Les populismes, la presse et Trump

Les électeurs et les suiveurs de Donald Trump sont des mécontents du système qui veulent régler leurs comptes par l’intermédiaire d’un sauveur.
Photo: Mary Schwalm Agence France-Presse Les électeurs et les suiveurs de Donald Trump sont des mécontents du système qui veulent régler leurs comptes par l’intermédiaire d’un sauveur.

On a souvent affirmé que les leaders populistes étaient propres aux cultures et traditions latines, mais voilà que le monde et les États-Unis en particulier découvrent qu’ils sont surtout le résultat d’un contexte et de certaines conditions sociales qui le favorisent.

Le nouveau président américain a très tôt mis en évidence une approche populiste semblable à ce que nous connaissons en Amérique latine. Pour les populistes, la priorité est l’établissement d’un lien direct avec la population, sans la médiation des partis politiques, de leurs idéologies ou programmes. Seule compte la parole du chef.

Les médias, porteurs d’une diversité d’opinions et d’analyses basées sur les faits, peuvent rapidement devenir un obstacle à cette relation. La stratégie est alors de les contourner. D’abord, en condamnant le journalisme critique, en cherchant à lui faire perdre sa légitimité, en l’accusant de partialité et de manque d’objectivité. Ensuite, en renforçant tous les moyens de communication permettant un lien direct avec les « masses anonymes ».

Hyperactivité médiatique

Pour le moment, Donald Trump privilégie l’usage de Twitter, mais peut-être arrivera-t-il à multiplier les moyens de communication directe. Par exemple, une chaîne de nouvelles telle que Fox News pourrait relayer ses positions sans filtre critique. En Amérique latine, les présidents Chávez et Correa (Venezuela et Équateur) ont transformé des médias publics en médias « officiels ».

De cette manière, les positions officielles sont relayées, généralement de manière laconique. En effet, le message principal n’est pas, en général, le contenu informationnel, mais plutôt l’intention du dirigeant. Il s’agit d’indiquer ce que l’on prétend faire plutôt que ce que l’on fait réellement.

Une autre caractéristique importante du phénomène est son intensité. Les nouvelles se succèdent chaque jour, voire plusieurs fois par jour. Cela permet d’être omniprésent dans l’actualité et dans les conversations. Et cela transforme également les médias malgré eux. Ils multiplient les spéculations et les opinions pour tenter de dénicher la cohérence que l’on est en droit d’attendre des politiques publiques. Mais le rythme des nouvelles ne permet de conclure aucun cycle de discussion et d’analyse. Ainsi, le leader et ses positions gagnent une présence unique en leur genre.

Un autre effet de ce procédé est la distraction qui découle de l’hyperactivité médiatique du leader « charismatique ». L’attention de l’opinion publique est sollicitée sans égard à l’importance relative des faits, car tout ce qu’il dit, du banal à l’anecdotique en passant par l’invraisemblable, est sujet à nouvelle. Pendant ce temps, le gouvernement agit ou aborde des sujets transcendants sur lesquels, par contre, l’information sera parcellaire.

Vérité et messianisme

Pour le leader populiste, l’objectivité n’est pas de mise. Le but fixé est plus important que les moyens de l’atteindre. Nos sociétés entretiennent un dialogue constant sur les moyens de l’action politique. Mais dans le cadre mental du chef populiste, le mensonge devient un moyen comme un autre. Il conserve, de toute façon, sa crédibilité auprès de ses suiveurs. Sa version vaudra celle des médias critiques, voire la supplantera. L’important est ce qui « devrait être », et non « ce qui est ».

Ainsi, de fil en aiguille, la parole du leader devient vérité. « Vous êtes des dizaines de millions venus participer à ce mouvement sans précédent », disait Trump le jour de son intronisation. Le lendemain, le président condamnait les médias qui ne comprenaient pas le moment « transcendant », le « tournant historique » qu’il venait d’inaugurer. Après la condamnation, le boycottage ? La presse, laisse-t-il entendre, tourne le dos au peuple et à l’histoire. C’est une guerre annoncée.

