Le burkini, version aquatique du hidjab

Il faudrait interdire le burkini au Québec, mais aussi avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies.
Photo: Ariel Schalit Associated Press Il faudrait interdire le burkini au Québec, mais aussi avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies.

Vous souvenez-vous du sketch dans le film de Woody Allen Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, dans lequel Allen lui-même, fourré dans un burkini tout blanc, incarnait un spermatozoïde ? C’était en 1972, l’époque d’après Mai 68, celle de la révolution sexuelle où l’on se libérait des tabous et du carcan moral de la religion catholique par rapport au sexe. L’époque où l’on enseignait Wilhelm Reich, Freud avec son Malaise dans la culture et Marcuse avec son fabuleux Éros et civilisation. C’était aussi l’époque de la révolution féministe avec La femme eunuque de Germaine Greer, La politique du mâle de Kate Millett et le percutant Ainsi soit-elle de Benoîte Groulx.

Au Québec, les années 1970 furent celles du premier écrit féministe avec l’audacieux L’Euguélionne de Louky Bersianik, livre-culte qui connut un succès immédiat auprès des femmes. Ce fut aussi, en 1978, la présentation au TNM de la très irrévérencieuse pièce Les fées ont soif de Denise Boucher, qui avait provoqué la colère des catholiques, ceux-ci ayant même demandé une injonction pour la faire interdire. Des manifestations eurent lieu et des appuis de partout se firent entendre pour dénoncer la censure des catholiques.

Dans les années 1970, ça discutait fort et on avait l’impression que le Québec prenait enfin le virage féministe et que tous les espoirs étaient permis. Les femmes prenaient conscience de leur aliénation, conscience de l’existence du patriarcat à qui la morale catholique servait d’idéologie. Elles luttèrent alors pour l’obtention de droits reproductifs parce qu’elles ne voulaient plus laisser l’époux, le curé ou le médecin définir leur vie et contrôler leur propre corps. Dites, vous souvenez-vous de cela ?

Mais à quoi auront servi tous ces efforts si c’est aujourd’hui pour se prosterner devant le burkini de ces femmes déguisées en spermatozoïde et qui, dans les années 1970, auraient passé pour des saintes nitouches ? Sommes-nous tombés sur la tête ? Est-ce cela, l’émancipation des femmes ? Que sert d’avoir la liberté d’aller à la plage seulement si nous cachons tout notre corps ? Sommes-nous assez naïves pour penser que celles qui « choisissent » le burkini auraient pu tout aussi bien choisir le bikini ? Et comment se fait-il qu’aucun homme ne fasse jamais ce choix ? Ils sont libres, eux aussi, non ?

Même morale étriquée

Le burkini participe de la même idéologie, de la même morale étriquée que celle du hidjab. Une morale patriarcale et sexiste qui définit les femmes comme des objets sexuels appartenant aux hommes. Faut-il rappeler que le Coran interdit aux femmes musulmanes d’épouser un non-musulman, sauf si l’époux se convertit à l’islam ?

Le burkini tout comme le hidjab ont la même fonction sociale : soustraire les femmes musulmanes aux regards des hommes qu’elles pourraient épouser, minimisant ainsi les occasions de séduction. C’est la raison pour laquelle les femmes voilées ne se dévoilent qu’en présence des hommes de leur famille et cachent leurs cheveux, leur cou, leurs oreilles, leurs bras et leurs jambes aussitôt qu’elles se retrouvent dans l’espace public. Le burkini n’est que la version aquatique du hidjab, symbolisant l’un comme l’autre l’absence de liberté sexuelle des femmes musulmanes de même que l’instrumentalisation de leur corps au profit de la communauté. Cela rappelle l’époux, le curé et le médecin, vous ne trouvez pas ?

