Lettres: Les OGM dans nos assiettes...

M. Fabien Deglise,

Je trouve fort intéressant l'article que vous avez fait paraître dans Le Devoir du jeudi 19 février sur les OGM présents dans la nourriture que nous consommons. Je ne sais pas si c'est vous qui choisissez les titres de vos articles, mais je trouve que le titre (Une analyse en laboratoire démontre pour la premiere fois que les OGM sont quasi absents de nos assiettes) est inapproprié, car il semble destiné à nous rassurer, alors que la fin de votre article démontre, au contraire, que l'analyse faite par Atlangène n'est pas digne de confiance.

En effet, vous citez la scientifique de l'analyse, qui admet que l'huile ou la lécithine de soya sont très difficiles à analyser parce qu'elles ne contiennent plus d'ADN ni de protéines, ce qui empêche de déceler les OGM qu'elles pourraient contenir. Comme un grand nombre des produits alimentaires que nous consommons contiennent des huiles de soya, de canola ou de maïs et que ces produits transgéniques ne peuvent être décelés, comment pouvez-vous accorder une si grande crédibilité à cette analyse? D'ailleurs, j'estime que le fait que 27 % de nos aliments contiennent des OGM est déjà très préoccupant à cause de la nature de certaines de ces modifications (incorporation de pesticides, etc.).

Dans votre article de mercredi dernier sur les cochons transgéniques qui se sont retrouvés dans la nourriture pour poulets, ce qui m'a surtout estomaqué, c'est d'apprendre qu'on nourrit les poulets avec de la viande, qu'elle soit transgénique ou pas. Je ne comprends pas que l'on agisse de la sorte, après tous les problèmes causés par l'alimentation du bétail avec des moulées animales. Pour moi, c'est surtout ça le scandale.

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..Pour informer

Les enquêtes journalistiques n'ont pas pour vocation de rassurer ou d'inquiéter les lecteurs, mais bien de les informer. Point. Et c'est d'ailleurs ce que fait l'analyse de 27 produits alimentaires publiée la semaine dernière par Le Devoir. La technique utilisée pour traquer les OGM dans ces aliments est la plus précise qui soit actuellement disponible sur le marché. Les résultats, tout comme l'incapacité de déceler les transgènes dans des aliments trop transformés, ouvrent donc la porte à toutes les interprétations possibles. Les vôtres étant bien sûr aussi valables que celles d'un autre. Reste que, en bout de ligne, c'est la qualité d'information des débats qui permet de mieux cerner les enjeux alimentaires qui animent notre époque. Ce sont aussi ces débats qui permettent de s'approcher un peu plus de cette inaccessible vérité que, visiblement, vous aimeriez trouver dans une analyse en laboratoire.

Fabien Deglise