REM: demeurons enthousiastes

Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Michael Sabia, président et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le maire de Montréal, Denis Coderre
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Macky Tall, président et chef de la direction de CDPQ Infra, Michael Sabia, président et directeur général de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le maire de Montréal, Denis Coderre

Ainsi, pour le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), le projet de réseau électrique métropolitain promu par la Caisse de dépôt et placement (CDPQ Infra) ne mérite pas la note de passage. Tôt hier matin, CDPQ Infra donnait la réplique et soulignait les « erreurs et omissions » contenues au rapport. Faut-il s’étonner qu’un projet d’une telle complexité soulève ce genre de discussions ? Non. Faut-il reléguer ce projet aux oubliettes ? Surtout pas !

Ce qui frappe dans la critique que certains font de la situation, c’est le rôle de juge de dernière instance que certains voudraient que le BAPE joue. Rappelons que le BAPE a le mandat d’éclairer la prise de décision du gouvernement et que c’est ce dernier qui, en dernière instance, doit décider de l’avenir d’un projet. Dans le cas du REM, pour aller de l’avant, le gouvernement devra adopter un décret autorisant le projet, qui sera vraisemblablement assorti des conditions auxquelles CDPQ Infra devra se soumettre. Je présume que les discussions sont depuis longtemps engagées avec tous les officiers du gouvernement et que les analyses du ministère seront rendues publiques au moment de la publication du décret. À ce moment seulement, pourrons-nous juger de la qualité du travail accompli.

Photo: Caisse de dépôt et placement du Québec

Modèle d’affaires

D’ici là, d’autres voudraient voir le débat dévier sur le modèle d’affaires des promoteurs du REM. Soit, cette question est déterminante. Le gestionnaire de nos retraites, tout comme le gouvernement, ne peuvent choisir l’imprudence ou, pire, l’aveuglement. Il n’est pas nécessaire d’avoir une grande connaissance de l’administration publique pour affirmer que le Conseil du trésor, qu’il soit à Ottawa ou à Québec, a déjà certainement fixé les seuils d’investissement et que toute proposition acceptée par Québec et Ottawa devra être compatible avec la capacité de payer des usagers. Il n’y a pas, en ces matières, de vérités alternatives ! Nous avons, au gouvernement du Québec et à la Caisse, les compétences et le savoir-faire requis pour prendre ces décisions. Cette dernière n’a-t-elle d’ailleurs pas financé et participé à la réalisation d’un semblable projet à Vancouver ? Elle ne marche donc pas dans des eaux inconnues.

Pendant que ces discussions se poursuivent, en particulier avec les gouvernements du Québec et du Canada, peut-il être permis de demeurer optimiste et enthousiaste ? Je le souhaite. Jamais, depuis que je m’intéresse à la chose publique, n’ai-je connu de projet aussi structurant pour la métropole. Nous avons à portée de main l’occasion de transformer notre ville, de faciliter l’accès à son centre et de contribuer comme jamais à la modernisation de nos infrastructures en transport.

Ce qui serait inacceptable aujourd’hui serait de geler notre jugement et de tourner le dos à ce projet, plutôt que d’aller de l’avant dans nos efforts pour négocier les ententes requises et répondre aux questions qui subsistent.

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