Le burkini comme indice de pénétration de l’islamisme

L’immense controverse qui fait rage en France à propos du burkini est révélatrice du succès des islamistes à imposer leur idéologie patriarcale et à contrôler le corps des femmes musulmanes jusque sur les plages. La stratégie des islamistes est fort simple. Dans un premier temps, faire accepter le burkini sur les plages en nous le présentant comme un maillot de bain qui va permettre aux femmes burkinisées de profiter de la plage comme tout le monde. Bref, nous culpabiliser de vouloir interdire cet accoutrement sexiste et faire pleurer dans les chaumières.

Si nous ne résistons pas fermement à ce chantage émotif, cela aura pour effet d’augmenter la pression sur les femmes musulmanes qui refusent de porter le burkini, les incitant à rester chez elles plutôt que de s’exposer au harcèlement des burkinisées. Une fois les femmes musulmanes mises au pas, les islamistes s’attaqueront aux femmes non musulmanes, avec cette fois-ci la rhétorique de la femme qui, en choisissant le burkini, refuse d’être un objet sexuel. Et au nom de l’émancipation des femmes, les plages deviendront bondées de saintes nitouches. Ainsi soient-elles…

La morale islamiste a pénétré depuis plusieurs années nos écoles publiques, là où sont socialisés la plupart des jeunes Québécois. Elle s’affiche dans le hidjab des fillettes et des jeunes filles, dans celui des enseignantes et dans celui des éducatrices en garderie.

À la suite des recommandations faites par le Conseil du statut de la femme en 1978, le gouvernement modifia sa politique en matière d’édition de manuels scolaires afin d’en retirer toute référence à des stéréotypes sexistes dans le but exprès de promouvoir l’égalité des sexes. Alors qu’aujourd’hui nous exposons les jeunes au sexisme outrageant du hidjab des enseignantes et des éducatrices voilées au nom de l’ouverture à la différence. Le sexisme n’est devenu qu’une simple différence. Voilà où nous en sommes après quarante ans de luttes féministes.

Interdire le burkini au Québec ?

Oui, il faudrait interdire le burkini au Québec, mais avant de penser à légiférer sur les plages, il faudrait avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies. Car si tout le monde ne va pas à la plage, tous en revanche doivent fréquenter l’école, qui est une institution publique.

J’ai souvenir d’un gouvernement qui, il y a à peine trois ans, a voulu, au nom de la laïcité, légiférer sur le port de signes religieux dans les institutions publiques. Les appuis furent nombreux dans la population et les attaques des multiculturalistes, des islamistes et des groupes religieux furent virulentes. Nous savons comment tout cela s’est terminé.

Les péquistes se sont retrouvés dans le confessionnal des curés du multiculturalisme, à se repentir d’avoir été trop loin. Tellement qu’aujourd’hui, bon nombre de politiciens, péquistes comme caquistes, se cramponnent au rapport Bouchard-Taylor, devenu soudainement La Mecque de la laïcité, le meilleur rempart contre les accusations de racisme et d’islamophobie.

Mais savez-vous que ce rapport autorise le port de signes religieux chez les enseignantes et les éducatrices en garderie ? À trop vouloir ne pas faire de vagues, on risque bien de se noyer. L’été tire à sa fin et bientôt les plages seront désertes. Il serait peut-être temps d’envisager le retour en classe…

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44 commentaires
  • Jean-Charles Morin - Abonné 3 septembre 2016 06 h 23

    Pendant ce temps, dans les pays islamiques...

    Dans la pièce de Molière, Tartufe disait: "Cacher ce sein que je ne saurais voir". S'il y a un problème avec le burkini, ce vêtement de plage qui semble en hérisser plusieurs, la solution est-elle de ne pas vouloir le voir en le balayant du champ de vision, en faisant comme s'il n'existait pas?

    Ce n'est pas en mettant un paravent devant un problème où en obligeant tout le monde à faire l'autruche qu'on le règle, comme semble le suggérer Madame Mailloux. La répression et la prohibition ne constituent pas de solutions valables à long terme et ne feront que reléguer les femmes ciblées chez elles, prisonnières des murs de leur maison et plus isolées que jamais. Quel progrès en vérité! Est-ce là notre vision d'une société libre et émancipée?

