Une lecture féministe arrogante et cavalière

« Si vous pensez que les femmes voilées sont une menace pour vous, alors permettez-moi de vous dire que vous vous trompez de combat », écrit Amel Zaazaa à Louise Mailloux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir « Si vous pensez que les femmes voilées sont une menace pour vous, alors permettez-moi de vous dire que vous vous trompez de combat », écrit Amel Zaazaa à Louise Mailloux.

Le déclencheur

 

« Le burkini participe de la même idéologie, de la même morale étriquée que celle du hidjab. Une morale patriarcale et sexiste qui définit les femmes comme des objets sexuels appartenant aux hommes. »

— Louise Mailloux, «Le burkini, version aquatique du hidjab», Le Devoir des 3 et 4 septembre


J'ai été interloquée de lire l’article de Louise Mailloux qui, du haut de son édifice de militante féministe, nous dit s’opposer farouchement au burkini, au voile, au « projet d’islamisation » de nos écoles et de notre progéniture. Elle entame sa dissertation par une métaphore où elle compare les femmes en burkini au spermatozoïde incarné par Woody Allen dans son film Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander. Comparer ces femmes à des spermatozoïdes infiltrant la société québécoise dans le but de l’islamiser !

Mme Mailloux, avez-vous seulement conscience de la violence de cette image ? Laissez-moi répondre à cette image par une autre, celle évoquée par Audre Lorde en 1981 de la féministe blanche si amoureuse de sa propre oppression au point qu’elle n’est plus capable de voir l’empreinte de son talon sur le visage d’une autre femme, celle qui utilise sa propre oppression comme ticket d’entrée au rang des justes, loin du vent glacial de l’examen de conscience.

Vos références féministes, votre combat pour les femmes québécoises vous donnent-ils aujourd’hui le droit de matriarche que vous vous octroyez, vous donnent-ils le droit d’exclure ces femmes québécoises de la sphère économique, sociale et politique, car vous projetez sur elles vos peurs et vos fantasmes orientalistes ?

Votre étendard féministe des années 70 représente-t-il cette jeune génération de Québécoises, voilées ou pas, qui s’est nourrie de courants autres que les vôtres et les a fait évoluer, qui a la liberté de choix et qui l’exerce dans une société où la différence de l’autre n’est pas une menace, mais une richesse ?

Vous mettez dans votre mélangeur plein d’ingrédients et de notions pour créer volontairement un amalgame et pour essentialiser ces femmes. Vous les moquez, les réduisez à des êtres faibles et malléables, vous ne concevez pas une seule seconde qu’elles puissent agir de leur propre chef et vous les traitez comme une entité homogène et unique faisant fi de leurs parcours multiples, de leurs diversités et de leurs combats.

Décoloniser le féminisme

Le seul moyen de libération serait selon vous de les obliger à se dévoiler sous peine de les exclure. Permettez-moi de vous dire que vos méthodes sont un peu cavalières. Vous ne combattez pas leurs prétendus oppresseurs, vous ne faites qu’ajouter des pierres à leur édifice en les excluant, en leur refusant du travail et en contribuant à leur précarité économique.

Je suis féministe, je suis musulmane, et au risque de casser votre fantasme orientaliste, je suis une femme libre, une liberté que je n’autoriserais personne à m’ôter. Mon corps m’appartient, il n’est ni la possession des féministes de votre acabit, ni des religieux, ni des politiques et il m’appartient à moi seule de décider de mon habit.

Si vous pensez que les femmes voilées sont une menace pour vous, alors permettez-moi de vous dire que vous vous trompez de combat. Aujourd’hui, la pensée féministe a évolué et, aussi difficile à croire que cela semble l’être pour vous, des féministes musulmanes sont actives partout aux quatre coins de ce globe. Voilées ou non, elles sont libres, intelligentes, pertinentes, elles dépoussièrent les visions archaïques, elles décolonisent le féminisme et réinventent leurs propres luttes. Elles se libèrent elles-mêmes et n’ont pas besoin de votre féminisme à la hussarde pour les sauver.

Zahra Ali, une militante féministe musulmane dont je vous recommande fortement les écrits, disait que le clash prétendu entre féminisme laïque et féminisme religieux est une tentative politiquement motivée d’empêcher l’extension des solidarités féminines. Diviser pour mieux régner, voilà une recette intemporelle à l’efficacité infaillible.

