D’une sélection à l’autre

L'auteur estime que le 50e anniversaire de la fondation du réseau des cégeps représente une bonne occasion pour poser des gestes qui empêcheraient les inégalités sociales de s'incarner dans les établissement québécois.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L'auteur estime que le 50e anniversaire de la fondation du réseau des cégeps représente une bonne occasion pour poser des gestes qui empêcheraient les inégalités sociales de s'incarner dans les établissement québécois.

Les cégeps ont été créés en 1967 pour démocratiser l’accès aux études supérieures. Pour une question d’équité et de justice sociale, on a transformé le modèle élitiste et sélectif qui existait à l’époque afin de permettre à ceux et celles qui venaient de milieux modestes ou défavorisés de parfaire leurs études et leur formation lorsqu’ils avaient le talent et les capacités pour le faire. Du point de vue de l’accessibilité et de la diplomation, on peut affirmer aujourd’hui que le pari a été gagné haut la main : le cégep comme institution est une grande réussite.

Mais en tant qu’enseignant qui oeuvre au niveau collégial, je veux ici montrer du doigt une situation inquiétante et triste. Les étudiants qui font leur entrée au cégep sont loin d’être égaux en ce qui a trait à la préparation pour entreprendre et réussir leur formation collégiale. Trop d’entre eux commencent leurs études collégiales avec de graves problèmes en matière de lecture, d’écriture et de compréhension de textes. Sans ces aptitudes et faute aussi d’un vocabulaire et de repères culturels convenables, ils peinent à comprendre la matière enseignée, mais aussi à construire, à structurer et à exprimer une pensée claire et cohérente. Pour le dire autrement, trop d’étudiants arrivent au cégep mal préparés, parfois démunis, sans les bases nécessaires pour entreprendre des études collégiales. Quiconque enseigne au cégep pourrait en témoigner, mais très peu le font toutefois, ce sujet étant presque tabou dans la communauté.

Comment expliquer une pareille fracture, la présence de tels écarts à l’intérieur d’un même groupe d’étudiants ? Les raisons que je pourrais invoquer sont nombreuses. Je vais en retenir deux.

La première porte sur les effets néfastes que la réforme de l’éducation, mise en place dans les années 2000, a pu avoir sur les différentes cohortes et en particulier chez les étudiants issus des milieux défavorisés ou avec des problèmes particuliers. En misant sur des méthodes centrées sur la découverte et la réalisation de projets, et sur le développement des compétences de l’élève au détriment des connaissances, cette réforme a pénalisé l’ensemble des élèves, mais encore plus sévèrement ceux qui provenaient des milieux défavorisés ou avec des problèmes d’apprentissage. Les recherches montrent que les méthodes d’instruction directe donnent de meilleurs résultats que les formes de pédagogie de la découverte.

École à trois vitesses

Dans un contexte où le redoublement est devenu presque inexistant aux niveaux primaire et secondaire et face à la concurrence et à la chasse aux « clients » auxquelles se livrent les institutions collégiales dans le réseau, la présence de cette fracture dans nos salles de cours, en ce qui a trait à la qualité de la préparation des étudiants pour entreprendre des études au cégep, devient alors plus facile à comprendre.

Mais je crois que la sélection des étudiants qui se fait à l’intérieur de notre système d’éducation au secondaire par les écoles privées, mais aussi dans le réseau public, et ce, par l’intermédiaire des différents programmes à projets particuliers, contribue pour beaucoup à la présence de cette fracture chez les étudiants qui font leur entrée au cégep. Cette concurrence que se livrent ces institutions d’enseignement finit par transformer le monde de l’éducation en un immense marché à l’intérieur duquel on s’arrache les étudiants-clients talentueux. Le résultat ? Une école à trois vitesses. Les écoles privées d’un côté, celles à projets particuliers de l’autre et toutes ces écoles publiques « bien ordinaires », que certains qualifient d’écoles « poubelles », qui auront à prendre en charge les élèves vulnérables dont les parents n’ont pas les moyens de rouler en première ou en seconde vitesse.

C’est d’ailleurs cette situation et ses effets pervers que déplore le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) dans un rapport intitulé Remettre le cap sur l’équité. Ainsi, on y souligne que cette concurrence mercantile et déloyale, qui a toutes les allures d’une forme de « ségrégation » à l’intérieur de notre système d’éducation, perpétue le cycle de la pauvreté au lieu de le briser, reproduit les inégalités sociales au lieu de les combattre et encourage l’exclusion sociale par l’homogénéisation des classes alors qu’un système sain devrait plutôt privilégier la mixité. Sur ce dernier point, le CSE précise que « de nombreuses recherches ont montré que les groupes hétérogènes sont à la fois les plus efficaces et les plus équitables. En effet, sur le plan scolaire, la tendance à l’homogénéisation des classes ne compte pas de façon significative pour les élèves qui apprennent facilement. En revanche, elle est particulièrement défavorable à ceux qui sont plus vulnérables ». Pas surprenant, face à tout ceci, que le Québec, au dire du CSE, ait dorénavant le réseau scolaire le plus inéquitable au Canada.