    Les faits sont pourtant clairs: encore une fois les puristes de la nouvelle morale s'acharnent sur les femmes et uniquement sur ces dernières, cette fois-ci au nom d'une vision étriquée de la laicité devenue la nouvelle religion du jour devant être imposée à tous et surtout à toutes. Tous ces nouveaux chantres d'un laicisme à tout crin n'ont apparemment pas pris la peine de se renseigner. L'auraient-ils faits qu'ils sauraient que le burkini, création de la mode occidentale, vêtement de plage de formes moulantes et à l'aspect souvent coloré, est actuellement interdit par les autorités de l'État islamique, par les Talibans, par l'Iran, par l'Arabie Saoudite et tous les barbus vociférants sous prétexte qu'il est immoral, impudique et constitue un vecteur de mécréance.

    À mon humble avis, dans un pays où règne la liberté, les femmes devraient pouvoir porter ce qu'elles veulent, même si cela peut choquer quelques obsédés de la nouvelle vertu et autres grenouilles de bénitier. Au Moyen-Orient et ailleurs, partout où règne sans partage l'intégrisme islamique, l'horizon des femmes est bouché et la porte de sortie fermée à double tour au nom d'une soi-disant morale imposée. Faut-il aussi que ce soit le cas du côté des pays occident

    • André Joyal - Inscrit 3 septembre 2016 11 h 52

      Bravo à Louise Mailloux pour, comme à son habitude, ce fort intéressant texte.Nuance cependant : si je suis favorable à l'interdiction des pitbulls qui menancent notre sécurité, je suis contre l'interdiction du burkini qui obligerait une police des moeurs.

      Par ailleurs, contraitement à Agnès Gruda de La Presse et à Hélène Pelletier de ce journal, toutes deux bien nourries de l'islamo-gauchiste Edwy Plenel: il faut ÉVITER de faire l'apologie du burkini au falacieux prétexte qu'il évite l'isolement de ces «pôvres» femmes.

      Et que penser d'Ici Radio-Canada,toujours à la recherche de l'audimat, qui invite, comme à l'époque du débat sur la charte de la laïcité ce qui pourrait être un super manequin aux vêtements très colorés et maquillé pour la circonstance, venir énoncer ces sempiternels clichés: «C'est notre choix, nous n'avons pas honte de nos genoux ni de nos cheveux, mais nous sommes bien ainsi», et combien d'autres âneries! Comme si ces femmes ne subissaient aucune influence de leur milieu.On se moque de nous! Et les salafistes de St-Léonard rigolent dans leurs chaumières.

    • Johanne Fontaine - Abonnée 3 septembre 2016 12 h 05

      Il y a deux ans,
      à la piscine du centre communautaire et sportif centre sud,
      après le bain libre du mardi matin de 7:00 à 8:55,
      les nageurs devaient sortir expéditivement pour faire la place,
      au femmes musulmanes en burkini, voile inclus,
      qui avaient leur propre plage horaire.

      Depuis lors, suite à cet incident et d'autres tout aussi surprenants,
      la féministe en moi a décidé de cesser de fréquenter cette piscine,
      qui me rappelle les heures sombres de ma jeunesse de couventine grand-pensionnaire, qui m'ont marqué pour le restant de ma vie, où je devais me couvrir à la chapelle, à la salle de bains,
      en classe évidemment avec uniforme porté sept jours sur sept, en tissu blue black fort épais, me couvrant presque des pieds à la tête, incluant col et manchettes amovibles de plastique, soulier à talons cubains couvrant tout le pied, et quoi encore. C'était à Villa Maria, chez les dames de la congrégation de Notre-Dame, au début des années soixante, les héritières de Marguerite Bourgeois, dont on vantait cette semaine encore les mérites en tant que pionnière de Montréal.
      Le burkini, Monsieur Morin, c'est moi que ça rebute à aller en piscine, tant il me rappelle les souvenirs traumatisants de mon enfance captive de la communauté des soeurs de la congrégation de Notre-Dame.

