L’économie au service des personnes

En 21 ans d’activité, Renaissance a accompagné plus de 3500 personnes dans leur retour sur le marché du travail.
Photo: Olivier Zuida En 21 ans d’activité, Renaissance a accompagné plus de 3500 personnes dans leur retour sur le marché du travail.

J'ai été surpris de la teneur de la chronique de Mme Francine Pelletier, publiée le 1er décembre, à propos de notre organisation Renaissance. Non seulement le contenu dénote une profonde incompréhension de ce qu’est l’économie sociale, mais il contient aussi des faits erronés qui demandent à être rectifiés.

Devant l’ampleur du besoin d’accompagnement des usagers des banques alimentaires désirant retourner sur le marché du travail et le peu de moyens disponibles pour les y aider, nous avons commencé à réfléchir à un modèle d’organisme à but non lucratif amélioré qui ne dépendrait pas uniquement de l’État et des mécènes pour générer ses revenus. Comprenez bien que nous ne parlons pas ici de commercialisation de la charité, mais bien du contraire, soit de faire évoluer la charité vers un soutien à l’autonomie où la personne retrouve sa pleine dignité par le travail.

Nous sommes très fiers d’avoir accompagné, en 21 ans d’activité, plus de 3500 personnes dans leur retour sur le marché du travail. Et parce que nos revenus sont systématiquement réinvestis dans l’organisation, Renaissance a également créé 450 emplois depuis 1995. Cette réussite provient de la générosité des citoyennes et des citoyens qui nous confient leurs biens usagés parce qu’ils sont conscients de l’impact important qu’a notre organisation auprès des personnes en situation d’exclusion.

Concernant la concurrence déloyale, contrairement à ce qui est mentionné dans l’article, nous payons des taxes comme tout le monde. Notre librairie sur l’avenue du Mont-Royal nous coûte 37 350 $ de taxes professionnelles, foncières et scolaires par année, et nous payons aussi les taxes de vente. Comme commerçant, nous avons choisi la route du petit prix et du grand volume et c’est, selon nous, la seule raison de notre réussite.

Bref, le modèle québécois d’économie sociale est présentement célébré et copié à travers le monde à cause de son dynamisme et des moyens qu’il donne aux gens qui veulent améliorer la vie de leurs semblables. L’aide qui apporte et l’espoir qu’il génère méritent d’être mieux compris et appréciés davantage.

Réponse de la chroniqueuse

M. Legault,

Ma chronique ne cherchait aucunement à remettre en question l’économie sociale, encore moins la réinsertion au marché du travail dont se targue votre organisme. Seulement, il y a raison de craindre que l’essor que prend votre entreprise, notamment par le biais de librairies de seconde main, fragilise actuellement un secteur déjà malmené, le marché du livre, secteur pourtant essentiel à la vitalité culturelle du Québec. À mon passage, il y a 10 jours, votre librairie rue Mont-Royal attirait deux fois plus de gens que le libraire d’en face qui, elle, paie ses employés et son produit pas mal plus cher. Cette situation m’apparaissait digne de mention, d’autant plus que vos librairies ne font pas de réinsertion sociale comme le veut votre mandat.

Pour ce qui est des erreurs, n’êtes-vous pas exempté en tant qu’OSBL des taxes de vente ? « La plupart des produits et services fournis par les organismes de bienfaisance sont exonérés de la TPS/TVH », disent pourtant Revenu Canada et Québec. Les OSBL ont également un rabais de taxe sur leurs revenus. C’est à cette situation enviable à laquelle faisait référence le libraire cité dans ma chronique.
 

