L’autre 11 septembre

Des activistes lors d'un rassemblement commémorant le 42e anniversaire du coup d'État au Chili, le 11 septembre 2015. Sur l'affiche, on peut lire «Allende vit».
Photo: Martin Bernetti Agence France-Presse Des activistes lors d'un rassemblement commémorant le 42e anniversaire du coup d'État au Chili, le 11 septembre 2015. Sur l'affiche, on peut lire «Allende vit».

Une fois de plus, les États-Unis s’apprêtent à commémorer, ce 11 septembre 2016, le terrible attentat contre les tours jumelles de New York. Les grands médias ont déjà commencé à en parler. Malheureusement, ces mêmes médias tendent à oublier un autre événement tragique qui touche intensément des millions de Chiliens, y compris ceux et celles qui résident à Montréal ou ailleurs au Canada : le sanglant coup d’État du 11 septembre 1973 et la mort héroïque du président Salvador Allende. Ces deux faits dramatiques ont changé profondément nos vies et le Chili dans son ensemble. Leurs effets néfastes se font sentir jusqu’à aujourd’hui, 43 ans plus tard.


On oublie souvent, ou on passe sous silence, les terribles violations des droits de la personne, les exécutions et les disparitions de plus de 3000 Chiliens, ainsi que les arrestations arbitraires et les tortures infligées à plus de 30 000 personnes au cours des 17 années de dictature du général Augusto Pinochet. On ne peut ignorer le rôle et la responsabilité directe des États-Unis, particulièrement de la CIA et des multinationales américaines comme l’ITT, dans le coup militaire sanglant.

Profonde gratitude

Des milliers de Québécois d’origine chilienne sont arrivés ici, dont moi-même et ma famille, pour fuir les atrocités commises par le régime militaire, condamné chaque année par l’ONU et par d’autres organismes internationaux. Je tiens à exprimer, une fois de plus, ma profonde gratitude à tous les Québécois de naissance pour leur accueil généreux, chaleureux et fraternel dans ces moments très difficiles de nos vies. Souvenons-nous du cas de Carmen Quintana, cette jeune fille brûlée atrocement par les militaires en 1986 et qui fut soignée ici par des gens pleins de compassion et de compétence. Cela constitue un exemple vivant de l’énorme solidarité du peuple québécois envers les réfugiés chiliens.

Après plusieurs années de pressions exercées par la communauté chilienne de Montréal — et avec notre appui financier —, la Ville de Montréal a érigé une oeuvre d’art à la mémoire d’Allende au parc Jean-Drapeau. Ainsi, notre rêve s’est finalement concrétisé en 2009. L’auteur de cette oeuvre est le réputé sculpteur québécois Michel de Broin. Pour une plus grande visibilité, cette sculpture devrait être transférée au centre de Montréal.

De nombreuses activités se dérouleront au Chili et dans les grandes villes où habitent des Chiliens pour rendre hommage à l’une des personnalités les plus remarquables du XXe siècle. Parmi d’autres manifestations à Montréal, ce 11 septembre, à midi, nous nous rencontrerons au parc Jean-Drapeau, au pied de l’arbre de la mémoire, pour rendre hommage à ce grand chef d’État démocrate et socialiste que fut Salvador Allende.

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2 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 10 septembre 2016 23 h 19

    Je suis de tout coeur aves vous et Allende.

    J'ai aussi une pensée speciale pour le poete et ami d'Allende Pablo Néruda mort quelques jours suivant le déces de ce dernier
    J'aime aussi Micheline Bachelet la présidente du Chili.

  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 11 septembre 2016 10 h 24

    Au final, se réclamant d'être les plus démocrates au monde, les États-uniens ne pas mieux que les Russes. Sauf pour mieux camoufler.