    • Cécile Comeau - Abonnée 3 septembre 2016 12 h 58

      Je remarque que ceux qui se portent à la défense de ces femmes musulmanes posées en victimes de notre volonté de laïcité anti-intégriste de tout poil brandissent l’étendard des droits individuels. Allons donc, n’instrumentalisez pas nos lois pour qu'elles servent d’armes visant à saper l’égalité hommes-femmes que nous défendons. En fait, cet étendard des libertés instrumentalisées est comme le voile; il sert de fer-de-lance au combat mené par les extrémistes religieux pour mieux soumettre leurs femmes à leurs pères et à leurs maris et, ensuite, soumettre nos lois à leur religion archaïque. C’est la charia qu’ils veulent comme régime et rien d’autre. Il n’y en a pas de droits individuels pour les femmes, pris au sens de nos lois, dans la charia. Il n’y en a pas d’égalité, entre les hommes et les femmes, dans la charia. À tous ces messieurs qui clament le pseudo-droit des femmes musulmanes soumises de porter le burkini et tout autre attirail intégriste, je leur proposerais de s'habiller de la sorte pendant un an, dès qu’ils franchissent la porte. Les poches sur la tête et le corps dans un abri Tempo, c'est bon pour les femmes, mais pour les hommes ? Ils réaliseraient ce que c’est que de valoir moins qu’un chameau ou un dromadaire et d’être obligé de voiler sa personne à cause d’une distinction fondée sur le sexe. Toute la députation, y compris Couillard, devrait faire de même avant de voter sur le sujet. Essayez de vivre un an comme ces femmes. Le voile et les attirails intégristes sont l’étendard des islamistes. Cela n’a rien à voir avec aucune liberté. Cela concerne la discrimination fondée sur le sexe; discrimination qui nous jette au visage que la femme est l’inférieure de l’homme, qu’elle lui est soumise, qu’elle est l'objet sexuel d'un seul, que lui seul a le droit de la regarder, et que la femme n’a pas le droit d’exister en dehors de la volonté de son père ni du désir de son mari.

    • Pierre Robineault - Abonné 3 septembre 2016 14 h 05

      "Cela n'a rien à voir avec aucune liberté", affirme madame Comeau avec raison.
      Et j'ajoute autrement, comment peuvent-elles revendiquer la liberté de ne pas vouloir la liberté de porter ce qu'elle aimeraient porter autrement?

    • Marc Therrien - Abonné 3 septembre 2016 16 h 15

      La liberté et la paix.

      Je cite de mémoire Jean-Jacques Rousseau qui a dit quelque chose qui ressemble à ceci: pour vivre en paix il suffirait de pouvoir n'être offensé de rien et de pouvoir n'offenser personne. Bien évidemment, comme dans beaucoup de phrases de sagesse philosophique, on y retrouve tout le noeud de la relation dialectique entre la chose et son contraire qui crée tant de problèmes de communication et de conflits.

      C'est un peu comme ça que je comprends aussi Sartre: l'enfer c'est les autres.

      J'ai hâte de voir si les islamistes seront créatifs au point de "sortir" une autre pièce vêtement provocante pour la saison d'hiver qui elle, convient déjà mieux aux vêtements des musulmanes qui nous provoquent tant l'été.

      Marc Therrien

  • Eric Lessard - Abonné 3 septembre 2016 07 h 02

    Non

    Madame, vous ne semblez pas comprendre qu'interdire les signes religieux dans les espaces publiques, ça ne se fait tout simplement pas, c'est contraire à la liberté et à l'esprit démocratique.

    Vous devriez lire "Le bonheur français" de Guy Sorman, livre écrit en 1995 où il dit qu'interdire le port du voile et autres tenues religieuses, c'est exactement ce que les intégristes veulent pour mieux pouvoir passer pour des victimes.