J’ose soulever l’hypothèse que la réforme de l’éducation et ce système de sélection qui se joue dorénavant sur une grande échelle au niveau secondaire ont des effets directs sur la composition de nos classes au niveau collégial et expliquent en partie cette fracture que je constate régulièrement dans mes salles de cours.

Le Québec aura-t-il fait une révolution tranquille en matière d’éducation dans les années soixante pour en arriver à cette triste situation en 2017 ? Aurons-nous, comme société, combattu les inégalités sociales pendant tout ce temps pour les laisser à nouveau s’installer insidieusement dans notre réseau d’enseignement ? Dans le cadre du 50e anniversaire de la fondation du réseau des cégeps, je crois que cette question mérite une réflexion en profondeur suivie de gestes concrets afin de corriger la situation. Ce serait une belle façon de célébrer l’héritage que nous ont légué les architectes de cette grande institution qu’est le cégep.

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21 commentaires
  • Jacques Lamarche - Inscrit 10 janvier 2017 01 h 35

    Des mots justes et sages! Et du courage! Merci!

    Il y a quelque années, certains avaient avancé, dans l'abstrait, de telles idées. Il prévoyaient une baisse de la qualité et une hausse des inégalités. Aujourd'hui, M. Bergeron, preuves à l'appui, le dit!

    Il ne sera pas facile, même pour un pouvoir sensible aux injustices scolaires, de revenir en arrière! Et donc de retirer aux classes aisées les avantages qu'ils retirent d'un système qu'elles se sont tout doucement donné! Mais il y a bien plus!

    L'école privée a la cote. Elle draine les meilleures énergies et appauvrit le tissu scolaire. Sa popularité n'est plus le seul fait d'une classe de prévilégiés, mais aussi le produit d'une école publique discréditée qui doit être le plus possible évitée! Le mal tient davantage à une mentalité; il est profond et il faudra beaucoup de convictions pour le soigner!

  • Richard Maltais Desjardins - Abonné 10 janvier 2017 08 h 17

    Démocratisation ? Équité sociale ?


    Il ne fait aucun doute que les concepteurs du réseau collégial public avaient ces nobles aspirations. Ils ne les avaient pas inventées. Elles n'étaient pas absente du discours public non plus. Si les cégeps ont été créés, c'est d'abord pour satisfaire de manière plus efficiente aux besoins de main d'oeuvre qualifiée, tout particulièrement au secteur technique, dont on espérait qu'il allait accaparer la plus grande partie de la clientèle. Que ceux qui étaient animés par des motifs de démocratisation et d'équité aient profité du momentum pour y instiller des éléments de formation fondamentale réservés jusque là au cours classique est une circonstance tout à fait conjoncturelle. Ni les concepteurs de programmes ni les penseurs de la formation générale n'ont vraiment fait de grands efforts pour en coordonner les finalités. On oscille plutôt entre les professions de foi à l'égard des vertus civiques de la belle écriture et de la pensée critique et l'indifférence, de la part des gens de formation propre. Maints gardiens de la formation générale ont plutôt tendance à vouloir la préserver de toute contamination par des fins « mercantiles », suspectant même ceux qui cherchent à la rendre « utile » de pactiser avec un ennemi qui cherche sa perte.

    À traits un peu grossiers, le portrait. J'en conviens. Mais reste qu'il faudra un jour ou l'autre renoncer au récit fondateur imaginaire qu'on oppose à la réalité vécue des cégeps, dès leur commencement. Cela ou on continue à faire la fine bouche en trouvant partout ailleurs que chez soi la cause des difficultés que le grand nombre d'élèves des cours de philo - il y en a plus ici que partout ailleurs ! - éprouvent à lire les textes. Même chose en français. L'état des choses au cégep justifie les défis, pas les jérémiades. À la longue, ce sont celles-ci qui viendront à bout de la formation générale. Corrigeant ainsi une conjoncture dont on aura mal su profiter.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 10 janvier 2017 23 h 03