Le cadet de mes soucis

Enfin, laissez-moi, Madame Mailloux, vous parler de mes enjeux en tant que femme aujourd’hui.

J’aimerais tant ne plus avoir à choisir entre la maternité et ma carrière professionnelle. J’aimerais tant qu’à compétence égale, je sois payée et promue autant que mon collègue. J’aimerais tant avoir accès à un logement décent sans avoir à dépenser la moitié de mon salaire en loyer. J’aimerais tant que ma fille profite d’une éducation de qualité et d’un système de santé accessible, qu’elle grandisse dans une société qui la valorisera et qui ne la jugera pas par son origine, la couleur de sa peau ou son habit, qu’elle soit libre de ses choix et qu’elle puisse atteindre son plein potentiel. J’aimerais tant avoir le temps de défendre mes droits, car voyez-vous, chère dame, le temps est une denrée rare pour celles qui travaillent sans relâche pour mettre du pain sur la table. Croyez-moi, le burkini est le cadet de mes soucis et je suis certaine qu’il en est de même pour bon nombre de Québécoises aujourd’hui.

LE COURRIER DES IDÉES

Recevez chaque fin de semaine nos meilleurs textes d’opinion de la semaine par courriel. Inscrivez-vous, c’est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront la fin de semaine du 19 janvier 2019.

81 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 8 septembre 2016 03 h 07

    Ne pas interdire le burkini

    Il ne faut pas interdire le burkini.

    Mais qu'on ne nous fasse pas croire que les femmes qui le portent le font par choix.
    Elles le portent par obligation de leur culture mêmew si elles n'en sont pas consciente.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 septembre 2016 08 h 16

      Qu'en savez-vous ? Quelle est votre compétence au sujet de l'inconscient des femmes ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 septembre 2016 09 h 22

      Il ne dit pas qu'il le sait. Il dit qu'il ne peut pas le croire. De fait, il sait que des femmes l'affirment mais il ne les croit pas. Pour quelles raisons? Comptez les like, si votre compte est lié à FB. Sinon, c'T'ivident.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 8 septembre 2016 10 h 26

      Enfin Mme ZaaZaa croit qu'elle est une femme libre et M. Tremblay ne la croit pas, je crois bien. Et je crois que vous l'avez compris M. Maltais Desjardins ;) .

      Blague à part, dans un article de France Culture, on rapporte ces propos de la sociologue d’origine iranienne Chahla Chafiq. Pour elle le féminisme musulman est – je cite « un label érigé dans des laboratoires d’études occidentaux par des Iraniennes intellectuelles exilées, coupées du terrain de leur pays d’origine et confrontées à la double et douloureuse expérience du déclassement et de la difficile intégration dans des pays aux valeurs modernes ».

      «Selon elle, « l’opération ne serait que le faux nez d’un islamisme à visage européen », et comme l’affirme Abnousse Shalmani, l’intempestive auteure de Khomeini, Sade et moi, un mouvement « prétendument moderne parce que pseudo-féministe, un salafisme en costume-cravate imposé par Tariq Ramadan et les Frères musulmans ». Elle met en garde contre le risque de récupération du féminisme à des fins politiques et estime que « lorsqu’on parle de féminisme musulman ou islamique, on essentialise le fait d’être musulman avant tout ».

      Mme Zaazaa n'a retenu que ce qu'elle veut bien de l'article de Louise Mailloux qui se bat pour la laïcité. D'une part, elle récuse le féminisme universaliste, tentant de mettre de l'avant un féminisme prétendument «moderne», reniant ainsi les combats des féministes.

      D'autant plus que lorsqu'on prend comme arguments de défense l'individualisme comme elle le fait en prétendant que son corps lui appartient, donc qu'elle a le droit de choisir ce qu'elle veut porter, nous sommes dans une approche libérale. Et surtout victimaire lorsqu'elle croit qu'on l'empêche de travailler, qu'on l'exclue.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 septembre 2016 11 h 12

      « lorsqu’on parle de féminisme musulman ou islamique, on essentialise le fait d’être musulman avant tout ».

      Je suis parfaitement d'accord. Il n'y a pas de féminisme musulman. Mais il y a des musulmanes à qui on refuse le statut de féministes par le même procédé d'essentialisation. Malheureusement, toutes ces observations sur l'origine supposée d'un supposé prétendu féminisme musulman ne sert à rien d'autres qu'à leur enjoindre de montrer patte blanche. La vindicte avec laquelle on monte en épingle le moindre sujet de controverse (parlons du burkini dans les écoles de la CSDM) montre bien qu'il n'est pas vraiment question de discuter.

