Lettres: Quoi de neuf docteur?

Les médias font grand étalage des nouvelles règles de répartition des médecins dans les régions du Québec. À les entendre, on dirait que le ministre Couillard est arrivé avec la trouvaille du siècle. Personne n'a pas posé la question: quoi de neuf docteur?

La réponse aurait été pathétique... En fait il n'y a rien de neuf. Les libéraux rénovent une vieille formule qui existe déjà depuis les années 1980. À cette époque, les régions obtenaient une cote (A, B, C): le salaire des médecins et les primes d'éloignement variaient en conséquence.

La nouveauté se situe plutôt au niveau du jargon. Il y aura désormais des régions intermédiaires. Mais ces régions seront-elles suffisamment attrayantes pour attirer les médecins? Le terme intermédiaire, qui signifie qui est entre deux, oblige la question: entre deux quoi? La réalité c'est que les jeunes médecins qui accepteront des postes intermédiaires le feront en attendant tout simplement d'aller ailleurs. Et on revient à la case départ.

À Saint-Cyrille-de-Wendover, près de Drummondville, un groupe de citoyens a créé une coopérative en soins de santé, dotée d'une clinique, pour attirer des médecins sur son territoire. Ces pionniers savent ce qu'il en coûte en dollars et en effort pour attirer l'attention des médecins et ce que ça nécessite pour s'assurer leur rétention.

J'ai bien peur que la pénurie de médecins ne vienne brouiller les projets du ministre Couillard: seulement 80 nouveaux médecins de plus au Québec cette année alors que le besoin s'élève à 800. Surpris?

Le gouvernement libéral nous a habitués à des décisions d'affaires: cette fois, le ministre Couillard n'y est pas du tout. Quand un produit est rare sur le marché, sa valeur est à la hausse. Alors j'entends déjà les médecins, fort de leur estime personnelle et conscient de leur rareté, regarder la proposition du ministre et dire: quoi de neuf docteur?