Ensemble, nous sommes le Québec

La ministre de l’Immigration, de la Diversité  et de l’Inclusion, Kathleen Weil
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La ministre de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion, Kathleen Weil

Bien accueillir et intégrer rapidement les nouveaux arrivants est essentiel à la croissance et au développement du Québec. Le Québec évolue dans un contexte international et intérieur qui rend l’atteinte de cet objectif plus important que jamais et qui a mené notre gouvernement à réviser en profondeur ses politiques et stratégies en immigration afin d’attirer et de retenir chez nous des talents provenant de partout dans le monde.

Le déclin de notre population en âge de travailler exerce une pression importante sur notre marché du travail. Nos entreprises cherchent une main-d’oeuvre qualifiée pour soutenir leur croissance et se tournent de plus en plus vers l’immigration. Par ailleurs, le Québec doit faire face à une vive concurrence à l’échelle internationale afin d’attirer ces travailleurs, qui sont à la fois hautement mobiles et très recherchés. Malgré des progrès notables réalisés ces dernières années au chapitre de l’intégration en emploi — le taux de chômage des personnes immigrantes a diminué de 12,4 % à 10,7 % entre 2011 et 2015 —, des défis persistent, notamment chez les nouveaux arrivants. Le Québec ne peut se permettre de gaspiller ces talents.

Afin de relever ces défis, nous avons dévoilé en mars 2016 une nouvelle politique québécoise en matière d’immigration, intitulée Ensemble, nous sommes le Québec, dotée d’un budget de 42,5 millions sur cinq ans. Notre approche englobante, qui vise à mieux sélectionner, à mieux intégrer et à mieux vivre ensemble, a d’ailleurs été saluée par des experts du Migration Policy Institute et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Grâce à une modernisation de notre Loi sur l’immigration au printemps, nous favorisons la sélection de candidats à l’immigration qui présentent le plus grand potentiel d’intégration. Nous recherchons un arrimage optimal entre leur profil et les besoins du marché du travail, évalués sur une base régionalisée avec nos partenaires économiques et territoriaux. L’arrivée et l’intégration rapide en emploi de ces candidats contribueront ainsi au dynamisme de nos villes et de nos régions.

La connaissance du français est fondamentale à une intégration réussie et à la mobilité en emploi. Les statistiques récentes démontrent que déjà 86 % des personnes immigrantes sont soit francophones, soit en processus de francisation, soit des enfants scolarisés en français. Afin de répondre encore mieux aux besoins évolutifs de tous les immigrants, nous allons diversifier notre offre de francisation à temps plein, à temps partiel, en ligne et en milieu de travail.

De même, notre gouvernement s’attaque à la problématique de la reconnaissance des acquis et des compétences, autant pour les futurs immigrants que pour ceux déjà au Québec et qui sont soit surqualifiés ou dans l’impossibilité de travailler dans leur domaine.

Afin de promouvoir le vivre-ensemble, notre gouvernement mettra de l’avant une vaste campagne sociétale reconnaissant l’apport de la diversité au Québec. Nous continuerons aussi à lutter contre le racisme et la discrimination, et favoriserons, par des partenariats avec les acteurs municipaux, économiques et communautaires, l’édification de milieux de vie toujours plus accueillants. Ces trois éléments sont essentiels à l’attraction et à la rétention de nouveaux arrivants partout au Québec.

La récente consultation publique sur la planification de notre immigration pour les trois prochaines années confirme que nous sommes sur la bonne voie. Les intervenants des milieux économique, syndical, municipal et communautaires ont témoigné de leur fierté quant à la mobilisation pour accueillir les personnes réfugiées syriennes et de leur appui quant à la poursuite de notre engagement humanitaire. Un large consensus s’est aussi dégagé autour de notre orientation de stabiliser les volumes d’immigration à 51 000 personnes pour deux ans pendant la mise en place de notre réforme, puis à les augmenter à 52 500 personnes en 2019. De même, notre volonté de sélectionner une immigration toujours plus francophone et de miser sur le potentiel des étudiants internationaux et des travailleurs étrangers temporaires déjà au Québec dont l’intégration est bien amorcée a recueilli une large adhésion. L’immigration a de tout temps contribué au développement du Québec, et la diversité qu’elle apporte est une richesse pour notre société, tant sur le plan socioculturel qu’économique. Cette conviction est au coeur de notre réforme afin que tous les Québécois puissent réaliser leur plein potentiel et participer activement à notre société.

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11 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 31 août 2016 06 h 32

    Et nous...

    Et nous, Madame le ministre, nous qui voulons non seulement préserver l'usage commun du français mais l'étendre à tous ceux et celles qui se joignent à nous, nous sommes les Québécois.
    Vous, vous qui percevez cette langue française comme ne méritant qu'être seconde au Canada et accessoire au Québec, vous êtes les Canadiens.
    Tant que le Québec ne sera pas un pays qui, par la force démocratique exercée de manière définitive sur son destin et son actualité, n'aura pas accédé au plein et exclusif contrôle de ses lois et du territoire qui historiquement et légalement le détermine, le Québec persistera à être la demi-mesure que vous nous montrez préférer qu'il soit.
    Mes salutations les plus républicaines, Madame.