Francine Pelletier
6 commentaires
  • Jacques Patenaude - Abonné 8 décembre 2016 09 h 29

    Correction

    « La plupart des produits et services fournis par les organismes de bienfaisance sont exonérés de la TPS/TVH » Francine Pelletier

    Les entreprises d’économie sociale qui sont des OBNL doivent payer non seulement les taxes TPS et TVH mais aussi les les taxes municipales car elles ont des activités commerciales. Elles ne sont exemptes que des impôts des compagnies car elles ne peuvent émettre d'actions ni redistribuer des dividendes directement ni indirectement. Selon la troisieme partie de la loi des compagnies leur membres ne peuvent s'approprier les profits réalisés. Avec les profits elles ne peuvent que développer leurs activités ou les donner a d'autres organismes de même nature. Elles sont d'ailleurs surveilles sur ce point par le gouvernement.
    Désolé mme Pelletier mais je crois que vous êtes dans l'erreur dans votre réponse.

    • Patrick Boulanger - Abonné 10 décembre 2016 00 h 57

      M. Patenaude, quand on va chez Renaissance, on ne paye pas les taxes à la consommation. Est-ce que cette entreprise les payent sans les charger aux consommateurs?

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 décembre 2016 10 h 14

    Mme Pelletier,Renaissance est-il le seul endroit

    *de livres usagés ? La vitalité culturelle vient-elle de la lecture de livres neufs ou tout simplement de la lecture de bons textes ? La curiosité de ces derniers les menera a breve échéance vers les libraires quand ils en auront la capacité matérielle.

  • Marc Therrien - Abonné 8 décembre 2016 18 h 34

    Faire commerce utile

    "À mon passage, il y a 10 jours, votre librairie rue Mont-Royal attirait deux fois plus de gens que le libraire d’en face qui, elle, paie ses employés et son produit pas mal plus cher."

    Intéressant....mais pourquoi donc, en fait? Les gens qui y sont attirées et qui la choisissent adhéreraient-elles à la mission sociale de cette entreprise? Y trouveraient-elles ''leur compte"?

    Je suis un ancien intervenant psychosocial en santé mentale en milieu communautaire qui accompagnaient des personnes aux prises avec des problèmes sévères et persistants de santé mentale dans leur cheminement vers le rétablissement. Je peux témoigner de l’utilité des entreprises d’économie sociale qui font « commerce utile » dans une variété de secteurs de l’activité économique et offrent une opportunité aux personnes qui ont tout perdu de pouvoir rejoindre le premier échelon du bas de l’échelle sociale. Ce qui était souvent confrontant pour nous, c’était de voir tant de personnes, définies comme démunies, pourtant souriantes et contentes de se lever le matin pour aller travailler comme tout le monde.

    Marc Therrien

  • Marc Therrien - Abonné 8 décembre 2016 23 h 05

    Faire commerce utile

    "À mon passage, il y a 10 jours, votre librairie rue Mont-Royal attirait deux fois plus de gens que le libraire d’en face qui, elle, paie ses employés et son produit pas mal plus cher."

    Intéressant....mais pourquoi donc, en fait? Les gens qui y sont attirées et qui la choisissent adhéreraient-elles à la mission sociale de cette entreprise? Y trouveraient-elles ''leur compte"?

    Je suis un ancien intervenant psychosocial en santé mentale en milieu communautaire qui accompagnait des personnes aux prises avec des problèmes sévères et persistants de santé mentale dans leur cheminement vers le rétablissement. Je peux témoigner de l’utilité des entreprises d’économie sociale qui font « commerce utile » dans une variété de secteurs de l’activité économique et offrent une opportunité aux personnes qui ont tout perdu de pouvoir rejoindre le premier échelon du bas de l’échelle sociale. Ce qui était souvent confrontant pour nous, c’était de voir tant de personnes, définies comme démunies, pourtant souriantes et contentes de se lever le matin pour aller travailler comme tout le monde.

    Marc Therrien

  • Patrick Boulanger - Abonné 10 décembre 2016 01 h 02

    Le bilinguisme chez Renaissance

    « Nous sommes très fiers d’avoir accompagné, en 21 ans d’activité, plus de 3500 personnes dans leur retour sur le marché du travail. »?

    D'accord, mais en ce qui a trait au bilinguisme sur les affiches à l'intérieur de vos (tous?) magaisins, êtes-vous également fier de cela?