Quand le réflexe tient lieu de réflexion

Au mois de mars dernier, Québec Cinéma constituait son Comité de sages afin de l’aider à gérer la crise provoquée par l’Affaire Jutra. Leur mandat terminé, le comité décidait de poursuivre sa réflexion de manière indépendante. Ce texte se veut à la fois le fruit de leur réflexion et une invitation à la discussion.

Il était une fois 4 intellectuels à qui Québec Cinéma avait demandé de tenter d’assagir le monde enfin, une partie, une infime partie. L’un cinéaste, l’autre doc, puis l’éthicien et la juge.

Printemps 2016, l’organisme Québec Cinéma leur demandait de le guider dans la crise entourant l’Affaire Jutra.

La polémique était née des allégations de pédophilie contenues dans une biographie du cinéaste Claude Jutra. Puis quelques jours plus tard, deux présumées victimes des actes de pédophilie posés par Claude Jutra se manifestaient dans les médias.

Le Gala de Québec Cinéma n’entendait plus récompenser ses lauréats par un prix qui porterait le nom du cinéaste.

Vitement sur la place publique, le souvenir de Claude Jutra a été interpellé : vitement son nom retiré de l’espace public, rues, parcs, salles de cinéma dénommés.

Le grand ménage du printemps s’accomplissait. D’un grand coup de balai, il fallait faire disparaître l’existence de Jutra et son oeuvre, impérativement.

Qu’allions-nous retenir de toute cette aventure sur l’état de notre monde où la pureté de façade et son illusion ne souffrent d’aucune exception ?

On a choisi d’agir à toute vitesse plutôt qu’avec rigueur. Ce choix serait-il sans conséquences ?

Les médias sociaux ou antisociaux, c’est selon le point de vue, nous ont accoutumés à vivre dans l’ère de l’instantanéité où tout doit être su immédiatement, où tout reproche doit être hurlé sur le champ.

Devrons-nous nous habituer à ce genre de traitement médiatique et à cette manière d’expédier des problèmes sans vraiment chercher de solutions véritables ?

Enfin, est-ce ainsi que des hommes et des femmes libres entendent vivre ?
La crise s’est calmée, sans s’être résolue. Les 4 intellos voulaient encore parler.

Mais qu’ont en communs ces 4 individus qui désiraient pousser plus loin leur discussion ? Certainement l’âge pour trois d’entre eux et pour le grand dernier, le plus jeune, le désir aussi de changer le monde, disons plus humblement, le désir de proposer une réflexion et d’influencer le cours de la pensée sur ce que nous appellerions dorénavant L’Affaire Jutra.

Les 4 souhaitaient donc s’exprimer en leur nom mais aussi, un peu, pour ceux et celles qui se taisent parce qu’ils manquent de temps ou d’accès aux espaces d’expression. L’Internet court vite, trop pour certains qui réclament encore le privilège de réfléchir plus tranquillement, plus complètement.

Sachant que l’époque est plus au cri qu’à la construction de sens, il fallait, pour ces 4 intellos, approfondir leur réflexion commune, la structurer en solutions et ainsi revenir vers le public et lancer des idées à débattre.

Il fallait mettre de côté la fausse réalité qui nous enveloppe et qui nous berce : celle des bien pensants et celle de ceux qui cogitent rarement autrement que dans leur dimension étroite et courte de vue, ceux-là même qui pensent spontanément avoir toujours raison. Ce sont les mêmes qui ne doutent plus, par ignorance ou par paresse.

Ainsi dans cette Affaire Jutra, les 4 intellos trouvaient étonnant que la ministre de la Culture ait réagi si simplement, en exigeant rapidement le retrait du nom de Jutra de tout lieu public. Sans nuance, sans plus de réflexion.

Au même moment, où était le Ministre de la Santé et des Services sociaux pour crier haut et fort qu’il existe une politique en matière d’agressions sexuelles, qu’il fallait la publiciser, la réviser pour tenir compte qu’encore aujourd’hui, il est difficile pour une victime de se dévoiler ?

Il est plus que temps d’entreprendre une réflexion en profondeur sur l’ensemble des problèmes posés par les agressions sexuelles, réflexion qui devrait réunir les acteurs traditionnels des services de santé et services sociaux, de la justice, mais aussi des philosophes, des éthiciens et des médias.

De plus il faudra trouver le temps après cette crise, de rappeler l’oeuvre d’un grand artiste que l’on a promptement condamné sur la place publique.

