Il faut aussi qu’on cesse de se diviser

Le candidat à la direction du Parti québécois Paul St-Pierre-Plamondon souhaite que le groupe «Faut qu’on se parle», lancé par Jean-Martin Aussant et Gabriel Nadeau-Dubois, sonde la population sur LA question qui permettra de concrétiser les idées dont il accouchera, à savoir comment pouvons-nous mettre fin à la division des forces progressistes et indépendantistes du Québec en prévision des élections de 2018?
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le candidat à la direction du Parti québécois Paul St-Pierre-Plamondon souhaite que le groupe «Faut qu’on se parle», lancé par Jean-Martin Aussant et Gabriel Nadeau-Dubois, sonde la population sur LA question qui permettra de concrétiser les idées dont il accouchera, à savoir comment pouvons-nous mettre fin à la division des forces progressistes et indépendantistes du Québec en prévision des élections de 2018?

La semaine dernière, Gabriel Nadeau-Dubois et Jean-Martin Aussant lançaient l’initiative politique non partisane nommée « Faut qu’on se parle », visant à consulter la population sur une dizaine de sujets d’intérêt public, dont l’économie, l’éducation, la santé et l’indépendance. Ayant consacré six ans de ma vie à des consultations populaires fort similaires dans le cadre de Génération d’idées et des Orphelins politiques pour ensuite avoir fait le choix de la politique active au sein du Parti québécois, j’aimerais saluer ce nouveau tremplin politique fondé sur la participation citoyenne. Mais j’aimerais aussi apporter un éclairage différent quant aux enjeux sur lesquels nous devrions consulter la population.

Au cours des dernières années, outre le mouvement Génération d’idées, plusieurs autres organismes politiques non partisans ont consulté la population sur l’avenir du Québec ; par exemple, l’Institut du Nouveau Monde, Force jeunesse, et Je vois Montréal, sans compter les consultations formelles de l’Assemblée nationale. À chaque fois, l’exercice s’est avéré riche en propositions. À ces démarches citoyennes, se sont ajoutées les nombreuses consultations menées par les partis politiques progressistes existants (Québec solidaire, Option nationale et le Parti Québécois), lesquelles ont généré de multiples idées et pistes de solutions qui auraient pu être très utiles pour le Québec.

Malheureusement, ces initiatives et leurs résultats enthousiasmants sont pour ainsi dire demeurés vains, se heurtant depuis 2003 à la fermeture d’un gouvernement libéral reporté au pouvoir de manière presque ininterrompue, et ce, en raison du phénomène de la division du vote. En ce qui me concerne, au terme des six années que j’ai consacrées à la consultation des jeunes de 20 à 35 ans, j’en suis malheureusement venu à cette conclusion évidente : on a beau générer les idées progressistes les plus brillantes du monde, si l’on se trouve face à un gouvernement qui ne croit pas à la participation citoyenne ni au progressisme, ces idées resteront lettre morte et nous nous retrouverons indéfiniment dans une impasse démocratique complète. Ce triste constat s’assombrit davantage encore si l’on y ajoute l’abolition des sphères de consultations citoyennes préexistantes et le poids qu’exerce actuellement la corruption sur notre société.

C’est pourquoi je souhaite sincèrement que le groupe « Faut qu’on se parle » consulte également la population sur LA question qui permettra de concrétiser les idées dont il accouchera, à savoir : comment pouvons-nous mettre fin à la division des forces progressistes et indépendantistes du Québec en prévision des élections de 2018 ?

L’un des membres du groupe, Jean-Martin Aussant, a fondé le parti Option nationale il y a quelques années. Gabriel Nadeau-Dubois a pour sa part certaines affinités idéologiques avec Québec solidaire. Ces deux formations ont généré plusieurs excellentes propositions au cours des dernières années et ont un pouvoir d’attraction non négligeable auprès de la population québécoise. S’ils souhaitent faire davantage qu’enrichir le catalogue des propositions pour l’avenir du Québec, les instigateurs de « Faut qu’on se parle » ne devraient-ils pas considérer engager un dialogue avec les membres de ces formations, de même qu’avec l’ensemble de la population, sur la manière dont nous pourrions regrouper les nombreuses idées déjà existantes ?