      Jérémiades?
      L'observation et le constat de la situation qu'a fait M. Bergeron ne sont pas une remise en question de la formation générale au collégial mais bien une tentative d'explication concernant les difficultés pédagogiques rencontrées par les étudiants qui arrivent au CEGEP très mal outillés entre autres au sujet de la maîtrise de leur langue maternelle. Ses observations sur le terrain collégial rejoignent en tout point mes propres observations au niveau secondaire. On peut prétendre qu'il en revient à nous, enseignants et professeurs, à s'adapter à nos élèves et étudiants respectifs mais lorsqu'un étudiant est pratiquement un analphabète fonctionnel et culturel diplômé il y a des limites à réinventer la roue pédagogique et cela a comme effet pervers de diminuer les exigences. Devant le nombre d'élèves en difficultés dans une classe ça devient pour l'enseignant une question de survie " professionnelle".
      Jacques Tremblay
      Enseignant retraité en mathématiques au secondaire
      Sainte-Luce, Qc

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 janvier 2017 08 h 51

      « pratiquement un analphabète fonctionnel »

      En tout respect, monsieur Tremblay vous répétez ici une idée reçue... et fausse. Je ne répéterai pas les arguments que j'ai déjà donnés. Seulement que si on veut se faire une idée juste de l'état de la numératie et de la littératie chez les jeunes québécois, ce n'est hélas pas du côté de la Fondation pour l'alphabétisation qu'il faut se tourner mais des études statistiques du PEICA. Non seulement elles n'utilisent pas cette notion plus suggestive que rigoureusement descriptive, mais elles montrent sans équivoque que les performances en littératie des jeunes (puisque c'est d'eux que vous parlez) sont significativement meilleures que celles des générations précédentes.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 11 janvier 2017 09 h 03

      Concernant les jérémiades, justement, c'est peut-être du côté de la formation générale qu'il faut regarder. Monsieur Bergeron ne s'en prive pas, dans d'autres interventions. Mais seulement pour dénoncer la vision étriquée que bien des gens, collègues compris, en ont. Là comme ici, les choses sont au plus mal et c'est la faute des autres. Air connu.

      J'ai enseigné trente-cinq ans au cégep. En philo, de surcroît. Bien que je ne prétendrai pas que mes « observations » soient plus pertinentes que celles de quiconque, je me permettrai de suggérer que je n'ai pas constaté de différences notables quant à la préparation des élèves d'aujourd'hui et ceux d'il y a quarante-cinq ans, dont j'étais. Il faut juste éviter de se prendre soi-même pour référence.

      La posture de monsieur Bergeron est un peu équivoque. Il veut bien que l'accès aux études « supérieures » soit démocratisé, à condition que ce soit pour se montrer à la hauteur d'une vision élitiste de la culture. Pour le satisfaire, je ne vois qu'un moyen : qu'il n'enseigne qu'à cette minorité (plus nombreuse maintenant qu'il a cinquante ans, en passant) qui fréquentaient les collèges classiques.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 11 janvier 2017 14 h 12

      Ce qui est en cause ici c'est cette volonté à tout prix d'augmenter le niveau de diplomation de nos élèves en imposant en autres avec la réforme une nouvelle façon d'évaluer les élèves que je qualifierais volontiers, pour en rire, d'ésotérique si elle n'avait pas finalement des conséquences si désastreuses sur les élèves les plus déorganisés. Ces élèves ont besoin de rétroactions fréquentes si on désire les garder en projet ce que ne permet pas la lourdeur du système d'évaluation actuel. Avec la réforme trop de mes élèves arrivaient systématiquement dans mes classes avec des faiblesses en mathématiques et qui souvent auraient dû être résolues depuis un bon moment. C'est à cause cette diminution des exigences accumulées avec les années que les élèves arrivent finalement face à un mur à l'examen du ministère de 4e secondaire qui lui ne faiblit pas immédiatement dans ses exigences. Après l'ajustement ministériel appliqué aux résultats et ce dans plusieurs disciplines on arrive finalement à un certain pourcentage de diplômés tout frais et inqualifiés pour des études supérieures. Si vous rajoutez à la réforme le système des trois écoles bien décrit par M. Bergeron vous avez tout ce qu'il faut pour favoriser une partie de la population scolaire au détriment des autres.

    • Jacques Tremblay - Inscrit 11 janvier 2017 14 h 13

      Chaque fois que j'avais dans mes classes une masse critique d'élèves (7-8 élèves sur 32) ayant plus de facilité en mathématiques c'est tous les élèves du groupe qui en bénéficiaient. Cela crée une dynamique de groupe positive pour toutes et tous. Une chanteuse qui se fait applaudir à tout rompe par un public qui n'a pas la moitié de son talent n'a-t-elle pas le goût de se dépasser et d'approfondir son art? Est-ce le but recherché par nos leaders en éducation? L'école a définitivement perdu ses repères avec la réforme et la clientélisation des élèves. Une année j'ai enseigné à deux groupes d'élèves en PEI de 25 élèves chacun et à un groupe régulier de 32 élèves ayant quelques cas en difficulté d'apprentissage et de comportement. Plus de 93% de taux de réussite avec ce groupe régulier comparativement à 84 et 88% pour les deux groupes PEI alors que la moyenne provinciale oscillait depuis des années aux alentours de 72-74%. Tout cela grâce à une dynamique de groupe plus positive dû à la présence une masse critique d'élèves forts. L'enseignement est d'abord un art avant d'une science et ainsi l'expérience professionnelle personnelle devrait prendre une place prépondérante à toute théorie scientiste incapable de prédire l'avenir.
      Jacques Tremblay
      Enseignant retraité en mathématiques
      Sainte-Luce

