Briser le mythe et prendre notre place

«[Le Parti québécois] est un parti qui fait confiance aux jeunes et qui les écoute», écrit Catherine Fournier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «[Le Parti québécois] est un parti qui fait confiance aux jeunes et qui les écoute», écrit Catherine Fournier.

Depuis que je suis toute petite, j’entends que les jeunes de ma génération sont désintéressés de la chose publique, que notre attention est exclusive à notre propre nombril. Ces qualificatifs sont trop faciles à attribuer. J’ai personnellement commencé à suivre l’actualité peu avant l’élection québécoise de 2003. Depuis, les libéraux ont été au pouvoir 12 années sur 13 et demie.

Ma génération n’a essentiellement connu qu’une gestion bancale de l’État, où les grands projets de société ont été évacués et le modèle québécois, de plus en plus démantelé. En seulement 18 mois de gouvernement péquiste, contre 144 mois de gouvernement libéral, nous n’avons pas eu le temps de connaître un gouvernement qui nous aurait rendus fiers, nous n’avons pas eu l’occasion de croire que la politique pouvait être un moyen de changer le monde.

Anxiété

Parallèlement à cela, nous connaissons une anxiété plus grande que les générations précédentes. En effet, les 15-30 ans pourraient être les premiers à connaître un niveau de vie inférieur à celui de leurs parents. Les bons emplois se font rares, même chez les diplômés universitaires, qui doivent souvent exercer un travail pour lequel ils sont surqualifiés. Le salaire minimum actuel ne suffit plus à vivre décemment. L’accès à la propriété est impensable pour la majorité. Plusieurs jeunes sont ainsi découragés et se sentent lésés par les décisions qui les ont menés là.

Dans ce contexte, pour interpeller les jeunes, il y a urgence de susciter de l’espoir. Il y a urgence de recommencer à bâtir. Il y a urgence de recommencer à rêver. Les jeunes doivent prendre leur place, comme moi. Plusieurs le font d’ailleurs déjà. Nous sommes une génération d’entrepreneurs, de futurs bâtisseurs. Après tout, les décisions qui sont prises actuellement auront d’énormes impacts sur notre avenir. À 24 ans, j’ai justement choisi la politique parce que je ressens cette urgence d’agir.

Le pays

Les jeunes aspirent à une société meilleure, plus humaine, plus juste, plus verte, plus prospère. Pour qu’ils s’investissent en politique à l’heure où notre mode de vie est effréné, ils doivent sentir que leur engagement vaut le coup, qu’ils auront un impact bien réel. Il faut leur montrer que la politique peut être un moyen de réaliser de grandes choses, un moyen de concrétiser leurs ambitions.

C’est cette garantie que j’ai fait valoir aux jeunes électeurs de ma circonscription lors de la campagne électorale dans Marie-Victorin. Le Parti québécois est une pépinière d’idées, un terrain de débats qui a fait avancer le Québec et qui continuera de le faire. Nous sommes et avons toujours été le parti des aspirations collectives et le gouvernement des grandes réformes.

Les valeurs

C’est pour cela que je crois au Parti québécois. J’ai choisi d’en porter les couleurs parce que c’est le parti qui porte le mieux les valeurs de la jeunesse québécoise : l’égalité des chances, la protection de notre environnement, la promotion de notre culture et la valorisation de nos services publics. Surtout, je suis au Parti québécois parce que je crois que le Québec a tout à gagner à devenir un pays. De plus, c’est un parti qui fait confiance aux jeunes et qui les écoute. J’en suis la preuve vivante. Mon élection comme plus jeune femme députée de l’histoire de l’Assemblée nationale a démontré la capacité du Parti québécois de faire le pont entre les générations.

Et cela tombe à point. Nous sommes à deux ans de la prochaine élection générale et à quelques mois du congrès national du Parti québécois. C’est le moment idéal pour exprimer notre vision de l’avenir. Je lance un appel à tous ceux et à toutes celles qui veulent contribuer à définir le Québec de demain : vous êtes les bienvenus au Parti québécois. Brisons le mythe et prenons notre place. Faisons partie de la solution.