Le propre des populismes est la construction d’un lien identitaire entre un chef et un peuple. Dans le cas de Trump, le mépris des oligarchies, boucs émissaires du malheur des exclus, est un instrument de lien identitaire. Leader et population sont d’accord sur « qui sont les méchants ». Le chef populiste est la personne forte, presque téméraire, qui va lutter contre ce pouvoir occulte.

Rejet des élites

Le fait qu’il fasse lui-même partie de l’oligarchie ne semble pas empêcher Trump d’incarner le rejet des élites corrompues. Car l’espoir que le président américain a fait naître conduit également à une forme de déni. Ses suiveurs ferment les yeux sur les contradictions, car ce sont les leurs. Trump a réussi sa campagne d’identification avec le peuple. Il passe désormais à une autre étape : celle du « je suis vous ». Comme il l’a dit lui-même lors de son assermentation : « Ça va permettre au peuple de redevenir le dirigeant de la nation. » Cette identification avec le peuple est une source de pouvoir exceptionnelle.

Dans ce cadre, la polarisation avec les médias d’information trouve son utilité précisément dans le fait que cela permet au leader de démontrer, quotidiennement, qu’il y a des opposants. Chaque jour, il faut les combattre, car ils ne comprennent pas qu’ils font du mal au peuple !

Un pouvoir personnel

Le leader populiste se situe au-dessus de la mêlée. Il est d’abord, comme Trump, un outsider de la politique ou des partis. Ses façons excentriques renforcent l’idée qu’il n’est pas comme les autres : il est exceptionnel ! Tout se centre sur sa personne, aucune institution n’est nécessaire pour valider son action ou sa parole, surtout pas un parti politique.

Les populistes passent au-dessus des lois et des institutions, ce qui n’annonce rien de bon dans le système très institutionnalisé des États-Unis. Le gendre de Trump ne devrait pas avoir le poste qu’il occupe à la Maison-Blanche ? Pas grave, on a interprété la loi en conséquence. On ne peut mettre fin à « Obamacare » que par une loi ? Pas grave, on commence tout de même par décret. Ce n’est qu’un début. Pour garder le pouvoir de sa parole, le leader doit remplir ses promesses dès le commencement, par décret s’il le faut.

Ces phénomènes populistes ne se produisent pas n’importe quand. Il ne suffit pas non plus qu’il y ait un illuminé quelconque pour que les gens le suivent. Il faut un contexte socio-économique et politique qui rende acceptables et légitimes les postures de rédemption.

En Amérique latine, cela arrive plus fréquemment parce que, justement, il y a une forte inégalité sociale. Mais il y a également une condition particulière : des laissés-pour-compte qui ont conscience de leurs droits. En cela, le contexte états-unien est semblable. Les électeurs et les suiveurs de Trump sont des mécontents du système qui veulent régler leurs comptes par l’intermédiaire d’un sauveur.

Est-ce un phénomène passager ? Qui sait, compte tenu des cycles rapprochés de changement des conditions de vie et de travail dus à l’évolution des technologies, peut-être que le phénomène sera moins passager qu’on ne le pense ? D’ici peu, ce sera au tour de l’intelligence artificielle de mettre au chômage d’autres travailleurs, des cols blancs cette fois-ci : ils iront grossir les rangs des mécontents. Alors que les gouvernements renforcent ce système d’enrichissement par cycles technologiques, peut-être adhéreront-ils à de nouveaux sauveurs ?

38 commentaires
  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 07 h 58

    À la recherche d'un sauveur depuis toujours

    "Les électeurs et les suiveurs de Donald Trump sont des mécontents du système qui veulent régler leurs comptes par l’intermédiaire d’un sauveur."