    D'un point de vu légal, vouloir interdire le burkini, ce serait une mesure qui va à l'encontre des libertés. La mesure a d'ailleurs été jugée très vite illégale en France.

    Il faut éviter de se lancer dans des combats identitaires où des minorités pourraient se considérés comme des cibles et des victimes.

    Prenez aussi conscience qu'en 2016, le Québec, dans sa majorité, a tourné le dos depuis longtemps aux valeurs religieuses. Cependant, on ne peut pas interdire aux gens de manifester leurs croyances et leurs cultures dans la mesure où ça ne nuit pas à l'ordre publique.

    Interdire une chose a très souvent l'effet contraire à ce qui est recherché. Prenez l'exemple de la lutte contre le cannabis. La France est le pays le plus répressif d'Europe en matière de cannabis, mais il y a également la plus grande proportion de consommateurs. Aux Pays Bas, où la substance est légalisée, elle attire proportionnellement trois fois moins de consommateurs qu'en France.

    Vouloir interdire le burkini est la meilleure façon d'imposer ce sujet de conversation matin, midi et soir en plus de passer pour des intolérants et avoir l'admiration des Donald Trump de ce monde.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 3 septembre 2016 10 h 02

      Dans sa chronique aujourd'hui, Christian Rioux rappelle que ce ne sont ni la laïcité, ni le droit qui sont ici en cause, mais les moeurs et la civilité d’une société qui se sont forgées au fil des siècles. ». Et j'ajouterais une défense inconditionnelle à l'égalité entre les femmes et les hommes.

      Or, le burkini, comme d'autres étendards de l'islam politique, a une fonction: faire disparaître la femme de l'espace public. Pourquoi s'insurge-t-on contre les gens qui voudraient interdire, mais ne s'insurge-t-on pas contre ceux qui l'imposent? Comme ce mufti de Sydney qui a approuvé ce vêtement de la créatrice du burkini.

      Voici un commentaire de Charly Bouchara concernant le burkini: «Sur toutes les déclinaisons des vêtements anti-femmes, je suggère humblement de se renseigner auprès des premières concernées — les femmes de culture, de sensibilité, d’origine, et même de foi musulmane, et pour certaines, de terres d’oppression et de silence forcé — bref, celles qui vivent ou ont vécu de près l’apartheid sexuel et sexiste qui s’illustre dans des prisons de tissu et des uniformes obligés qui gomment, cachent, annihilent, bâillonnent et oblitèrent à des degrés divers.»

      Après avoir énuméré un nombre considérable de femmes musulmanes qui sont contre ces étendards, il conclue son argumentation ainsi:

      «Je fais cette énumération pour rappeler que les premières voix à s’être élevées contre les déclinaisons «surréalistes » du voile khomeiniste... étaient féminines, arabes, musulmanes et aussi révoltées contre la soumission que contre la cécité et le relativisme culturel.»

      Et ne pas oublier que plusieurs petites filles portent maintenant ces étendards: d'ailleurs des burkinis pour celles-ci sont vendus sur un site français!

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 septembre 2016 12 h 04

      Monsieur Lessard, vous confondez les espaces publics avec l'espace public, ce qui bien sûr permet tous les sophismes.

    • Cécile Comeau - Abonnée 3 septembre 2016 15 h 16

      Monsieur Lessard, quand vous parlez d’esprit démocratique dans votre premier paragraphe, vous savez que l’islamisme est une théocratie. Les islamistes renient l’Occident et ses valeurs démocratiques. Pour eux, il n’y a pas de séparation possible entre la religion et l’État. Est-ce là le véritable sens du mot démocratie, une démocratie par surcroît où la moitié de l’humanité, les femmes n’ont pas le droit de citer.

