À la défense du libre-échange

L'auteur fait valoir que malgré sa récente mauvaise presse, la libre-circulation des biens est l’une des façons les plus efficaces que nous avons d’améliorer les conditions de vie tant ici qu’ailleurs.
Photo: John Thys Agence France-Presse L'auteur fait valoir que malgré sa récente mauvaise presse, la libre-circulation des biens est l’une des façons les plus efficaces que nous avons d’améliorer les conditions de vie tant ici qu’ailleurs.

Jusqu’à tout récemment, il semblait y avoir un consensus chez nos élites politiques quant au bien-fondé du libre-échange. Ceux-ci étaient prêts à signer de nouveaux accords, mais n’osaient pas s’attaquer à certaines vaches sacrées, tels le lait et la volaille, au Canada. Les groupes qui persistaient à s’attaquer aux notions de libre circulation des biens étaient marginaux, ou encore s’exprimaient en cédant que l’ALENA est un bon traité, mais qu’un nouveau traité similaire avec d’autres acteurs serait cette fois fort désastreux. La partie semblait être gagnée pour ceux qui, comme moi, défendent une vision d’un monde de plus en plus uni, notamment par le commerce.

Puis 2016 est arrivée. Nous avons essuyé revers après revers avec le Brexit, l’élection de Trump, la popularité de Bernie Sanders et de ses discours protectionnistes, les déclarations incendiaires contre le Partenariat transpacifique et le blocage wallon de l’Accord économique et commercial global. En nous disant que les détracteurs du libre-échange n’étaient que des groupes marginaux, nous n’avons jamais vu venir le mouvement qui se construisait depuis plusieurs années. Nous avons failli à ce devoir moral que nous avons tous quant à la défense de nos idéaux. Comme le dit le proverbe cependant : mieux vaut tard que jamais !

Malgré sa récente mauvaise presse, la libre circulation des biens est l’une des façons les plus efficaces que nous avons d’améliorer les conditions de vie tant ici qu’ailleurs. Alors que les opposants à ces accords parlent de pertes d’emplois et d’augmentation du chômage, les données montrent que malgré des pertes d’emploi dans certains secteurs, le fait de libérer du talent pour utiliser les capacités de chacun à meilleur escient fait ultimement chuter le taux de chômage. Cela vient du fait que, contrairement à ce que certains semblent considérer, l’emploi et la richesse n’ont pas de maximum défini, mais peuvent plutôt croître au rythme où l’on innove.

Un autre mythe commun quant au libre-échange est qu’il ne profiterait apparemment qu’aux mieux nantis d’une société. Bien que les propriétaires d’entreprise en bénéficient, le libre-échange bénéficie généralement à tous. Alors que le niveau d’échange augmente exponentiellement, l’on peut observer une diminution radicale du taux d’extrême pauvreté, qui a notamment chuté de moitié entre 1990 et 2010.

En ouvrant notre pays aux échanges internationaux, l’on augmente ultimement les opportunités disponibles dans les pays en développement. En ce qui a trait à l’enrichissement local, il vient de nouvelles opportunités, notamment dans le domaine des services, mais aussi dans la réduction des prix de consommation, signifiant qu’un individu peut se procurer davantage de biens et de services, et ce, même avec un salaire stable.

Ultimement, même si sa popularité est en baisse, le libre-échange demeure l’un des moyens les plus efficaces que nous avons testé afin d’enrichir toute société. Au lieu de ne s’attarder qu’à une partie des impacts, observons-les dans leur ensemble et ouvrons-nous sur le monde. Le monde a besoin de plus de Canada, tout comme le Canada a besoin de plus du reste du monde.

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