Le Canada sera de plus en plus présent en Afrique

«[...] notre gouvernement a la ferme intention d’entretenir un véritable dialogue avec les gouvernements africains et les institutions régionales du continent», écrit Marie-Claude Bibeau.
Photo: Junior D. Kannah Agence France-Presse «[...] notre gouvernement a la ferme intention d’entretenir un véritable dialogue avec les gouvernements africains et les institutions régionales du continent», écrit Marie-Claude Bibeau.

Après plusieurs mois de travail acharné, dont de nombreuses missions diplomatiques à travers le monde, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense nationale, de la Sécurité publique, et moi-même pour le Développement international, avons officiellement annoncé que le Canada se réengageait dans les missions de paix.

Tant au niveau de la sécurité que du développement, nous souhaitons soutenir les initiatives locales et partager l’expertise canadienne, afin que nos pays partenaires soient mieux outillés pour faire face aux crises qui les affectent.

La stabilité des États fragiles, notamment en Afrique, est critique pour la paix dans le monde et on sait qu’il ne peut pas y avoir de paix sans développement, comme il ne peut pas y avoir de véritable développement sans paix. Outre les conflits armés, le terrorisme et le banditisme, les changements climatiques apportent aussi leur lot de défis. L’accès à une eau saine est crucial pour la sécurité alimentaire, la santé et à bien d’autres égards. Considérant qu’elle se fait de plus en plus rare, l’eau pourrait devenir source de conflit. Ici aussi, le Canada peut apporter une contribution, en promouvant une gestion pacifique de cette ressource vitale.

Situation alarmante

En Afrique, où la population est appelée à doubler d’ici 2050, pour atteindre 2.4 milliards d’habitants, la situation est alarmante. En tant que membres de la Francophonie et du Commonwealth, nous avons le devoir d’aider les pays les plus vulnérables du continent, à rétablir ou préserver la paix, non seulement par solidarité, mais aussi parce qu’il en va de la sécurité mondiale.

Je peux vous assurer que notre gouvernement a la ferme intention d’entretenir un véritable dialogue avec les gouvernements africains et les institutions régionales du continent. D’ailleurs, je me rendrai en Afrique prochainement afin de discuter avec les dirigeants, organismes et groupes de femmes locaux ainsi qu’avec nos partenaires canadiens.

À titre de ministre du Développement internationale et de la Francophonie, je veillerai à ce que les femmes soient partie prenante des processus de paix et projets d’aide humanitaire et de développement, partout où le Canada sera présent. Plus encore, je m’engage à lutter pour la défense de leurs droits, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

Évidemment, on doit permettre aux filles d’aller à l’école. C’est la meilleure façon de les protéger des mariages précoces et forcés, de leur donner les connaissances nécessaires pour assurer le bien-être de leur famille et de leur offrir la possibilité de contribuer au développement économique de leur communauté.

 On doit aussi faire en sorte que les garçons complètent leurs études afin d’éviter qu’ils soient contraints à travailler très jeunes ou pire encore, qu’ils soient recrutés par des groupes terroristes.



Aux garçons comme aux filles, on doit offrir la perspective d’un avenir meilleur afin d’éviter qu’ils prennent la route dans des conditions extrêmes pour finalement devenir des réfugiés quelque part dans le monde.



Faire preuve d’innovation

C’est exactement pour ces raisons, et parce que nous sommes confrontés à des conflits de plus en plus longs et complexes, que nous unissons nos efforts pour la paix dans le monde et que le Canada sera de plus en plus présent en Afrique.



Afin que nos ressources aient le plus grand impact possible là où nous interviendrons, il faudra faire preuve d’innovation, non seulement sur le plan technologique, mais aussi dans nos mécanismes de financement et les modèles que nous développerons avec nos partenaires.

À cet égard, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est un bel exemple puisqu’il réunit les pays donateurs comme le Canada, mais aussi le secteur privé, dont la Fondation Bill et Melinda Gates et les produits Red. De plus, pour bénéficier des projets du Fonds mondial, les pays ciblés doivent aussi contribuer financièrement à ces programmes, mais plus important encore, ils doivent mettre en place des mesures de gestion saine et durable de leur système de santé. 

C’est pourquoi je suis fière que le Canada accueille à Montréal, les 16 et 17 septembre prochains, la 5e conférence de reconstitution du Fonds mondial. Là encore, nous jouons un rôle de leader, cette fois dans le secteur de la santé mondiale.

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1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 29 août 2016 03 h 53

    Madame le Ministre, arrêtez...

    "nous souhaitons soutenir les initiatives locales et partager l’expertise canadienne, afin que nos pays partenaires soient mieux outillés pour faire face aux crises qui les affectent", écrivez-vous Madame le Ministre.
    Mais pourquoi ne pas plutôt nous dire directement la vérité ?
    Après avoir doublé les pays francophones africains pour réussire à installer Madame Jean au Secrétariat général de l'Office Interntional de la Francophonie, il faut maintenant au Canada tenter de calmer leur déception, le mot ici est passablement léger, en leur donnant quelques raisons d'appaisement. Ne serait-ce qu'auprès de celles et ceux qui en Afrique s'emparent habituellement des sommes qui sont versées en aide par les pays occidentaux pour des populations qui en bout de compte, soit n'en profitent presque jamais, soit n'en profitent que dans une proportion infime.
    Cela faisant, pour s'assurer d'une absence de protestation officielle à l'internationale contre les stratégies canadiennes qui ne cessent de faire diminuer en importance le poids politique des francophones dans ce pays, le Québec se trouvant très certainement aujourd'hui à la veille d'une attaque déterminante et hypocrite pour lui imposer cette Constitution de 1982 qu'aucun de ses Premiers ministres n'a jamais osé, à ce jour..., présentée comme vablable au peuple.
    Attaque que personnellement, je pressens immédiatement appliquée à la suite d'une ré-élection éventuelle du gouvernement Couillard à Québec.
    Campagne électorale provinciale, mais pseudo-identitaire, à laquelle le gouvernement Trudeau participera très largement pour montrer les "bienfaits" économiques certain du maintien au pouvoir des libéraux pour les Québécois...
    Madame Bibeau, arrêtez cette comédie à laquelle vous participez pour accroître toujours plus l'insignifiance politique des Québécois au profit d'une majorité canadienne qui a bien d'autres intérêts que les leurs.
    SVP, ayez donc le courage de vraiment dire les choses !