      Plus loin, quand vous dites que c'est exactement ce que les intégristes veulent pour mieux pouvoir passer pour des victimes; c’est faux parce que ces mêmes intégristes jouent déjà ad nauseam la carte des victimes de l’islamophobie depuis des années pour mieux instrumentaliser nos lois et nos chartes et ainsi parvenir à leurs fins, et ils réussissent. Il n’y a pas encore de loi sur la laïcité, mais cela ne les a jamais empêchés de crier à l’islamophobie. Ils ont même essayé de nous ramener le crime de sacrilège contre toute personne qui critiquerait l’islam, lors des débats sur l’étude du projet de loi 59. Ils déconstruisent la cohésion de notre société sécularisée et ébranlent nos consensus avant même que toute charte de la laïcité ne soit votée.

      Finalement, quand vous dites que des minorités pourraient se considérer comme des cibles et des victimes; là je suis en total désaccord. Les minorités ne doivent pas s’enfermer dans leur ghetto et rejeter tout ce qui n’est pas identique à leur pays d’origine, jouant les victimes de racisme quand les gens ne sont pas en accord avec elles. Ces minorités doivent s’adapter à la collectivité qui les accueille. Et puis sachez que 80 % des musulmanes qui vivent ici rejettent cet intégrisme et ne portent pas le voile. Beaucoup ont fui leurs pays justement à cause des islamistes qui les forçaient à vivre dans la peur et la négation de leur condition de femmes. Ces femmes victimes dans leurs pays d’origine sont maintenant libres au Québec. À nous de faire en sorte qu’elles le restent.

  • Michel Thériault - Abonné 3 septembre 2016 07 h 58

    Interdiction

    "Oui, il faudrait interdire le burkini au Québec, mais avant de penser à légiférer sur les plages, il faudrait avoir le courage de légiférer sur le port de signes religieux à l’école et dans les garderies." - Louise Mailloux

    D'accord avec vous sur toute la ligne. Je me permet même d'aller plus loin. Pas de signes religieux dans TOUT l'espace public. Et, le plus important, on apprend à nos enfants à "penser" plutôt qu'à se faire endoctriner. Il ne suffirait que de quelques générations pour éradiquer les religions de la surface du globe.

    On peut bien rêver...

    • Yves Rousseau - Abonné 3 septembre 2016 11 h 55

      «Pas de signes religieux dans TOUT l'espace public.»

      Et j'imagine que vous allez dynamiter les églises vous-même...

    • Yves Rousseau - Abonné 3 septembre 2016 18 h 48

      Je suis personnellement agnostique et des propos comme le votre me font peur.

      Les extrémistes laïcs ne me plaisent pas plus que les extrémistes religieux. Ils sont les deux côtés de la même médaille d'intolérance.

      Des extrémistes qui se disaient «On peut bien rêver...» » ont surtout signé l'arrêt de mort de millions de gens qui n'embarquaient pas dans leur radicalité.

      «Il ne suffirait que de quelques générations pour éradiquer les religions de la surface du globe.» C'est vos mots.

      C'était aussi ceux de Mao et de Staline, qui ont au moins fait autant de morts que le nazisme.

      Si vous vous «permettez d'aller plus loin» je vous suggère quelques suggestions :

      Il faudrait «rebaptiser» des artères importantes de Montréal afin d'effacer les «signes religieux».

      Par exemple, la rue Saint-Denis devrait être nommée Rue Mao Zedong, un homme qui a fait beaucoup pour effacer les religions en Chine...

      Le Boulevard Saint-Laurent devrait être rebaptisé Boulevard Staline, un autre qui a beaucoup fait pour interdire tous les signes religieux dans l'espace public de l'URSS...

      Il faudrait à Mtl commencer par détruire l'oratoire et la cathédrale...

      Ce sont des signes religieux ostentatoires...

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 4 septembre 2016 08 h 35

      Yves Rousseau

      les églises ne sont plus des signes religieux mais des sites du patrimoine et je dirais même patrimoine "mondial" tellement certaines sont à couper le souffle.

