Faire entrer la métropole dans le XXIe siècle

Le projet répond à des besoins en matière de transport en commun dans la région métropolitaine.
Photo: Caisse de dépôt et placement du Québec Le projet répond à des besoins en matière de transport en commun dans la région métropolitaine.

Le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) de CDPQ Infra a tout pour devenir une source de fierté et d’inspiration pour la population montréalaise et québécoise, comme la construction du métro l’a été dans les années 1960. Ce train urbain, électrique et automatisé, fera entrer la métropole dans le XXIe siècle et contribuera à son rayonnement à l’échelle internationale.

Un projet mobilisant et structurant comme le REM est chose rare. Il l’est d’autant plus qu’il est proposé par CDPQ Infra, un partenaire rigoureux et expérimenté. Il répond à des besoins criants en matière de transport en commun à Montréal. Une liaison plus rapide et fluide entre le centre-ville et l’aéroport Montréal-Trudeau est réclamée depuis des décennies. Aussi, les citoyens de l’Ouest-de-l’Île pourront enfin se déplacer vers le centre-ville de Montréal avec plus d’efficacité. Finalement, la construction du nouveau pont Champlain offre la possibilité d’inclure ce projet pour améliorer les problèmes de congestion entre Montréal et la Rive-Sud. De plus, sa mise en service mènera à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, le REM et les développements immobiliers qu’il favorisera s’inscrivent précisément en phase avec les grands principes du développement durable mis de l’avant par les quartiers TOD (Transit-Oriented Development), qui permettent de réduire la dépendance à l’auto. Sur le plan économique, l’initiative de la Caisse mènera à la création de plus de 7500 emplois pendant la phase de construction et générera d’autres retombées économiques considérables par la suite.

La décision du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) de ne pas donner un avis favorable au projet de CDPQ Infra est préoccupante pour plusieurs raisons. L’élargissement de l’analyse du BAPE à des considérations autres que celles entourant le développement durable crée un précédent inquiétant et jette une ombre sur la légitimité de l’organisation. Plus largement, elle envoie un message des plus négatifs quant à notre capacité, en tant que société, à réaliser des projets majeurs.

Le rôle du BAPE est d’évaluer les enjeux liés au développement durable des projets qui lui sont soumis, ce qui inclut l’appréciation de l’impact économique. Dans ce cas-ci, la Chambre est d’avis que le BAPE a outrepassé son mandat en s’attardant à des questions qui relèvent plutôt du modèle d’affaires de CDPQ Infra et de sa prise de risque. Cette position remet en question la légitimité de cette institution pour éclairer la prise de décision gouvernementale dans l’évaluation de projets majeurs.

Il est vrai qu’aucun projet d’infrastructure de l’envergure du REM n’est à impact zéro. Ce type d’initiative est rarement consensuel. Toutefois, il faut reconnaître que le REM, un projet de transport collectif qui vise à relier un territoire mal desservi au réseau existant et qui est électrique de surcroît, est dans une classe à part.

Le REM doit se concrétiser dans les meilleurs délais. Nous ne devons pas avoir peur des projets d’envergure qui font avancer la métropole. Trop souvent, dans les dernières années, de grands projets sont morts au feuilleton avant même la première pelletée de terre. Profitons du REM pour changer la tendance et préparer la voie à la réalisation de projets majeurs dans les temps. La métropole et le Québec ne s’en porteront que mieux.


 
15 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 25 janvier 2017 00 h 34

    Les citoyens avant les profits!

    Il n'y a personne qui est contre le progrès, pourvu que ce soit fait dans les paramètres du développement durable et du respect de l'environnement. Le projet REM tel quel ne repend pas à ces exigences.
    Conçu dans le plus grand secret, sans se soumettre à des études suffisantes et sans l'approbation des écologistes et des urbanistes, le projet de loi ne peut pas aller en avant. Le projet est conçu d’abord et avant tout pour le rendement, ce qui pose un conflit d'intérêts entre la mission de la caisse et le service public. De plus, la réduction des effets de serre n’est pas au rendez-vous. Il faut absolument protéger les terres agricoles et les espaces verts. La société civile exige les modifications qui s'imposent avant de procéder.

    • André Joyal - Inscrit 25 janvier 2017 21 h 25

      «Il n'y a personne qui est contre le progrès, pourvu que ce soit fait dans les paramètres du développement durable et du respect de l'environnement. Le projet REM tel quel ne repend pas à ces exigences.»