14 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 10 décembre 2016 04 h 03

    Prendre notre place, bien sûr.

    Votre texte bouillonne d'espoir et met de l'avant de l'espoir à couper le souffle.

    À vingt ans, j'aurais sûrement senti que voilà un bateau qui saura me faire avancer.

    À quarante ans, un peu moins, mes dernières années m'ayant propulsé à naviguer dans une chaloupe avec une seule rame, la mienne, sur une mer turbulente.

    À soixante ans, à la dérive avec une ceinture de sauvetage usée, je chercherais autour de moi un éclairci, voire une île à portée de mains.

    À quatre-vingt ans, les yeux fermés, je penserais qu'il y a peut-être de l'espoir, mais pas pour moi, ni pour les autres, parce que les gens comme moi, les soixante ans, les quarante ans et les plus jeunes, ne pensent pas le pouvoir politique comme une affaire qui doit être entre les mains de la majorité des citoyens et des citoyennes.

    Et ça, ce n'est pas une question propre à une génération, mais une question qui nous concerne tous et toutes si tant est que nous voulons sentir le vent de l'espoir.

    S'il y a un mythe qu'il faille briser, c'est celui de penser qu'une génération peut tout faire. C'est faux. Pour naviguer sur les eaux difficiles de la vie collective, il faut un bateau et de pilotes qui naviguent dans la direction choisie par toutes les générations. C'est l'essentiel.

    Cet essentiel implique que les citoyens et les citoyennes débatent entre eux et décident collectivement du cap à cibler. Naviguer ainsi au Québec ne peut se faire que si les citoyens et les citoyennes prennent le contrôle du pouvoir.

    Sans un mouvement de fond dans cette direction, moi qui approche des quatre-vingt ans, je ne vois pas de cap à l'horizon. Plutôt des îles éphémères et des gens, toutes générations confuses, qui voguent dans toutes les directions.

    Aussi je vous invite à vous y investir, dans le parti de votre choix, pour pour que le pouvoir politique devienne celui des citoyens et des citoyennes du Québec, ce qui ne peut advenir qu'en changeant le régime politique actuel.

    • Johanne Bédard - Inscrite 11 décembre 2016 10 h 32

      À M. Bariteau,

      Mme Fournier ne s'attardera pas aux commentaires amers et défaitistes.

      «Aussi je vous invite à vous y investir, dans le parti de votre choix, pour pour que le pouvoir politique devienne celui des citoyens et des citoyennes du Québec, ce qui ne peut advenir qu'en changeant le régime politique actuel». Elle s'est déjà invitée elle-même et est solidement appuyée par une multitude de gens sensés dont des gens comme moi qui sont d'une autre génération. Dommage que vous soyez incapable de vous réjouir de sa réussite.

    • Pierre R. Gascon - Abonné 11 décembre 2016 20 h 08

      Quant à moi monsieur Bariteau, de mes soixante-quatorze automnes, je vois avec émerveillement ces jeunes gens, ces forces vives et artisans de l’avenir, surmonter l’apathie, et qui apprennent à être des modèles par leurs paroles et leur conduite. Je félicite ces constructeurs du Québec de demain; ils s’engagent, plongent dans le vaste dialogue social, économique, culturel et politique.

      Catherine Fournier sait agir avec une volonté résolue, avec une vision claire; elle est fiable, car elle a toujours su maintenir ses engagements avec sérieux, responsabilité et professionnalisme; elle démontre du courage : elle ose et va de l'avant. Avec sa formation académique et ses antécédents professionnels, elle est prête à s’intégrer immédiatement et à siéger à l'Asemblée nationale pour débattre et faire-valoir les enjeux du comté de Marie-Victorin. N'est-ce pas merveilleux monsieur Bariteau?

      Monsieur Bariteau, je vous invite à l'encourager à conjuguer ensemble l'intensité passionnelle et l'amour de la vérité, et à trouver le courage de dire non pas ce qui convient, mais ce qui est vrai.

      Moi, je lui souhaite de trouver la force pour agir selon sa conscience chaque jour en toute circonstance; il lui en faudra pour se relever après un échec; il lui en faudra pour ne pas cesser d'affirmer ses convictions. La vertu de la force donne de tenir bon, de ne pas lâcher prise face à tous les obstacles.