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 12 janvier 2017 08 h 04

      Tout cela est bien intéressant, monsieur Tremblay. Mais n'a rien de nouveau. Ce que les statistiques du PEICA suggèrent - elles ne font pas l'objet de normalisations, elles -, c'est néanmoins que le renouveau pédagogique n'a pas eu les effets désastreux que ses détracteurs relèvent, notamment en brandissant l'étiquette infâmante d'analphabétisme fonctionnel. Si ce n'était du biais introduit par le boycott des directions de commissions scolaires, dont on ne peut mesurer scientifiquement l'impact, paraît-il, il faudrait plutôt convenir que la situation s'améliore. Et s'en réjouir. Cela sans jovialisme.

  • Nadia Alexan - Abonnée 10 janvier 2017 08 h 38

    Le gouvernement doit agir pour corriger l'éducation à deux vitesses!

    Depuis longtemps, la société civile au Québec déplore les écoles à deux vitesses, ceux de l'école publique et celles de l'école privée et exige que le gouvernement du Québec ait le courage d'arrêter de subventionner les écoles privées au détriment de l'école publique. Pour le bien commun, on est mieux de mettre ces fonds pour bonifier les écoles publiques et d'aider les étudiants les plus vulnérables à travailler davantage. Comme l'auteur de cet article le signale, les études démontrent que "les groupes hétérogènes sont à la fois les plus efficaces et les plus équitables."

  • Robert Bernier - Abonné 10 janvier 2017 09 h 08

    Et pas qu'en philosophie

    M. Bergeron écrit: "Trop d’entre eux commencent leurs études collégiales avec de graves problèmes en matière de lecture, d’écriture et de compréhension de textes. Sans ces aptitudes et faute aussi d’un vocabulaire et de repères culturels convenables, ils peinent à comprendre la matière enseignée, mais aussi à construire, à structurer et à exprimer une pensée claire et cohérente."

    Je le remarque de plus en plus dans mes classes de physique. Plusieurs étudiants(es), la vaste majorité en fait, ont de la difficulté à lire et donc à comprendre et à se représenter une situation décrite dans un problème simple de physique. Alors, aller jusqu'à le résoudre apparaîtra comme une difficulté insurmontable. D'où la tentation de ne même pas tenter de comprendre et d'essayer de "juste" mettre des chiffres dans les formules. L'étudiant(e) se prive ainsi de l'effort (et du plaisir, croyez-moi) qui, seul, contribuerait à son épanouissement intellectuel.

    Quelles sont les causes de cet état de fait? M. Bergeron écrit: "En misant sur des méthodes centrées sur la découverte et la réalisation de projets, et sur le développement des compétences de l’élève au détriment des connaissances, cette réforme a pénalisé l’ensemble des élèves, mais encore plus sévèrement ceux qui provenaient des milieux défavorisés ou avec des problèmes d’apprentissage. Les recherches montrent que les méthodes d’instruction directe donnent de meilleurs résultats que les formes de pédagogie de la découverte." Et, pour avoir lu et réfléchi à partir d'un certain nombre d'articles et de livres sur le sujet (notamment des textes de Normand Baillargeon), j'aurais tendance à seconder M. Bergeron dans son analyse.

    À 61 ans maintenant, je n'ai pas fréquenté une école où l'on enseignait suivant ces méthodes et, pourtant, j'ai fini par faire un physicien "pas pire quand même".

    Robert Bernier
    Prof. de physique
    Collège Lionel-Groulx

  • Yvon Robert - Abonné 10 janvier 2017 09 h 45

    Les CEGEP,un accident de parcours

    De fait les Cegep sont devenus des garderie pour adolescents,une extension du secondaire.On aurait voulu en faire une extension du cours classique,les premiers CEGEP donnait suite à des collèges classiques vite envahi par le développement de l'enseignement professionnel,enseignement qui prend de l'ampleur avec le développement de nouveaux AEC.
    Après 50 ans le rêve des débuts s'est évanoui,le modèle demeure unique dans le monde,encore 10 ans et le professionnel prendra toute la place.Il serait plus simple de créer une 12è année au secondaire et d'en faire de véritable collège d'enseignement professionnel et continuer d'encourager le développement du réseau universitaire en région.