Sans une réflexion approfondie, nous serons confrontés à vivre d’autres affaires Jutra. Du moins, c’est que croient les 4 intellos qui ont choisi de signer le présent manifeste.

La pédophilie


Le doc l’a souvent dit et il faut le répéter encore.

L’Affaire Jutra devait servir de déclencheur pour faire évoluer notre compréhension et surtout nos réactions et interventions face à la pédophilie.

Cependant, cette affaire a été vite classée, enterrée rapidement au royaume du fait divers par la nouvelle suivante, elle-même remplacée par la suivante et ainsi de suite. L’indignation si vive au départ aurait pu laisser croire qu’il y avait un intérêt réel pour les enfants victimes d’agressions sexuelles. Or, rien depuis, aucun commentaire significatif, aucune interrogation et surtout aucune action pour diminuer le nombre d’enfants présentement victimes d’agressions sexuelles. Rien non plus pour aider les victimes passées à dénoncer leur agresseur.

On les laisse en proie à la prochaine affaire juteuse et aux « enquêtes » de quelques journalistes pour dénicher un scoop.

La place de choix pour révéler les tourments subis par une victime ne devrait pas être la Une du journal mais un lieu d’accueil spécialisé comme il en existe de nombreux au Québec. À partir du moment où la souffrance des victimes est « déposée » dans les médias sans suite structurante, elle devient instrumentalisée. Cela ne veut pas dire que la souffrance ne doit pas être révélée dans les médias, mais cette exposition doit permettre de faire évoluer le système de prise en charge et avoir des impacts réels. Sinon, cette exposition ne devient qu’un fait sensationnel qui alimente notre indignation de passage et non pas notre empathie réelle.

Cela permet de nous déculpabiliser sans ne rien faire par la suite.

Il y a quelques années, l’affaire Nathalie Simard a fait grand bruit. Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont connu des affaires similaires. À chaque fois, partout dans le monde, il y a un battage médiatique et puis, plus rien, jusqu’au nouveau scandale.

On s’indigne, on dénonce la pédophilie, l’aveuglement du milieu, puis on souhaite une punition exemplaire qui va tout régler.

Comment se fait-il, encore aujourd’hui, qu’il soit si difficile pour une victime de dénoncer son agresseur ? Comment se fait-il que l’entourage ait autant de difficultés à reconnaître une situation qui se déroule pourtant sous ses yeux ? Quels sont les gestes concrets à poser collectivement pour prévenir les agressions sexuelles sur les enfants mais aussi pour obtenir l’aide nécessaire avant et après le dévoilement ?

Plusieurs raisons font qu’une victime a de la difficulté à dénoncer son agresseur, au moment des faits ou même plusieurs années plus tard. Au premier chef, il y a la peur : peur de la vengeance de l’agresseur qui se trouve souvent dans la famille. Peur que l’agresseur ne se venge sur la famille sur laquelle il a une emprise réelle.

Puis, il y a la honte des victimes liée aux préjugés courants, celle d’être jugée par la famille, par les amis, les collègues. Lorsqu’on acquiert le statut de victime, le regard des autres sur soi change. Et enfin viendra la crainte de ne pas être entendue ou crue par l’entourage et la déception qui s’en suit.

Il y a aussi ce monde d’illusions que crée un agresseur auprès des enfants/adolescents en leur faisant croire qu’il les « aime » vraiment et que la sexualité n’est qu’un prolongement « naturel » de cet « amour ».

Il y a donc plusieurs facteurs propres à chaque victime qui faciliteront ou non un dévoilement des actes criminels subis.

Difficile aussi pour l’entourage de reconnaître que des agressions sexuelles se déroulent presque sous leurs yeux. On se tait, pour ne pas nuire à la carrière de quelqu’un par exemple.

Il peut s’installer une incapacité totale de voir dans les cas où l’agresseur est un habile manipulateur qui a gagné la confiance des siens et qui a développé une relation particulière avec sa victime ; elle le croit, ils vivent une relation exclusive basée sur « l’amour » dont les adultes doivent être exclus, prétend-il.

La situation de précarité financière dans laquelle une famille se trouve peut également influer sur leur comportement. Et la crainte pour certains que la DPJ puisse leur enlever leur enfant est insupportable.