  • Denis Paquette - Abonné 31 août 2016 06 h 41

    Injustifiable

    Reconnaitre que le Québec est un ensemble, le plus grand des danger serait de ne pas le reconnaitre,ce serait a mon humble avis passer au coté de quelque chose d'important, ce serait passé au coté de la premiere société francaise en Amérique , ce serait passer au coté de ceux qui les premiers ont explorés ce territoire, ce serait au niveau de l'histoire injustifiable

  • Bernard Terreault - Abonné 31 août 2016 07 h 33

    Alors

    Si la main d'oeuvre immigrante est si essentielle à notre économie, pourquoi y a-t-il tant de chômage chez ces immigrants? Madame Weil, vous ne pouvez pas blâmer PQ, CAQ ou QS pour cela, vous avez été au pouvoir pendant plus de 11 ans pendant les 13 dernières années.

  • Cyril Dionne - Abonné 31 août 2016 07 h 56

    Le mythe de l'immigration

    Ah! Nos libéraux. Tout pour avoir des votes.

    La problématique de la reconnaissance des acquis et des compétences est grande parce que la plupart des diplômes des immigrants ne sont pas équivalents aux normes québécoises. En plus, plus de 40% des immigrants ne parlent pas français. Ajouter à cela que certaines idéologies politico-religieuses ne sont pas compatibles avec notre type de démocratie lorsqu'on parle de la liberté d'expression, de l'égalité homme/femme, des minorités sexuelles et du mur jeffersonien, on doit se questionner fortement en acceptant plus d'immigrants alors que notre capacité d'intégration déborde de tous les côtés.

    Le taux de chômage d'un immigrant qui parle français à Montréal est de 27% (2015) et on nous dit qu'on veut en accueillir plus. C'est sans parler de la robotique et de l'intelligence artificielle où la plupart des experts s'accordent à dire que 20 à 40% des emplois vont disparaître dans les 20 prochaines années. L'immigration ne rajeunit pas le Québec parce que l'âge moyen des immigrants se retrouve trop proche de la moyenne québécoise. Encore une fois, la performance économique des immigrants s'est détériorée depuis plus de 30 ans.

    Éthiquement, nous prenons les meilleurs des pays du tiers monde pour augmenter notre population en pensant que nous allons améliorer notre économie.

    On aura toujours une responsabilité envers les réfugiés politiques, ceux qui ceux qui souffrent de l’oppression ou d’une urgence, mais pour le reste, nous nous devons d'être plus vigilant.

    L'immigration n'est pas un droit, mais bien un privilège. Un référendum sur l'immigration SVP.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 31 août 2016 18 h 33

      M Dionne, vous faites la barbe à la ministre, ... enfin c'est une expression.

      Cette ministre m'apparait ne rien connaitre de l'immigration, à part alimenter le PLQ de voteurs éventuels.

      Il faut se demander qu’est-ce que l’immigration nous apporte. Voir à ce sujet « Impact de l'immigration - Dépasser la pensée magique » dans ( http://www.ledevoir.com/politique/quebec/289137/im ).

      Combien coûte, sur une base nette, l’immigration au Québec? La population a droit de savoir.

    • Cyril Dionne - Abonné 31 août 2016 21 h 55

      M. Saint-Arnaud,

      En réponse à votre question, "Combien coûte, sur une base nette, l’immigration au Québec?", on peut, en extrapolant les résultats de 2011 du Fraser Institute (Immigrants cost $23B a year: Fraser Institute report), il en coûte de 4 à 5 milliards par année pour le Québec.

  • Pierre Fortin - Abonné 31 août 2016 10 h 38

    Madame la Ministre,


    Il me faut vous dire que la lecture de votre texte me laisse pantois. On le croirait rédigé par un publiciste et destiné à la promotion d'un produit vedette dont il faut vendre les qualités en usant de tape-à-l'œil et de phrases creuses. À peine arrivez-vous à décrire les nobles objectifs d'une politique d'immigration digne de ce nom et à effleurer les obstacles que rencontrent nos nouveaux arrivants en lançant toutes sortes d'affirmations dont certaines sont fortement contestées, notamment celles concernant les taux de francisation des immigrants.

    À vous lire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes et vous brossez un bien beau tableau alors que la réalité diverge profondément de la description que vous en faites et elle ne peut être ignorée plus longtemps.

    À titre de ministre, vous êtes responsable de l'élaboration des politiques pouvant conduire à une immigration réussie et à cet égard, j'eus préféré, et de loin, que vous vous attachiez à nous instruire de manière plus approfondie des problèmes réels et des solutions concrètes que les agents de votre ministère s'évertuent à élaborer afin d'arriver à surmonter, entre autres, les barrières corporatistes et les lacunes profondes en matière de francisation qui font obstacle à une véritable intégration.

    Non Madame la Ministre, vous ne convainquez personne, sauf peut-être les employeurs qui vous sont si chers, mais le Québec n'est pas une corporation, Madame Weir. Vous apparaissez plutôt comme celle qui tient à bien paraître à son examen de mi-mandat. Or votre jupon dépasse.

    La confiance que les Québécois vous accordent doit être bâtie sur le respect de leurs préoccupations, sur votre franchise à leur égard et sur une perception juste des problèmes qui vous sont confiés et dont la solution relève de votre responsabilité. Votre politique d'immigration pour le Québec est à bien des égards un échec lamentable.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 31 août 2016 21 h 27

      Je crois que vous avez perçu le fond de l'affaire: "On le croirait (le texte de la Madame la Ministre) rédigé par un publiciste et destiné à la promotion d'un produit vedette dont il faut vendre les qualités en usant de tape-à-l'œil et de phrases creuses." Elle ne veut rien dire au fait. Juste faire une apparition sur la place publique. On pourrait dire du "bla-bla-bla" qui ne mère à rien de concret. Mais peut-être une couple de votes...