    C'est exactement pour la même raison que les Américains avaient élu Obama il y a huit ans, alors que les inégalités, les tensions raciales, le chômage, la violence et les relations diplomatiques dans le monde se sont tous agravés au cours de ses deux mandats.

    On avait vu un sauveur en la personne d'Obama, croyant erronément qu'un président noir au États-Unis serait beaucoup mieux que tous les autres présidents mâles de race blanche.

    Le populisme est l'expression de l'exaspération des peuples et de leurs vives inquiétudes, alors qu'ils témoignent de l'effondrement de ce que les sociétés occidentales avaient si durement acquis au fil des siècles, mais surtout depuis la Deuxième Guerre mondiale.

    • Jean Roy - Abonné 28 janvier 2017 10 h 45

      Vous avez partiellement raison: Obama est apparu il y a plus de huit ans comme un sauveur pour bien des gens. D'autres personnalités politiques ont aussi suscité des espoirs démesurés qui ont été fatalement déçus. Le contexte favorable au développement du populisme est bien "l'exaspération des peuples", comme vous le dites...

      Cependant il faut plus que cela pour décrire un régime populiste! Obama ne s'est jamais présenté comme LE représentant du peuple. Son slogan n'était pas "Yes I can!", mais "Yes we can!"... grosse différence.

      Obama n'a pas utilisé les moyens habituels d'un régime populiste:
      - auto-proclamation du Chef comme LE représentant direct du peuple;
      - identification de coupables ostracisés de manière quotidienne;
      - rejet théorique des élites;
      - Mise à l'écart plus ou moins effectif des pouvoirs intermédiaires;
      - utilisation a contrario de la presse comme ennemie du changement incarné par le Chef.

      En mon sens, l'article de M. Leon (excusez l'orthographe) est une formidable mise en contexte "mondiale" de ce phénomène qui est né, a grandi et perdure encore en Amérique latine...

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 15 h 32

      M. Roy, si le peuple est exaspéré, c'est que le pouvoir en place échoue dans sa mission de servir le peuple, d'écouter le peuple, dans nos démocraties qui se meurent.

      Je ne compare pas Obama et Trump comme étant deux politiciens populistes. Les caractéristiques que vous conférez à une gouvernance populiste sont en fait celles que l'on retrouve dans le type gouvernance qui exaspère le peuple (voir en France notamment): le chef du gouvernement ignore le peuple et gouverne sans consulter le peuple ni l'écouter; toute voix dissidente est lynchée médiatiquement, détruite financièrement à coup de poursuite en justice; les élites sont ignorées et poussées à la dissidence pour alarmer le peuple au sujet des dérives idéologiques du gouvernement; les pouvoirs intermédiaires n'ont en fait aucun pouvoir; la presse et les grands médias sont les plus grands vecteurs de l'idéologie dominante et boudent les voix dissidentes qui n'ont aucune autre tribune que les sites de réinformation, ces derniers étant actuellement menacés par la mise en place de lois visant à les interdire.

    • Jean Roy - Abonné 28 janvier 2017 18 h 01

      Madame Lapierre, je peux naturellement me tromper, mais l'ensemble de vos commentaires me suggèrent, très fortement, que vous avez une approche dogmatique pour discuter des réalités de ce monde.

      Cette manière de voir les choses fait en sorte que tout ce qui se passe dans ce monde est interprété à l'aide d'un discours aussi répétitif que lassant... pour ne pas dire parfois un peu tordu (afin de pouvoir faire passer la réalité à travers l'interprétation qu'on en donne).

      L'objectif de ce genre de discours est de convaincre et non pas d'échanger. Aucun véritable échange de point de vue n'est alors possible avec les personnes qui ne partagent pas le même point de vue...

      Encore une fois, je peux me tromper mais, à ce stade-ci de l'histoire, je ne crois donc pas que nous aurons le plaisir d'échanger très souvent.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 20 h 11

      C'est effectivement votre impression. J'émets mon opinion, vous émettez la vôtre. Voilà le but d'un échange, et c'est ce qui contribue à nos réflexions de part et d'autre.