Les déterminants du silence sont donc multiples car la pédophilie a de plusieurs visages. D’abord sur le plan sexuel, le type de contact peut relever autant du sadisme pouvant aller à la destruction physique de l’enfant qu’à un contact « virtuel » dans le voyeurisme de la cyberpornographie, en passant aussi par les formes d’attouchement les plus variées. Enfin, le type de relation entre un pédophile et sa victime peut être inexistant, comme dans les cas d’enlèvement alors que parfois s’installe une pseudo-relation basée sur l’illusion et la manipulation.

Bref, il n’y a pas de profil type de pédophile.

Parallèlement, les pédophiles ont de la difficulté à demander de l’aide. Certains le font, rarement. Pourquoi ?

Comment renoncer à son emprise sur la victime qui lui confère un sentiment d’omnipuissance et du plaisir qui masquent un profond vide intérieur ?

Enfin il y a un ostracisme social majeur à être reconnu comme un agresseur parce que certains pensent encore que la castration ou la peine de mort seraient des solutions magiques pour régler le problème.

Ces pseudo-solutions font frémir la juge.

Médias et allégations

La juge craint les allégations comme la peste. Dans notre système de droit, l’allégation n’a pas de valeur. Elle doit être prouvée, soutenue par un ensemble de règles longuement élaborées pour devenir crédible.

Dans notre monde pressé de l’information, l’allégation nourrit souvent la nouvelle ; c’est ce monde qui multiplie les scoops, anime les réseaux sociaux, monde dans lequel certains chroniqueurs nous exposent leurs impressions, leurs points de vue pour conclure généralement dans le même sens que celui de l’opinion publique, sans trop chercher à départager le vrai du faux.

On confond ainsi l’art de la discussion et la confrontation. L’absence de dialectique laisse sa place à des affirmations sans fondement. Et on jouit d’un auditoire qui « pense comme nous » et s’enflamme aussi vite qu’il s’éteint selon les sujets à la mode.

Certains jours, on pourrait presque penser que l’allégation bénéficie sur les réseaux sociaux d’une présomption de véracité. Elle ferait preuve de son contenu jusqu’à preuve du contraire. Pour la défendre, on critique ceux qui oseraient proposer prudence et retenue à son égard, et cela même si ce sont souvent ces derniers à qui il faudrait reconnaître l’expertise du sujet.

Tout autant, il faudrait aussi se méfier de disculpations qui, par sympathie ou par déni fondé sur l’amitié des agresseurs, feraient fi des faits avancés.

L’éthicien le rappelle


Fallait-il se précipiter et tout effacer de Claude Jutra afin que personne ne puisse se reprocher, individuellement ou collectivement, quelque mouvement d’empathie envers le coupable ? Pour que personne, non plus, ne puisse adresser le moindre reproche d’une quelconque indulgence, laquelle pourrait être interprétée comme une complicité ?

Selon l’éthicien, invoquer l’urgence dans l’Affaire Jutra, c’est ne pas comprendre l’urgence.

Bien sûr, dans la vie, il y a de véritables urgences mais sur le plan philosophique, la plupart du temps les urgences ne sont rien de plus qu’un sens supplémentaire attribué par un individu à un événement. En soi rien, ou si peu, n’est urgent. Nous vivrons, nous mourrons, le temps continuera sans nous.

L’urgence, c’est souvent le mobile des faibles et des paresseux pour ne pas avoir à réfléchir plus longtemps.

Dans l’Affaire Jutra, plusieurs personnes se sont hâtées d’agir dans l’instant, le seul moment d’attention des citoyens passifs en mal de sensations. Elles ont ainsi pour plusieurs, troqué leurs responsabilités pour nourrir un mouvement populiste en mal de sensationnalisme.

Exception faite de Québec Cinéma qui devait diffuser un gala à court terme, où était l’urgence de réagir si vite ?

Le cinéaste et la pérennité de l’oeuvre de l’artiste

Le cinéaste pense que nous n’y arriverons pas, nous les 4 intellos. La défense de l’oeuvre de Jutra ou d’un autre créateur ne passera pas par notre plume.

Le créateur qu’est le cinéaste craint l’incompréhension et nous le comprenons. Un coup de vent politico-médiatique a emporté les témoins de 50 ans de création ; on a éliminé noms de rue, dénominations d’espace vert où nous vivions pourtant tranquilles et reconnaissants, tout cela en une nuit.

Oui, Jutra est bien mort, une seconde fois. Lui et son oeuvre ont été accusés, puis condamnés sans être jugés.

L’Affaire Jutra aura rendu impossible la distinction entre l’oeuvre et l’homme.