      Selon vous Mme Alexan, le maire Drapeau et son projet de métro répondaient-ils à ces exigences? Heureux maire qui n'a pas eu à composer avec un BAPPE.

  • Robert Beauchamp - Abonné 25 janvier 2017 02 h 39

    Les chantres

    Les chantres du développement à tout crin, attaquent souvent la crédibilité des organismes dédiés à l'analyse des impacts des projets majeurs. Alors, M. Leblanc, soumettez donc des résultats de vos analyses qui pouraient nous éclairer sur les impacts négtifs identifiés par le BAPE et surtout sur les informations non encore disponibles dont devrait ou aurait dû disposer CDPQ Infra. Faites donc l'effort d'aller au-delà des généralités. Le noeud, il est là: Nous ne savons pas tout, ou on ne nous dit pas tout. Prétendre que le BAPE ait débordé de son mandat, ne rend pas son questionnement impertinent.

  • Denis Paquette - Abonné 25 janvier 2017 02 h 53

    peut etre sommes nous trop paysant pour penser métropole

    le metro n'est il pas un moyen de transport électrique ne serait il pas normal de ne pas faire double emploie, que la caisse de financement ait acquis de l'expérience ailleurs est une chose mais qu'elle vienne doubler une structure que nous avons deja en est une autre qu'elle ait beaucoup d'argent est autre choses mais ca ca ne lui donne pas le droit de venir doubler une autre structure, surtout qu"en bout de ligne c'est le meme payeur qui est sollicité et que notre moyen de payer n'est pas infini, quels sont ces administrateurs qui ne comprennent pas ces choses, le developpement de la métropole n'a pas les moyens de ce cafouilli, quel est cet administrateur qui n'est pas capable d'avoir une vision integrée, qui ne peut agir par morceau et pas partie, métropole mérite plus que ca, qu'au niveau du transport en commun, que nous ayons encore au niveau du trabnsport en commun que nous ayons encore un esprit de patelins est une chose mais d'en ajouter en est une autre, sommes nous si peut avisés que nous sommes capable d'agir que par petits morceaux, sommes capables de penser qu'il ne s'agit pas de villages mais d'une métropole, peut etre sommes nous trop paysant pour passer a ce niveau

  • André Nadon - Inscrit 25 janvier 2017 04 h 31

    Le jupon qui dépasse!

    Plutôt que de blâmer le BAPE, le président de la Chambre de commerce devrait demander à la CDPQ infra de répondre aux interrogations légitimes de beaucoup de citoyens représentés par le BAPE. Le stade olympique est un bel exemple de ce que peut amener un projet mal ficelé et précipité. L'enthousiasme de M. Leblanc laisse songeur quand on connaît l'appétit des affairistes pour l'argent des contribuables. Nous ne récupérerons jamais les $40 milliards perdus par la Caisse sous l'administration de M. Henri-Paul Rousseau qui reçoit une pension à vie de $450,000 en plus des $20 millions reçus de Power lors de son embauche comme V.-P. en remerciement de son bon coup. M.Sabia, l'actuel président de la Caisse est un bon ami des Desmarais qui l'ont hébergé durant une semaine, à Sagard, avant sa nomination à la Caisse. Paraît-il qu'il ne fut nullement question de business. On peut en douter, connaissant le personnage. M.Sabia a fait son apprentissage au CN et chez Bell, deux compagnies aimant beaucoup le Québec. C'est grâce à l'intrangisance du CN et du CP qu'il n'y a aucun lien entre le centre-ville et l'aéroport de Montréal, ce que M. Leblanc passe sous silence.
    La population veut des réponses claires aux questionnements du BAPE et non pas du dénigrement comme le fait la Caisse, les Chambres de commerce et le PM Couillard, lequel devrait plutôt remercier le BAPE.

  • Sylvain Rivest - Inscrit 25 janvier 2017 08 h 26

    La technologie n'est pas une fin en soit.

    À vous lire m. Leblanc, vous semblez ébloui, aveuglé même, par la technologie. Un peu comme un écureuil qui vient de trouver un morceau de verre brillant. Ce projet est bancal et ne sert rien d’autre que l’intérêt du promoteur et de ses amis politiciens. On cherche à régler le problème avec une solution qui ne répond nullement à celui de l’étalement urbain et de la congestion causée par l’individualisme. Ce projet est déficitaire avant même la première pelleté de terre et c’est nous qui en paierons la facture. La technologie pour la technologie ne crée que des gouffres financiers et repousse les véritables problèmes à plus tard.