      Musulmanes qui prétendez être féministes, vous êtes ou bien de mauvaise foi ou bien naïves ou plus vraisemblablement victimes des barbus qui vous ont siphonné le sens critique, bien cachés sous vos voiles. Pourquoi se donnerait-on la peine de discuter avec vous alors que le plus urgent serait de vous rendre aptes à la liberté, à grands coups de pieds aux fesses, s'il le faut ?

      Misère...

    • Johanne St-Amour - Inscrite 8 septembre 2016 11 h 24

      Ce qui est, en plus, scandaleux c'est que des autorités scolaires et autres acquiescent à des impératifs d'intégristes religieux totalement misogynes.

      Pensons à ces burkinis imposés à des jeunes filles dans des commissions scolaires? Des autorités parentales, communautaires, religieuses ou autres imposent à ces jeunes ce vêtement «prude» sous peine d'exclusion, mais on accuse les commissions scolaires de les exclure si elles ne se soumettent pas à ce chantage.

      Imaginez que des curés déclarent que désormais les femmes devront porter une tenue spécifique pour la baignade? Impensable? Pourquoi accepte-t-on pour ces femmes ce que nous n'accepterions jamais d'autorités religieuses ?

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 8 septembre 2016 14 h 06

      Madame Zaazaa,

      J'aimerais que, clairement et succintement, vous m'expliquiez :

      Pourquoi portez-vous un hidjab?

      Pourquoi porteriez-vous un burkini?

    • René Pigeon - Abonné 8 septembre 2016 14 h 43

      Madame Cornellier écrit : « on se doute bien que la plupart d’entre elles suivent avant tout les directives et traditions familiales, et ce n’est pas l’interdiction du burkini qui aurait le plus de chances d’ébranler ces dernières.
      En revanche, la participation et l’inclusion de ces élèves à tous les aspects de la vie scolaire au sein d’une école publique peuvent contribuer davantage à cette intégration que tout le monde souhaite. Encore faut-il, bien sûr, que cette même école publique enseigne aux jeunes les valeurs communes fondamentales d’une société libre et démocratique, dont l’égalité des femmes. Cet apprentissage serait plus prometteur pour l’avenir qu’une exclusion provoquée par l’interdiction d’un vêtement. Qu’il nous plaise ou non. »

      Peut-on espérer que l’école publique (et privée) invite les jeunes à examiner les motifs qu’ils auraient de porter des vêtements aussi couvrant ou des vêtements aussi révélant de leur corps via le cours Éthique et Cultures religieuses donné à tous les jeunes Québécois·es ?

      Pourrions-nous offrir à ces petites filles couvertes de vérifier leur compréhension et leur acceptation des conventions vestimentaires qui dissimulent ou exhibent et expérimenter l’ouverture à l’intégration que la permission de se couvrir pourrait semer à long terme ? Examen des motifs : si on laisse de petites filles se baigner couvertes d’un burkini, est-ce que ces petites filles accepteraient de se baigner : avec des musulmanes pour seules compagnes sans burkini ? avec d’autres petites filles non musulmanes ?

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 8 septembre 2016 16 h 55

      Il reste que le droit de «matriarche» des féministes «originelles» a en effet plus l'air d'une paternalisme infantilisant que d'une main tendue vers davantage de justice sociale.
      À preuve, il faut les éduquer comme des enfants qui ne savent pas discuter :
      «Pourquoi se donnerait-on la peine de discuter avec vous alors que le plus urgent serait de vous rendre aptes à la liberté, à grands coups de pieds aux fesses, s'il le faut ?»
      Imposer la liberté de force. Pour la logique, on repassera.
      Savez-vous la différence entre une émancipation par la base et une imposition par le haut ? Seule l'émancipation est libre et à vous entendre parler, vous ne les aider pas du tout.

  • Nadia Alexan - Abonnée 8 septembre 2016 05 h 07

    La solidarité exige l'égalité et la l'épanouissement des femmes.