Leur projet de sillonner le Québec pour y tenir des assemblées de cuisine fait bien sûr écho à l’héritage de René Lévesque, que j’ai défendu tout au long de la campagne comme étant le socle du Parti québécois. Vouloir voyager à travers le Québec et rencontrer des gens qui croient encore à la politique est une démarche plus qu’admirable pour contrer le désengagement et le cynisme. Au terme de six ans de consultations de cette nature, j’ai conclu que ce ne sont pas les idées qui manquent au Québec. Toutefois, il faut aussi, absolument, s’atteler à travailler en équipe et faire converger toutes nos idées au sein d’un parti politique pour pouvoir espérer aboutir à un réel changement de cap pour le Québec. Je souhaite bonne chance aux artisans de ce nouveau projet, et j’espère sincèrement qu’ils en arriveront également à la conclusion que nous avons tout à gagner à unir nos forces.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

29 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 3 octobre 2016 06 h 20

    Bref !

    « comment pouvons-nous mettre fin à la division des forces progressistes et indépendantistes du Québec en prévision des élections de 2018 ? » (Paul St-Pierre-Plamondon, avocat, candidat à la direction du Parti Québécois)

    Comment ?

    En cessant de jouer le jeux du phénomène de l’assimilation, une phénomène qui divise !

    Bref ! - 3 oct 2016 -

  • Raynald Rouette - Abonné 3 octobre 2016 07 h 08

    Il faut qu'on cesse de se diviser... vous avez raison!

    Monsieur Plamondon.

    À la lecture de votre texte, je reconnais en vous un homme avec un grand idéal!

    Ayant été témoin de la fondation du Parti Québécois, je me permettrais ces quelques commentaires :

    Si René Lévesque, Pierre Bourgault, Jacques Parizeau, s'étaient parlés et mis leur égo de côté en vu du référendum de 1980, le Québec serait un Pays aujourd'hui!

    Si Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Mario Dumont, s'étaient parlés et mis leur égo de côté en vu du référendum de 1995, le Québec serait un Pays aujourd'hui!

    Un dernier point : Croyez-vous sérieusement que le Québec et le Canada sont de véritables démocraties?

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 3 octobre 2016 07 h 32

    Travaillons en équipe

    M. St-Pierre-Plamondon a bien raison.

    Il faut en arriver à travailler en équipe pour renverser le PLQ et leur front uni inconditionnel d'anglophones et leurs autres appuis traditionnels.

    Si on n'y arrive pas, c'est bonjour, merci beaucoup.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 octobre 2016 08 h 50

    Évidemment tant qu'on lira les commentaires

    des disciples de QS,qui visiblement et volontairement souhaite la réélection des libéraux de Couillard,nous n'irons nulle part et souffrirons les affres et les fleches empoissonées de ces colonisés magouilleurs et corrompus.Et tous nos efforts pour s'en libérer resteront vains comme dans le mot vaincu.Triste perspective.

  • François Beaulé - Abonné 3 octobre 2016 08 h 53

    «Mettre fin à la division des forces progressistes...?»

    Il faut d'abord croire que le ralliement des forces progressistes mobiliserait une majorité d'électeurs. Il faut aussi constater et assumer que la très claire majorité des citoyens rejette l'indépendance du Québec.

    Je crois que la majorité des Québécois est progressiste et je suis certain que la majorité veut continuer à faire partie du Canada.

    La non-représentativité des progressistes (majoritaires) par le Parti libéral au Québec s'explique par l'indépendantisme des partis progressistes. Par contre, l'attachement de la majorité au Canada s'exprime légitimement par la réélection continuelle du Parti libéral. Il est sain et démocratique qu'aucun parti politique indépendantiste ne réussise à prendre le pouvoir.

    Les indépendantistes, comme Paul SPP, idéalisent René Lévesque et le parti qu'il a dirigé. Pourtant, la prise de pouvoir de ce parti en 1976 était un accident de l'histoire. Il est en effet non-démocratique qu'un parti indépendantiste prenne le pouvoir quand la majorité des électeurs est fédéraliste. Ce n'est pas la difficulté qu'éprouve un parti indépendantiste de prendre le pouvoir aujourd'hui qui est incongrue mais le fait que cela ait été possible naguère.

    • Jacques Lamarche - Inscrit 3 octobre 2016 11 h 51

      Le PQ a pris le pouvoir cinq fois. C'est beaucoup d'accidents!

      Une explication à cette soit-disant contradiction! Des fédéralistes n'ont pu voter pour le PQ que pour avoir un meilleur gouvernement ou des réformes sociales jugées nécessaires! Sans plus! La question du pays se posant plus tard!

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2016 13 h 03

      Curieux que cette vérité irréfutable qui crève les yeux ne soit mentionnée que par si peu de gens. Au moins il y a vous M. Beaulé.

      Les véritables orphelins politiques du Québec sont les fédéralistes progressistes.

      Ceci dit, les fédéralistes progressistes ont quand même aussi l'option de voter pour un parti progressiste, même s'il est indépendantiste.