      Pardonnez-moi, mais mon impression est que vous êtes fermé aux opinions différentes des vôtres. L'échange consisterait à non pas juger mes réponses, mais tout simplement répliquer par votre propre opinion.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 janvier 2017 22 h 22

      Vous avez raison Mme Lapierre. Les Américains voulaient un changement de paradigme et ont élu Barack Obama. Celui-ci s'est avéré un échec complet et n'avait certainement pas les aptitudes et l'expérience nécessaire pour gouverner la république la plus puissante de la planète. Ceux qui ne sont pas convaincus, n'ont qu'à visionner l'excellente émission de la chaîne PBS - Frontline "Divided States of America" diffusée en deux parties pour s'en rendre compte. Il était bon pour faire des discours, mais pour le reste, nul. Son "Yes we can" est devenu, "No we cannot".

      Ceci étant dit, les Américains ont voté pour un gouvernement des Américains, par les Américains et pour les Américains. Ils n'ont aucun compte à ne rendre à personne et l'exceptionnalisme américain se poursuivra de plus bel dans une politique du peuple, par le peuple et pour le peuple. Les Américains ne sont pas des social-démocrates de la gauche, mais ils croient plutôt à un système républicain.

      Pour le Donald narcissique, revanchard et imbu de lui-même, ce sont justement les gens qui du haut de leur tour de verre, de cristal et d'ivoire, bien assis dans leur bulle de la rectitude politique, qui l'ont fait élire. Et pour tous nos alarmistes qui prévoyaient un krach de la bourse s'il était élu, disons poliment qu'ils se sont "trumpés" tout comme ils se sont leurrés sur le résultat de l'élection.
      .
      En passant, le Mexique est un des pays les plus corrompus de la planète, sinon le pire selon le Forum économique mondial.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 janvier 2017 08 h 55

      "C'est exactement pour la même raison que les Américains avaient élu Obama il y a huit ans, alors que les inégalités, les tensions raciales, le chômage, la violence et les relations diplomatiques dans le monde se sont tous aggravés au cours de ses deux mandats."

      De plus, corrélation n'est pas raison. Si certains de ces phénomènes se sont produits pendant le mandat Obama, ceci ne veut pas dire qu'Obama en est la cause. Il faut tenter de comprendre ces phénomènes en établissant une chaîne causale autant que possible.

      Et il y a aussi des choses claires et démontrées que l'on ignore. Par exemple, la meilleure façon de lutter contre les inégalités est la progressivité en fiscalité. Le "trickle down" ne fonctionne pas.

      Exemples rapides (trop simple, mais espace manque).

      Les crimes violents ont diminué durant cette période.

      Une grande partie du mandat d'Obama a été consacrée à combattre la crise de 2008, causée par la déréglementation en matière de services financiers. De façon relative, il a assez bien agi - mais il aurait fallu réglementer plus sévèrement les services financiers pour éviter que ça ne recommence - de toute façon, le Congrès l'en aurait empêché. Maintenant, Wall Street a leur homme au Congrès, qui a nommé un des leurs, Munchin, ancien patron de Goldman Sachs, au Trésor.

      Les relations diplomatiques: disons que si Poutine n'avait pas envahi l'Ukraine et soutenu si inconditionnellement Assad, ça aurait aidé.

      D'ailleurs, et je parle de façon générale sans vous viser particulièrement, l'être humain a souvent besoin d'une solution simple pour se rassurer.

      Les démagogues procèdent en montrant des gros problèmes, vrais ou imaginaires ou un mélange des deux (en grossissant un vrai problème, par exemple), et ramènent une solution simple, qui règlerait tout d'un coup de baguette magique.