    Permettez-moi de vous dire, madame, que votre argumentaire ne tient pas la route. Vous nier le combat de féministes orientalistes qui ont sacrifié leurs vies pour libérer la femme du port de ce voile archaïque et contraignant. Ce voile que vous insister à porter est taché du sang de milliers de femmes qui ont perdu la vie pour avoir refuser de le porter. Vous trahissez la mémoire de toutes ces femmes courageuses qui ont refusé de porter ce voile de honte.
    Si le port du voile est un choix libre comme vous le prétendez, alors pourquoi vêtir les petites filles de quatre ans, de voile, à la maternelle. N'oubliez pas la mort tragique des jeunes femmes au Canada, comme Axa Pervez, tuée pour la simple raison qu'elles ne voulaient pas porter ce symbole d'aliénation. Non, madame, vous n'êtes pas libéré comme vous le prétendez. La liberté exige qu'on ne meure pas de chaleur en 40e Celsius!
    De plus, vos revendications d'un salaire égal, d'un logement abordable et d'une éducation de qualité n'ont rien à faire avec votre intégrisme ostentatoire.

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 8 septembre 2016 09 h 18

      J'avoue que je suis un peu confus.
      Si certaines sont mortes pour leur droit d'enlever le vêtement, cela signifie-t-il que la seule solution "libre" serait de l'enlever? S'il y a des québécois morts pour l'indépendance du Québec, la seule liberté, c'est l'indépendance du Québec ...
      Imaginez un monde où je ne suis pas dans une dictature.
      Quels sont mes choix? Le porter ou pas. Les deux peuvent être l'expression de liberté !
      Après, vous parlez des jeunes filles de 4 ans ou de l'auteure ?
      À 4 ans, c'est difficile d'être "libre". Au mieux, si notre développement normal se passe bien, on est libre d'imiter et d'apprendre un peu. Comme standard de liberté, on repassera et personne prendrait au sérieux une petite fille qui veut divorcer de ses parents.
      Et admettons que quelqu'un vous dit que "l'épanouissement des femmes" c'est de travailler dans les finances. Êtes-vous contrainte de vous épanouir de cette façon ?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 septembre 2016 09 h 29

      La liberté exige que...

      N'est pas libre qui veut ni à sa convenance.

      Ainsi, personne n'a la liberté d'investir le voile d'un autre sens que celui décidé par décret par les seuls détenteurs auto-proclâmés.

      Même si c'était pour reconnaître, parce que c'est évident, qu'il est aussi utilisé comme marqueur d'oppression des femmes. Par tous les musulmans? Qu'importe. L'islam, c'est l'islam. Et c'est laid.

    • Benoît Landry - Inscrit 8 septembre 2016 11 h 32

      Qu'est-ce qui fait moins mal à une petite fille de 4 ans ? Porter un voile ou se faire percer les oreilles et se faire habiller comme si elle était une poupée Barbie ?

      Comprenez moins bien, je ne suis ni pour un, ni pour l'autre, mais si on veut libérer les femmes en interdisant certains diktats idéologiques soyons cohérent et interdisons les tous et cessons d'imposr notre morale occidentale qui n'est souvent pas plus respectueuse envers les femmes et transmet tout simplement qu'une autre sorte d'asservissement

    • Jean-Sébastien Garceau - Inscrit 8 septembre 2016 16 h 37

      @ Richard Maltais Desjardins
      «Ainsi, personne n'a la liberté d'investir le voile d'un autre sens que celui décidé par décret par les seuls détenteurs auto-proclâmés.»
      Euh ... non !
      Je déclare solennellement que tout le monde a le droit de subvertir le sens ou le message de tous les symboles qu'il lui plait, que ce soit par ironie, art ou simplement liberté d'expression.
      Si vous persistez à mal comprendre les symboles que quelqu'un porterai ou véhiculerai, j'imagine que c'est parce que vous ne lui avez juste pas posé la question et/ou que vous vous êtes arrêtés au 1er niveau.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 8 septembre 2016 16 h 40

      Safia Otokoré, Française d'origine somalienne, répliquait dernièrement sur Twitter à Hani Ramadan, frère de Tariq Ramand, qui disait «L'homme est faible par nature. Le vêtement désarme le regard. La pudeur est essentielle».

      Elle l'a vertement repris et elle dit dans Marianne: «Tu ne peux pas avoir quitté une pression étouffante, fui un territoire où l'on coud le sexe des filles par «pudeur», où l'on ne t'offre une place que si tu es cachée - par ton voile, tes vêtements, ton silence, ta soumission... et voir que ces asservisseurs te rattrapent là où tu te sentais à l'abri. C'est insupportable.»