      D'ailleurs il ne s'en construit plus contrairement aux mosquées et synagogues. Au contraire, on les détruit une à une.

  • Jean Lacoursière - Abonné 3 septembre 2016 08 h 05

    Légiférer sur la tenue de plage: un pas de trop

    Interdire les signes religieux à l'école (profs et élèves) et en garderie: d'accord; l'école doit être un lieu de connaissances et d'humanisation exclusivement, donc on laisse ses croyances dehors;

    Interdire les signes religieux aux représentants de l'État en position d'autorité (juges, policiers, etc.): d'accord; les représentants de l'autorité appliquant les lois de l'État ne doivent pas représenter une croyance particulière (autorité soi-disant divine);

    Interdire les signes religieux à la plage: on a beau ne pas aimer le burkini, mais ça va pas non?!

    Par contre, il existe un règlement dans nos piscines publiques interdisant de se baigner habillé. Le burkini devrait donc y être interdit dans l'eau de la piscine, sinon cela reviendrait à accorder un privilège basé sur une croyance.

    Le burkini ne me choque pas ben ben (les dermatologues l'approuvent probablement!), par contre j'ai éprouvé un malaise l'autre jour lorsque j'ai croisé une burka sur le chemin Ste-Foy à Québec. Elle était tout en noir, le regard invisible; quelle tenue lugubre!

    J'oubliais: on enlève le crucifix au-dessus du président de l'Assemblée nationale et on le remplace par un formidable panache d'orignal.

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 septembre 2016 22 h 58

      Il existe des réglements obligeant le port de vêtements de baignade pour se baigner. Le burkini, que vous le vouliez ou non, est un vêtement conçu pour la baignade.

  • Cécile Comeau - Abonnée 3 septembre 2016 08 h 06

    Manque de courage

    Nos politiciens et nos politiciennes sont bien trop pleutres, de peur de se faire traiter de racistes, de xénophobes, d'islamophobes, de nazis, de trumpistes et de je ne sais quoi encore pour oser reprendre le flambeau de la laïcité laissé en veille par madame Marois et monsieur Drainville. Bien, voyons donc! Leur belle image de rectitude politique! Ils me font penser aux gens qui, dans les années 60 ou 70, avaient peur de débattre d'homosexualité, de crainte de passer eux aussi pour des homosexuels. Opprobre suprême pour l’époque! Heureusement, les mentalités ont changé à ce sujet depuis.
    Aujourd’hui, c’est l’islamophobie qui tient le haut du pavé en cette matière. Bien paraître aux yeux des intégristes minoritaires est préférable à se lever, à se tenir debout et à mettre enfin un terme à cet intégrisme religieux qui est dégradant et contraignant pour les femmes, indigne de l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que menaçant pour la liberté de toutes nos fillettes et filles qui ne doivent pas subir de pression de leurs familles face au port de ces signes religieux symboles de la soumission des femmes aux hommes. La classe politique frileuse préfère oublier que la Charte de la laïcité était appuyée à plus de 60 % de la population dans les sondages, plutôt que de la reprendre et la promouvoir. Même Lisée et Cloutier n’en voulaient pas.
    Cette même classe politique espère que les femmes indignées par leur lâcheté voteront pour elle aux prochaines élections. Elle se trompe. Allons-nous laisser l’islamisme détruire notre cohésion sociale, comme c’est le cas actuellement en France? Voulons-nous vivre les conflits liés à l’intégrisme religieux qui afflige les Français actuellement? Là est toute la question. Ce n’est pas avec les recommandations nettement insuffisantes de la commission Bouchard Taylor que nous allons mettre un terme aux intégrismes religieux qui menacent notre société. Cela, Marois et Drainville l’avaient pourtant bien compris.

    • Josée Pelletier - Abonnée 3 septembre 2016 17 h 44

      Bravo

      Merci Madame, vous au moins vous n'avez pas oublier !