou mésestimer, volontairement ou selon, l’intelligence et la sagesse …

    … des électrices-électeurs citoyens ! - 22 fév 2017 -

    • Marcel (Fafouin) Blais - Inscrit 22 février 2017 08 h 53

      « et, avec l’avancement » : lire plutôt «, et avec l’avancement » (nos excuses)

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 22 février 2017 14 h 34

      Marcel (Fafouin) Blais écrit « (nos excuses) »

      _Vos_ excuses ? Mais au total, vous êtres combien de personnes, messieurs Marcel (Fafouin) Blais ?

      S’il vous plait, ne répondez pas tous en même temps…

    • Marcel (Fafouin) Blais - Inscrit 23 février 2017 02 h 18

      « Mais au total, vous êtres combien de personnes, messieurs Marcel (Fafouin) Blais ? » (Jean-Pierre Martel)

      En dehors du monde de la psychiatrie, plusieurs personnes m’habitent tout autant lorsque je pense, écris, et réalise que lorsque je dors, me lève et prends le café … comme ce matin, d’exemple.

      Sans vous offenser, mon « je » est un « nous » car ma présence au monde relève d’au moins deux personnes (père-mère), et de leur histoire-mémoire qu’il me plait d’honorer et d’assumer !

      De plus, le « nous » (ou le « on » pour d’autres ?) est, pour moi, une formule de politesse et de solidarité humaines, une formule apprise lors de ma toute première petite enfance !

      Bref ! - 23 fév 2017 -

  • Pierre Desautels - Abonné 22 février 2017 08 h 10

    Mise au point.


    Dans le cas de Trump, les sondeurs ne se sont pas trompés au niveau national, les résultats étant pratiquement les mêmes que la moyenne des sondages, avec presque trois millions de plus de votes en faveur d'Hillary Clinton. Ce n'est qu'au niveau des États que des luttes très serrées ont favorisé Trump, avec ce système électoral des grands électeurs.