Quel traitement accorder à la création de Claude Jutra ? Après avoir rejeté l’homme en effaçant ses traces, nous voilà devant l’ultime rejet possible, celui de l’oeuvre, plus insidieux celui-ci, de la nature d’un dommage collatéral. Comme une métastase qui risque d’emporter le malade définitivement.

On veut maintenant projeter et l’homme et sa création dans l’oubli.

Nous, les 4 intellos, croyons que l’oeuvre de Jutra doit demeurer. Elle doit être appréciée au mérite, à l’aune de ce qu’on lui reconnaissait avant 2016.

Pour les cinéphiles, les films de Jutra sont la somme d’éléments créatifs témoins de l’histoire de notre collectivité.

La condamnation d’un auteur ne devrait pas souiller l’appréciation que l’on peut avoir de son travail. Que notre rapport à l’homme s’en trouve altéré, soit, il appartiendra dorénavant à chacun de faire son propre bilan.

L’oeuvre, elle, se doit de rester étanche, vivante. Elle doit être enseignée sous peine de succomber à la préciosité et frilosité morale, à la censure vertueuse, à l’éthique de vitrine. On ne pourra plus, certes, faire abstraction des faits reprochés à Claude Jutra, mais l’oeuvre de ce créateur reste entière.

Sa place dans notre histoire cinématographique doit être sauvegardée et il en est de même pour la diffusion de ses films.

Car au final, on ne peut pas réinventer notre passé. Ni le révisionnisme, ni la honte, ni l’occultation, ni le déni, ni l’outrage ne devraient le réviser. Notre passé demeure notre mémoire collective.

Nous devons assumer tout ce qui est constituant de notre fibre sociale et culturelle avec ce qu’elle a de pire et de meilleur.

Conclusion

Les soirs de nos rencontres, il y avait une effervescence autour de la table, un désir de témoigner, une volonté d’assumer cette responsabilité que l’on prête aux intellectuels, et cela pour les 4.

Nous avons choisi d’écrire au nom de ceux qui sont encore perdants, les victimes de pédophilie et tous ceux qui passent sans être vus.

Nous avons aussi choisi d’écrire pour que l’oeuvre de Claude Jutra et peut-être celle d’un autre créateur ne tombent pas dans l’oubli pour des raisons autres que la valeur de leur travail.

Nous avons enfin choisi de l’écrire en souhaitant que notre message soit diffusé comme tel, par respect pour ceux qui viendront après nous.

C’est aussi cela être libre, prendre le temps de penser et d’écrire les choses.

9 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 novembre 2016 07 h 45

    Poussée

    Vous vous rappelez de la poussée sur l'épaule du jeune derrière le comptoir dans un de ses films à Jutra ? Je ne la verrai plus jamais de la même manière. Ce qui me semblait tout à fait anodin est maintenant entaché par ce que nous avons appris. Et la fois qu'il se fait tabasser, surtout sa réaction... encore là... Même chose.

    La pédophilie, je ne suis pas capable. Et je pense que nous sommes encore la majorité. Pas besoin de palabrer pendant des lunes.
    Vous pouvez aller en cour pour faire juger l'affaire par 12 personnes, il a déjà été jugé par des milliers qui ne se posent plus la question «est-ce que la pédophilie est acceptable ou non».

    PL

  • Lucette Lupien - Abonnée 17 novembre 2016 07 h 55

    L'affaire Claude Jutra

    Je vous remercie les quatre pour vos commentaires éclairés et éclairants.

    Dans le chapitre du cinéaste, il est dit: «La condamnation d’un auteur ne devrait pas souiller l’appréciation que l’on peut avoir de son travail». J'aimerais rappeler ici qu'il n'y a pas eu condamnation parce qu'il n'y a pas eu procès, il n'y a eu que des allégations publiques sans preuve et sans possibilité pour l'accusé de se défendre. Je considère moi aussi que Claude Jutra est mort une deuxième fois et j'en suis très triste pour lui et surtout pour ce que cela dit de nous, comme société.
    Lucette Lupien