      Mais tout n'est pas toujours si simple.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 29 janvier 2017 14 h 50

      M. Labelle, la situation est effectivement beaucoup plus complexes qu'on puisse la décrire ici. Le bilan des deux mandats d'Obama est loin d'être exceptionnel et brillant, et les violences se sont plutôt intensifiées... vous avez oublié les violences entre policiers et communautés afro-américaines? Obama s'est couché devant les pays arabes... et non, ce n'est pas Poutine qui a envahi l'Ukraine en premier...

      Démagogue? Alarmiste? Ah bon. Peu importe, les faits sont ce qu'ils sont, et non, la réalité n'est pas rose, et jamais les dirigeants et marchés financiers n'ont été aussi inquiets des risques politiques.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 janvier 2017 20 h 38

      " vous avez oublié les violences entre policiers et communautés afro-américaines?"

      Non - par violence j'entendais la proportion de crimes violents en général - pas nécessairement ce qui attire le plus l'attention des journaux.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 janvier 2017 21 h 08

      Vous trouverez à cet article un sommaire sur l'évolution (entre autres) des crimes violents aux États-Unis entre 1960 et 1995: https://en.wikipedia.org/wiki/Crime_in_the_United_States


      Par 100 000 habitants: En 1991, 758 - en 2015, 373é

      À titre indicatif, pour les homicides seulement: 1991: 9.8 - 2015: 4.9

      C'est le sens général de la courbe.

    • Raymond Labelle - Abonné 29 janvier 2017 21 h 08

      Ukraine - Poutine - pour clarté, je précise que je référais aux violations plus récentes de la souveraineté de l'Ukraine par la Russie (disons au cours de la dernière décennie).

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 30 janvier 2017 02 h 59

      M. Labelle, les tensions raciales et la violence ont augmenté. Les chiffres dont vous parlez font fi de ces réalités. Les chiffres que vous citez montrent par contre que le nombre d'homicides baissent depuis des décennies, rien à voir avec Obama. Quant à l'Ukraine, ce sont les États-Unis qui ont parti le bal pendant le mendat d'Obama.

    • Raymond Labelle - Abonné 30 janvier 2017 10 h 28

      Il y a un discours qui sème la peur en faisant croire que les crimes violents augmentent constamment, alors que c'est faux. Il faut le dire.

      Les crimes violents sont un meilleur indicateur de la violence générale que le nombre de participants à des manifestations. Si des personnes sont victimes de violence manifestations, elles sont comprises dans les victimes de crimes violents.

    • Raymond Labelle - Abonné 30 janvier 2017 10 h 29

      Encore une fois, corrélation n'est pas raison.

      Par exemple, que des policiers en l'espace de quelques mois tuent des Noirs désarmés à répétition est sans doute un élément (parmi d'autres) qui a eu plus d'impact dans le déclenchement des tensions raciales que le fait par lui-même qu'Obama ait été président.

      Je ne trouve pas complètement honnête intellectuellement d'attribuer à Obama tout ce qui n'a pas bien été pendant son mandat, sans analyser les causes de chacun des phénomènes évoqués, surtout si en plus on refuse de mentionner les succès et choses qui se sont bien passées, que ça soit grâce à lui ou non, en tout ou en partie.

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 08 h 21

    Le déni du réel

    "L’important est ce qui « devrait être », et non « ce qui est »" - Jorge Leon

    Ce que vous dites s'applique d'abord aux idéologies gauchistes et aux régimes totalitaires qui usent d'un langage tordu, la novlangue, pour changer le sens des mots et les utiliser à leurs fins idéologiques. Le politiquement correct, la Pensée unique, la Bien-pensance, l'antiracisme, les médias (4e pouvoir) font tous usage de la novlangue.

    Les mouvements populistes, tout le contraire, libèrent la parole et donnent une voix aux peuples, notamment occidentaux, de se soulever contre la censure et l'oppression qui briment leurs libertés et tentent par tous les moyens de les soumettre à l'oligarchie. Car, ce à quoi nous assistons est la fin des démocraties et le remplacement des populations de race blanche et de souche chrétienne par des populations métissées, ou pas, déracinées, acculturées, analphabètes, plus dociles.

