Lettres: Dieu que c'est déprimant!

Je me suis donné comme mot d'ordre de ne plus penser politique, de ne plus parler politique, car une saleté latente se cache derrière ces robes griffées, ces cravates de soie aux merveilleux coloris à base de rouge.

Cette façon de faire de la politique m'attaque dans mes valeurs. Cependant, je ne peux pas laisser passer le plat des commandites, qui me donne la nausée. Nausée à cause de tous les élus québécois qui se salissent les mains et qui, comme des Ponce Pilate se secouant les mains en déchirant leurs vêtements souillés, éclaboussent de cette sauce surie leurs compatriotes et concitoyens québécois. Ils me discréditent aux yeux des Anglo-Canadiens (remarquez que ce discrédit ne change pas grand-chose car les Anglo-Canadiens ne m'aiment que lorsqu'un référendum québécois les inquiète) en projetant sur nous leur incurie administrative, leur partisanerie libérale.

Et les électeurs vont reporter au pouvoir ces copieurs qui transposent intégralement sans en changer un iota le mode de vie politique duplessiste (ça va certainement dire quelque chose aux «vieux»). Argent, pouvoir et surtout ce bon petit pouvoir occulte: on se croirait dans ces républiques bananières où le pouvoir ne sert qu'à remplir ses poches. Dans notre belle démocratie canadienne, on passe par les petits amis du parti au pouvoir, on contourne les règles les plus élémentaires d'honnêteté administrative, on émet des chèques sous le couvert de la légalité, on reprend une partie de notre dû en passant par la caisse électorale. Dieu que c'est déprimant! [...]