  • Gilles Delisle - Abonné 17 novembre 2016 08 h 06

    Enfin, un vent de fraicheur et sensée sur l'affaire Jutras

    Il était temps! Cette affaire nous a transporté dans une frénésie folle où tout ce qui s'appellait Jutras a été dénoncé, détruit, saccagé par une société bien-pensante. Les premiers coupables, Québec Cinéma, pour qui le Gala devait montrer patte blanche devant ces milliers de spectateurs. Des émissions comme Toute la ville en parle, qui s'est transformé en Tribunal d'Inquisition un certain dimanche, où de nombreux artistes sont venus dire qu'ils étaient de bons amis de l'auteur mais qu'ils n'en savaient rien. Des médias et journalistes ont embarqué dans le train en marche sans trop savoir, pour" vendre de la copie," et toutes ces institutions publiques qui ont vite fait de déboulonner l'homme et son oeuvre, en un temps record! Est-ce qu'on a fait avancer le dossier des victimes de pédophilie, je ne pense pas. Mais à tout le moins, on s'est donné bonne conscience et on est retourné à nos occupations, rapidement. Les quatre auteurs de cette lettre méritent notre gratitude de nous avoir fait réfléchir sur notre attitude devant cette crise malheureuse et notre facon de réagir, dans une telle situation.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 novembre 2016 11 h 15

      «saccagé par une société bien-pensante.»
      Depuis quand est-ce un défaut d'être «bien-pensant» ?
      Dans la lettre il est écrit : pureté de façade (comment ça de façade ?)
      proposer une réflexion et d’influencer le cours de la pensée (vers quoi ?)
      réflexion approfondie (mon idée est déjà faite et je ne suis pas le seul)
      souiller l’appréciation (celui qui s'est souillé, on sait c'est qui)
      préciosité et frilosité morale, à la censure vertueuse, à l’éthique de vitrine. (Donc... dénigrassions de la pensée juste)

      À bien «comprendre», nous devrions fermer tous les postes de police car de la criminalité y en aura toujours. Il nous faut maintenant, aujourd'hui, accepter l'inacceptable pour faire «moderne».

      Êtes-vous tout aussi prêt à «repenser» la position de la société sur les prêtres pédophiles aussi, tant qu'à y être ?
      J'espère être mort le jour où la pédophilie sera «acceptable» par «qui que ce soit» ou qu'on doive y penser deux fois pour s'en faire une idée.

      Aubut s'est fait mettre à la porte pour moins que ça et ce n'était que Justice. Qui reviendra sur cette décision afin de supporter son apport à la société olympique ? Levez la main quelqu'un.

      Ce que je souhaite est que la société réagisse et agisse aussi rapidement devant «tous» les prédateurs sexuels. Je n'ai aucune tolérance devant celui qui fait du mal aux enfants, peu importe le «nom» qu'il porte.

      PL

    • Gilles Delisle - Abonné 17 novembre 2016 15 h 39

      M. Lefevbre, est-ce que ce commentaire s'adresse à la bonne personne? A vous lire, j'ai l'impression que vous reprochez à quelqu'un de démontrer de la complaisance à l'égard des pédophilles, et cette personne , ce n'est pas moi, monsieur.

  • Pierre Raymond - Abonné 17 novembre 2016 10 h 03

    L'affaire Jutras m'a laisssé dubitatif et je ne pouvais expliquer pourquoi.
    Votre texte me semble couvrir tous les aspects de la question et je comprends maintenant beaucoup mieux mon malaise.

    Quand vous dites « Les 4 souhaitaient donc s’exprimer en leur nom mais aussi, un peu, pour ceux et celles qui se taisent parce qu’ils manquent de temps ou d’accès aux espaces d’expression. », j'ajouterais... et pour ceux qui n'ont pas le savoir et la sagesse que votre équipe possède.

    Dans le débat public, je trouve qu'on entend pas assez souvent les intellos qui ont la capacité d'éclairer la discussion sur des points aussi importants que l'affaire Jutras. Je vous dis merci.

    Et ce matin, j'ai une pensée pour Mme Lise Payette.


    Payeette

  • François Beaulé - Inscrit 17 novembre 2016 10 h 44

    Documentaire sur la pédophilie

    TQC (CIVM), poste 17
    Documentaire - 60 min - FR

    Point doc: Je suis pédophile. Un homme sur 100 serait pédophile. Ce documentaire expose les deux côtés de la médaille d'un sujet hautement sensible grâce au travail de scientifiques qui se sont penchés sur la pédophilie.

    Ce documentaire déjà diffusé à Télé-Québec n'est pas disponible actuellement sur le site de ce diffuseur.

    Son écoute et son visionnement permettent de diminuer les préjugés.

    Il n'y a pas de solution simple évidemment. La judiciarisation n'empêche pas le phénomène, non plus que l'opprobre jetée à Claude Jutra.