    Les mouvements populistes n'ont rien contre les élites (porteurs du savoir et qui peuvent provenir de toutes les couches de la société). La chasse contre les élites est plutôt l'un des objectifs des régimes totalitaires, socialistes, gauchistes. Par contre, les mouvements populistes sont contre les "méritocrates" qui les gouverne actuellement et qui refusent d'écouter le peuple. Le néolibéralisme tire tout vers le bas, de l'éducation aux salaires. Un peuple paupérisé et ignorant est bien plus malléable qu'un peuple éduqué et payer décemment.

    On croit rêvé quand on voit la chasse aux sorcières que l'on mène actuellement contre la classe moyenne, les citoyens éduqués qui s'indignent devant la médiocrité, l'effacement de leur récit national, la perte de leur patrimoine et identité, la perte de la liberté d'expression, etc. On se croirait soudainement dans un régime totalitaire "soft", mais bien réel. Les vrais dissidents du monde actuel, comme toujours, sont justement les élites qui refusent de collaborer avec les oligarques à la grande déception des peuples occidentau

    • Serge Morin - Inscrit 28 janvier 2017 09 h 47

      Bravo
      Vous êtes particulièrement en forme aujourd'hui.
      Un plaisir.

    • Madeleine Leblanc - Inscrit 28 janvier 2017 11 h 34

      Votre discours est très contradictoire et rempli d'émotivité. Ce qui est certain, c'est qu'une grande partie de la population en ce moment, parmi les plus désespérés et les moins éduqués, répond à l'appel de leaders sans scrupules tel que Trump, désireux de détruire tous les systèmes en place. Le résultat est le retour vers la chaos, faute d'avoir vraiment réfléchi à la mise en place de systèmes plus fonctionnels. Pas ceux qui ont déjà été testés il y a des dizaines ou des centaines d'années et qui ont causé la catastrophe. Non. De nouveaux systèmes, meilleurs que ce qui est déjà en place. Monsieur Trump n'a rien d'autre à proposer que sa colère et un besoin de vengeance commun à bien des gens, d'où la catharsis, sur un système qui ne lui apporte peut-être pas toute la reconnaissance dont il a besoin?

    • Jean Roy - Abonné 28 janvier 2017 11 h 46

      Encore une fois, madame Lapierre, vous confondez le populisme avec une certaine évolution de la société, que vous croyez avoir décelée.

      Votre lecture de cette évolution me semble davantage être inspirée par une approche politico-philosophique (qui se défend) relative à une opposition entre les défenseurs d'une vraie démocratie et certaines forces plus ou moins occultes et néo-totalitaristes...

      L'auteur présente un article qui relève davantage des sciences sociales, de l'histoire (par définition quelque chose qui relève du passé) en tant que discipline, face à une situation actuelle particulière.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 15 h 49

      Madame Morin, le chaos était déjà bel et bien installé avant l'arrivée de Donald Trump. Ses méthodes sans faux-semblants est contre tous les statu quo et le politiquement correct. Elles bousculent, choquent, sortent tout le monde de leur zone de confort. Mais, au bout du compte, la seule vraie mission de ce président excentrique, est d'assurer de gagner la guerre commerciale mondiale et de tout faire pour assurer la suprématie du l'impérialisme américain dans le monde. Tout ce qu'il fait est dans ce seul but, y compris ses manoeuvres en Europe et du côté du Pacifique. Obama, et tous les autres avant, avaient la même mission. Mais, à ce point-ci, avec l'émergence de pays autrefois sous la tutelle des pays occidentaux, les États-Unis ont beaucoup de leur influence, il leur faut donc régner avec une main de fer pour garder leur statut. Trump a été choisi pour cette raison, selon moi.