      Je suis convaincu qu'elle saura développer cette capacité à faire cohabiter le rêve et le possible; cela nécessitera : conviction, persévérance et espoir; et , elle participera à contribuer à une société plus juste et plus proche des besoins de la population.

  • Denis Paquette - Abonné 10 décembre 2016 05 h 25

    Hé oui, une sociétée évolue de mythes en mythes

    Peut etre que les sociétés parfaites n'existent pas, peut être faut-il se dire que les sociétés évoluent de mythes en mythes, c'est alors a nous de les incarnés et de les créés, la difficulté est souvent que certains mythes sont plus tenaces que d'autres, en fait une société est composée de gens ayant chacuns ses mythes, pensez-vous que si nous n'avions pas eu autent de gens croyants au mythe de Rome, nous n'aurions pas déja notre pays,déja a l'époque des patriotes Rome excommuniaient tous ceux, qui voulaient avoir leur pays, n'est ce pas encore vraie aujourd'hui, quand nous aurons règlé ce mythe, peut-etre serons nous près, pour un nouveau mythe

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 10 décembre 2016 08 h 44

    Mme Catherine ,je suis bien heureux

    de vous voir rejoindre le bateau où je me suis embarqué a votre age reconnaissant le seul trajet valable pour notre nation et liberté.Je vous souhaite un voyage fructueux combattant la morosité de cette période nocive pour tous les citoyens québecois habitant ce magnifique territoire et ouvert sur le monde.

    • Johanne Bédard - Inscrite 11 décembre 2016 10 h 37

      Merci M. Grisé.

      C'est avec des commentaires comme le vôtre, incitant à l'union, à l'ouverture et à la capacité de se réjouir, que le Québec générera les conditions favorables aux bâtisseuses et aux bâtisseurs de notre Pays.

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 10 décembre 2016 11 h 35

    … de ressentir et d’agir !

    « À 24 ans, j’ai justement choisi la politique parce que je ressens cette urgence d’agir. » ; « Mon élection (…) a démontré la capacité du Parti québécois de faire le pont entre les générations. » (Catherine Fournier, députée, PQ)

    De cette citation, cette douceur :

    Tout d’abord, que de félicitations à dire pour une personne qui, de la vingtaine, a réussi, d’urgence, à se faire élire là où plusieurs, de son âge, préfèrent opter pour autre chose que le monde de la politique : milles fois bravos !

    De cette élection « surprise », il est à espérer que le membership du Parti Québécois, toujours jeune d’esprit et de corps, poursuive ce dont il est et demeure capable d’ouverture intergénérationnelle, de rêve, de fierté ou d’indépendance !

    Reste que, maintenant, il est comme, avec et par-pour la Nation du Québec, sans cesse le temps …

    … de ressentir et d’agir ! - 10 déc 2016 –

  • Robert Beauchamp - Abonné 10 décembre 2016 12 h 29

    L'urgence d'agir

    Les jeunes furent un effet de levier qui permit au parti québécois de prendre le pouvoir et et d'entreprendre des réformes gigantesques au sein de nos institutions dans une perspective sociale-démocratique. Il y a présentement une occasion à ne pas rater pour les jeunes d'investir ce parti qui est à la croisée d'un changement générationnel. Une occasion à saisir afin qu'à nouveau nous procédions à de nouvelles grandes réformes tenant compte des nouveaux enjeux face à la mondialisation industrielle, aux crises environnementales, aux crises alimentaires, à la diversité culturelle menacée par la montée de l'intégrisme néo-libéral, au nivellement des identités nationales. Le printemps érable nous a démontré que la jeunesse est prête à bouger, que son énergie ne demande qu'à être canalisée pour agir avec force en empruntant ce canal politique le plus adapté pour recevoir cette nouvelle dose d'adrénaline.

    • Johanne Bédard - Inscrite 11 décembre 2016 10 h 34

      Merci M. Beauchemin pour votre réaliste et élogieux commentaires.

      Vive les jeunes péquistes, nous avons besoin d'eux !