Lettres: Corporatiste, le Conseil de presse?

Monsieur le directeur,

Très sensible à l'article que vous avez signé en page éditoriale le 27 février, je tiens à vous remercier de l'excellent éclairage dont vous avez entouré l'affaire Saint-Charles-Borromée et le rôle exigeant du Conseil de presse dans ce dossier.

S'il est vrai, comme vous le dites, que le CPQ a «pleinement joué son rôle de gardien de l'intérêt public» malgré la modestie de ses moyens et les limites de temps, nous devons en remercier les représentants de divers milieux qui ont consenti à défendre les intérêts du public et les normes déontologiques de notre métier. À ceux qui nous reprochent une tendance à jouer ce que vous appelez «un rôle corporatiste», nous devons rappeler que le Conseil est constitué de sept représentants du public, de sept délégués des journalistes, de sept représentants des entreprises de presse, le président de l'institution (22e membre du Conseil) y siège comme représentant du grand public. En outre, depuis sa fondation, le CPQ s'est penché, à titre de tribunal d'honneur, sur plus de 2000 cas de plaintes émanant soit des citoyens, d'organismes ou d'entreprises des quatre coins du Québec, soit de membres de la communauté journalistique. Les décisions rendues depuis 30 ans par le Conseil, de même qu'une centaine d'avis publics diffusés depuis sa fondation, font jurisprudence en matière d'éthique de l'information. En somme, le Conseil de presse agit comme protecteur du citoyen en matière d'information. À la fin des années 90, nous avons en outre créé une commission d'appel à laquelle s'adressent les citoyens et les journalistes insatisfaits d'une première décision.

Tout cela, monsieur le directeur, n'est pas la perfection. Mais ce n'est pas du corporatisme.