      Le populisme est nécessaire pour rallier le peuple derrière lieu, et oui, je crains que le peuple ne soit encore manipulé pour servir toujours et encore les intérêts des oligarques.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 16 h 51

      Madame Leblanc, en quoi mon message est-il émotif et de quelles contracdictions parlez-vous? Mon message est loin d'être un essai philosophique ou politique, les forums n'ayant pour but que d'émettre des opinions qui devraient être traitées tout simplement comme telles.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 18 h 15

      Désolée, mon message à 15 h 49 s'adressait à madame Leblanc.

    • Marc Therrien - Abonné 28 janvier 2017 21 h 48

      En soutien et appui aux commentaires de Madame Lapierre, le lecteur intéressé de pousser plus loin la réflexion pourrait consulter "L'âge des démagogues. Entretiens avec Chris Hedges" de Pierre-Luc Brisson. Chris Hedges est un prestigieux journaliste qui a été évincé du New-York Times en 2003 pour avoir ouvertement exprimé sa dissidence contre l'intervention militaire en Irak. Parmi les phénomènes pouvant expliquer l'ascension de Donald Trump, il mentionne l'hypocrisie révélée des époux Clinton et de Barack Obama qui ont adopté le discours empathique de la gauche pour exprimer leur compréhension des épreuves vécues par les personnes de la classe ouvrière tout en continuant de servir le pouvoir de la grande entreprise.

      Est-ce que Donald Trump fera mieux? On peut certes en douter. Mais en même temps, on peut comprendre qu'il essaiera de faire différemment quitte à virer tout à l'envers plutôt que de continuer à faire "plus de la même chose".

      Marc Therrien

    • Yvon Hachey - Inscrit 28 janvier 2017 21 h 57

      L'homme du monde est aussi l'homme de nulle part, déraciné, acculturé, malléable et manipulable à souhait! Il est ni d’ici, ni d’ailleurs. Quel pouvoir pourrait-il avoir sur l'évolution de la société? Seul l'homme historiquement ancré au sein d'un État nation qui se respecte peut-il exercer ses droits et sa liberté d'une façon efficiente. Il n'y a pas de réelle liberté au-delà du cadre historique et culturel de la nation qui t'a fait naître. Ou en sommes-nous ici au Québec? Le mondialisme tel que conçu est un monde utopique, idéalisé et irréalisable, qui mènera tôt ou tard a de sérieuses remises en question, et c’est ce qui est en train de ses passer actuellement à l’échelle planétaire. Nous verrons éventuellement les résultats au cours des prochains mois en France et en Allemagne.
      Le mondialisme tel que conçu jusqu'à présent, a créer les conditions du nouvel esclavage des temps modernes. Il est temps de revenir à des valeurs et à un mode de vie plus respectueux des peuples et des nations.

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 23 h 33

      M. Hachey, je crois que l'article intitulé "1984, c'est maintenant", publié dans Le Figaro en novembre 2014, et écrit par un juriste français vous intéressera.

  • Marc Therrien - Abonné 28 janvier 2017 17 h 11

    Trump, un mal nécessaire

    Donald Trump n'est pas la cause d'un malaise social dans la civilisation, il en est le symptôme. Comme toute maladaie, si on se donne la peine d'écouter le message qu'elle porte, elle présente une ocassion de changement. Les crises ont fait partie de l'évolution de l'Occident et contribué à sa force qui est enviée de plusieurs. La crise est une opportunité d'innovation si on est capable de garder l'esprit ouvert pour voir ce qui peut être pensé et être fait différemment. Donald Trump agira en quelque sorte comme un éveilleur de conscience qui nous révèlera à nous-mêmes. Comme le plus typique des pragmatiques centrés sur l'action, l'exacte antithèse de l'idéaliste, prenant le réel à bras le corps, il mettra en lumière certaines vérités dont on ne veut pas se souvenir, ne pas savoir ou ne pas voir. Ainsi, Trump ne mentira pas toujours. C'est même quand il dira la vérité qu'il perturbera le plus, nous sortant ainsi du monde du rêve ou des belles histoires fausses apaisantes.