      Mme Otokoré s'indigne également des «faits divers de l'islamisme» (piscine non mixte par-ci, burkini par-là, serrage de mains refusé encore par-là...) et l'inquiète au plus haut point, est-il aussi souligné dans Marianne: «Je connais le mécanisme. Ce sont autant de tests pour trouver nos failles.» «Quand j'entends des jeunes parler de «filles propres» pour désigner les adolescentes qui se voilent, lesquelles sont de plus en plus nombreuses à le faire, soit par pression, soit par effet de mode, cela me rend dingue. Nous n'avons pas assez expliqué. Nous n'avons pas assez dit à nos filles d'où viennent nos droits et à quel prix nous les avons souvent obtenus.»

      Safia Otokoré a choisi de s'investir en France et ne se braque pas contre l'Occident comme le fait Mme Zaazaa. Elle adhère à un féminisme universaliste. D'ailleurs, elle conclue l'article en disant : «Finalement, l'heure me conduit à me mettre en phase avec ce que j'ai toujours voulu être: libre. Je me sens profondément afro-européenne, française et bourguignonne. Et, si ça ne plaît pas - aux uns, et aux autres-, c'est pareil».

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 septembre 2016 22 h 06

      @ Jean-Sébastien Garceau. J'espère qu'en me relisant un peu plus attentivement, vous constaterez que nous sommes parfaitement d'accord. L'ironie n'est pas toujours facilement perceptible. Désolé si ce n'était pas clair.

    • Maxim Bernard - Abonné 8 septembre 2016 22 h 28

      Les vraies féministes veulent libérer la femme de la contrainte de porter un voile ou tout autre vêtement. Les féministes «autoritaires» sont celles qui croient leur morale tellement supérieure qu'elles ne veulent pas libérer les femmes de la contrainte, mais seulement leur imposer leur propre morale (de ne pas porter de voile, par exemple), ce qui n'est guère mieux.

      Que certains se battent pour un droit ne peut en aucun cas forcer les autres à jouir de ce droit. Un droit n'est pas une obligation.

      Vous mentionnez le cas Axa Pervez. Ce meurtre est odieux car cette jeune fille a été privée d'un choix des plus légitimes. Ce sont des gens rongés par l'intolérance qui l'ont tuée.

      Or, c'est aussi l'intolérance qui en mène certains à vouloir bannir les vêtements islamiques. Que dans certains pays musulmans on force les femmes à les porter, ou alors que dans d'autres on en vienne au meurtre en dépit des lois sous lesquelles nous vivont, n'est pas un prétexte pour interdire ce qui ne heurte la sensibilité que de ceux qui ne peuvent supporter la diversité.

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 9 septembre 2016 08 h 31

      @ Maxim Bernard

      C'est bien cela. Tenir la bride à « nos » femmes que nos libératrices n'ont quand même pas libérées pour qu'elles usent n'importe comment des libertés dont on avait rêvé qu'elles se fassent les porte-étendards.

      Vous parlez d'intolérance. Celle-ci n'est jamais à mon avis que la suspecte contrepartie de l'infecte notion de tolérance, cette permission qu'on donne d'autorité à autrui de circuler à l'intérieur du périmètre de nos dogmes, tant qu'ils ne leur portent pas ombrage. Soumises au regard soupçonneux des barbus et des matriarches, il n'y aura jamais assez de féministes musulmanes pour leur rappeler qu'elles ne sont pas un hochet au service de la propangande intégriste, d'où qu'elle vienne.

  • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 8 septembre 2016 07 h 00

    Cette dame souffre du syndrome de Stockholm.

  • François Dugal - Inscrit 8 septembre 2016 07 h 06

    La natation

    Savez-vous nager, madame Zaazaa?

    • Richard Maltais Desjardins - Abonné 8 septembre 2016 09 h 30

      De plus en plus, chez vous, on touche à l'essentiel de votre pensée...

    • François Dugal - Inscrit 8 septembre 2016 09 h 48

      Je vous renvoie votre compliment, monsieur Maltais Desjardins

    • Christian Montmarquette - Abonné 9 septembre 2016 12 h 56

      " Savez-vous nager, madame Zaazaa?" - François Dugal

      ..quand on parle d'un "cheap shot"..

      - Pensez-vous que toutes les bonnes Québécoises catholiques de souches savent nager M. Dugal?

