Lettres: Financement des universités et exode des cerveaux

Dans le débat actuel sur le financement des universités, la question de l'exode des cerveaux et des professionnels les mieux formés de notre société, même si elle n'est pas centrale, doit être abordée.

Le Québec est l'endroit en Amérique du Nord où le coût des études est le plus bas. Or plusieurs personnes formées ici, à très bas prix, vont ensuite pratiquer leur profession ailleurs. Souvent, ces formations sont aussi les plus dispendieuses (médecine, génie, biotechnologies, etc.).

Par quel moyen peut-on s'assurer, comme société, d'en avoir pour notre argent? Comment peut-on faire en sorte que notre investissement reste chez nous, qu'on ne forme pas des médecins, des architectes ou des professeurs d'université à grands frais pour les États-Unis ou ailleurs dans le monde?

Selon moi, il faut se pencher sérieusement sur cette question. Un des moyens envisageables serait de faire payer des droits de scolarité reflétant mieux les coûts réels (donc plus élevés pour un médecin que pour un étudiant en économie) tout en accordant une aide financière proportionnelle, remboursable par le gouvernement.

Par exemple, l'ingénieur qui pratique sa profession verrait sa dette éliminée par le gouvernement au bout de 10, 12 ou 15 ans. Celui qui déciderait de partir au bout de trois ans aurait une portion à remettre à chaque année.

Je ne suis pas contre les droits de scolarité les plus bas en Amérique, à condition que cela fasse avancer notre société et ne serve pas à enrichir des individus qui choisissent d'aller ailleurs, peu importe les raisons qui les y poussent. À vrai dire, j'entreverrais même des exceptions pour ceux qui vont faire de la coopération internationale dans les pays du Tiers-Monde.