    Marc Therrien

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 19 h 06

      Voilà qui résume bien l'un des "effets" Trump sur le plan sociétal. Très bonne réflexion, M. Therrien.

    • Claude Poulin - Abonné 29 janvier 2017 16 h 43

      Cher monsieur Therrien, le discours que vous tenez ici à propos du mal nécessaire est une abomination lorsque l'on y réfléchit dans la perspective de l'Histoire. Donald Trump, dites-vous, agira en quelque sorte comme un éveilleur de conscience qui nous révèlera à nous-mêmes." Ce fut le fondement des régimes fascistes du siècle dernier. Relisez le discours de Robespierre: https://ihrf.univ-paris1.fr/enseignement/outils-et-materiaux-pedagogiques/textes-et-sources-sur-la-revolution-francaise/robespierre-discours-du-18-pluviose-an-ii, qui justifie le régime de la Terreur" (le Mal qui produira le Bien) condition essentielle, selon lui, pour provoquer un véritable changement de régime. Eclairant!

    • Jocelyne Lapierre - Inscrite 29 janvier 2017 19 h 04

      M. Poulin, aucun changement de régime n'est survenu sans payer le prix du sang. Désolée si j'exarbèbe votre anxiété, mais c'est la réalité.

    • Marc Therrien - Abonné 29 janvier 2017 20 h 23

      @ M. Poulin,

      Voici un exemple précisant l'enjeu de nous face à nous-mêmes en présence de Trump qui est parmi nous: "Ceux et celles qui en cette ère de capitalisme totalitaire, ne se rebellent pas et se convaincent qu'il n'y a aucune autre possibilité que la collaboration avec le système se font les complices de leur propre asservissement. Ils commettent un suicide moral et spirituel." (Chris Hedges dans "L'âge des démagogues" de Pierre-Luc Brisson).

      Un peu pessimiste ce M. Hedges, n'est-ce pas? Est-ce que la solution est dans un retour au rigorisme? Est-ce que ça nous tente?

      En attendant que ça change, les laissés pour compte et les exclus veulent eux aussi mettre du beurre dans leurs épinards.

      Marc Therrien

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 19 h 57

    Congrès de la Liberté pour l'Europe du 21 janvier dernier

    Pour ceux et celles intéressés à se familiariser un peu plus avec les partis populistes européens, je suggère l'écoute de la vidéo suivante : youtube.com/watch?v=zsxuCE_IipI

    Le parti populiste allemand AfD a convié à une rencontre le Front national, le FPÖ autrichien, la Ligue Nord italienne et le Parti pour la liberté néerlandais.

    Personnellement, je crois que nous devons nous tourner vers l'Europe, et non vers le Sud, pour mieux comprendre les enjeux auxquels l'Amérique du Nord à faire face dans un avenir relativement proche.

    • Raymond Labelle - Abonné 28 janvier 2017 22 h 19

      D'après l'article cité ci-dessous "L’AfD revendique une politique d’intégration plus cohérente : un système d’immigration sur le modèle du Canada avec sélection et plafonnement."

      Source: http://www.ledevoir.com/international/actualites-i

  • Jocelyne Lapierre - Inscrite 28 janvier 2017 20 h 05

    Exemple de discours populiste français

    Voici un exemple d'un discours populiste (soi disant un discours de "l'extrême-droite").

    L'histoire en marche, et comme disait Guy Béart "Le premier qui dit la vérité doit être exécuté"

    Écoutez pour un éclairage fondée sur cette histoire en marche que la très vaste majorité refuse de voir... et l'histoire continuera sans eux.

    Discours de Marion Maréchal Le Pen contre le Délit d'entrave à l'IVG:
    youtube.com/watch?v=YYetZQRJP_0