Une injustice qui coûte cher

L’analphabétisme mène trop souvent à la pauvreté, qui, elle, mène à un cercle vicieux appréhendé.
Photo: Silvia Jansen Getty Images L’analphabétisme mène trop souvent à la pauvreté, qui, elle, mène à un cercle vicieux appréhendé.

Avoir des difficultés en lecture et en écriture est tout un défi en 2016. Pensez-y : ne pas être capable de lire facilement le bulletin de votre enfant, la posologie de votre nouveau médicament ou de remplir correctement un formulaire gouvernemental, et ce, sans parler de la difficulté pour obtenir — et conserver — un emploi de qualité.

Bien sûr, peu de gens, 4 %, peinent à lire un menu au restaurant. Toutefois, une personne sur cinq, soit 19 % de la population, est susceptible de se retrouver dans une situation où elle éprouvera de grandes ou de très grandes difficultés à lire et à écrire. Plus encore, au Québec, en 2016, on estime que plus d’une personne sur deux (53 %), éprouve des difficultés à lire et à utiliser l’écrit à divers degrés. Cela signifie que ces personnes n’ont pas démontré la maîtrise de compétences en littératie les rendant capables de lire en vue d’apprendre, de comprendre, d’agir ou d’intervenir en toute autonomie. Oubliez alors l’avancement au travail et imaginez les difficultés à se retrouver un emploi si votre entreprise ferme ses portes subitement.

Transmission

Au fil du temps, l’analphabétisme se transmet de génération en génération. Les enfants qui viennent de milieux défavorisés sont plus à risque de décrocher de l’école. Puis, sur le marché du travail, cela les mènera plus fréquemment à des emplois précaires et peu rémunérés. Il leur est plus difficile par conséquent de combler leurs besoins élémentaires : s’alimenter, se vêtir, se loger. En bref, l’analphabétisme mène trop souvent à la pauvreté, qui, elle, mène à un cercle vicieux appréhendé.

La Journée internationale de l’alphabétisation constitue un moment privilégié pour prendre conscience de l’importance de la capacité à lire et à écrire ainsi que des mesures à prendre afin que chaque personne développe cette capacité. Il s’agit d’un enjeu de justice sociale, mais également d’un enjeu économique. Effectivement, une étude de Statistique Canada en 2003 révèle que pour chaque point de pourcentage du taux d’analphabétisme que la société canadienne parviendra à enrayer, une hausse de la productivité de 2,5 % suivra, se traduisant par une augmentation de près de 32 milliards de dollars du produit intérieur brut.

Solutions

Il existe des solutions pour combattre l’analphabétisme ; des ressources spécialisées pour les élèves et les adultes. Le gouvernement du Québec mettra d’ailleurs à jour sa politique d’éducation aux adultes sous peu, laquelle est attendue impatiemment depuis plusieurs années. D’ici là, il est de notre devoir de prendre connaissance de ce problème de société et de se retrousser les manches. L’analphabétisme est une injustice sociale qui coûte infiniment trop cher.

*Lettre cosignée par : Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l’éducation, UQAM ; Salomé Corbo, comédienne et porte-parole du programme La lecture en cadeau de la Fondation pour l’alphabétisation ; Michèle Fortin, administratrice ; Pierre Fortin, professeur émérite de sciences économiques, UQAM ; Jacques Girard, administrateur et président du comité CFI ; André Huberdeau, porte-parole et président du conseil d’administration de la Fondation pour l’alphabétisation ; Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ; L. Jacques Ménard, président du conseil d’administration de BMO Nesbitt Burns et président de BMO Groupe financier, Québec ; Alexandre Taillefer, associé principal, XPND.

2 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 septembre 2016 09 h 21

    Le PLQ

    préfere tenir la population pauvre et analphabete dans cette ignorance grasse qui les empeche de connaitre les méfaits de ce gouvernement et ainsi continuer a voter aveuglement pour ce parti.Le pouvoir pour les libéraux n'est pas tout ,il n'y a rien d'autre,comme disait Vince Lombardi :"Winning is not everything,there is nothing else." Alors tous les moyens sont bons meme les nocifs.

  • Denis Paquette - Abonné 8 septembre 2016 14 h 26

    Ha! cette chère maman, tous les efforts qu'elle a fournie

    Si vous saviez comment le monde s'en fou, il y a plus d'argent a faire avec les pauvres 'qu'avec les riches, vous n'avez jamais pensé que ce sont les pauvres qui font marcher le monde, un monde sans pauvres c'est la catastrophe, pensez a tous les efforts que nous avons déployés depuis que nous existons, bon il ne nous reste plus grand chose mais ca c'est une autre affaire de toute les facons comme disait ma mere,riche ou pauvre, nous allons tous finir de la meme facon et elle lachait un gros cri, qui nous faisait bien rire