  • Annie-Ève Collin - Abonnée 8 septembre 2016 07 h 17

    Toujours les mêmes stratégies malhonnêtes

    "Mme Mailloux, avez-vous seulement conscience de la violence de cette image ?"
    Et vous Madame, avez-vous seulement conscience de la violence véhiculée par votre voile? La violence envers les féministes québécoises qui se sont battues contre diverses formes d'oppression, notamment la mentalité selon laquelle les femmes doivent se couvrir, faute de quoi elles s'offrent à tous les hommes.

    "Vos références féministes, votre combat pour les femmes québécoises vous donnent-ils aujourd’hui le droit de matriarche que vous vous octroyez, vous donnent-ils le droit d’exclure ces femmes québécoises de la sphère économique, sociale et politique, car vous projetez sur elles vos peurs et vos fantasmes orientalistes ?"
    Joli sophisme de caricature. Il ne s'agit pas d'exclure des femmes de quoi que ce soit, mais d'exclure un signe sexiste. Un voile, ça s'enlève.

    "qui a la liberté de choix et qui l’exerce dans une société où la différence de l’autre n’est pas une menace, mais une richesse ?" En elles-mêmes, les différences ne sont ni des menaces, ni des richesses. Il y a des différences qui nous enrichissent et d'autres qui sont nuisible. Le voile islamique n'a rien d'enrichissant.

    "Votre étendard féministe des années 70 représente-t-il cette jeune génération de Québécoises, voilées ou pas, qui s’est nourrie de courants autres que les vôtres et les a fait évoluer"
    Ces jeunes Québécoises feraient bien de prendre conscience de tout ce qu'elles ont pu faire sans se poser de question grâce aux combats des féministes qui ont vécu avant elles.

    "vous les traitez comme une entité homogène et unique faisant fi de leurs parcours multiples, de leurs diversités et de leurs combats."
    Ici vous prêtez carrément des propos à Louise Mailloux.

    Finalement, vous terminez votre artile en déplorant que l'on juge les gens par la couleur de peau, alors que vous soulignez vous-même la blancheur de Mailloux et vous faites une fausse analogie en comparant la couleur à l'habit.

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 8 septembre 2016 08 h 20

      Mme Collin, je vous invite à vous attaquer à l'exploitation des femmes et non aux symboles présumés de cette exploitation. Le 'féminisme de chiffon' est d'un ridicule consommé. Laissez-donc les femmes s'habiller comme elles le veulent et ne faites pas un drame d'un bout de tissus.

    • Gilles Théberge - Abonné 8 septembre 2016 12 h 11

      Monsieur Martel, voilà l'islam, décrit par Talisma Nsree qui l'a subit dans son enfance, qui a été poursuivie et qui se cache, pour l'avoir dénoncé:
      https://la-voie-de-la-raison.blogspot.com/2016/06/taslima-nasreen.html
      Lisez ce texte qui porte à la réflexion...

    • François Dugal - Inscrit 8 septembre 2016 16 h 15

      @Jean-Pierre Martel
      Trop de "bouts de tissus" imbibés d'eau risque malheureusement d'entraîner la baigneuse vers le fond; la veste de flottaison est fortement recommandée.

    • Annie-Ève Collin - Abonnée 8 septembre 2016 17 h 27

      Monsieur Martel, la réponse que vous m'adressez contient trois erreurs :
      1. la prétention qu'il faut choisir entre s'attaquer à l'exploitation des femmes et s'attaquer aux symboles sexistes. On peut s'attaquer à l'un et à l'autre ;
      2. la prétention que le voile est présumé sexiste : je ne présume pas, j'ai amplement vérifié ;
      3. assimiler le voile islamique à un bout de tissu. Pensez-y : si c'était un simple bout de tissu, ça ne poserait problème ni à ces femmes, ni aux hommes de leur entourage qu'on leur demande de l'enlever temporairement dans un contexte particulier, que ce soit le travail, le cours de natation ou autre chose.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 septembre 2016 23 h 33

      M. Dugal, est-ce qu'on pourrait dire, comme Laurent Ruquier l'avait souligné, que pour l'intégrisme : le foulard en un problème en soie ? ;-)

      Pour l'auteure de cette missive, l'immortelle Raymond Devos avait bien résumé la pensée : « J’ai une amie qui est xénophobe. Elle déteste à tel point les étrangers que lorsqu’elle va dans leur pays, elle ne peut pas se supporter! »

      Et excellent commentaire Mme Collin.