Les vrais coûts du REM

On ne sait toujours pas quel sera le prix de chaque passage du nouveau REM.
Photo: CDPQ On ne sait toujours pas quel sera le prix de chaque passage du nouveau REM.

Le 15 août, nous avons publié une lettre qui présentait les coûts très élevés du projet de Réseau électrique métropolitain (REM). Axel Fournier, de l’Association pour le transport collectif de la Rive-Sud y a répondu dans Le Devoir. M. Fournier conteste nos évaluations économiques.

Avant d’aborder cet enjeu, il faut d’abord rassurer M. Fournier à savoir que le REM n’est pas la seule option pour améliorer le transport collectif. Pour la Rive-Sud, nous proposons depuis deux ans un projet de tram-train, avec la même capacité que celle du REM. Ce réseau comporte le trajet suivant : station de métro de Longueuil, boulevard Taschereau, pont Champlain, métro Peel. Un tram-train, avec un chauffeur, peut rouler dans les rues. Il évite donc la construction de nombreux viaducs et, surtout, les 3 km de tunnels proposés pour le REM. Il coûterait environ 1 milliard, probablement deux fois moins que la portion Quartier DIX30–centre-ville du REM. Il permettrait de concentrer le développement le long de Taschereau.

Mais revenons aux évaluations économiques. M. Fournier fait les affirmations suivantes : « Les auteurs arrivent à une évaluation de 10,50 $ par passage : cette évaluation est farfelue ! […] Les auteurs considèrent que la Caisse [de dépôt et placement du Québec (CDPQ)] l’emprunterait à un taux de 6 % […] D’abord, la Caisse n’a pas besoin d’emprunter cette somme, puisqu’elle dispose de sources de liquidités ; si elle le faisait, son taux d’intérêt serait inférieur à 6 % […] Résultat : le coût par passage de l’amortissement passe à 2,86 $ au lieu de 6,50 $. »

Photo: Caisse de dépôt et placement du Québec Le tracé suggéré du REM

Rendement sur investissement

L’évaluation de M. Fournier présume un remboursement de 100 millions par année (35 millions de passages x 2,86 $ par passage). Sur 30 ans, on atteint les 3 milliards. M. Fournier présume donc que la Caisse ne récolte aucun intérêt sur un investissement de 3 milliards !

Nous n’avons jamais supposé que la Caisse doive emprunter pour financer sa contribution de 3 milliards. Mais elle doit quand même récolter un rendement sur son investissement. Nous avons supposé que la Caisse cible un taux de rendement de 6 % par an, sur 30 ans. Ce taux nous paraît minimal compte tenu des risques du projet quant aux coûts et à l’achalandage réels. Rappelons qu’aucune étude n’est disponible publiquement à ce sujet.

Tant que la CDPQ ne rendra pas publiques des évaluations économiques détaillées, nos évaluations demeurent les plus réalistes : plus de 10 $ par passage ou plus de 20 $ par jour, aller-retour. Et cette évaluation ne tient pas compte des autres 4 milliards de dollars en contributions publiques.