      Les fédéralistes progressistes ne devraient quand même pas voter pour le PLQ car, de toute façon, l'indépendance ne se fera pas.

      Mais on n'est pas tout à fait représenté. C'est fatigant.

      Et c'est fatigant de voir le PLQ être réélu de façon presqu'automatique presqu'à chaque élection en n'ayant rien d'autre à faire que de brandir la menace du référendum. Quand on sait qu'il n'y aura pas de référendum, les indépendantistes ne voulant pas le perdre, ou pas d'indépendance, car ils le perdraient s'il y en avait un.

      Et vous avez raison: lorsque les indépendantistes arrivent à former un gouvernement, c'est grâce aux distorsions de notre système électoral, car ils sont minoritaires. Il s'agit d'une anomalie car la majorité de la population ne veut pas l'indépendance. Ou, s'il ne s'agit pas d'une anomalie, c'est parce que l'élection est gagnée sur d'autres enjeux que l'indépendance.

      De ça aussi "faudrait qu'on s'en parle".

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 3 octobre 2016 14 h 13

      M.Beaulé,reconnaissez-vous que la culture du Québec,la langue,l'histoire sont tout-a-fait differentes du ROC.Réalisez-vous de quel amour les Canadiens nous aime.Depuis 256 ans qu'ils souhaitent notre disparition Si vous ne voyez pas ca ,ma foi,est-ce que vous le désirez aussi.Vous rajoutez que le parti libéral est sain....que la prise du pouvoir de René Levesque en 1976 est un accident de l'histoire.Peut-etre que les Patriotes de 1839 est une histoire inventée ? Quel fut le pourcentage de votes pour le sain ou saint parti libéral de Couillard et par qui ?Dites-moi,svp.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 3 octobre 2016 16 h 09

      Les Québécois sont-ils vraiment fédéralistes?

      "Il est en effet non-démocratique qu'un parti indépendantiste prenne le pouvoir quand la majorité des électeurs est fédéraliste."

      Voilà une affirmation bien téméraire qui utilise un raccourci périlleux. Ce raccourci suppose que cette majorité dite "fédéraliste" est capable d'une pensée critique lui permettant de faire des choix idéologiques. Je crois que la réalité est plus prosaïque: ces gens n'ont pas d'idéal autre que celui de ne pas vouloir être dérangés et s'estiment satisfaits de leur petite vie tranquille et casanière. Ils ont peur du changement comme de la peste et ne veulent rien savoir du reste, tout confortés qu'ils sont par la presse fédéraliste, la société Radiocanne et les radios-poubelles de Québec qui distillent jour après jour leur propagande à sens unique qui décrit l'indépendance sous un jour négatif.

      Ces gens, abêtis et tout à fait insensibilisés politiquement, sont engoncés jusqu'au nombril dans le confort et l'indifférence, justement dénoncés par le cinéaste Denys Arcand au lendemain du premier référendum, il y a maintenant trente-six ans.

      Il serait donc plus juste de parler de "je-m'en-foutisme" plutôt que de "fédéralisme". Je ne connais pas de véritable fédéraliste au Québec (dans le sens idéologique) à part bien sûr Stéphane Dion qui est un cas à part.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2016 16 h 28

      "Le PQ a pris le pouvoir cinq fois. C'est beaucoup d'accidents!" Jacques Lamarche.

      1 - 1976 - division des votes fédéralistes entre PLQ et UN (qui a profité de la grogne anglophone entre autres). Usure du gouvernement - parfum de scandale.

      2 - 1981 - comme il y avait eu un référendum en 1980, certitude absolue qu'il n'y en aurait pas dans ce mandat. Appréciation des grandes choses qu'a faites le PQ pendant son premier mandat dans l'exercice des pouvoirs de la province. Impopularité de Claude Ryan.

      3 - 1994: Contexte politique exceptionnel - échec de Meech favorisant le nationalisme.

      4 - 1998: Le PLQ avait obtenu plus de votes que le PQ. Malgré la popularité de Lucien Bouchard. Victoire attribuable à la distorsion de notre système électoral.

      5 - 2014: Après neuf ans d'un gouvernement usé du PLQ, soupçonné de grave corruption et une crise sociale sans précédent, le PQ arrive à être élu minoritaire à peine par la peau des dents. 18 mois plus tard, il est défait, malgré le fait que la CAQ ait eu plus ou moins 26% du vote et ait plus tendance à prendre des votes au PLQ qu'au PQ.

    • Raymond Labelle - Abonné 3 octobre 2016 16 h 34

      À "2014", il faut lire 2012.